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Judith Rosenzweig (Éditeur scientifique)
EAN : 9782253149453
93 pages
Éditeur : Le Livre de Poche (30/11/-1)

Note moyenne : 3.63/5 (sur 115 notes)
Résumé :
A l'insu de tous, le peintre Servin cache, dans le débarras de son atelier, un bel officier de la Garde impériale blessé à Waterloo et recherché par la police pour avoir aidé Napoléon à reprendre le pouvoir pendant les Cent Jours.

Or l'élève favorite du peintre, la talentueuse Ginevra Piombo, ne tarde pas à découvrir le proscrit et tombe aussitôt amoureuse de lui. Hélas, ce que Ginevra ne sait pas, c'est que ce joli Corse est le dernier survivant de l... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (21) Voir plus Ajouter une critique
popie21
  30 août 2019
Balzac et moi c'est une drôle d'histoire, j'ai lu Les Chouans adolescente, le meilleur moyen pour moi d'associer Balzac avec un vomitif, ben non je n'étais pas une surdouée... ensuite, jeune adulte j'ai lu Ferragus, chef des Dévorants et j'ai adoré. Encouragée j'ai lu La Peau de chagrin et j'ai certes apprécié mais sans étincelles. Autant dire qu'Honoré et moi, ce sont un peu les montagnes russes.
C'est donc sans espoir démesuré que j'ai entamé La Vendetta et bien m'en a pris. J'ai eu comme l'impression de découvrir une pépite puis je me suis souvenue que c'était Balzac... Ah bah oui pfff !
La Vendetta nous offre une écriture légère, sans trop de fioritures, mais attention c'est Balzac donc c'est travaillé, maîtrisé de bout en bout, le génie est là pas de doute cette fois.
On est d'abord intrigué par cette petite famille Corse qui vient s'installer à Paris avec son histoire de vendetta, puis on s'intéresse à l'unique fille de la famille Ginevra au caractère aussi fort et sauvage que les côtes de son île natale et enfin on tombe sous le charme du roman dans son entier. On est pris au coeur par le parcours de Ginevra et son destin Shakespearien et on ne lâche plus le bouquin.
Une magnifique performance pour moi et pourtant c'est un roman de seulement 119 pages, ce qui prouve bien que ce n'est pas la taille (du crayon) qui compte, mais la façon dont on s'en sert. 😜
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araucaria
  18 août 2014
Court roman, très noir. Il porte bien son titre. Les protagonistes n'ont rien oublié des outrages et des drames du passé, fiers, orgueilleux, ils sont inflexibles et cette rigidité de caractère va tous les conduire au malheur et à un nouveau drame. Un livre très agréable à découvrir. C'est quand même du Honoré de Balzac, alors il est merveilleusement bien écrit.
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majero
  15 octobre 2019
Refusant de vieillir seul, l'égoïste et coléreux Baron de Piombo n'accepte pas le mariage de sa fille unique avec Luigi, pourtant corse et pro-Napoléon comme lui, et le monde s'écroule quand il apprend que Luigi est le seul Porta qu'il a malheureusement laissé en vie après le règlement d'une dette de sang.
La description du Paris de 1816, de l'après Waterloo est intéressante ainsi que cet atelier de femmes peintres où se rend une Ginevra douée, jolie, conciliante, assertive face à son père, courageuse.... la femme parfaite quoi!
Malheureusement Balzac se laisse emporter par sa prose et tombe dans l'extrême, moi qui chéri la sobriété;-)
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Myriam3
  11 mai 2019
C'est une véritable tragédie amoureuse que Balzac nous propose ici avec toute l'efficacité et le romantisme nécessaire pour en faire un court roman captivant.
Le titre donne bien une idée de l'implacabilité du destin qui unit deux familles corses par la vengeance ancestrale: les di Piombo et les Porta. Ces derniers incendient la maison de Bartolomeo di Piombo et tuent son fils. Bartolomeo, qui réussit à sauver sa femme et sa fille Ginevra, en représailles, tue toute la famille Porta, dont le petit Luigi qu'il attache à son lit avant d'incendier leur maison à son tout. Puis il s'enfuit, avec femme et enfant, à Paris pour demander protection aux frères Bonaparte.
Quinze ans plus tard, la petite famille vit heureuse et soudée. Ginevra fait le bonheur de ses parents, elle est belle, agréable, et a le caractère fort de son père. Douée en peinture, elle participe tous les jours à un atelier avec d'autres jeunes filles de belles familles qui la jalousent.
Servin, propriétaire de l'atelier, cache chez lui un jeune proscrit blessé, napoléoniste et corse comme Ginevra.
Je m'arrêterai là pour la genèse de ce roman passionnant et court, mais complet car il s'intéresse à la fois à la situation politique, aux moeurs corses, et aux inégalités sociales qui concernent notamment les jeunes filles en âge de se marier.
Ce roman confirme également que pour ma part, j'accroche beaucoup plus aux courts romans et nouvelles De Balzac qu'à ses oeuvres plus magistrales.
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Aurel82
  17 avril 2019
Une histoire d'amour au milieu d'une vendetta signé Honoré de Balzac. Je ne connaissais pas du tout ce roman, mais ce fût une belle découverte. Une de ses plus "petites" oeuvres mais tout aussi captivante. Comme d'habitude, Balzac nous livre un beau témoignage de cet époque.
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Citations et extraits (21) Voir plus Ajouter une citation
popie21popie21   26 août 2019
Dans ce second groupe, ont eût remarqué des tailles délicieuses, des figures distinguées ; mais les regards de ces jeunes filles offraient peu de naïveté. Si leurs attitudes étaient élégantes et leurs mouvements gracieux, les figures manquaient de franchise, et l'on devinait facilement qu'elles appartenaient à un monde où la politesse façonne de bonne heure les caractères, où l'abus des jouissances sociales tue les sentiments et développe l'égoïsme.
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AMRAMR   06 novembre 2016
— Tu es Luigi Porta ? demanda le vieillard.
— Oui.
Bartholoméo di Piombo se leva, chancela, fut obligé de s'appuyer sur une chaise et regarda sa femme, Elisa Piombo vint à lui ; puis les deux vieillards silencieux se donnèrent le bras et sortirent du salon en abandonnant leur fille avec une sorte d'horreur. Luigi Porta stupéfait regarda Ginevra, qui devint aussi blanche qu'une statue de marbre et resta les yeux fixes sur la porte vers laquelle son père et sa mère avaient disparu : ce silence et cette retraite eurent quelque chose de si solennel que, pour la première fois peut-être, le sentiment de la crainte entra dans son coeur. Elle joignit ses mains l'une contre l'autre avec force, et dit d'une voix si émue qu'elle ne pouvait guère être entendue que par un amant :
— Combien de malheur dans un mot !
— Au nom de notre amour, qu'ai-je donc dit, demanda Luigi Porta.
— Mon père, répondit-elle, ne m'a jamais parlé de notre déplorable histoire, et j'étais trop jeune quand j'ai quitté la Corse pour la savoir.
— Nous serions en vendetta, demanda Luigi en tremblant.
— Oui. En questionnant ma mère, j'ai appris que les Porta avaient tué mes frères et brûlé notre maison. Mon père a massacré toute votre famille. Comment avez-vous survécu, vous qu'il croyait avoir attaché aux colonnes d'un lit avant de mettre le feu à la maison ?

Quand elle revint chez son père, elle avait pris cette espèce de sérénité que donne une résolution forte : aucune altération dans ses manières ne peignit d'inquiétude. Elle leva sur son père et sa mère, qu'elle trouva prêts à se mettre à table, des yeux dénués de hardiesse et pleins de douceur ; elle vit que sa vieille mère avait pleuré, la rougeur de ces paupières flétries ébranla un moment son coeur ; mais elle cacha son émotion. Piombo semblait être en proie à une douleur trop violente, trop concentrée pour qu'il pût la trahir par des expressions ordinaires. Les gens servirent le dîner auquel personne ne toucha. L'horreur de la nourriture est un des symptômes qui trahissent les grandes crises de l'âme. Tous trois se levèrent sans qu'aucun d'eux se fût adressé la parole.

— Ginevra, vous aimez l'ennemi de votre famille, dit enfin Piombo sans oser regarder sa fille.
— Cela est vrai, répondit-elle.
— Il faut choisir entre lui et nous. Notre vendetta fait partie de nous-mêmes. Qui n'épouse pas ma vengeance, n'est pas de ma famille.
— Mon choix est fait, répondit Ginevra d'une voix calme. […]
—Vous croyez peut-être faire plier ma volonté ? Détrompez-vous : je ne veux pas qu'un Porta soit mon gendre. Telle est ma sentence. Qu'il ne soit plus question de ceci entre nous. Je suis Bartholoméo di Piombo, entendez-vous, Ginevra ?
— Attachez-vous quelque sens mystérieux à ces paroles, demanda-t-elle froidement. — Elles signifient que j'ai un poignard, et que je ne crains pas la justice des hommes. Nous autres Corses, nous allons nous expliquer avec Dieu.
— Eh bien ! dit la fille en se levant, je suis Ginevra di Piombo, et je déclare que dans six mois je serai la femme de Luigi Porta. Vous êtes un tyran, mon père, ajouta-t-elle après une pause effrayante.
Bartholoméo serra ses poings et frappa sur le marbre de la cheminée :
— Ah ! Nous sommes à Paris, dit-il en murmurant.

Chez Bartholoméo comme chez sa fille, toutes les irrésolutions causées par la bonté native de leurs âmes devaient néanmoins échouer devant leur fierté, devant la rancune particulière aux Corses. Ils s'encourageaient l'un et l'autre dans leur colère et fermaient les yeux sur l'avenir. Peut-être aussi se flattaient-ils mutuellement que l'un céderait à l'autre.

Monsieur Roguin lut un papier timbré contenant un procès-verbal rédigé à l'avance et demanda froidement à Bartholoméo quelle était sa réponse.
— Il y a donc en France des lois qui détruisent le pouvoir paternel, demanda le Corse.
— Monsieur... dit Roguin de sa voix mielleuse.
— Qui arrachent une fille à son père ?
— Monsieur...
— Qui privent un vieillard de sa dernière consolation ?
— Monsieur, votre fille ne vous appartient que...
— Qui le tuent ?
— Monsieur, permettez ?
Rien n'est plus affreux que le sang-froid et les raisonnements exacts d'un notaire au milieu des scènes passionnées où ils ont coutume d'intervenir.
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araucariaaraucaria   16 août 2014
- Ginevra, vous aimez l'ennemi de votre famille, dit enfin Piombo sans oser regarder sa fille.
- Cela est vrai, répondit-elle.
- Il faut choisir entre lui et nous. Notre vendetta fait partie de nous-mêmes. Qui n'épouse pas ma vengeance, n'est pas de ma famille.
- Mon choix est fait, répondit Ginevra d'une voix calme.
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AMRAMR   06 novembre 2016
Une journée ne ressemblait jamais à la précédente, leur amour allait croissant parce qu'il était vrai. Ils s'étaient éprouvés en peu de jours, et avaient instinctivement reconnu que leurs âmes étaient de celles dont les richesses inépuisables semblent toujours promettre de nouvelles jouissances pour l'avenir. C'était l'amour dans toute sa naïveté, avec ses interminables causeries, ses phrases inachevées, ses longs silences, son repos oriental et sa fougue. Luigi et Ginevra avaient tout compris de l'amour. L'amour n'est-il pas comme la mer qui, vue superficiellement ou à la hâte, est accusée de monotonie par les âmes vulgaires, tandis que certains êtres privilégiés peuvent passer leur vie à l'admirer en y trouvant sans cesse de changeants phénomènes qui les ravissent ?

La situation de ce ménage eut quelque chose d'épouvantable : les âmes des deux époux nageaient dans le bonheur, l'amour les accablait de ses trésors, la Pauvreté se levait comme un squelette au milieu de cette moisson de plaisir, et ils se cachaient l'un à l'autre leurs inquiétudes. Au moment où Ginevra se sentait près de pleurer en voyant son Luigi souffrant, elle le comblait de caresses. De même Luigi gardait un noir chagrin au fond de son coeur en exprimant à Ginevra le plus tendre amour. Ils cherchaient une compensation à leurs maux dans l'exaltation de leurs sentiments, et leurs paroles, leurs joies, leurs jeux s'empreignaient d'une espèce de frénésie. Ils avaient peur de l'avenir.

La Pauvreté se montra tout à coup, non pas hideuse, mais vêtue simplement, et presque douce à supporter, sa voix n'avait rien d'effrayant, elle ne traînait après elle ni désespoir, ni spectres, ni haillons, mais elle faisait perdre le souvenir et les habitudes de l'aisance ; elle usait les ressorts de l'orgueil. Puis, vint la Misère dans toute son horreur, insouciante de ses guenilles et foulant aux pieds tous les sentiments humains.
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araucariaaraucaria   15 août 2014
Un soupir de joie sortit de la vaste poitrine de Piombo qui tendit la main au premier consul en lui disant :
- Il y a encore du Corse en toi!
Bonaparte sourit. Il regarda silencieusement cet homme, qui lui apportait en quelque sorte l'air de sa patrie, de cette île où naguère il avait été sauvé si miraculeusement de la haine du parti anglais, et qu'il ne devait plus revoir.
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Vidéo de Honoré de Balzac
L'Escale du livre 2020 en chaussons, pour une échappée confinée. Gaël Aymon lit “Et ta vie m'appartiendra” (Nathan) À la mort de sa grand-mère, Irina reçoit un étrange héritage : une peau, sorte de talisman censé exaucer tous ses désirs… Sans y croire, la jeune fille demande à devenir riche, ainsi que la dévotion absolue d'Halima, sa seule amie. Et ses souhaits se réalisent… Pourtant, cette existence de rêve se transforme vite en cauchemar…. Cette peau a traversé l'histoire - c'est bien la même dont parle Balzac - et, combinées aux dangers insoupçonnés de voir ses souhaits réalisés, les convoitises exacerbées sont prêtes à tout pour s'en emparer… Un thriller palpitant.
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