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Constance Cagnat-Deb½uf (Éditeur scientifique)
EAN : 9782253096290
248 pages
Le Livre de Poche (01/07/1998)
3.71/5   395 notes
Résumé :
Mais que dissimule la coquetterie glacée de cette aristocratique Célimène ? Et par quel étrange sortilège l'incandescente passion d'Armand de Montriveau va-t-elle à son tour la consumer ?

Comme tout vrai chef-d'œuvre, ce "roman noir" - primitivement intitulé " Ne touchez pas à la hache " - est pour partie une autobiographie sublimée, c'est-à-dire le contraire d'un roman à clefs. "Moi seul sais ce qu'il y a d'horrible dans La Duchesse de Langeais," co... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (48) Voir plus Ajouter une critique
3,71

sur 395 notes

juliette2a
  28 décembre 2013
Un nouveau Balzac ! Cette fois-ci, l'auteur nous offre avec La Duchesse de Langeais une véritable histoire d'amour plus dramatique que celles que j'avais l'habitude de lire.
J'ai retrouvé de nombreux points communs avec La Princesse de Clèves, notamment un amour impossible entre une jeune femme mariée et un homme admiré pour ses qualités physiques comme morales. Toutefois, ici, le roman débute de façon inattendue, dans un couvent d'Espagne, où on soupçonne un amour caché entre Soeur Thérèse et un général de l'Armée. Dès lors, Balzac nous livre une histoire atypique, qui plonge le lecteur au coeur de la société française du XIXème siècle. Nous suivons alors la rencontre entre Antoinette de Navarreins, devenue la Duchesse de Langeais, et le jeune Armand de Montriveau, qui revient tout juste d'un long périple en Afrique. C'est un coup de foudre pour l'un, mais pas pour l'autre. Toutefois, après avoir cédé aux charmes de Montriveau, Antoinette pourra-t-elle être heureuse ? Les deux amants seront-ils réunis ? C'est ce que l'on découvre au terme d'une longue aventure, aussi impitoyable que passionnante, dont la scène finale est touchante au plus haut point…
J'avoue que j'ai mis beaucoup de temps à rentrer dans l'histoire, sans doute à cause des longues descriptions caractéristiques de l'écriture De Balzac ; néanmoins, l'histoire est devenue de plus en plus intéressante, et je ne voulais plus abandonner le livre avant de connaître la fin…
Ainsi, Balzac signe encore un très beau roman, même si j'ai été encore plus emportée par la merveilleuse narration du Père Goriot, roman incontournable de l'auteur de la Comédie Humaine.
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Arimbo
  28 avril 2022

Pour son deuxième roman de l'Histoire des Treize, Balzac choisit encore une histoire d'amour, « de celles qui finissent mal en général » comme le chantaient les Rita Mitsouko.
En fait de Général, celui-ci se nomme Montriveau, un homme intègre et d'un grand courage, mais, on le verra, décidé dans ses amours et sa vengeance, ainsi que dans l'entreprise de retrouver sa belle.
Sa belle, c'est Antoinette de Langeais, née de Navarreins, l'épouse d'un Duc semble-t-il pas très aimable, mais que l'on ne verra jamais apparaître dans cette histoire, si ce n'est pour nous dire qu'il est mort.
La Duchesse de Langeais, c'est une toute jeune et superbe femme qui aime séduire et faire tourner la tête aux hommes, une allumeuse, en quelque sorte. Mais sa parade de séduction va se faire pour ce Général, qui fait partie de cette Compagnie secrète des Treize, dont le courage et les aventures en Afrique lui donnent un aura dans les salons aristocratiques. Et, patatras, celui-ci va croire à l'amour sincère de la Duchesse jusqu'à ce qu'il réalise qu'elle le mène en bateau; et alors, cet homme qui n'aime pas se faire duper, va se venger, d'abord en faisant enlever Antoinette, et en lui voulant lui faire peur par une mise en scène de marquage au fer rouge, puis en ne paraissant plus dans les salons, et en ne répondant pas aux lettres de la Duchesse, maintenant dévorée par la passion. En dernier recours la Duchesse annonce à Montriveau qu'elle va se rendre à son domicile, mais celui- ci, en retard, n'est pas rentré chez lui. Désespérée, Antoinette fuit Paris pour entrer au Carmel. Alors le Général, repris de passion, va rechercher inlassablement et partout en Europe son ex-bien-aimée.
En somme, un « je t'aime, moi non plus » dont je ne dévoile pas la fin abrupte et cruelle.
Mais Balzac construit d'une façon à la fois très originale et déconcertante son intrigue.
Celle-ci commence par un prologue où le Général de Montriveau découvre, à l'écoute de sa musique et de son chant, son Antoinette dans un couvent situé dans une île près de la côte espagnole.
Suit un « flash-back » sur la rencontre de la Duchesse de Langeais et du Général de Montriveau, et leur histoire d'amour contrariée 5 ans plus tôt, histoire précédée d'un curieux et long préambule dans lequel Balzac nous décrit la perte des vertus morales et le déclin de l'aristocratie de l'époque de la Restauration, dont la vie n'est plus que le paraître dans les salons (un certain Marcel Proust en décrira le déclin et la disparition au début du vingtième siècle).
A l'issue de ce récit enchâssé, vient le dénouement à la fois cruel et cynique.
Le récit est furieusement romanesque et plein de passion. Ici encore, comme dans Ferragus, Balzac se révèle dans sa veine romantique et la peinture sociale passe au second plan.
Et puis, c'est magnifiquement écrit, et les portraits de notre héroïne et de notre héros, ainsi que celle des personnages qui les entourent sont pleins de finesse psychologique et d'ambiguïté.
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Aaliz
  12 janvier 2013
Je poursuis ma découverte De Balzac. Après le Père Goriot, j'ai jeté mon dévolu sur La Duchesse de Langeais dont j'avais lu des avis enthousiastes. Et il faut dire aussi que le jeu du « fuis-moi je te suis, suis-moi je te fuis » qui est central dans cette oeuvre m'a aussi attiré.
Bien que ce roman soit très court, je l'ai pourtant trouvé bien plus dense et complexe que le père Goriot.
Balzac a construit son récit d'une façon bien particulière. Il l'ouvre par une scène qui est en fait finale puis revient quelques pages plus tard aux évènements à l'origine de cette scène. Autant dire que ça n'a fait qu'aiguiser ma curiosité.
En parlant de curiosité, il y en a une dans ce roman, restée célèbre d'ailleurs, il s'agit de la longue digression qu'y a inséré Balzac. Dans ces quelques pages où il n'est plus question de l'intrigue avec laquelle l'auteur nous avait appâté, Balzac expose ses vues sur la situation du faubourg Saint-Germain, quartier de Paris qui concentre la Noblesse, celle qui a réchappé de la Révolution. Bien que légitimiste ( partisan de la Monarchie par opposition aux libéraux, partisans de la République), Balzac n'hésite pas à faire le procès de cette catégorie de la société dénonçant les travers qui l'ont menée au désastre de la chute de la Monarchie. Mais derrière cette longue description des vices et vertus de la population de ce quartier, c'est aussi le portrait d'Antoinette, la duchesse de Langeais, que Balzac nous dresse annonçant subtilement et de façon détournée les évènements à venir.
« Les peuples, comme les femmes, aiment la force en quiconque les gouverne, et leur amour ne va pas sans le respect ; ils n'accordent point leur obéissance à qui ne l'impose pas. »
Antoinette est en effet le type même de la femme aristocratique (terme contesté par Balzac d'ailleurs), c'est une « coquette » qui se plaît à user de son charme et de son esprit pour séduire sa petite cour de prétendants. Autrement dit dans notre langage actuel, c'est une allumeuse. Et Antoinette a décidé d'exercer ses pouvoirs de séduction sur un nouveau venu dans le quartier qui fait sensation auprès des dames par ses aventures en Afrique : Armand de Montriveau. Ces deux-là jouent alors au chat et à la souris mais les évènements prendront une tournure surprenante pour aboutir à une fin qui m'aura laissée choquée et perplexe.
Balzac a mis beaucoup de lui dans ce roman. Outre qu'il y présente ouvertement ses opinions sur la haute société de l'époque ( ce qui lui sera amèrement reproché tant sur le fond que sur la forme), il se serait également inspiré de ses propres déboires sentimentaux avec la marquise de Castries tout en en modifiant certains aspects, ce qui illustre que Balzac a tourné la page sur cet épisode douloureux de sa vie.
Pour toutes ces explications, je ne saurais que trop conseiller la lecture de l'excellente introduction de Constance Cagnat-Deboeuf de l'édition Livre de Poche qui apporte de nombreux éclairages sur le texte.
J'ai vraiment adoré cette lecture certes exigeante mais si bien menée et si bien écrite. le style De Balzac est vraiment une merveille à lire et j'adore aussi la façon qu'il a d'exprimer ce qu'il pense franchement. Il a également admirablement dépeint la psychologie de ses deux personnages principaux.
Quant à la relation entre Antoinette et Armand, je me suis posée ( et me pose encore) beaucoup de questions sur la véritable nature de leurs sentiments. J'ai souvent eu l'impression que tous les deux n'agissaient que par orgueil. Cette apparente opposition entre la passion et la raison qui tourmente Antoinette et la décision extrême qu'elle finit par prendre ne permettent pourtant pas de se faire une opinion définitive sur ses réels sentiments. Et la volonté de vengeance ainsi que la réaction d'Armand à la toute fin du roman ne sont pas non plus sans interroger le lecteur. On sent la passion et les actions excessives qu'elle fait commettre mais il y a pourtant quelque chose qui sonne faux et que j'attribue à ce désir de possession de l'autre qui finalement gouverne le comportement des deux protagonistes.
C'est seulement après avoir terminé ma lecture que j'ai réalisé que La Duchesse de Langeais s'insérait dans un triptyque intitulé Histoire des Treize et que La Duchesse en était le 2ème volet ( il faut toujours que je fasse tout dans le désordre moi …). J'ai donc prévu de lire les autres volets de cette trilogie et j'en dirai donc plus sur les Treize à cette occasion.
En attendant, je ne peux que vous conseiller la lecture de ce très beau roman qui m'a beaucoup touchée et émue.

Lien : http://booksandfruits.over-b..
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michfred
  17 juin 2016
L'allumé et l'allumeuse!
le général de Montriveau tente d'enlever du couvent où elle s'est réfugiée une nonne qui n'est autre qu'Antoinette de Langeais, grande mondaine du faubourg Saint Germain, mariée et coquette, qui faisait damner ses nombreux amants par ses chatteries. Dont le dit Montriveau, vieux lion farouche, qui rumine sa vengeance...Mais il arrive un peu tard.... Dans un long flash-back, il revoit son aventure avec la duchesse...
En bon militaire Montriveau n'y est pas allé pas de main morte pour reprendre l'ascendant sur sa chérie: il faut dire que, dans ses manoeuvres d'intimidation ou d'enlèvement, il a des alliés puissants: ces Treize dont le chef est Ferragus, et que nous avons pu voir à l'oeuvre dans La fille aux yeux d'or, ou L'Histoire des Treize, justement. Une sorte de société secrète, de franc-maçonnerie assez fantasmée, entre la secte et la bande de malfaiteurs, chargée d'exécuter, discrètement et efficacement, les basses besognes de ses affidés.
Une passion romantique et romanesque avec tous les décalages qui la rendent impossible: quand l'un aime, l'autre s'amuse, quand l'un se rebelle, l'autre est toute adoration...
Le portrait de la duchesse, coquette repentie et prise au piège de l'amour, est plein de finesse. Celui de Montriveau, brut(e) de décoffrage, est moins raffiné, mais on ne peint pas les militaires avec des pinceaux d'aquarelle -sauf quand on s'appelle Delacroix.
Je devrais le relire, mais c'est un Balzac moins convaincant que sa réputation ne me le laissait espérer...
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Mimeko
  07 septembre 2018
Le général Armand de Montriveau débarque de nuit et clandestinement dans une île espagnole de la Méditerranée. Son but est de pénétrer dans un monastère et de tenter d'enlever une femme qu'il recherche depuis plusieurs années. En effet, cinq ans auparavant, La Duchesse de Langeais, 22 ans, délaissée par son mari, fréquentait les cercles aristocratiques de Saint Germain des prés, un quartier connu pour abriter les aristocrates pétris des idées traditionnelles antérieures à la révolution...Armand de Montriveau, un militaire taiseux tombe éperdument amoureux d'elle et la courtise, mais Antoinette, ignorant les codes de séduction et surtout ne sachant pas vraiment distinguer les sentiments vrais, fait la coquette et la frivole, se retranchant derrière son statut de femme marié et de chrétienne accomplie pour se refuser à Montriveau, même si elle est malheureuse dans son mariage et qu'elle est sincèrement éprise. Armand de Montriveau échaudé et malheureux fourbit sa revanche.
Après un début intéressant où l'on prend connaissance d'un amour passé qui éveille la curiosité dans le flash-back qui s'ensuit, j'ai été très déçue par la tournure que prend le récit, je me suis passablement ennuyée en lisant les longs développements de mise en place de l'intrigue et du contexte social, notamment l'analyse très longue des résidents du quartier de St Germain, fief d'une aristocratie en pleine déliquescence, les nombreuses digressions et la foultitude de détails datés, ou les références à des évènements ou des personnes pas ou peu connues.
Tous ces développements ont eu raison de mon intérêt et mon attention, et même le développement de l'histoire d'amour malheureuse des deux protagonistes n'a pas réussi à m'émouvoir plus que cela...je comprend mieux pourquoi je préfère la littérature anglaise de la même époque, qui a moins ce côté analytique et "édifiant" (même si elle a le défaut de convoquer quelquefois trop de "religieux").
Je n'en abandonne pas pour autant ma découverte De Balzac, j'espère me rattraper avec Gobseck et la maison Nucingen....
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Citations et extraits (76) Voir plus Ajouter une citation
CielvariableCielvariable   11 mai 2013
A FRANTZ LISTZ.
Il existe dans une ville espagnole située sur une île de la Méditerranée, un couvent de Carmélites Déchaussées où la règle de l’Ordre institué par sainte Thérèse s’est conservée dans la rigueur primitive de la réformation due à cette illustre femme. Ce fait est vrai, quelque extraordinaire qu’il puisse paraître. Quoique les maisons religieuses de la Péninsule et celles du Continent aient été presque toutes détruites ou bouleversées par les éclats de la révolution française et des guerres napoléoniennes, cette île ayant été constamment protégée par la marine anglaise, son riche couvent et ses paisibles habitants se trouvèrent à l’abri des troubles et des spoliations générales. Les tempêtes de tout genre qui agitèrent les quinze premières années du dix−neuvième siècle se brisèrent donc devant ce rocher, peu distant des côtes de l’Andalousie. Si le nom de l’Empereur vint bruire jusque sur cette plage, il est douteux que son fantastique cortége de gloire et les flamboyantes majestés de sa vie météorique aient été comprises par les saintes filles agenouillées dans ce cloître. Une rigidité conventuelle que rien n’avait altérée recommandait cet asile dans toutes les mémoires du monde catholique. Aussi, la pureté de sa règle y attira−t−elle, des points les plus éloignés de l’Europe, de tristes femmes dont l’âme, dépouillée de tous liens humains, soupirait après ce long suicide accompli dans le sein de Dieu. Nul couvent n’était d’ailleurs plus favorable au détachement complet des choses d’ici−bas, exigé par la vie religieuse. Cependant, il se voit sur le Continent un grand nombre de ces maisons magnifiquement bâties au gré de leur destination. Quelques−unes sont ensevelies au fond des vallées les plus solitaires ; d’autres suspendues au−dessus des montagnes les plus escarpées, ou jetées an bord des précipices ; partout l’homme a cherché les poésies de l’infini, la solennelle horreur du silence ; partout il a voulu se mettre au plus près de Dieu : il l’a quêté sur les cimes, au fond des abîmes, au bord des falaises, et l’a trouvé partout. Mais nulle autre part que sur ce rocher à demi européen, africain à demi, ne pouvaient se rencontrer autant d’harmonies différentes qui toutes concourussent à si bien élever l’âme, à en égaliser les impressions les plus douloureuses, à en attiédir les plus vives, à faire aux peines de la vie un lit profond. Ce monastère a été construit à l’extrémité de l’île, au point culminant du rocher, qui, par un effet de la grande révolution du globe, est cassé net du côté de la mer, où, sur tous les points, il présente les vives arêtes de ses tables légèrement rongées à la hauteur de l’eau, mais infranchissables. Ce roc est protégé de toute atteinte par des écueils dangereux qui se prolongent au loin, et dans lesquels se joue le flot brillant de la Méditerranée. Il faut donc être en mer pour apercevoir les quatre corps du bâtiment carré dont la forme, la hauteur, les ouvertures ont été minutieusement prescrites par les lois monastiques. Du côté de la ville, l’église masque entièrement les solides constructions du cloître, dont les toits sont couverts de larges dalles qui les rendent invulnérables aux coups de vent, aux orages et à l’action du soleil. L’église, due aux libéralités d’une famille espagnole, couronne la ville. La façade hardie, élégante, donne une grande et belle physionomie à cette petite cité maritime.
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ouap1ouap1   30 mai 2018
- Madame, reprit Armand en la contemplant avec une méprisante froideur, une minute, une seulement suffira pour vous atteindre dans tous les moments de votre vie, la seule éternité dont je puisse disposer, moi. Je ne suis pas Dieu. Ecoutez moi bien, dit-il, en faisant une pause pour donner de la solennité à son discours. L'amour viendra toujours à vos souhaits ; vous avez sur les hommes un pouvoir sans bornes ; mais souvenez-vous qu'un jour vous avez appelé l'amour : il est venu pur et candide, autant qu'il peut l'être sur cette terre ; aussi respectueux qu'il était violent ; caressant, comme l'est l'amour d'une femme dévouée, ou comme l'est celui d'une mère pour son enfant ; enfin, si grand, qu'il était une folie. Vous vous êtes jouée de cet amour, vous avez commis un crime. Le droit de toute femme est de se refuser à un amour qu'elle sent ne pouvoir partager. L'homme qui aime sans se faire aimer ne saurait être plaint, et n'a pas le droit de se plaindre. Mais, madame la duchesse, attirer à soi, en feignant le sentiment, un malheureux privé de toute affection, lui faire comprendre le bonheur dans toute sa plénitude, pour le lui ravir ; lui voler son avenir de félicité ; le tuer non seulement aujourd'hui, mais dans l'éternité de sa vie, en empoisonnant toutes ses heures et toutes ses pensées, voilà ce que je nomme un épouvantable crime !
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patrick75patrick75   29 octobre 2012
Mais les hommes d'âme vigoureuse n'ont-ils pas un penchant qui les entraine vers les sublimes expressions que de nobles malheurs ou d'impétueux mouvements de pensées ont gravées sur le visage d'une femme ?
La beauté d'une femme endolorie n'est-elle pas la plus attachante de toutes pour les hommes qui se sentent au coeur un trésor inépuisable de consolations et de tendresses à répandre sur une créature gracieuse de faiblesse et forte par le sentiment.
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LydiaBLydiaB   04 mai 2010
Au moment où il arrivait furieux dans le salon, il y entendit de célestes accords. La duchesse était à son piano. Les hommes de science ou de poésie qui peuvent à la fois comprendre et jouir sans que la réflexion nuise à leurs plaisirs, sentent que l'alphabet et la phraséologie musicale sont les instruments intimes du musicien, comme le bois ou le cuivre sont ceux de l'exécutant. Pour eux, il existe une musique à part au fond de la double expression de ce sensuel langage des âmes. Andiamo mio ben peut arracher des larmes de joie ou faire rire de pitié, selon la cantatrice. Souvent, çà et là, dans le monde, une jeune fille expirant sous le poids d'une peine inconnue, un homme dont l'âme vibre sous les pincements d'une passion, prennent un thème musical et s'entendent avec le ciel, ou se parlent à eux-mêmes dans quelque sublime mélodie, espèce de poème perdu. Or, le général écoutait en ce moment une de ces poésies inconnues autant que peut l'être la plainte solitaire d'un oiseau mort sans compagne dans une forêt vierge.
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FirefliesFireflies   12 mars 2015
Je vous aime bien mieux que je ne vous ai jamais aimé. Je prie Dieu tous les jours pour vous, et je ne vous vois plus avec les yeux du corps. Si vous connaissiez, Armand, le bonheur de pouvoir se livrer sans honte à une amitié pure que Dieu protège ! Vous ignorez combien je suis heureuse d'appeler les bénédictions du ciel sur vous. Je ne prie jamais pour moi: Dieu fera de moi selon ses volontés. Mais vous, je voudrais, au prix de mon éternité, avoir quelque certitude que vous êtes heureux en ce monde, et que vous serez heureux en l'autre, pendant tous les siècles. Ma vie éternelle est tout ce que le malheur m'a laissé à vous offrir. Maintenant, je suis vieillie dans les larmes, je ne suis plus ni jeune ni belle ; d'ailleurs vous mépriseriez une religieuse devenue femme, qu'aucun sentiment, même l'amour maternel, n'absoudrait... Que me direz-vous qui puisse balancer les innombrables réflexions accumulées dans mon cœur depuis cinq années, et qui l'ont changé, creusé, flétri? J'aurais dû le donner moins triste à Dieu !
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157 collégiens; 3 auteurs, 3 romans, 3 intervenants, 3 parcours. Une expérience littéraire de 6 mois faite de lectures, d'échanges et de débat, de rencontres, de questions, de critiques, de lectures à voix haute… Avec les élèves de 4èmeC du collège Pablo Picasso (Bron), les élèves de 3ème5 du collège Théodore Monod (Bron), les élèves de 5ème2 du collège Jean Monnet (Lyon 2), les élèves de 3ème3 du collège Olivier de Serres (Meyzieu), les élèves de 5ème6 du collège Honoré de Balzac (Vénissieux), les élèves 3ème3 du collège Jean Macé (Villeurbanne), et leurs équipes pédagogiques. Avec les auteurs Yann Fastier, Sylvain Pattieu, Marie Sellier, et les intervenants artistiques Raphaële Botte, Raphaël France-Kullmann, Camille Thomine. En partenariat avec la DRAC Auvergne Rhône-Alpes, la Métropole de Lyon, la Ville de Bron, la Délégation Académique aux Arts et à la Culture de l'Académie de Lyon, et l'Espace Albert Camus / Pôle en Scènes (Bron)
Une réalisation Fête du Livre de Bron/Collectif Risette
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