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Anne-Marie Meininger (Éditeur scientifique)
EAN : 9782070380527
256 pages
Gallimard (22/11/1989)
3.31/5   95 notes
Résumé :
Le conte fantastique Melmoth réconcilié est une œuvre charnière dans la création de Balzac, par ses liens avec La Peau de chagrin et Le Père Goriot. La Maison Nucingen est l'histoire d'une faillite truquée qui procure à son auteur une des premières fortunes de Paris. Qu'est-ce qui rapproche ces deux textes, a priori si dissemblables ? L'argent, ou plus exactement l'action en Bourse. On spécule, on se ruine, on s'enrichit, grâce à la Bourse. Le lecteur se croit trans... >Voir plus
Critiques, Analyses et Avis (14) Voir plus Ajouter une critique
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Nastasia-B
  01 février 2016
La Maison Nucingen est un court roman où Honoré de Balzac invite son lecteur à être une oreille indiscrète, qui écoute aux portes des confidences de quatre larrons — journalistes ou apparentés journalistes — bien connus de la comédie humaine : Bixiou, Blondet, Couture et Finot.
Lesquels amis commentent la réussite financière aussi subite qu'étonnante d'Eugène de Rastignac (héros du père Goriot) sous l'impulsion du Baron de Nucingen. Balzac y dresse un bref portrait du financier en général, dont Nucingen est selon lui l'archétype.
Ce faisant, l'auteur décrit aussi la mécanique d'auto dévaluation ou réévaluation de ses propres valeurs. le tout visant à faire exploser ou imploser temporairement la masse d'un portefeuille d'actions en vue soit de sa cession au-dessus de sa valeur réelle ou réciproquement de son rachat bien en-dessous.
Évidemment, beaucoup sont les dupes de ces transactions, et d'autant plus que l'on est un proche de Nucingen, que l'auteur compare à un loup-cervier. Si Nucingen est effectivement l'artisan de la fortune de Rastignac, il ne lui procure pas cet avantage par sympathie ou amitié, mais juste parce qu'il a besoin d'un porte-parole crédible pour ébruiter des " fuites " volontaires, le tout, bien sûr, dans le dessein d'affoler les places financières à son profit.
Cette mécanique boursière, évoquée un peu rapidement, presque en dilettante, est reprise, complétée et développée dans l'excellent roman de Zola, L'Argent. On peut en effet reprocher à Balzac, une fois n'est pas coutume, le côté succinct de la façon dont il traite un sujet aussi vaste, et aussi important de sa comédie humaine, car, peu ou prou, l'argent est cause de tous les maux de son oeuvre, ou du moins d'un très grand nombre.
Il demeure un bon petit roman, plaisant, vite lu, mais pas à la hauteur de ses meilleures productions. Tout ceci, bien sûr, est sujet à fluctuations sur les marchés de la critique car ce n'est que mon avis, qui, à tout moment peut se dévaluer et ne plus valoir grand-chose.
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PiertyM
  06 janvier 2017
Nouvelle ou petit roman, en tout cas, il ne se passe rien dans ce livre, juste quatre journalistes qui évoquent la montée en puissance comme une flèche de Rastignac parmi les fortunés, ils en disent donc long sur l'origine perfide de cette fortune. Tout converge vers la maison Nucingen où d'une part Delphine, la femme de Nucingen est prête à tout pour rendre heureux son amant qui est Rastignac, une relation qu'on voit déjà monter dans Le père Goriot, et, d'autre part, Nucingen, le mari, un banquier opportuniste trouve en Rastignac un beau joueur des chances avec qui il peut mettre en pratique ses projets faramineux de friponnerie bancaire. Ce texte en dit long sur les péripéties financières que va employer Nucingen pour assurer ses arrières...et là on se perd un peu...
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mu-mu
  26 décembre 2020
Je voulais absolument lire La Maison Nucingen, pensant que l'on allait nous présenter la vie du couple Nucingen.
En réalité, ce roman est un peu déroutant par sa structure. Quatre journalistes bien connus de la comédie humaine discutent. L'un d'eux raconte aux autres comment Rastignac a fait fortune, mais là encore, il y aura un récit dans le récit, dans le récit…, et parfois on s'y perd un peu tellement on s'éparpille.
La structure sous forme de dialogues est dynamique parfois même un peu trop, rendant la lecture difficile à certains moments du récit.
Après le père Goriot, j'ai longtemps voulu retrouver la suite de la vie de Rastignac. Dans La Maison Nucingen, on nous raconte, dans les grandes lignes, ce qui est arrivé à Rastignac depuis l'enterrement du père Goriot. Les fans du personnage apprécieront.
Une lecture assez technique aussi qui rappelle L'Argent que Zola écrira 50 ans plus tard.
Un roman engagé enfin, contre le capitalisme naissant.
https://beq.ebooksgratuits.com/balzac/Balzac-46.pdf
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PtitVincent
  20 janvier 2023
Dans La maison Nucingen, le narrateur retranscrit un dialogue volé dans un restaurant entre quatre intervenants, pigistes et journalistes, qui eux-mêmes racontent les origines de la fortune d'un certain Rastignac, personnage récurrent dans La comédie humaine. Une double mise en abîme pour animer une histoire bien complexe.
Rastignac, à 35 ans, n'est alors que le « cavalier servant » de Delphine, l'épouse du baron. En plus de débarrasser ce dernier des contraintes du mariage, Rastignac va devenir à son corps défendant le complice de ce que l'on pourrait considérer aujourd'hui comme un délit d'initié. Nucingen fait croire à des difficultés pour sa banque, pour que les clients échangent leur dépôt en actions : monnaie sonnante et trébuchante contre bouts de papier. Et en cas de problème, pas de soucis, le baron rachète les actions (à moindre prix, bien sûr). Rastignac, lors de ses sorties aura pour charge, bien involontaire, de propager la rumeur et créer ainsi les conditions idéales pour Nucingen de réussir son affaire (ou arnaque selon le point de vue). En cadeau, des actions de la banque, redevenue soudain en bonne santé. de quoi devenir soudain richissime sans vraiment le faire exprès.
Un récit tout en dialogues et plaisanteries des intervenants qui permettent de digérer plus aisément les explications financières De Balzac (je ne suis pas sûr moi-même d'avoir tout compris), la science économique étant alors à ses balbutiements et sa vulgarisation inexistante. Bref, un roman qui aurait mérité un traitement plus développé ou plus clair pour expliquer l'essor d'un personnage clé de la comédie.
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Athalenthe
  09 janvier 2019
Voici une nouvelle De Balzac qui a pour sujet principal le monde de la finance. On y découvre la manière dont a été forgée la fortune du baron de Nucingen et celle de l'amant de son épouse, Rastignac.
J'ai trouvé sympathique la manière dont Balzac nous plonge dans son récit, où l'on se retrouve à écouter aux portes les féroces commentaires d'un groupe de journalistes enivrés. le ton, comme souvent chez Balzac, est assez impitoyable.
De plus, j'ai apprécié de retrouver des personnages que j'avais déjà rencontrés lors de mes lectures : Rastignac, personnage principal de le Père Goriot, le cercle de journalistes présent dans Illusions Perdues, et le baron de Nucingen vu sous un tout autre angle que dans Splendeurs et Misères des Courtisanes.
J'ai néanmoins eu des difficultés à appréhender les mécanismes en jeu dans ces histoires financières et économiques, mais c'est dû à mon incompréhension globale de tout ce qui touche l'économie et la finance, plutôt que du fait De Balzac.
Je déconseille ce livre comme porte d'entrée dans la Comédie Humaine. Je pense qu'il est indispensable d'avoir auparavant lu le cycle Vautrin composé de le Père Goriot, Illusions Perdues et de Splendeurs et Misères des Courtisanes pour l'apprécier.
Mais si c'est déjà votre cas, alors je vous recommande La Maison Nucingen qui apporte un éclairage nouveau sur certains des plus importants acteurs de la Comédie Humaine !
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Citations et extraits (40) Voir plus Ajouter une citation
Nastasia-B
Nastasia-B  
Attaquer la liberté commerciale à cause de ces inconvénients, ce serait attaquer la Justice sous prétexte qu'il y a des délits qu'elle ne punit pas, ou accuser la Société d'être mal organisée à cause des malheurs qu'elle engendre ! [...] Que les lois interdisent aux passions tel ou tel développement (le jeu, la loterie, tout ce que vous voudrez), elles n'extirperont jamais les passions. Tuer les passions, ce serait tuer la Société, qui, si elle ne les engendre pas, du moins les développe. Ainsi, vous entravez par des restrictions l'envie de jouer qui gît au fond de tous les cœurs, chez la jeune fille, chez l'homme de province, comme chez le diplomate, car tout le monde souhaite une fortune gratis, le Jeu s'exerce aussitôt dans d'autres sphères. Vous supprimez stupidement la loterie, les cuisinières n'en volent pas moins leur maîtres, elles portent leurs vols à une Caisse d'Épargne. [...] On joue toujours, seulement le bénéfice n'est plus à l'État. [...] L'encouragement donné aux caisses d'épargnes est une grosse sottise politique. [...] Une caisse d'épargne est l'inoculation des vices engendrés par l'intérêt à des gens que ni l'éducation ni le raisonnement ne retiennent dans leurs combinaisons tacitement criminelles.
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Nastasia-B
Nastasia-B  
Le gouvernement, lui, lève sur les jeunes intelligences, entre dix-huit et vingt ans, une conscription de talents précoces ; il use par un travail prématuré de grands cerveaux qu’il convoque afin de les trier sur le volet comme les jardiniers font de leurs graines. Il dresse à ce métier des jurés peseurs de talents qui essaient les cervelles comme on essaie l’or à la Monnaie. Puis, sur les cinq cents têtes chauffées à l'espérance que la population la plus avancée lui donne annuellement. Il en accepte un tiers, le met dans de grands sacs appelés ses Écoles, et I'y remue pendant trois ans. Quoique chacune de ces greffes représente d'énormes capitaux, il en fait pour ainsi dire des caissiers ; il les nomme ingénieurs ordinaires, il les emploie comme capitaines d'artillerie ; enfin, il leur assure tout ce qu'il y a de plus élevé dans les grades subalternes. Puis, quand ces hommes d'élite, engraissés de mathématiques et bourrés de science ont atteint l'âge de cinquante ans, il leur procure en récompense de leurs services le troisième étage, la femme accompagnée d'enfants, et toutes les douceurs de la médiocrité.
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Nastasia-B
Nastasia-B  
Étrange civilisation ! La société décerne à la vertu cent louis de rente pour sa vieillesse, un second étage, du pain à discrétion, quelques foulards neufs, et une vieille femme accompagnée de ses enfants. Quant au vice, s'il a quelque hardiesse, s'il peut tourner habilement un article du Code comme Turenne tournait Montecuculli, la société légitime ses millions volés, lui jette des rubans, le farcit d'honneurs et l'accable de considération. Le gouvernement est d'ailleurs en harmonie avec cette société profondément illogique.
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Nastasia-B
Nastasia-B  
C'était une de ces filles qui, soit par la misère la plus profonde, soit par défaut de travail ou par l'effroi de la mort, souvent aussi par la trahison d'un premier amant, sont poussées à prendre un métier que la plupart d'entre elles font avec dégoût, beaucoup avec insouciance, quelques-unes pour obéir aux lois de leur constitution.
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Nastasia-B
Nastasia-B  
Il est une nature d'hommes que la civilisation obtient dans le règne social, comme les fleuristes créent dans le règne végétal, par l'éducation de la serre, une espèce hybride qu'ils ne peuvent reproduire ni par semis, ni par bouture. Cet homme est un caissier, véritable produit anthropomorphe, arrosé par les idées religieuses, maintenu par la guillotine, ébranché par le vice, et qui pousse, à un troisième étage, entre une femme estimable et des enfants ennuyeux.
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Vidéo de Honoré de Balzac
[…] les auteurs d'aphorismes, surtout lorsqu'ils sont cyniques, irritent ; on leur reproche leur légèreté, leur désinvolture, leur laconisme ; on les accuse de sacrifier la vérité à l'élégance du style, de cultiver le paradoxe, de ne reculer devant aucune contradiction, de chercher à surprendre plutôt qu'à convaincre, à désillusionner plutôt qu'à édifier. Bref, on tient rigueur à ces moralistes d'être si peu moraux. […] le moraliste est le plus souvent un homme d'action ; il méprise le professeur, ce docte, ce roturier. Mondain, il analyse l'homme tel qu'il l'a connu. […] le concept « homme » l'intéresse moins que les hommes réels avec leurs qualités, leurs vices, leurs arrière-mondes. […] le moraliste joue avec son lecteur ; il le provoque ; il l'incite à rentrer en lui-même, à poursuivre sa réflexion. […]
On peut toutefois se demander […] s'il n'y a pas au fond du cynisme un relent de nostalgie humaniste. Si le cynique n'est pas un idéaliste déçu qui n'en finit pas de tordre le cou à ses illusions. […] (Roland Jaccard.)
0:00 - Joseph Joubert 0:09 - Mark Twain 0:29 - Jonathan Swift 0:43 - Giovanni Papini 0:57 - François George 1:20 - Honoré de Balzac 1:33 - Marcel Proust 1:46 - Paul Valéry 1:59 - Nicolas de Chamfort 2:09 - Sigmund Freud 2:23 - Oscar Wilde 2:38 - Pierre Loti 2:54 - Jerry Lewis 3:06 - Milan Kundera 3:40 - Pie XII 3:53 - Remy de Gourmont 4:07 - Jacques Bainville 4:19 - François Bott 4:36 - Johann Nestroy 4:46 - Générique
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Référence bibliographique : Roland Jaccard, Dictionnaire du parfait cynique, Paris, Hachette, 1982.
Images d'illustration : Joseph Joubert : https://fr.wikipedia.org/wiki/Joseph_Joubert_(moraliste)#/media/Fichier:Joseph_Joubert.jpg Mark Twain : https://theysaidso.com/quotes/author/mark-twain/ Jonathan Swift : https://www.sciencephoto.com/media/228587/view/jonathan-swift-english-author Giovanni Papini : https://catalogo.beniculturali.it/detail/HistoricOrArtisticProperty/0900118123#lg=1&slide=0 François George : https://www.cultura.com/p-alceste-vous-salue-bien-3179668.html Honoré de Balzac : https://www.librairielaliberte.com/balzac-le-journalisme-comme-sciences-des-moyens Marcel Proust : https://www.humanite.fr/culture-et-savoirs/litterature/il-avait-tout-pour-finir-dans-l-oubli-et-marcel-proust-devint-un-ecrivain-national-7
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