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Roger Borderie (Éditeur scientifique)
EAN : 9782070416448
272 pages
Gallimard (05/09/2001)
3.53/5   218 notes
Résumé :
Le mystère de Paris.
La bourgeoisie enrichie par la spéculation, la noblesse de la Restauration, la secte secrète des Dévorants : ces trois univers se croisent dans la capitale, fascinante et effrayante. Personnage central qui relie ces cercles les uns aux autres, madame Jules à la beauté angélique. Autour d'elle, les hommes sont tour à tour aimants, jaloux, fragiles et désespérés. C'est que les secrets pèsent d'une lourde chape sur les apparences de bonheur.... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (31) Voir plus Ajouter une critique
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Fortuna
  05 avril 2022
Contrairement à beaucoup de mariages qui étaient des affaires d'argent au 19ème siècle, deux familles passant un contrat pour unir leurs fortunes, placer leurs filles, la femme célibataire n'ayant pas un statut désiré mais subi, Jules Desmarets et Clémence, orpheline, sont unis par une sincère passion amoureuse. Ne fréquentant les bals que pour y danser ensemble, ils ont hâte de rejoindre le nid douillet de leur amour dans lequel Clémence veille à entretenir la flamme qui les unit. Jules quant à lui aime sa femme d'un coeur pur, ne voyant qu'elle au-delà de toutes les tentations qu'offre Paris. Mais pour le malheur de ce couple sans nuages, Auguste de Maulincour est tombé sous le charme de la belle et sage Clémence.
Paris est une ville de contrastes, les beaux quartiers et les belles artères sont fréquentées par le grand monde alors que quelques pas plus loin un dédale de rues mal famées et assassines feraient se perdre les meilleurs réputations. Hors de question de s'y aventurer sans être marqué à son tour par leur infamie. Mais c'est pourtant dans une de ces rues qu'Armand a aperçu la belle Clémence, image pour lui sacrée de la femme idéale. Et avec l'effondrement cruel de son idéal nait l'obsession de savoir. Quel est l'homme qu'elle rencontre dans de si bas quartiers ? Qui est ce Ferragus aux multiples identités, personnage peu recommandable, ancien bagnard, tour à tour banquier ou clochard ?
Dans ce premier volume de la trilogie de l'histoire des treize, Balzac nous trace le portrait d'un personnage féminin, Clémence, très attachant, liée par un terrible secret qu'elle dissimule même à son cher mari, et dont la découverte par son amant platonique sera à l'origine de l'issue dramatique. Ferragus est un personnage maléfique, chef d'une société secrète, mais en même temps fascinant qui met en lumière l'hypocrisie de la société. Balzac l'illustrera parfaitement lors de la demande de crémation qui se heurte à une bureaucratie qui n'a rien à envier à celle de Kafka…ou la nôtre, et qui forcément va pousser l'honnête homme vers des pratiques moins officielles. A découvrir !
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Arimbo
  21 avril 2022
Je n'en finis jamais avec Balzac!
Et c'est toujours un régal, et même quand ce cher Honoré nous entraîne ici dans un « mélo » pur jus, il y a toujours cette capacité à nous faire ressentir l'ambiance d'une ville, en l'occurrence ici, le Paris de la Restauration, et cette acuité psychologique, cette verve extraordinaire qui fait oublier les outrances des situations.
J'entreprends avec Ferragus, la lecture du premier livre de L'histoire des Treize, qui comporte aussi La Duchesse de Langeais et La fille aux yeux d'or, les trois premiers épisodes du cycle des Scènes de la vie parisienne.
Dans une préface exaltée comme il sait les faire, Balzac veut nous faire croire à cette compagnie des Treize ou encore secte des Dévorants, et nous explique l'origine, le rôle occulte, sanglant et puissant de cette tribu de Compagnons, « ce monde à part dans le monde, hostile au monde, n'admettant aucune des idées du monde, n'en reconnaissant aucune loi », « ces treize hommes qui recommencèrent la société de Jésus au profit du diable », et dont le chef fut, à un moment de leur histoire, Ferragus XII.
L'intrigue du roman met en scène un couple de jeunes fort épris l'un de l'autre, celui formé par la belle Clémence et Jules Desmarets, un agent de change dont la fortune se fait, sans qu'il le sache, grâce à l'appui occulte de la compagnie des Treize.
Ce couple est confronté aux accusations d'infidélité faites à Clémence et Jules par un jeune et entreprenant militaire, le baron Auguste de Maulaincour, qui a découvert que Clémence se rend régulièrement dans une maison d'un quartier mal famé de Paris.
Les soupçons de Jules vont l'amener à enquêter et à découvrir la vérité, qui a quelque chose à voir avec Ferragus, le chef des Treize , et ainsi disculper Clémence, mais c'est trop tard, celle-ci n'a pas supporté la honte qui s'est abattue sur elle et meurt de chagrin, ce qui survenait souvent dans les mélodrames du 19 eme siècle!
Quant à Maulaincour, sa perfidie sera punie, la compagnie des Treize l'exécutera.
Balzac profite de cette intrigue pour nous donner une description saisissante des rues de Paris, plus particulièrement celles mal fréquentées, et aussi celle de la Bourse et de l'activité des agents de change.
Et une fois n'est pas coutume, il nous conte l'histoire de deux êtres purs et fidèles ( pas comme Nucingen et Delphine Goriot, par exemple), victimes « innocentes » de leur lien avec Les Treize.
Et puis, il y a, comme toujours, cette façon flamboyante De Balzac à nous conter des histoires
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michfred
  17 juin 2016
Madame Jules , Clémence de son prénom, semble être le parangon de la bonne épouse: amoureuse, fidèle, tendre ..... et si jolie!
Mais Auguste de Maulincour , qui en est tombé amoureux, découvre dans cette femme exemplaire un mystère, une faille: quel est cet homme patibulaire au bras duquel il l'a croisée dans une rue mal famée? Il l'interroge: elle se dérobe, elle ment.
Il enquête, il la suit, la poursuit..De terribles accidents, étrangement, lui adviennent. Il en meurt. Sa curiosité entraîne une succession de catastrophes et de morts.
Un récit hautement mélodramatique mais là n'est pas l'intérêt de Ferragus: on aime ce curieux roman pour ses croquis parisiens, pris sur le vif et primesautiers, avec ses rues, ses maisons, ses concierges et ses petits métiers, ses travaux en cours qui voient se démolir de vieux quartiers mal famés et se construire de luxueux hôtels particuliers. On l'aime pour ces "crayons" de personnages interlopes, de Ferragus à Ida, qu'on croirait échappés de la plume d'un Daumier.
On l'aime surtout pour la silhouette inquiétante et farouche du vieux Ferragus, chef des Treize - une société secrète qu'on retrouvera dans plusieurs récits de la Comédie humaine- et qui nous offre ici l' image contradictoire d'un Commandeur de la Vengeance et d'un Christ de la paternité, étrangement réunis dans le même corps...
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Musardise_aka_CthulieLaMignonne
  31 juillet 2017
Dans la préface à L Histoire des Treize, on nous annonce plus ou moins des récits qui plongent dans les milieux ésotériques ainsi que des portraits de femmes fascinantes. En fait d'ésotérisme, le personnage qui donne son titre au roman Ferragus, haute figure d'une mystérieuse société secrète - les fameux Treize - est quasiment absent. C'est donc une histoire à haute portée mélodramatique qui va nous occuper, où, certes, on trouvera un portrait de femme "admirable" (selon les goûts).
Si le style est agréable, le drame, en revanche, ne fera sans doute pas chavirer les coeurs comme il y a peut-être réussi à sa publication (mais qu'en sais-je, après tout?). C'est un drame de l'amour conjugal et de l'innocence, tout autant qu'un drame de l'amour filial et paternel. Et de ce point de vue, c'est un peu daté. J'ai l'impression que Balzac s'est surtout servi de ce roman comme prétexte à des envolées lyriques, sur l'amour, sur les femmes, mais enfin et surtout, sur Paris, sa société, ses rues, ses maisons : l'incipit en est un exemple frappant. Ces passages-là sont certes réjouissants. Et comme souvent chez Balzac, tout cela n'est pas dénué d'humour.
Mais au final, voilà une oeuvre qui n'est pas franchement mémorable en tant que telle. En revanche, elle est la première d'une trilogie, constituée par ailleurs de la duchesse de Langeais et de la fille aux yeux d'or. Les trois constituent ensemble L Histoire des Treize. Il nous faut donc conclure : à suivre !
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Henri-l-oiseleur
  17 avril 2016
Il faut le dire tout net, l'intrigue de Ferragus est du pur mélo : on ne la dévoilera pas ici, puisqu'il s'agit du secret honteux d'une belle héroïne qui meurt de chagrin à cause de lui, mais on y trouvera tous les ingrédients qui attiraient le public aux théâtres du Boulevard du Crime. Mais alors, qu'est-ce qui fait de ce bref roman, ou de cette longue nouvelle, une belle oeuvre balzacienne ? Balzac change en or tout ce qu'il touche, et habille la trame un peu sotte de son mélodrame de toiles splendides de Paris, de vrais poèmes en prose de la ville, dont Baudelaire se souviendra. Il coud à l'intérieur de l'habit de belles maximes, de profondes réflexions sur son temps, et sur les types humains qui s'agitent dans son récit ; enfin, plusieurs scènes, comme celle du Père-Lachaise, annoncent les grands romans à venir. Dernier mérite : son "Ferragus" est une prophétie de Jean Valjean, sa Madame Jules laisse prévoir Cosette, Ida la grisette est une version comique de la jeune Fantine, etc ... Voici donc un roman au carrefour de plusieurs grands textes du XIX°s, de Hugo à Baudelaire.
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Citations et extraits (34) Voir plus Ajouter une citation
Musardise_aka_CthulieLaMignonneMusardise_aka_CthulieLaMignonne   22 juin 2017
Toutes les douleurs sont individuelles, leurs effets ne sont soumis à aucune règle fixe : certains hommes se bouchent les oreilles pour ne plus rien entendre ; quelques femmes ferment les yeux pour ne plus rien voir ; puis, il se rencontre de grandes et magnifiques âmes qui se jettent dans la douleur comme dans un abîme. En fait de désespoir, tout est vrai.
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LydiaBLydiaB   03 mai 2010
Une bien belle chose est le métier d’espion, quand on le fait pour son compte et au profit d’une passion. N’est-ce pas se donner les plaisirs du voleur en restant honnête homme ? Mais il faut se résigner à bouillir de colère, à rugir d’impatience, à se glacer les pieds dans la boue, à transir et brûler, à dévorer de fausses espérances. Il faut aller, sur la foi d’une indication, vers un but ignoré, manquer son coup, pester, s’improviser à soi-même des élégies, des dithyrambes, s’exclamer niaisement devant un passant inoffensif qui vous admire ; puis renverser des bonnes femmes et leurs paniers de pommes, courir, se reposer, rester devant une croisée, faire mille suppositions... Mais c’est la chasse, la chasse dans Paris, la chasse avec tous ses accidents, moins les chiens, le fusil et le tahiau ! Il n’est de comparable à ces scènes que celles de la vie des joueurs. Puis besoin est d’un cœur gros d’amour ou de vengeance pour s’embusquer dans Paris, comme un tigre qui veut sauter sur sa proie, et pour jouir alors de tous les accidents de Paris et d’un quartier, en leur prêtant un intérêt de plus que celui dont ils abondent déjà. Alors, ne faut-il pas avoir une âme multiple ? n’est-ce pas vivre de mille passions, de mille sentiments ensemble?

Auguste de Maulincour se jeta dans cette ardente existence avec amour, parce qu’il en ressentit tous les malheurs et tous les plaisirs.
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michfredmichfred   17 juin 2016
Il n’y avait rien de cette vie étrange dans le personnage collé fort insouciamment sur le mur, devant monsieur de Maulincour, comme une fantaisie dessinée par un habile artiste derrière quelque toile retournée de son atelier. Cet homme long et sec, dont le visage plombé trahissait une pensée profonde et glaciale, séchait la pitié dans le cœur des curieux, par une attitude pleine d’ironie et par un regard noir qui annonçaient sa prétention de traiter d’égal à égal avec eux. Sa figure était d’un blanc sale, et son crâne ridé, dégarni de cheveux, avait une vague ressemblance avec un quartier de granit. Quelques mèches plates et grises, placées de chaque côté de sa tête, descendaient sur le collet de son habit crasseux et boutonné jusqu’au cou. Il ressemblait tout à la fois à Voltaire et à don Quichotte ; il était railleur et mélancolique, plein de philosophie mais à demi aliéné. Il paraissait ne pas avoir de chemise. Sa barbe était longue. Sa méchante cravate noire tout usée, déchirée, laissait voir un cou protubérant, fortement sillonné, composé de veines grosses comme des cordes.
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michfredmichfred   17 juin 2016
En ce moment donc, tout le monde bâtissait et démolissait quelque chose, on ne sait quoi encore. Il y avait très-peu de rues qui ne vissent l’échafaudage à longues perches, garni de planches mises sur des traverses et fixées d’étages en étages dans des boulins ; construction frêle, ébranlée par les Limousins, mais assujettie par des cordages, toute blanche de plâtre, rarement garantie des atteintes d’une voiture par ce mur de planches, enceinte obligée des monuments qu’on ne bâtit pas. Il y a quelque chose de maritime dans ces mâts, dans ces échelles, dans ces cordages, dans les cris des maçons. Or, à douze pas de l’hôtel Maulincour, un de ces bâtiments éphémères était élevé devant une maison que l’on construisait en pierres de taille. Le lendemain, au moment où le baron de Maulincour passait en cabriolet devant cet échafaud, en allant chez madame Jules, une pierre de deux pieds carrés, arrivée au sommet des perches, s’échappa de ses liens de corde en tournant sur elle-même, et tomba sur le domestique, qu’elle écrasa derrière le cabriolet.
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michfredmichfred   17 juin 2016
La pluie ne le surprenait pas plus que le beau temps, et il était, comme les joueurs, une espèce intermédiaire entre le Parisien qui a le moins d’intelligence, et l’animal qui en a le plus. D’ailleurs, pâle et flétri, sans soins de lui-même, distrait, il venait souvent nu-tête, montrant ses cheveux blanchis et son crâne carré, jaune, dégarni, semblable au genou qui perce le pantalon d’un pauvre. Il était béant, sans idées dans le regard, sans appui précis dans la démarche ; il ne souriait jamais, ne levait jamais les yeux au ciel, et les tenait habituellement baissés vers la terre, et semblait toujours y chercher quelque chose. À quatre heures, une vieille femme venait le prendre pour le ramener on ne sait où, en le traînant à la remorque par le bras, comme une jeune fille tire une chèvre capricieuse qui veut brouter encore quand il faut venir à l’étable. Ce vieillard était quelque chose d’horrible à voir.
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Vidéo de Honoré de Balzac
Après avoir parcouru l'Ukraine pour y exhumer les grandes mémoires enfouies de l'autre Europe, Marc Sagnol y est retourné au milieu des bombardements pour en contempler les ruines.
Les images et les mots, comme une invitation au voyage, nous plongent dans des mondes évanouis, sur les traces des grands penseurs d'autrefois. Avec lui, on arpente la terre noire de l'Est à travers villes et villages, aux côtés De Balzac, de Joseph Roth en Galicie et Bucovine, de Leopold von Sacher-Masoch à Lemberg-Lviv, de Paul Celan à Czernowitz…
C'est en connaisseur de la philosophie et de la littérature que Marc Sagnol traverse les « terres de sang » abîmées par tous les chaos. Terres qui furent celles de la plus haute civilisation et des plus grands malheurs. Quelle fut la culture juive, jadis florissante en ces lieux, et qu'en a-t-il été de sa disparition dans la Shoah ? Qu'est-il advenu de ces mondes révolus ? Comment penser la tragédie d'hier au regard du drame d'aujourd'hui ? Une plongée dans les siècles pour dire que notre destin se joue d'abord là-bas. Actuelle parce que inactuelle, une grande fresque littéraire. Un récit d'exception.
Germaniste, philosophe, Marc Sagnol est l'auteur de nombreux ouvrages dont Tragique et tristesse. Walter Benjamin, archéologue de la modernité, primé par l'Académie française, ainsi que d'un film sur Paul Celan, Les eaux du Boug.
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