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Anne-Marie Meininger (Éditeur scientifique)
EAN : 9782070380527
256 pages
Éditeur : Gallimard (22/11/1989)
3.38/5   86 notes
Résumé :
Le conte fantastique Melmoth réconcilié est une œuvre charnière dans la création de Balzac, par ses liens avec La Peau de chagrin et Le Père Goriot. La Maison Nucingen est l'histoire d'une faillite truquée qui procure à son auteur une des premières fortunes de Paris. Qu'est-ce qui rapproche ces deux textes, a priori si dissemblables ? L'argent, ou plus exactement l'action en Bourse. On spécule, on se ruine, on s'enrichit, grâce à la Bourse. Le lecteur se croit trans... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (16) Voir plus Ajouter une critique
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sur 86 notes
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Nastasia-B
  01 février 2016
La Maison Nucingen est un court roman où Honoré de Balzac invite son lecteur à être une oreille indiscrète, qui écoute aux portes des confidences de quatre larrons — journalistes ou apparentés journalistes — bien connus de la comédie humaine : Bixiou, Blondet, Couture et Finot.
Lesquels amis commentent la réussite financière aussi subite qu'étonnante d'Eugène de Rastignac (héros du père Goriot) sous l'impulsion du Baron de Nucingen. Balzac y dresse un bref portrait du financier en général, dont Nucingen est selon lui l'archétype.
Ce faisant, l'auteur décrit aussi la mécanique d'auto dévaluation ou réévaluation de ses propres valeurs. le tout visant à faire exploser ou imploser temporairement la masse d'un portefeuille d'actions en vue soit de sa cession au-dessus de sa valeur réelle ou réciproquement de son rachat bien en-dessous.
Évidemment, beaucoup sont les dupes de ces transactions, et d'autant plus que l'on est un proche de Nucingen, que l'auteur compare à un loup-cervier. Si Nucingen est effectivement l'artisan de la fortune de Rastignac, il ne lui procure pas cet avantage par sympathie ou amitié, mais juste parce qu'il a besoin d'un porte-parole crédible pour ébruiter des " fuites " volontaires, le tout, bien sûr, dans le dessein d'affoler les places financières à son profit.
Cette mécanique boursière, évoquée un peu rapidement, presque en dilettante, est reprise, complétée et développée dans l'excellent roman de Zola, L'Argent. On peut en effet reprocher à Balzac, une fois n'est pas coutume, le côté succinct de la façon dont il traite un sujet aussi vaste, et aussi important de sa comédie humaine, car, peu ou prou, l'argent est cause de tous les maux de son oeuvre, ou du moins d'un très grand nombre.
Il demeure un bon petit roman, plaisant, vite lu, mais pas à la hauteur de ses meilleures productions. Tout ceci, bien sûr, est sujet à fluctuations sur les marchés de la critique car ce n'est que mon avis, qui, à tout moment peut se dévaluer et ne plus valoir grand-chose.
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Nastasia-B
  11 juin 2013
Ce livre regroupe deux courts romans d'Honoré de Balzac n'ayant pas forcément grands rapports entre-eux, si ce n'est que le second fait intervenir un personnage travaillant dans la banque, dont il est question dans le premier. Hormis ce lien ténu, on pourrait se gratter longtemps la tête pour chercher d'autres similitudes et seul l'éditeur pourrait éventuellement nous l'expliquer s'il était en mesure de le faire, ce dont je me permets de douter. Mais peu importe.
Tout d'abord, La Maison Nucingen, roman de petite taille où Balzac invite son lecteur à être une oreille indiscrète qui écoute aux portes des confidences de quatre larrons, journalistes ou apparentés journalistes, bien connus de la comédie humaine: Bixiou, Blondet, Couture et Finot. Lesquels amis commentent la réussite financière aussi subite qu'étonnante d'Eugène de Rastignac (héros du père Goriot) sous l'impulsion du Baron de Nucingen. L'auteur y dresse un bref portrait du financier dont Nucingen est selon lui l'archétype, ainsi que de la mécanique d'auto dévaluation ou réévaluation de ses propres valeurs. le tout visant à faire exploser ou imploser temporairement la masse d'un portefeuille d'actions en vue soit de sa cession au-dessus de sa valeur réelle ou réciproquement de son rachat bien en-dessous.
Évidemment, beaucoup sont les dupes de ces transactions, et d'autant plus que l'on est un proche de Nucingen, que Balzac compare à un loup-cervier et qui, s'il est la cause de la fortune de Rastignac, ne lui procure pas cet avantage par sympathie ou amitié, mais juste parce qu'il a besoin d'un porte-parole crédible pour ébruiter des " fuites " volontaires dans le dessein d'affoler les places financières à son profit.
Cette mécanique boursière est reprise, complétée et développée dans l'excellent roman d'Émile Zola, L'Argent. On peut en effet reprocher à Honoré de Balzac, une fois n'est pas coutume, le côté succinct de la façon dont il traite un sujet aussi vaste, et aussi important de sa comédie humaine, car, peu ou prou, l'argent est cause de tous les maux de son oeuvre. Qui suis-je pour prétendre faire la fine bouche sur le travail De Balzac ?
Ensuite vient Melmoth Réconcilié où l'auteur nous questionne sur nous-même : Que ferions-nous si nous disposions d'un pouvoir illimité ? Qu'adviendrait-il de nous ? de nos désirs ? de os espérances ?
Tout comme il se réapproprie le mythe de Dom Juan dans L'Élixir de Longue Vie, ici, Honoré de Balzac revisite à sa façon le thème du pacte avec le diable que Goethe avait fraîchement mis en lumière dans son Faust.
Mais ici, après une entrée en matière tonitruante et corrosive à souhait, Balzac fait récipiendaire de son pacte diabolique un obscur caissier de la banque de Nucingen. (D'où le vague lien entre les deux livres, je suppose.)
Cet insignifiant caissier, Rodolphe Castanier, plongé dans les dettes jusqu'au cou pour les beaux yeux d'une apprentie prostituée repêchée in extremis sur le pavé de Paris, s'apprête à commettre sa plus savante malversation pour s'assurer le confort d'une nouvelle vie à l'étranger lorsqu'il voit apparaître un sinistre anglais du nom de John Melmoth.
Celui-ci voit tout, devine tout, domine tout et impose son fait. le caissier éberlué, au bord de l'abîme, déjà aspiré par les affres du gouffre, ne voit d'autre choix que d'accepter le pacte que lui soumet l'Anglais démoniaque.
Doué de ce don nouveau de vue extralucide, Castanier voit tout, les trahisons de sa maîtresse, les intentions fourbes des servantes, les soifs mesquines, les désirs fades, la grande comédie qu'est la vie. Un peu comme pour le Peter Schlemihl de Chamisso, la fortune de Castanier prend un goût très amer sitôt qu'elle s'offre à lui.
À l'étroit dans son omnipotence, rien n'est jamais aussi simple et beau qu'on se l'imagine vu d'en bas et c'est sur cette douloureuse réflexion que l'auteur nous place au travers de ce petit roman qui tient, à juste titre, sa place dans la section " études philosophiques " de la Comédie Humaine.
Le trait fantastique n'est pas ce que je préfère chez Balzac, mais ce petit volume se laisse lire sans aucun déplaisir. Au final, un livre très correct, mais assurément pas la fine fleur de l'auteur, en tout cas, c'est mon avis, c'est-à-dire, il est vrai, bien peu de chose.
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PiertyM
  22 janvier 2018
Melmoth réconcilié est un Balzac pur jus philosophique qui fait un tout petit cocktail avec du fantastique. Que vaut à un homme de gagner le monde s'il perd son âme, voici la philosophie dans laquelle nous plonge ce petit roman.. Ici, gagner le monde va au-delà de la matière, l'homme devient ce qu'on pourrait dire un petit Dieu. Un pacte avec le diable doit aller d'une main à une autre, Melmoth, le tout dernier pactisant doit se trouver un ramplaçant, quoi de plus persuasif que de chercher un homme qui chavire avec son être, un homme ancré dans toutes ses faiblesses, comme l'est Castanier, accablé de dettes, un caissier en déficit dans sa gestion, un homme sur le point de quitter les choses avant que les choses ne le quittent. Castanier saisit cette occasion pour changer le cours de sa vie...mais comment se dire homme quand le corps perd toute la sensibilité de ses sens...
Ce Balzac est un petit bijoux !
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PiertyM
  06 janvier 2017
Nouvelle ou petit roman, en tout cas, il ne se passe rien dans ce livre, juste quatre journalistes qui évoquent la montée en puissance comme une flèche de Rastignac parmi les fortunés, ils en disent donc long sur l'origine perfide de cette fortune. Tout converge vers la maison Nucingen où d'une part Delphine, la femme de Nucingen est prête à tout pour rendre heureux son amant qui est Rastignac, une relation qu'on voit déjà monter dans Le père Goriot, et, d'autre part, Nucingen, le mari, un banquier opportuniste trouve en Rastignac un beau joueur des chances avec qui il peut mettre en pratique ses projets faramineux de friponnerie bancaire. Ce texte en dit long sur les péripéties financières que va employer Nucingen pour assurer ses arrières...et là on se perd un peu...
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mu-mu
  26 décembre 2020
Je voulais absolument lire La Maison Nucingen, pensant que l'on allait nous présenter la vie du couple Nucingen.
En réalité, ce roman est un peu déroutant par sa structure. Quatre journalistes bien connus de la comédie humaine discutent. L'un d'eux raconte aux autres comment Rastignac a fait fortune, mais là encore, il y aura un récit dans le récit, dans le récit…, et parfois on s'y perd un peu tellement on s'éparpille.
La structure sous forme de dialogues est dynamique parfois même un peu trop, rendant la lecture difficile à certains moments du récit.
Après le père Goriot, j'ai longtemps voulu retrouver la suite de la vie de Rastignac. Dans La Maison Nucingen, on nous raconte, dans les grandes lignes, ce qui est arrivé à Rastignac depuis l'enterrement du père Goriot. Les fans du personnage apprécieront.
Une lecture assez technique aussi qui rappelle L'Argent que Zola écrira 50 ans plus tard.
Un roman engagé enfin, contre le capitalisme naissant.
https://beq.ebooksgratuits.com/balzac/Balzac-46.pdf
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Citations et extraits (40) Voir plus Ajouter une citation
Nastasia-BNastasia-B   17 avril 2015
Attaquer la liberté commerciale à cause de ces inconvénients, ce serait attaquer la Justice sous prétexte qu'il y a des délits qu'elle ne punit pas, ou accuser la Société d'être mal organisée à cause des malheurs qu'elle engendre ! [...] Que les lois interdisent aux passions tel ou tel développement (le jeu, la loterie, tout ce que vous voudrez), elles n'extirperont jamais les passions. Tuer les passions, ce serait tuer la Société, qui, si elle ne les engendre pas, du moins les développe. Ainsi, vous entravez par des restrictions l'envie de jouer qui gît au fond de tous les cœurs, chez la jeune fille, chez l'homme de province, comme chez le diplomate, car tout le monde souhaite une fortune gratis, le Jeu s'exerce aussitôt dans d'autres sphères. Vous supprimez stupidement la loterie, les cuisinières n'en volent pas moins leur maîtres, elles portent leurs vols à une Caisse d'Épargne. [...] On joue toujours, seulement le bénéfice n'est plus à l'État. [...] L'encouragement donné aux caisses d'épargnes est une grosse sottise politique. [...] Une caisse d'épargne est l'inoculation des vices engendrés par l'intérêt à des gens que ni l'éducation ni le raisonnement ne retiennent dans leurs combinaisons tacitement criminelles.
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Nastasia-BNastasia-B   07 juin 2013
Le gouvernement, lui, lève sur les jeunes intelligences, entre dix-huit et vingt ans, une conscription de talents précoces ; il use par un travail prématuré de grands cerveaux qu’il convoque afin de les trier sur le volet comme les jardiniers font de leurs graines. Il dresse à ce métier des jurés peseurs de talents qui essaient les cervelles comme on essaie l’or à la Monnaie. Puis, sur les cinq cents têtes chauffées à l'espérance que la population la plus avancée lui donne annuellement. Il en accepte un tiers, le met dans de grands sacs appelés ses Écoles, et I'y remue pendant trois ans. Quoique chacune de ces greffes représente d'énormes capitaux, il en fait pour ainsi dire des caissiers ; il les nomme ingénieurs ordinaires, il les emploie comme capitaines d'artillerie ; enfin, il leur assure tout ce qu'il y a de plus élevé dans les grades subalternes. Puis, quand ces hommes d'élite, engraissés de mathématiques et bourrés de science ont atteint l'âge de cinquante ans, il leur procure en récompense de leurs services le troisième étage, la femme accompagnée d'enfants, et toutes les douceurs de la médiocrité.
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Nastasia-BNastasia-B   31 mai 2013
Étrange civilisation ! La société décerne à la vertu cent louis de rente pour sa vieillesse, un second étage, du pain à discrétion, quelques foulards neufs, et une vieille femme accompagnée de ses enfants. Quant au vice, s'il a quelque hardiesse, s'il peut tourner habilement un article du Code comme Turenne tournait Montecuculli, la société légitime ses millions volés, lui jette des rubans, le farcit d'honneurs et l'accable de considération. Le gouvernement est d'ailleurs en harmonie avec cette société profondément illogique.
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Nastasia-BNastasia-B   09 juin 2013
C'était une de ces filles qui, soit par la misère la plus profonde, soit par défaut de travail ou par l'effroi de la mort, souvent aussi par la trahison d'un premier amant, sont poussées à prendre un métier que la plupart d'entre elles font avec dégoût, beaucoup avec insouciance, quelques-unes pour obéir aux lois de leur constitution.
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Nastasia-BNastasia-B   30 mai 2013
Il est une nature d'hommes que la civilisation obtient dans le règne social, comme les fleuristes créent dans le règne végétal, par l'éducation de la serre, une espèce hybride qu'ils ne peuvent reproduire ni par semis, ni par bouture. Cet homme est un caissier, véritable produit anthropomorphe, arrosé par les idées religieuses, maintenu par la guillotine, ébranché par le vice, et qui pousse, à un troisième étage, entre une femme estimable et des enfants ennuyeux.
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