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Maurice Bruézière (Éditeur scientifique)
ISBN : 2253138088
Éditeur : Le Livre de Poche (01/09/1995)

Note moyenne : 3.6/5 (sur 573 notes)
Résumé :
Ce volume rassemble, autour du Chef-d'œuvre inconnu, six autres nouvelles. Elles ont été choisies parce qu'elles traitent de la peinture, ou qu'elles ont une valeur picturale particulière, qu'elles sont "colorées".

Dans Le Chef-d'œuvre inconnu, le vieux maître Frenhofer met dix ans à terminer son tableau ; lorsqu'il le montre enfin, ses amis n'y voient que chaos. Le peintre en meurt. Pierre Grassou est, au contraire, un peintre sans talent, humble et ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (102) Voir plus Ajouter une critique
Nastasia-B
  19 septembre 2012
Voici une brève nouvelle, au sens strict, de par sa construction, mais que Balzac lui-même a placé dans la section "études philosophiques" de sa comédie humaine, et l'on comprend pourquoi.
En réalité il s'agit d'une parabole, sur la forme ultime de l'art, sur la quête évanescente et infinie des artistes. Balzac pose (ou repose car elles ont été formalisées bien avant lui) les fameuses et protéiformes questions : Qu'est-ce que l'art ? Qu'est-ce que le beau ? Qu'est-ce qu'une oeuvre d'art ? Que recherche l'artiste ? Où se situent les limites ?
Balzac avec la lucidité prophétique qu'on lui connaît évoque ici, dès les années 1830, les brûlantes controverses qui agiteront la peinture au tournant du XXème siècle et jusqu'à nos jours avec l'abstraction, la subjectivité et l'incompréhension du spectateur ainsi que la notion même d'oeuvre d'art.
En somme, pas le meilleur Balzac qu'on puisse rêver, mais pas inintéressant, loin s'en faut. Néanmoins, tout ceci n'est que mon avis, c'est-à-dire, pas grand chose.
P. S. 1 : Il fut tiré de cette nouvelle le film de Jacques Rivette intitulé La Belle Noiseuse (nom du tableau controversé dans la nouvelle) avec Michel Piccoli dans le rôle du vieux peintre Frenhofer et Emmanuelle Béart dans celui de Gilette.
P. S. 2 : J'en termine en vous offrant ces deux extraits, le premier reprenant un thème fort chez l'auteur, notamment dans son sublime Illusions perdues :
"Enfin, il y a quelque chose de plus vrai que tout ceci, c'est que la pratique et l'observation sont tout chez un peintre, et que si le raisonnement et la poésie se querellent avec les brosses, on arrive au doute comme le bonhomme, qui est aussi fou que peintre. Peintre sublime, il a eu le malheur de naître riche, ce qui lui a permis de divaguer, ne l'imitez pas ! Travaillez ! Les peintres ne doivent méditer que les brosses à la main."
"- le jeune Poussin est aimé par un femme dont l'incomparable beauté se trouve sans imperfection aucune. Mais, mon cher maître, s'il consent à vous la prêter, au moins faudra-t-il nous laisser voir votre toile. (...)
- Comment ! s'écria-t-il douloureusement, montrer ma créature, mon épouse ? Déchirer le voile sous lequel j'ai chastement couvert mon bonheur ? Mais ce serait une horrible prostitution ! Voilà dix ans que je vis avec cette femme, elle est à moi, à moi seul, elle m'aime. Ne m'a-t-elle pas souri à chaque coup de pinceau que je lui ai donné ? Elle a une âme, l'âme dont je l'ai douée. Elle rougirait si d'autres yeux que les miens s'arrêtaient sur elle. La faire voir ! Mais quel est le mari, l'amant assez vil pour conduire sa femme au déshonneur ? Quand tu fais un tableau pour la cour, tu n'y mets pas toute ton âme, tu ne vends aux courtisans que des mannequins coloriés ! Ma peinture n'est pas une peinture, c'est un sentiment, une passion !"
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Louis_LUCAS
  02 février 2017
Avant de retourner voir du côté de Kennedy ce qu'il me reste à découvrir, j'ai eu envie de prolonger quelque peu ma promenade littéraire entamée avec Victor Hugo en me frottant à un autre poids lourd : Balzac. Si je ne suis pas intime avec l'écrivain au point de l'appeler par son prénom, je dois dire que le terrain m'est tout de même un peu plus familier même si mes connaissances reposent plus volontiers sur les éléments biographiques que bibliographiques.
Tout comme Hugo, Balzac est un auteur prolifique et a écrit un peu moins de cent romans en à peine cinquante ans d'existence. Il faut ajouter à cela des feuilletons, des nouvelles, des articles, un travail prodigieux, une véritable entreprise qui nécessitait parfois quelques "nègres" dédiés aux récits les moins prestigieux. Son oeuvre est par conséquent complexe, difficile à appréhender pour quiconque souhaite sérieusement s'y frotter et pourquoi pas espérer devenir un jour un balzacologue.
Heureusement pour vous, ce n'est pas mon ambition ni le but de cette critique. Si je vous parle aujourd'hui de ce "Chef d'oeuvre inconnu", c'est parce qu'il s'agit d'un nouvelle présentée par l'éditeur comme un conte fantastique. Je ne savais pas que l'auteur s'était frotté au genre et j'ai donc lu avec grand intérêt la préface de Maurice Bruézière qui nous explique que ce récit était à l'origine une commande d'un éditeur qui souhaitait que Balzac écrive un conte fantastique "à la manière d'Hoffmann". L'écrivain allemand - qui fut le premier à voir ses récits qualifiés de "fantastique" - était à l'époque très populaire en France et admiré par Gautier, Dumas ou Nerval.
Soucieux de faire montre de ses talents, Balzac - qui était sans doute lui aussi admiratif de ces contes fantastiques - se prête au jeu avec un telle appropriation des codes de ce genre nouveau qu'il en frôle presque le pastiche. Tout au long du récit, l'auteur est dans l'exercice de style, pioche dans les différents contes d'Hoffman et ses personnages la matière à ce récit qui met en scène des peintres célèbres, Porbus, Nicolas Poussin et des personnages fictifs.
Malgré son étiquette fantastique, l'histoire n'offre finalement que très peu de surnaturel mais en revanche beaucoup d'érudition, des dialogues durant lesquels l'écrivain étale sa vision de la peinture, sa connaissance des techniques dans une langue vernaculaire quelque peu exigeante pour le profane. L'histoire n'est pas en soi déplaisante, s'interroge sur la figure du poète, sur la création artistique, le rapport qu'entretient l'artiste avec son oeuvre mais peine à réellement passionner.
A vrai dire l'intérêt de ce petit ouvrage tient à la somme de son contenu. Dans la préface, Maurice Bruézière décrypte en grand spécialiste la construction de ce "Chef d'oeuvre inconnu" et évoque quelques uns des emprunts De Balzac dans l'oeuvre d'Hoffman. Afin d'illustrer ces propos, l'éditeur a eu la bonne idée de faire suivre la nouvelle de l'auteur de "La leçon de piano", un conte de l'écrivain allemand, une belle introduction qui donne envie de s'y pencher plus sérieusement.
S'il faut bien entendu garder à l'esprit que les deux auteurs n'ont ni le même public, ni la même approche de la littérature, cette mise en parallèle des deux histoires permet de mieux comprendre comment Balzac a réussi à transposer son univers dans celui du conte fantastique "à la manière d'Hoffmann".
Ce "Chef d'oeuvre inconnu" ne s'apprécie donc pas pour ses qualités narratives ni l'épaisseur de ses personnages mais parce qu'il montre combien la Littérature, sous ses apparences codifiées, n'en demeure pas moins une forme artistique qui évolue grâce aux métissages culturels, aux expérimentations créatives mais également aux impératifs financiers.
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BazaR
  05 mai 2018
Deux auteurs découverts pour le prix d'un.
Maurice Bruézière a eu du nez en rassemblant dans ce petit livre deux nouvelles qui se ressemblent : le Chef-d'Oeuvre Inconnu d'Honoré de Balzac et La Leçon de Violon d'Ernst Theodor Amadeus Hoffmann. le but était de confirmer par nos yeux que la deuxième a inspiré la première, mais qu'il ne s'agit pas d'un rudimentaire plagia. La démonstration apparaît clairement à la lecture.
Le Chef-d'Oeuvre Inconnu place l'action à Paris au temps de la régence de Marie de Médicis, un jeune peintre qui veut réussir, Nicolas Poussin, ose se présenter à un maître, Franz Porbus, à l'entrée du domicile d'un vieil homme qui se considère lui-même comme une autorité suprême en la matière, Frenhofer. Poussin ne tarde pas à saisir l'incommensurable étendue du savoir de Frenhofer, et quelques coups de pinceaux bien placés sur un tableau de Porbus prouvent que ce savoir n'est pas que théorique. Et pourtant… Frenhofer bute sur l'oeuvre suprême depuis dix ans, et ne veut montrer le résultat à personne. Pourquoi ?
La Leçon de Violon se passe à Berlin. Un jeune violoniste apprend auprès de maître Haak. Ce dernier se décide à le présenter au Baron, un vieil érudit au savoir musical incommensurable. le jeune homme est impressionné, mais il se passe quelque chose de curieux dès que, quittant la théorie pour la pratique, le Baron fait glisser l'archer sur son violon favori.
Il y a assurément filiation, non seulement dans la présentation que je viens de faire, mais dans la conclusion qui chaque fois frôle le fantastique. Chaque fois le vieil homme semble accaparé par l'ombre de la caverne de Platon, ne vois plus que cette forme, n'écoute plus que sa mélodie intérieure, et reste sourd et aveugle à ses vrais sens.
Cependant, si le récit d'Hoffmann, plus court, se limite à présenter ce sujet, Balzac l'enrichit d'une relation amoureuse entre Nicolas et Gilette ; une relation qui souffrira de la situation, quand Gilette comprendra que l'amour que peut donner Poussin sera toujours rivalisé par son amour de l'art.
L'une et l'autre nouvelle sont agréables, celle de Balzac utilisant tout de même un vocabulaire artistique assez technique et un peu difficile à mettre en image pour un profane. Elles sont cependant trop brèves pour que je me fasse une idée réelle des auteurs ; pour ne serait-ce que décider si je les aime ou pas.
De ce que j'ai lu je ne les déteste pas.
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jamiK
  30 août 2016
La vision De Balzac sur la peinture est la vision "romantique" de son époque qui amènera les révolutions artistiques à suivre. Une grande leçon sur l'art en quelques pages, et une prémonition sur les 200 ans d'histoire de la peinture qui suivront…
J'ai lu là un des plus beau texte qui soit sur la peinture. Pourquoi ai-je donc attendu si longtemps ? (J'en veux un peu à mes professeurs de français si ennuyeux qui m'ont fait passer Balzac pour un auteur rébarbatif)
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Tatooa
  28 janvier 2017
Ah ! J'avoue, ça faisait des lustres que je n'avais pas lu De Balzac. Bien que j'en ai plutôt apprécié la lecture "obligatoire" de lycée, c'était "le père Goriot" je m'en souviens encore. Oui oui quand j'étais ado j'ai aimé Balzac !
Bon j'aimais Victor Hugo aussi. Sauf que j'ai continué à en lire, lui, car avec ses poésies il était un peu "abordable".
Mais ça c'était avant. Vive les liseuses, et vive les éditions de nouvelles "indépendantes".
ça permet de découvrir des pépites...
Celle-là, je l'ai adorée. Vous le savez (pour mes amis. Et ou pas pour les autres, lol), j'ai repris le dessin depuis 2 ans. (Après un arrêt total pendant toute ma vie d'adulte). Enfin en ce moment je "sèche" un peu, je ne fais que des esquisses et des croquis, je me cherche un brin, mais c'est une autre histoire...
Alors toutes ces questions sur l'art, sur le dessin, sur la beauté, ces réflexions, ça m'a beaucoup, beaucoup parlé. Car une de mes préoccupations principales, sur un dessin "définitif", c'est de savoir quand m'arrêter de retoucher, de reprendre, de perfectionner. Et que c'est difficile !
Je me suis retrouvée dans cette magnifique nouvelle, qui ne parlera peut-être pas autant à un "non-artiste". Mais je pense que poète, écrivain, dessinateur, enfin, quiconque essaie de créer de belles choses, y récoltera quelque "identification" évidente !
Pour ma part, c'est juste un magnifique moment de lecture ! (presque trop court, ah ben mince alors, j'aurais jamais cru dire ça de ce cher Balzac ! Mdrrrrr !)
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Citations et extraits (129) Voir plus Ajouter une citation
LydiaBLydiaB   04 mai 2010
Vers la fin de l'année 1612, par une froide matinée de décembre, un jeune homme dont le vêtement était de très mince apparence, se promenait devant la porte d'une maison située rue des Grands-Augustins, à Paris. Après avoir assez longtemps marché dans cette rue avec l'irrésolution d'un amant qui n'ose se présenter chez sa première maîtresse, quelque facile qu'elle soit, il finit par franchir le seuil de cette porte, et demanda si maître François PORBUS était en son logis. Sur la réponse affirmative que lui fit une vieille femme occupée à balayer une salle basse, le jeune homme monta lentement les degrés, et s'arrêta de marche en marche, comme quelque courtisan de fraîche date, inquiet de l'accueil que le roi va lui faire. Quand il parvint en haut de la vis, il demeura pendant un moment sur le palier, incertain s'il prendrait le heurtoir grotesque qui ornait la porte de l'atelier où travaillait sans doute le peintre de Henri IV délaissé pour Rubens par Marie de Médicis. Le jeune homme éprouvait cette sensation profonde qui a dû faire vibrer le cœur des grands artistes quand, au fort de la jeunesse et de leur amour pour l'art, ils ont abordé un homme de génie ou quelque chef-d'œuvre. Il existe dans tous les sentiments humains une fleur primitive, engendrée par un noble enthousiasme qui va toujours faiblissant jusqu'à ce que le bonheur ne soit plus qu'un souvenir et la gloire un mensonge.
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Nastasia-BNastasia-B   23 août 2012
- Le jeune Poussin est aimé par un femme dont l'incomparable beauté se trouve sans imperfection aucune. Mais, mon cher maître, s'il consent à vous la prêter, au moins faudra-t-il nous laisser voir votre toile. (...)
- Comment ! s'écria-t-il douloureusement, montrer ma créature, mon épouse ? Déchirer le voile sous lequel j'ai chastement couvert mon bonheur ? Mais ce serait une horrible prostitution ! Voilà dix ans que je vis avec cette femme, elle est à moi, à moi seul, elle m'aime. Ne m'a-t-elle pas souri à chaque coup de pinceau que je lui ai donné ? Elle a une âme, l'âme dont je l'ai douée. Elle rougirait si d'autres yeux que les miens s'arrêtaient sur elle. La faire voir ! Mais quel est le mari, l'amant assez vil pour conduire sa femme au déshonneur ? Quand tu fais un tableau pour la cour, tu n'y mets pas toute ton âme, tu ne vends aux courtisans que des mannequins coloriés ! Ma peinture n'est pas une peinture, c'est un sentiment, une passion !
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enkidu_enkidu_   16 juillet 2017
— La mission de l’art n’est pas de copier la nature, mais de l’exprimer ! Tu n’es pas un vil copiste, mais un poète ! s’écria vivement le vieillard en interrompant Porbus par un geste despotique. Autrement un sculpteur serait quitte de tous ses travaux en moulant une femme ! Hé ! Bien ! Essaye de mouler la main de ta maîtresse et de la poser devant toi, tu trouveras un horrible cadavre sans aucune ressemblance, et tu seras forcé d’aller trouver le ciseau de l’homme qui, sans te la copier exactement, t’en figurera le mouvement et la vie. Nous avons à saisir l’esprit, l’âme, la physionomie des choses et des êtres. Les effets ! les effets ! mais ils sont les accidents de la vie et non la vie. Une main, puisque j’ai pris cet exemple, une main ne tient pas seulement au corps, elle exprime et continue une pensée qu’il faut saisir et rendre. Ni le peintre, ni le poète, ni le sculpteur ne doivent séparer l’effet de la cause qui sont invinciblement l’un dans l’autre ! La véritable lutte est là !

Beaucoup de peintres triomphent instinctivement sans connaître ce thème de l’art. Vous dessinez une femme, mais vous ne la voyez pas ! Ce n’est pas ainsi que l’on parvient à forcer l’arcane de la nature. Votre main reproduit, sans que vous y pensiez, le modèle que vous avez copié chez votre maître. Vous ne descendez pas assez dans l’intimité de la forme, vous ne la poursuivez pas avec assez d’amour et de persévérance dans ses détours et dans ses fuites.

La beauté est une chose sévère et difficile qui ne se laisse point atteindre ainsi, il faut attendre ses heures, l’épier, la presser et l’enlacer étroitement pour la forcer à se rendre. La Forme est un Protée bien plus insaisissable et plus fertile en replis que le Protée de la fable, ce n’est qu’après de longs combats qu’on peut la contraindre à se montrer sous son véritable aspect ; vous autres ! vous vous contentez de la première apparence qu’elle vous livre, ou tout au plus de la seconde, ou de la troisième ; ce n’est pas ainsi qu’agissent les victorieux lutteurs !
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cmpfcmpf   17 octobre 2014
Parce que vous avez fait quelque chose qui ressemble plus à une femme qu’à une maison, vous pensez avoir touché le but, et, tout fiers de n’être plus obligés d’écrire à coté de vos figures, currus venustus ou pulcher homo, comme les premiers peintres, vous vous imaginez être des artistes merveilleux ! Ha ! ha ! vous n’y êtes pas encore, mes braves compagnons, il vous faudra user bien des crayons, couvrir bien des toiles avant d’arriver. Assurément, une femme porte sa tête de cette manière, elle tient sa jupe ainsi, ses yeux s’alanguissent et se fondent avec cet air de douceur résignée, l’ombre palpitante des cils flotte ainsi sur les joues ! C’est cela, et ce n’est pas cela. Qu’y manque-t-il ? un rien, mais ce rien est tout. Vous avez l’apparence de la vie, mais vous n’exprimez pas son trop-plein qui déborde, ce je ne sais quoi qui est l’âme peut-être et qui flotte nuageusement sur l’enveloppe ; enfin cette fleur de vie que Titien et Raphaël ont surprise. En partant du point extrême ici vous arrivez, on ferait peut-être d’excellente peinture ; mais vous vous lassez trop vite. Le vulgaire admire, et le vrai connaisseur sourit. Ô Mabuse, ô mon maître, ajouta ce singulier personnage, tu es un voleur, tu as emporté la vie avec toi ! — À cela près, reprit-il, cette toile vaut mieux que les peintures de ce faquin de Rubens avec ses montagnes de viandes flamandes, saupoudrées de vermillon, ses ondées de chevelures rousses, et son tapage de couleurs. Au moins, avez-vous là couleur, sentiment et dessin, les trois parties essentielles de l’Art.
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araucariaaraucaria   24 novembre 2012
Quand tu fais un tableau pour la cour, tu n'y mets pas toute ton âme, tu ne vends aux courtisans que des mannequins coloriés. Ma peinture n'est pas une peinture, c'est un sentiment, une passion! Née dans mon atelier, elle doit y rester vierge, et n'en peut sortir que vêtue. La poésie et les femmes ne se livrent nues qu'à leurs amants!
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