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Roger Borderie (Éditeur scientifique)
EAN : 9782070416448
272 pages
Éditeur : Gallimard (05/09/2001)
3.53/5   191 notes
Résumé :
Le mystère de Paris.
La bourgeoisie enrichie par la spéculation, la noblesse de la Restauration, la secte secrète des Dévorants : ces trois univers se croisent dans la capitale, fascinante et effrayante. Personnage central qui relie ces cercles les uns aux autres, madame Jules à la beauté angélique. Autour d'elle, les hommes sont tour à tour aimants, jaloux, fragiles et désespérés. C'est que les secrets pèsent d'une lourde chape sur les apparences de bonheur.... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (27) Voir plus Ajouter une critique
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sur 191 notes
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michfred
  17 juin 2016
Madame Jules , Clémence de son prénom, semble être le parangon de la bonne épouse: amoureuse, fidèle, tendre ..... et si jolie!
Mais Auguste de Maulincour , qui en est tombé amoureux, découvre dans cette femme exemplaire un mystère, une faille: quel est cet homme patibulaire au bras duquel il l'a croisée dans une rue mal famée? Il l'interroge: elle se dérobe, elle ment.
Il enquête, il la suit, la poursuit..De terribles accidents, étrangement, lui adviennent. Il en meurt. Sa curiosité entraîne une succession de catastrophes et de morts.
Un récit hautement mélodramatique mais là n'est pas l'intérêt de Ferragus: on aime ce curieux roman pour ses croquis parisiens, pris sur le vif et primesautiers, avec ses rues, ses maisons, ses concierges et ses petits métiers, ses travaux en cours qui voient se démolir de vieux quartiers mal famés et se construire de luxueux hôtels particuliers. On l'aime pour ces "crayons" de personnages interlopes, de Ferragus à Ida, qu'on croirait échappés de la plume d'un Daumier.
On l'aime surtout pour la silhouette inquiétante et farouche du vieux Ferragus, chef des Treize - une société secrète qu'on retrouvera dans plusieurs récits de la Comédie humaine- et qui nous offre ici l' image contradictoire d'un Commandeur de la Vengeance et d'un Christ de la paternité, étrangement réunis dans le même corps...
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Musardise
  31 juillet 2017
Dans la préface à L Histoire des Treize, on nous annonce plus ou moins des récits qui plongent dans les milieux ésotériques ainsi que des portraits de femmes fascinantes. En fait d'ésotérisme, le personnage qui donne son titre au roman Ferragus, haute figure d'une mystérieuse société secrète - les fameux Treize - est quasiment absent. C'est donc une histoire à haute portée mélodramatique qui va nous occuper, où, certes, on trouvera un portrait de femme "admirable" (selon les goûts).
Si le style est agréable, le drame, en revanche, ne fera sans doute pas chavirer les coeurs comme il y a peut-être réussi à sa publication (mais qu'en sais-je, après tout?). C'est un drame de l'amour conjugal et de l'innocence, tout autant qu'un drame de l'amour filial et paternel. Et de ce point de vue, c'est un peu daté. J'ai l'impression que Balzac s'est surtout servi de ce roman comme prétexte à des envolées lyriques, sur l'amour, sur les femmes, mais enfin et surtout, sur Paris, sa société, ses rues, ses maisons : l'incipit en est un exemple frappant. Ces passages-là sont certes réjouissants. Et comme souvent chez Balzac, tout cela n'est pas dénué d'humour.
Mais au final, voilà une oeuvre qui n'est pas franchement mémorable en tant que telle. En revanche, elle est la première d'une trilogie, constituée par ailleurs de la duchesse de Langeais et de la fille aux yeux d'or. Les trois constituent ensemble L Histoire des Treize. Il nous faut donc conclure : à suivre !
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Henri-l-oiseleur
  17 avril 2016
Il faut le dire tout net, l'intrigue de Ferragus est du pur mélo : on ne la dévoilera pas ici, puisqu'il s'agit du secret honteux d'une belle héroïne qui meurt de chagrin à cause de lui, mais on y trouvera tous les ingrédients qui attiraient le public aux théâtres du Boulevard du Crime. Mais alors, qu'est-ce qui fait de ce bref roman, ou de cette longue nouvelle, une belle oeuvre balzacienne ? Balzac change en or tout ce qu'il touche, et habille la trame un peu sotte de son mélodrame de toiles splendides de Paris, de vrais poèmes en prose de la ville, dont Baudelaire se souviendra. Il coud à l'intérieur de l'habit de belles maximes, de profondes réflexions sur son temps, et sur les types humains qui s'agitent dans son récit ; enfin, plusieurs scènes, comme celle du Père-Lachaise, annoncent les grands romans à venir. Dernier mérite : son "Ferragus" est une prophétie de Jean Valjean, sa Madame Jules laisse prévoir Cosette, Ida la grisette est une version comique de la jeune Fantine, etc ... Voici donc un roman au carrefour de plusieurs grands textes du XIX°s, de Hugo à Baudelaire.
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Cer45Rt
  01 juillet 2019
"Ferragus" est un roman simple, construit à la manière d'une pièce de théâtre ; on est loin certes du foisonnement du "Père Goriot" ou des "Illusions Perdues" !... Il n'empêche : Balzac a toujours la plume aussi sûre et aussi talentueuse, pour mon plus grand bonheur !...
C'est à en croire que cet homme était né pour faire des textes avec les moyens du roman, tout en les construisant comme des pièces de théâtre !... Et quelle beauté trouve-t-on dans ces romans construits ainsi !...
Ces romans sont tantôt simples, tantôt foisonnants, tantôt ce sont comme de grandes cathédrales, de gigantesques monuments, tantôt on dirait des tragédies construites avec la plus parfaite des unités d'intrigue… Tant Balzac a de génie !
Et j'aime "Ferragus", car j'aime Balzac ; j'aime sa fine analyse sociale, j'aime tout ce qu'il y a dans les aventures qu'ils créent, j'aime son style, la beauté de ses histoires, leur caractère dramatique.
Balzac est l'inventeur de pratiquement tout le roman moderne ; à bien y regarder, tout revient à Balzac, tous les siècles qui ont suivi furent, littérairement parlant, des enfants De Balzac.
Et on vois déjà, rien que dans "Ferragus", se dessiner certains des romans les plus importants de l'histoire littéraire.
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oiseaulire
  22 mars 2019
Cette longue nouvelle tient du carnet de dessins : les quartiers, les rues, les bâtiments, les métiers, les types humains de Paris sont croqués avec beaucoup de vivacité et de couleurs. La psychologie des personnages y est plus schématique que dans les autres oeuvres de Balzac. Il m'a parfois semblé être embarquée dans un roman d'Alexandre Dumas tant l'histoire offre de rebondissements : une confrérie toute-puissante aux treize tentacules, son insaisissable chef Ferragus, bagnard évadé, des duels, des tentatives d'assassinat, une épouse aimante soupçonnée d'adultère, un mari caché dans un grenier pour épier sa femme, une grisette abandonnée, une mère cupide, un père brusquement réapparu près une longue absence. Tous ces évènements s'emboîtent à merveille. A l'origine du drame (vaudeville par moments, tragédie à d'autres), l'irrémédiable sottise et l'outrecuidance sans bornes d'un homme en secret amoureux d'une femme mariée qui s'improvise détective amateur et la traque à son insu. Nous sommes à Paris en 1830, mais la possibilité d'une telle trame permet de mesurer à quel point la vie des femmes y différait peu de celle de certains pays au 21 ème siècle. Cette curiosité malsaine et perverse (puisqu'après tout il n'est pas le mari de la dame et qu'il n'est même pas son soupirant) va entraîner un enchaînement de catastrophes.
Ce n'est pas le meilleur livre de l'auteur, mais il possède le charme d'une écriture vigoureuse et une grande dynamique. J'y découvre la plume d'un Balzac de 35 ans, en apparence solidement misogyne mais dont il est difficile d'imaginer qu'il cautionne, tant il le charge, son anti-héros fureteur, indélicat, à la solde des maris supposément cocus et qui n'avaient rien demandé.
J'en suis sortie un peu malmenée par la description sans concession du mécanisme du pouvoir exercé par les hommes, tous les hommes, sur les femmes, n'importe quelles femmes, toutes à la merci des apparences, des coïncidences, des calomnies et des lettres anonymes : loin d'être leur soutien dans les épreuves, amants et maris sont toujours prêts à assurer le rôle du détective, à revêtir la toge du juge et à s'emparer du trousseau du geôlier.
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Citations et extraits (33) Voir plus Ajouter une citation
MusardiseMusardise   22 juin 2017
Toutes les douleurs sont individuelles, leurs effets ne sont soumis à aucune règle fixe : certains hommes se bouchent les oreilles pour ne plus rien entendre ; quelques femmes ferment les yeux pour ne plus rien voir ; puis, il se rencontre de grandes et magnifiques âmes qui se jettent dans la douleur comme dans un abîme. En fait de désespoir, tout est vrai.
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LydiaBLydiaB   03 mai 2010
Une bien belle chose est le métier d’espion, quand on le fait pour son compte et au profit d’une passion. N’est-ce pas se donner les plaisirs du voleur en restant honnête homme ? Mais il faut se résigner à bouillir de colère, à rugir d’impatience, à se glacer les pieds dans la boue, à transir et brûler, à dévorer de fausses espérances. Il faut aller, sur la foi d’une indication, vers un but ignoré, manquer son coup, pester, s’improviser à soi-même des élégies, des dithyrambes, s’exclamer niaisement devant un passant inoffensif qui vous admire ; puis renverser des bonnes femmes et leurs paniers de pommes, courir, se reposer, rester devant une croisée, faire mille suppositions... Mais c’est la chasse, la chasse dans Paris, la chasse avec tous ses accidents, moins les chiens, le fusil et le tahiau ! Il n’est de comparable à ces scènes que celles de la vie des joueurs. Puis besoin est d’un cœur gros d’amour ou de vengeance pour s’embusquer dans Paris, comme un tigre qui veut sauter sur sa proie, et pour jouir alors de tous les accidents de Paris et d’un quartier, en leur prêtant un intérêt de plus que celui dont ils abondent déjà. Alors, ne faut-il pas avoir une âme multiple ? n’est-ce pas vivre de mille passions, de mille sentiments ensemble?

Auguste de Maulincour se jeta dans cette ardente existence avec amour, parce qu’il en ressentit tous les malheurs et tous les plaisirs.
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michfredmichfred   17 juin 2016
Il n’y avait rien de cette vie étrange dans le personnage collé fort insouciamment sur le mur, devant monsieur de Maulincour, comme une fantaisie dessinée par un habile artiste derrière quelque toile retournée de son atelier. Cet homme long et sec, dont le visage plombé trahissait une pensée profonde et glaciale, séchait la pitié dans le cœur des curieux, par une attitude pleine d’ironie et par un regard noir qui annonçaient sa prétention de traiter d’égal à égal avec eux. Sa figure était d’un blanc sale, et son crâne ridé, dégarni de cheveux, avait une vague ressemblance avec un quartier de granit. Quelques mèches plates et grises, placées de chaque côté de sa tête, descendaient sur le collet de son habit crasseux et boutonné jusqu’au cou. Il ressemblait tout à la fois à Voltaire et à don Quichotte ; il était railleur et mélancolique, plein de philosophie mais à demi aliéné. Il paraissait ne pas avoir de chemise. Sa barbe était longue. Sa méchante cravate noire tout usée, déchirée, laissait voir un cou protubérant, fortement sillonné, composé de veines grosses comme des cordes.
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michfredmichfred   17 juin 2016
En ce moment donc, tout le monde bâtissait et démolissait quelque chose, on ne sait quoi encore. Il y avait très-peu de rues qui ne vissent l’échafaudage à longues perches, garni de planches mises sur des traverses et fixées d’étages en étages dans des boulins ; construction frêle, ébranlée par les Limousins, mais assujettie par des cordages, toute blanche de plâtre, rarement garantie des atteintes d’une voiture par ce mur de planches, enceinte obligée des monuments qu’on ne bâtit pas. Il y a quelque chose de maritime dans ces mâts, dans ces échelles, dans ces cordages, dans les cris des maçons. Or, à douze pas de l’hôtel Maulincour, un de ces bâtiments éphémères était élevé devant une maison que l’on construisait en pierres de taille. Le lendemain, au moment où le baron de Maulincour passait en cabriolet devant cet échafaud, en allant chez madame Jules, une pierre de deux pieds carrés, arrivée au sommet des perches, s’échappa de ses liens de corde en tournant sur elle-même, et tomba sur le domestique, qu’elle écrasa derrière le cabriolet.
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michfredmichfred   17 juin 2016
La pluie ne le surprenait pas plus que le beau temps, et il était, comme les joueurs, une espèce intermédiaire entre le Parisien qui a le moins d’intelligence, et l’animal qui en a le plus. D’ailleurs, pâle et flétri, sans soins de lui-même, distrait, il venait souvent nu-tête, montrant ses cheveux blanchis et son crâne carré, jaune, dégarni, semblable au genou qui perce le pantalon d’un pauvre. Il était béant, sans idées dans le regard, sans appui précis dans la démarche ; il ne souriait jamais, ne levait jamais les yeux au ciel, et les tenait habituellement baissés vers la terre, et semblait toujours y chercher quelque chose. À quatre heures, une vieille femme venait le prendre pour le ramener on ne sait où, en le traînant à la remorque par le bras, comme une jeune fille tire une chèvre capricieuse qui veut brouter encore quand il faut venir à l’étable. Ce vieillard était quelque chose d’horrible à voir.
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Vidéo de Honoré de Balzac
La Gloire et la cendre. L'ultime victoire de Napoléon. En librairie et sur https://www.lesbelleslettres.com/livre/4462-la-gloire-et-la-cendre.
Que se passe-t-il ce 15 décembre 1840 où les « cendres » de Napoléon Ier sont transportées, en grande pompe, de Courbevoie jusqu'à l'hôtel des Invalides ? En dépit d'un froid sibérien, une véritable marée humaine — plus d'un million de personnes, dont Hugo, Balzac, Gautier et tellement d'autres —, vient rendre hommage à la dépouille d'un empereur déchu, mort dix-neuf ans plus tôt sur une île anglaise perdue, hostile, battue par les vents. Quelques mois auparavant, La Belle-Poule appareillait à Toulon, sous le commandement du prince de Joinville, fils du roi Louis-Philippe, et c'était le début d'une incroyable et bouleversante épopée, de la dernière campagne du grand exilé de Sainte-Hélène. Ce sera son ultime victoire…
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