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Éditeur : Seuil - l'Intégrale (01/01/1900)

Note moyenne : 3.79/5 (sur 17 notes)
Résumé :
La Comédie humaine - Études de moeurs. Troisième livre, Scènes de la vie parisienne - Tome II. Dixième volume de l'édition Furne 1842. Extrait : Le magistrat n'était pas le personnage le moins pittoresque au milieu de cette assemblée. Il avait sur la tête un bonnet de coton roussâtre. Comme il était sans cravate, son cou, rouge de froid et ridé, se dessinait nettement au-dessus du collet pelé de sa vieille robe de chambre.

Sa figure fatiguée offrait l... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (6) Voir plus Ajouter une critique
Nastasia-B
  25 mai 2013
L'Interdiction est un titre qui peut porter à confusion quand on ne sait à quoi cette interdiction se réfère.
De nos jours, la formule consacrée pour désigner cette forme d'interdiction serait très certainement " la mise sous tutelle ".
Ici, il sera bien sûr question d'argent, de jugement, et, accessoirement, de noblesse.
En effet, la très noble, très en vue et très soucieuse de son apparence, Madame la Marquise d'Espard, qui vit séparée de son légitime époux et de ses deux enfants depuis douze ans, réclame cette susnommée interdiction à l'encontre de son mari, estimé fou et non responsable de ses actes, notamment en qualité de spoliateur et de dissipateur d'une fortune appréciable.
La marquise, qui tient un salon très couru fréquenté par nombre de (très) grosses légumes (il s'agit de cette même personne qui sera la protectrice de Madame de Bargeton dans les Illusions Perdues), essaie de jouer de toutes ses influences pour piper les dés de l'arbitrage judiciaire.
Or, le juge d'instruction mandaté pour faire toute la lumière sur cette requête en interdiction n'est autre que l'humble, discret et fort honnête juge Popinot, positivement connu des pauvres et des nécessiteux, oncle du non moins philanthrope médecin Horace Bianchon, vieille connaissance des habitués de la Comédie Humaine.
Après un démarrage assez poussif, Honoré de Balzac relance l'intérêt de ce petit roman et nous ravit en faisant de son juge Popinot un avatar avant l'heure du célèbre lieutenant Colombo.
Jean-Jules Popinot, homme d'allure minable, qui joue les niais mais qui sait mieux que personne percer à jour les plus habiles plaideurs et les plus retorses intentions et qui laisse stupéfaits (j'allais écrire " interdits ", mais ce ne me semble pas judicieux) ceux qui l'ont sous-estimé de prime abord.
Qu'en est-il de la folie du Marquis d'Espard ? Qu'obtiendra la ravissante fourberie de la Marquise ? Voilà bien deux questions pour lesquelles je m'en voudrais de vendre la mèche.
En somme, un bon petit roman (peut-être même qualifiable de nouvelle) qui une nouvelle fois met à mal tant la Vertu humaine (avec un grand V comme Vérole) que le crédit qu'on peut escompter de notre sacro-sainte Justice (avec un grand J comme Judas).
Oui, une fois encore, n'hésitez pas à venir gratter un petit peu le vernis de l'humanité avec notre vieil ami Balzac, afin de voir ce qu'il y a en-dessous, vous ne serez pas déçus, à tout le moins, c'est mon misérable avis, qui ne vaudrait pas grand-chose en justice.
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PiertyM
  28 décembre 2016
D'une affaire d'interdiction, on tombe sur une rencontre entre deux âmes qui ont en commun la préservation de leur honneur...le juge et l'accusé, l'un, Popinot, un homme grand défenseur des pauvres, se ruinant dans des activités à caractère sociale, ayant une apparence stupide dans sa tenue mais très méticuleux dans son travail, ne se laisse pas berner à première vue, l'autre, le marquis d’Espard, traité de fou, à tort bien sur, accusé de dilapider sa fortune au profit d'une autre famille, appauvrissant ainsi ses enfants, en fait le marquis préfère s'acquitter du grand prix du déshonneur qui a pesé longtemps dans sa famille plutôt que de voir sa progéniture plongée dans une fortune souillée. Face à ces deux bons sens, la plaignante, la marquise d’Espard va se mordre la queue peut-être, mais, est-t-il que l'ignominie est maitresse dans ce monde? La marquise va s'en servir bien sûr...
Un tout petit roman, un petit plaisir bien assuré!
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Ys
  31 janvier 2016
Une nuit de 1828, à la sortie d'une réception, deux vieux amis de la pension Vauquer se rejoignent. L'un aurait un service à demander à l'autre, une affaire un brin retorse sur la forme mais assez simple sur le fond. Résumons : Rastignac envisage d'abandonner Delphine de Nucingen pour la marquise d'Espard, plus influente et plus à la mode, plus utile à sa carrière et à sa vanité. La marquise d'Espars, elle, envisage de faire mettre sous tutelle (interdire) son époux, sans doute plus qu'à moitié fou et compromis dans des aberrations ruineuses qui menacent l'avenir de leurs enfants. le juge censé arbitrer l'affaire n'est autre que l'oncle de Bianchon. Ce dernier ne pourrait-il glisser un mot en faveur de la belle, favoriser une rencontre où elle puisse défendre directement ses arguments ?
C'est un homme des plus probes qu'Horace Bianchon, mais c'est aussi un ami fidèle : il fera de son mieux selon sa conscience. C'est le plus probe des juges que Jean-Jules Popinot, mais il ne voit aucun inconvénient à rencontrer tour à tour les deux partis en présence afin d'affiner son opinion. le plus probe, mais aussi le plus fin, et il ne tarde pas à comprendre qu'entre l'épouse bafouée et le mari cinglé, les choses ne sont pas si simples qu'elles le paraissent. Est-il d'ailleurs aussi fou qu'on le prétend, monsieur le marquis ?
Cette longue nouvelle De Balzac peut paraître un peu anecdotique mais on y retrouve, efficacement mis en scène, l'un de ses grands thèmes de prédilection : la véritable nature de la grandeur, confrontée aux vanités tortueuses, aux intérêts égoïstes et à la stupidité mesquine du monde. Grandeur incomprise, trop pure pour vouloir se faire reconnaitre, qu'incarnent chacun à sa manière deux hommes bien différents, le petit juge obscur et le marquis fortuné, le bourgeois et l'aristocrate enfin voués, peut-être, à se comprendre.
Le thème est intéressant, la peinture très vivante des lieux, des hommes et des caractères l'est tout autant, et les allures d'enquête que ne tarde pas à revêtir la narration accroche à merveille la curiosité du lecteur. Last but not least : les retrouvailles avec Rastignac - parfaitement cynique désormais - et Bianchon - toujours égal à lui-même - ne sont pas le moindre des plaisirs offerts par cet excellent petit condensé De Balzac, que j'apprécie d'autant mieux après les longues digressions des Illusions Perdues !
Lien : http://ys-melmoth.livejourna..
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Laureneb
  02 juillet 2019
Où se cache la folie dans la bonne société parisienne ? Chez le juge soucieux seulement de justice, qui se promène en habit sale et râpé, intéressé seulement par l'application du droit plutôt que par les compromissions du monde qui lui permettraient de progresser dans sa carrière, mais qui distribue son salaire aux pauvres habitants de son quartier ?
Chez le noble qui semble dilapider son argent pour une femme vieille, laide et grosse, mais qui répond à des exigences de probité et d'honneur ?
Chez la grande femme du monde, qui dissimule ses enfants pour se donner vingt ans de moins ?
Une belle nouvelle De Balzac, sur l'hypocrisie, la dissimulation, et l'importance des apparences.
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nathalie_MarketMarcel
  06 avril 2019
Une longue nouvelle qui nous plonge au coeur de l'un des crimes silencieux accomplis par la haute aristocratie. L'héroïne est la marquise d'Espard, une grande dame, star des salons parisiens, qui hante plusieurs des romans de la Comédie humaine. Elle souhaite interdire son mari, qui jetterait son argent par la fenêtre, au bénéfice d'une femme ignoble, et qui maltraiterait ses enfants. le dossier est pris en charge par le juge Popinot, l'oncle du bon docteur Bianchon. Disons-le : la marquise d'Espard n'est guère sympathique.
Bien sûr, ce récit fait écho au Colonel Chabert et à quelques autres. Encore un cas où les riches et les puissants utilisent le droit, à défaut de la justice, à leur profit. Nous nous situons également peu de temps après les événements racontés dans le Père Goriot et Rastignac, qui se demande si la marquise pourrait ou non être sa maîtresse, se plaît à rappeler leur jeunesse à Bianchon. Ces deux-là ont bien progressé d'un point de vue matériel, mais leur exploration de la nature humaine leur en montre surtout les vilains aspects.
Balzac fait ici une incursion du côté de la riche et vieille noblesse, celle qui a pu bénéficier d'événements tragiques et scabreux en son temps, sous l'allure la plus distinguée. On est aussi au coeur de ces crimes de famille qui animent la Comédie humaine.
Lien : https://chezmarketmarcel.blo..
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Citations et extraits (47) Voir plus Ajouter une citation
Nastasia-BNastasia-B   29 mai 2013
Si donc la nature avait doué monsieur Popinot d'un extérieur peu agréable, la magistrature ne l'avait pas embelli. Sa charpente offrait des lignes heurtées. Ses gros genoux, ses grands pieds, ses larges mains contrastaient avec une figure sacerdotale qui ressemblait vaguement à une tête de veau, douce jusqu'à la fadeur, mal éclairée par des yeux vairons, dénuée de sang, fendue par un nez droit et plat, surmontée d'un front sans protubérance, décorée de deux immenses oreilles qui fléchissaient sans grâce.
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Nastasia-BNastasia-B   25 mai 2013
Si le juge avait le pouvoir de lire dans la conscience et de démêler les motifs afin de rendre d'équitables arrêts, chaque juge serait un grand homme. La France a besoin d'environ six mille juges ; aucune génération n'a six mille grands hommes à son service, à plus forte raison ne peut-elle les trouver pour sa magistrature.
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Nastasia-BNastasia-B   23 mai 2013
Les magistrats, les avocats, les avoués, tout ce qui pâture sur le terrain judiciaire, distingue deux éléments dans une cause : le Droit et l'Équité. L'équité résulte des faits, le droit est l'application des principes aux faits. Un homme peut avoir raison en équité, tort en justice, sans que le juge soit accusable.
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Nastasia-BNastasia-B   27 mai 2013
À gauche, se trouve un jardinet carré qui ne permet pas de faire plus de quatre enjambées en tous sens [...], où, à défaut de végétation, il vient, à l'ombre de deux arbres, des papiers, de vieux linges, des tessons, des gravas tombés du toit.
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Nastasia-BNastasia-B   21 mai 2013
Son linge avait ce ton roux contracté dans l'armoire par un long séjour, et qui annonçait en feu madame Popinot la manie du linge ; suivant la mode flamande, elle ne se donnait sans doute que deux fois par an l'embarras d'une lessive.
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Videos de Honoré de Balzac (92) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Honoré de Balzac
Le CNRS au Collège de France. Journée du 6 avril 2019. Exposé de Jean-Baptiste Amadieu, chercheur au CNRS au sein de l?unité "République des savoirs" (CNRS/Collège de France/ENS). Il est notamment l?auteur de la Littérature du XIXe siècle mise à l?Index (2017). Pourquoi Balzac, Sand, Dumas, Flaubert, Stendhal, Hugo, Lamartine, Sue ou Zola firent l?objet de procès pour un ou plusieurs de leurs romans ? Pour un littéraire de formation, de telles investigations dans les archives de la censure nécessitent des connaissances en droit, en jurisprudence et, quand ces procédures appartiennent à un état caduc de la règlementation, en histoire du droit. Lorsque le tribunal en question est la Congrégation romaine de l?Index, le savoir exigé est celui du droit canonique et de son régime de juridicité singulier ; quant aux débats de fond, ils ne se comprennent qu?à la lumière de la théologie, de l?ecclésiologie et de la théologie morale. Cette interdisciplinarité rendue indispensable par l?objet étudié s?épanouit dans des établissements propices aux recherches non conditionnées par la délivrance d?un diplôme disciplinaire, c?est-à-dire des institutions comme le CNRS et le Collège de France. Pour plus d'informations : https://www.college-de-france.fr/site/evenements-culturels/Le-CNRS-au-College-de-France.htm
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