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Pierre Gascar (Préfacier, etc.)Patrick Berthier (Éditeur scientifique)
ISBN : 207036593X
Éditeur : Gallimard (06/09/1974)

Note moyenne : 3.49/5 (sur 49 notes)
Résumé :
En 1793, dans la ville de Carentan en Basse-Normandie, les habitués du salon de la comtesse de Dey trouvent sa porte close un premier jour, puis les jours suivants. Ce comportement inhabituel d’une femme raffinée qui tient à son « assemblée quotidienne », éveille la curiosité des habitants qui se perdent en conjectures. Les véritables raisons du comportement de Madame de Dey sont données plus loin : la comtesse a reçu un message secret lui apprenant que son fils Aug... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (13) Voir plus Ajouter une critique
Nastasia-B
  27 octobre 2014
Ce livre regroupe trois nouvelles séparées dont les histoires se déroulent dans la seconde moitié de cette période éminemment troublée de la Révolution française et de ses conséquences.
1) LE RÉQUISITIONNAIRE
L'héroïne de cette histoire est une comtesse, madame de Dey, veuve d'un gradé militaire (c'est-à-dire, à l'époque, forcément un noble, or, en ces temps troublés de la révolution, il ne fallait guère faire montre de ses titres et de ses privilèges).
C'est ce que madame de Dey a bien compris en se repliant en ses terres normandes, où elle mène une vie humble et non sujette à convoitise vis-à-vis des personnes importantes du cru, tout en étant généreuse et secourable pour les populations miséreuses qui voisinent son domaine, s'attirant ainsi une sympathie générale et unanime, qui lui laisse le droit de vivre sans trop de craintes cette période difficile pour l'aristocratie française.
Mais madame de Dey, outre le fait d'être une belle veuve de trente-huit ans qui ferait un parti très convenable pour beaucoup de prétendants, est également la mère d'un fils qui représente tout pour elle et qui, lui, a dû s'exiler pour fuir la rage homicide révolutionnaire.
Ce noble chérubin de dix-huit ans a, comme son père, embrassé la carrière des armées, mais bien évidemment, pas au service des autorités françaises.
La vie calme et bien orthométrée de madame de Dey subit soudain un bouleversement lorsqu'elle reçoit un billet souillé qui lui indique que son fils a été fait prisonnier mais qu'il est question de négocier son évasion. Si cette escapade réussit, il sera chez elle dans quatre jours au plus tard, si elle échoue, qu'adviendra-t-il de lui ?...
Honoré de Balzac nous dresse le décor d'une belle petite nouvelle savoureuse mais, je suis au regret de déplorer une chute que je juge particulièrement creuse et artificielle qui nuit à la bonne impression d'ensemble. Je suis donc plus que mesurée dans mon enthousiasme à conseiller cette nouvelle, qui est selon moi, loin d'être la meilleure de l'auteur.
2) UN ÉPISODE SOUS LA TERREUR
C'est ma préférée des trois. Ici, Honoré de Balzac nous offre une nouvelle assez particulière, sans le caustique habituel ni le luxe de description. Ici, tout est épuré et, une fois n'est pas coutume, il fait l'éloge de ses personnages.
Un mystérieux homme (je cache volontairement son identité afin de ne pas ruiner l'effet recherché par l'auteur) vient réclamer une messe clandestine à un abbé, terré dans une mansarde miteuse aidé de deux soeurs dévotes. (Vous avez compris que la Terreur est bien entendu cette période de la Révolution française durant laquelle les têtes volaient un peu plus que de coutume sous le grand couperet de la guillotine, surtout si l'on était, de près ou de loin, ami du clergé ou de la noblesse.)
Le plus étonnant est que l'étranger en question vient, très solennellement, demander une messe pour... le feu roi Louis XVI ! Balzac sait y être poignant et célébrer le dénuement et la dévotion. Bref, un beau petit bijou de nouvelle.
3) L'AUBERGE ROUGE
Cela commence presque comme un polar, on se dit que la clef de l'énigme va résider dans la découverte de l'identité du coupable et... en fait non.
Le coupable, on le devine assez vite et Balzac ne fait rien pour faire augmenter trop le suspense.
L'intérêt de l'intrigue est que, sachant le coupable parmi nous, quels rapports allons-nous entretenir avec lui. Ce n'est pas si fréquent comme questionnement et c'est donc tout à fait pertinent que son auteur ait placé ce texte dans la catégories des " études philosophiques" de sa Comédie Humaine.
En effet, ça change tout si vous apprenez que la belle héritière que vous convoitez est la fille d'un homme qui a perpétré une vilenie. Vous savez que sa position, sa fortune vient de là, mais pourtant, elle ne l'a pas faite pour autant, elle, cette vilenie. Alors que faire ? Vous voyez le genre d'interrogations que cela peut soulever ?
En deux mots, l'histoire prend place dans le contexte de la fin de Révolution et de la toute jeune accession au pouvoir de Bonaparte, lors des mouvements de troupes française sur les bords du Rhin en Rhénanie. Deux jeunes chirurgiens viennent rejoindre leur bataillon et, en cours de route, s'arrêtent à l'auberge rouge.
La demeure est pleine à craquer et c'est à grand peine qu'on trouve encore de la place pour loger les deux Français. Soudain, arrive un négociant allemand d'Aix-la-Chapelle escorté de deux bateliers. Vraiment, il n'y a pas moyen de loger les deux bateliers qui vont s'en retourner finir la nuit sur leur embarcation, mais en se tassant un petit peu, les deux Français arriveront peut-être à faire une petite place au négociant, sachant qu'en plus il se promène avec une mallette pleine de cent mille francs en or et en diamants...
En somme, une nouvelle que je qualifierais de bonne, mais sans plus. C'est d'ailleurs l'impression d'ensemble que je retiendrai pour l'ouvrage, franchement pas désagréable, mais pas non plus du niveau dont on sait l'auteur capable quelquefois. Retenez cependant que ce que j'exprime ici n'est que mon avis, c'est-à-dire, pas grand-chose
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Nastasia-B
  05 décembre 2014
Voici deux petites nouvelles d'Honoré de Balzac ayant pour cadre la Terreur et ses suites. L'une que je juge excellente et l'autre plus moyenne d'où une note d'ensemble située entre 5 et 3, notes que je le leur aurait attribué respectivement.
Dans Un Épisode Sous La Terreur, l'auteur nous offre une nouvelle assez particulière, sans le caustique habituel ni le luxe de description. Ici, tout est épuré et, une fois n'est pas coutume, il fait l'éloge de ses personnages.
Un mystérieux homme (je cache volontairement son identité afin de ne pas ruiner l'effet recherché par Balzac) vient réclamer une messe clandestine à un abbé, terré dans une mansarde miteuse aidé de deux soeurs dévotes. (Vous avez compris que la Terreur est bien entendu cette période de la Révolution Française durant laquelle les tête volaient un peu plus que de coutume sous le grand couperet de la guillotine, surtout si l'on était, de près ou de loin, ami du clergé ou de la noblesse.)
Le plus étonnant est que l'étranger en question vient, très solennellement, demander une messe pour... le feu roi Louis XVI ! Balzac sait y être poignant et célébre le dénuement et la dévotion. Bref, un beau petit bijou de nouvelle.
Dans la seconde nouvelle, l'héroïne du Réquisitionnaire est une comtesse, madame de Dey, veuve d'un gradé militaire (c'est-à-dire, à l'époque, forcément un noble, or, en ces temps troublés de la révolution, il ne fallait guère faire montre de ses titres et de ses privilèges).
C'est ce que madame de Dey a bien compris en se repliant en ses terres normandes, où elle mène une vie humble et non sujette à convoitise vis-à-vis des personnes importantes du cru, tout en étant généreuse et secourable pour les populations miséreuses qui voisinent son domaine, s'attirant ainsi une sympathie générale et unanime, qui lui laisse de droit de vivre sans trop de craintes cette période difficile pour l'aristocratie française.
Mais madame de Dey, outre le fait d'être une belle veuve de trente-huit ans qui ferait un parti très convenable pour beaucoup de prétendants, est également la mère d'un fils qui représente tout pour elle et qui lui a dû s'exiler pour fuir la rage homicide révolutionnaire.
Ce noble chérubin de dix-huit ans a, comme son père, embrassé la carrière des armées, mais bien évidemment, pas au service des autorités françaises...
La vie calme et bien orthométrée de madame de Dey subit soudain un bouleversement lorsqu'elle reçoit un billet souillé qui lui indique que son fils a été fait prisonnier mais qu'il est question de négocier son évasion. Si cette escapade réussit, il sera chez elle dans quatre jours au plus tard, si elle échoue, qu'adviendra-t-il de lui ?...
Honoré de Balzac nous dresse le décor d'une belle petite nouvelle savoureuse mais, je suis au regret de déplorer une chute que je juge particulièrement creuse et artificielle qui nuit à la bonne impression d'ensemble. Je suis donc plus que mesurée dans mon enthousiasme à conseiller cette nouvelle, qui est, selon moi, loin d'être la meilleure de l'auteur.
Mais tout ceci, bien sûr, n'est que mon avis, c'est-à-dire, pas grand-chose.
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Nastasia-B
  15 février 2015
Ce petit recueil regroupe deux très courts romans et deux nouvelles De Balzac dont l'homogénéité et la cohérence entre eux est parfois naturelle et justifiée, parfois assez peu évidente.
J'adhère totalement au rapprochement du Colonel Chabert avec Adieu, deux brefs romans qui évoquent le dur retour des vétérans des guerres napoléoniennes, surtout après que l'on a cru longtemps les hommes trépassés.
Je peux encore voir une certaine logique dans l'adjonction d'El Verdugo, autre dommage collatéral des invasions de notre cher Napoléon en terres espagnoles. Par contre, je ne sais diantre pas pourquoi l'on a collé avec ces trois-là l'histoire du Réquisitionnaire, qui se passe sous la Terreur et qui n'a plus grand chose à voir avec les autres, sauf peut-être le vague lien avec l'armée.
Il en va de même, à mes yeux, pour l'intensité de l'intérêt suscité, depuis la fulgurance du Colonel Chabert, puis les beaux élans d'Adieu, en passant par l'atrocité d'El Verdugo pour finalement finir en eau de boudin avec le Réquisitionnaire... à vous de voir.
1. LE COLONEL CHABERT
C'est l'un des trésors que nous a légué Balzac et auquel nous devons témoigner le plus grand respect. On y sent souffler les accents sublimes qui deviendront, sous la plume d'Hugo, Les Misérables.
Dans ce petit roman, l'auteur nous mène sur les sentiers d'une quasi résurrection, celle d'un brillant et brave grognard de Napoléon que tout le monde a cru mort et enterré à la bataille d'Eylau. L'histoire se corse lorsque réapparaît le vieux colonel bien des années plus tard et que sa légitime épouse, remariée, comtesse et richissime s'aperçoit que l'essentiel de son bien pourrait être revendiqué par son ancien mari...
Honoré de Balzac cisèle dans la dentelle une narration impeccable, et dresse un portrait surprenant de l'avoué Derville (voir aussi Gobseck), qu'on sent mi honnête homme, mi canaille, pouvant verser de l'un ou l'autre côté selon d'où vient le vent, à l'image de Petit-Claud dans Les illusions perdues, mais qui, pris d'une commisération, rare en cette engeance, va tout mettre en oeuvre pour secourir le vaillant vieux soldat. J'en ai assez dit si je ne veux pas trop déflorer cette perle, ce grand chef-d'oeuvre de littérature.
2. ADIEU
C'est un tout petit roman ayant de nombreux points communs avec le Colonel Chabert et ayant pour décor les suites de dommages causés par le repli catastrophique de la grande armée de Napoléon sur les berges de la Bérézina en 1812.
Je dis tout petit roman car bien que le volume puisse faire penser à une nouvelle, le développement en deux temps bien distincts doit nous faire penser plus à un roman qu'à une nouvelle.
Ici, au hasard d'une partie de chasse, le baron Philippe de Sucy, vétéran de la campagne de Russie et ayant passée des années au bagne de Sibérie, croise un peu plus de six ans plus tard, dans un ancien monastère délabré non loin de L'Isle-Adam, une femme mi-sauvage mi-folle qui attire toute son attention.
Elle est difficilement reconnaissable, mais son coeur ne saurait lui mentir, il s'agit bien de la comtesse, femme d'un général, qui était sa maîtresse, qu'il aimait éperdument et qu'il a dû abandonner sur la rive gauche de la Bérézina quand lui, ayant tout mis en oeuvre pour la sauver, a dû se résoudre à demeurer sur la rive droite, aux mains des soldats russes qui le firent prisonnier.
Cette rencontre lui cause un choc, d'autant plus que, renseignements pris, on lui confirme que la comtesse a sombré dans une folie profonde et se comporte désormais, en tous points comme un animal. le colonel de Sucy compte sur la force de leur amour pour parvenir à ranimer la raison défaillante de celle qui fut son unique amour.
Comme il sait si bien le faire, Honoré de Balzac signe un récit poignant, dans la veine romantique, mais sans chichis ni trémolos, sans débordement de pathos. On peut reprocher peut-être un scénario un brin téléphoné, façon Symphonie Pastorale de Gide, mais toujours suffisamment solide et bien construit pour tenir en haleine le lecteur de bout en bout sans lui infliger une déconvenue lors de la chute.
3. EL VERDUGO
El verdugo, (qui signifie le bourreau en espagnol) est une courte nouvelle ayant elle aussi pour décor la Grande Armée de Napoléon et notamment l'occupation de l'Espagne par elle en 1809.
Personnellement, je m'interroge sur le classement qu'effectua Balzac de cette nouvelle dans les " études philosophiques " alors qu'elle semble plus naturellement trouver sa place dans les " scènes de la vie militaire ". Bien évidemment, le " dilemme à perdre la tête " que soulève la narration et dont je dirai deux mots plus loin est une vraie question, mais je n'irai peut-être pas jusqu'à la qualifier " d'étude philosophique ".
L'histoire, très succinctement, est celle d'un jeune officier français, Victor Marchand, en place dans la ville fictive de Menda (probablement Santander dans la réalité), dont la mission est d'occuper la place et de surveiller la population pour prévenir toute velléité de rébellion. Ses yeux s'attardent sur une belle espagnole, Clara de Léganès, fille de la famille aristocratique la plus en vue de la ville. Jusqu'au moment où, PAF!, gros problème, des bateaux anglais arrivent et semblent vouloir amorcer un débarquement.
Il ne manquait que ce signal pour donner le coup d'envoi à une offensive des espagnols contre l'occupant français. Tous les soldats sous les ordres de Marchand sont tués. Lui seul en réchappe car la belle Clara l'avertit in extremis.
La vengeance de l'armée française sera terrible, à n'en pas douter.
Le général ordonne, pour sauver la ville, que cette riche famille, passablement mouillée dans la tentative de rébellion, se sacrifie et qu'elle désigne elle-même l'un des membres devant survivre. Lequel survivant devra trancher de ses mains la tête de tous les autres membres de sa propre famille.
Je ne vous en dis pas plus. Je regrette seulement que Balzac n'ait pas exploité davantage cette trame qui avait tout pour être un drame à la hauteur du peintre Goya qui immortalisa des scènes de cet épisode sanglant de la guérilla contre les envahisseurs français.
J'ai cru y lire une forte source d'inspiration pour la magnifique et terrifiante pièce d'Emmanuel Roblès, Montserrat. Cependant, en l'état, cette petite nouvelle n'est guère qu'un amuse-bouche et demeure loin des meilleures performances d'Honoré de Balzac, même en qualité de nouvelliste.
4. LE RÉQUISITIONNAIRE
Cette petite nouvelle a, elle, pour cadre la Terreur et ses suites. L'héroïne de cette histoire est une comtesse, madame de Dey, veuve d'un gradé militaire (c'est-à-dire, à l'époque, forcément un noble, or, en ces temps troublés de la révolution, il ne fallait guère faire montre de ses titres et de ses privilèges).
C'est ce que madame de Dey a bien compris en se repliant en ses terres normandes, où elle mène une vie humble et non sujette à convoitise vis-à-vis des personnes importantes du cru, tout en étant généreuse et secourable pour les populations miséreuses qui voisinent son domaine, s'attirant ainsi une sympathie générale et unanime, qui lui laisse de droit de vivre sans trop de craintes cette période difficile pour l'aristocratie française.
Mais madame de Dey, outre le fait d'être une belle veuve de trente-huit ans qui ferait un parti très convenable pour beaucoup de prétendants, est également la mère d'un fils qui représente tout pour elle et qui lui a dû s'exiler pour fuir la rage homicide révolutionnaire.
Ce noble chérubin de dix-huit ans a, comme son père, embrassé la carrière des armées, mais bien évidemment, pas au service des autorités françaises.
La vie calme et bien orthométrée de madame de Dey subit soudain un bouleversement lorsqu'elle reçoit un billet souillé qui lui indique que son fils a été fait prisonnier mais qu'il est question de négocier son évasion. Si cette escapade réussit, il sera chez elle dans quatre jours au plus tard, si elle échoue, qu'adviendra-t-il de lui ?...
Honoré de Balzac nous dresse le décor d'une belle petite nouvelle savoureuse mais, je suis au regret de déplorer une chute que je juge particulièrement creuse et artificielle qui nuit à la bonne impression d'ensemble. Je suis donc plus que mesurée dans mon enthousiasme à conseiller cette nouvelle, qui est selon moi, loin d'être la meilleure de l'auteur.

En somme, un livre intéressant mais qui souffre quelque peu de son manque d'homogénéité, que ce soit au niveau de la qualité des histoires elles-mêmes ou au niveau de leur cohérence, les unes par rapport aux autres. Mais tout ceci, bien sûr, n'est que mon avis, c'est-à-dire, pas grand-chose.
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Nastasia-B
  07 mars 2014
Le Réquisitionnaire est une petite nouvelle qui a pour cadre la Terreur des années 1793-94 et ses suites.
L'héroïne de cette histoire est une comtesse, madame de Dey, veuve d'un gradé militaire (c'est-à-dire, à l'époque, forcément un noble, or, en ces temps troublés de la révolution, il ne fallait guère faire montre de ses titres et de ses privilèges).
C'est ce que madame de Dey a bien compris en se repliant en ses terres normandes, où elle mène une vie humble et non sujette à convoitise vis-à-vis des personnes importantes du cru, tout en étant généreuse et secourable pour les populations miséreuses qui voisinent son domaine, s'attirant ainsi une sympathie générale et unanime, qui lui laisse le droit de vivre sans trop de craintes cette période difficile pour l'aristocratie française.
Mais madame de Dey, outre le fait d'être une belle veuve de trente-huit ans qui ferait un parti très convenable pour beaucoup de prétendants, est également la mère d'un fils qui représente tout pour elle et qui, lui, a dû s'exiler pour fuir la rage homicide révolutionnaire.
Ce noble chérubin de dix-huit ans a, comme son père, embrassé la carrière des armées, mais bien évidemment, pas au service des autorités françaises.
La vie calme et bien orthométrée de madame de Dey subit soudain un bouleversement lorsqu'elle reçoit un billet souillé qui lui indique que son fils a été fait prisonnier mais qu'il est question de négocier son évasion. Si cette escapade réussit, il sera chez elle dans quatre jours au plus tard, si elle échoue, qu'adviendra-t-il de lui ?...
Honoré de Balzac nous dresse le décor d'une belle petite nouvelle savoureuse mais, je suis au regret de déplorer une chute que je juge particulièrement creuse et artificielle qui nuit à la bonne impression d'ensemble. Je suis donc plus que mesurée dans mon enthousiasme à conseiller cette nouvelle, qui est selon moi, loin d'être la meilleure de l'auteur. Mais tout ceci, bien sûr, n'est que mon avis, c'est-à-dire, pas grand-chose.
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PiertyM
  12 janvier 2017
On n'arrêtera jamais de parler des martyrs des grandes révolutions qui ont secoué le monde mais on ne saura jamais les familles plus ou moins modestes qui ont connu des pertes considérables. C'est comme l'histoire tragique de l'une d'elle que nous relate Balzac dans Le Réquisitionnaire, au cours de l'année 1793. A Carentan, la comtesse de Dey qui, ayant coutume d'accueillir du monde dans son salon, manque à ses habitudes depuis des jours, cela inquiète et fait des gorges chaudes dans la ville. En effet, elle vient de recevoir une nouvelle, son fils unique, allié aux royalistes, s'étant fait prisonnier pour ça, allait parvenir à s'évader, et qu'il se présenterait devant elle sous couvert d'un Réquisitionnaire....hélas!
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Citations et extraits (12) Voir plus Ajouter une citation
Nastasia-BNastasia-B   08 octobre 2013
Il avait tant neigé pendant toute la journée, que les pas s’entendaient à peine. Les rues étaient désertes. La crainte assez naturelle qu’inspirait le silence s’augmentait de toute la terreur qui faisait alors gémir la France ; aussi la vieille dame n’avait-elle encore rencontré personne ; sa vue affaiblie depuis long-temps ne lui permettait pas d’ailleurs d’apercevoir dans le lointain, à la lueur des lanternes, quelques passants clair-semés comme des ombres dans l’immense oie de ce faubourg. Elle allait courageusement seule à travers cette solitude, comme si son âge était un talisman qui dût la préserver de tout malheur. Quand elle eut dépassé la rue des Morts, elle crut distinguer le pas lourd et ferme d’un homme qui marchait derrière elle. Elle s’imagina qu’elle n’entendait pas ce bruit pour la première fois ; elle s’effraya d’avoir été suivie, et tenta d’aller plus vite encore afin d’atteindre à une boutique assez bien éclairée, espérant pouvoir vérifier à la lumière les soupçons dont elle était saisie. Aussitôt qu’elle se trouva dans le rayon de lueur horizontale qui partait de cette boutique, elle retourna brusquement la tête, et entrevit une forme humaine dans le brouillard ; cette indistincte vision lui suffit, elle chancela un moment sous le poids de la terreur dont elle fut accablée.
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Nastasia-BNastasia-B   25 octobre 2014
Vraiment, si vous aviez pu voir, comme j’en eus le plaisir, cette joyeuse réunion de gens qui avaient rentré leurs griffes commerciales pour spéculer sur les plaisirs de la vie, il vous eût été difficile de haïr les escomptes usuraires ou de maudire les faillites. L’homme ne peut pas toujours mal faire. Aussi, même dans la société des pirates, doit-il se rencontrer quelques heures douces pendant lesquelles vous croyez être, dans leur sinistre vaisseau, comme sur une escarpolette.

L'AUBERGE ROUGE.
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Nastasia-BNastasia-B   28 février 2014
La comtesse avait trop besoin de croire en ce moment à la sincérité de son ancien procureur pour concevoir le moindre doute ; elle monta rapidement l’escalier, ayant à peine la force de se soutenir ; puis, elle ouvrit la porte de sa chambre, vit son fils, se précipita dans ses bras, mourante :
- Oh ! mon enfant, mon enfant ! s’écria-t-elle en sanglotant et le couvrant de baisers empreints d’une sorte de frénésie.
- Madame, dit l’inconnu.
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Nastasia-BNastasia-B   16 octobre 2012
Si, par une belle matinée d'automne, il voyait la comtesse paisiblement assise sur un banc, sous un peuplier jauni, le pauvre amant se couchait à ses pieds, et la regardait dans les yeux aussi longtemps qu'elle voulait bien se laisser voir, en espérant que la lumière qui s'en échapperait redeviendrait intelligente ; parfois, il se faisait illusion, il croyait avoir aperçu ces rayons durs et immobiles, vibrant de nouveau, amollis, vivants, et il s'écriait :
- Stéphanie ! Stéphanie ! tu m'entends, tu me vois !
Mais elle écoutait le son de cette voix comme un bruit, comme l'effort du vent qui agitait les arbres, comme le mugissement de la vache sur laquelle elle grimpait ; et le colonel se tordait les mains de désespoir, désespoir toujours nouveau.

ADIEU
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Nastasia-BNastasia-B   10 octobre 2012
- Ah ! madame, il viendra. Il n'est pas loin... Je ne doute pas qu'il ne vive et qu'il ne soit en marche, reprit Brigitte. J'ai mis une clef dans la Bible, et je l'ai tenue sur mes doigts pendant que Cottin lisait l’Évangile de Saint-Jean..., et, madame, la clef n'a pas tourné !
- Est-ce bien sûr ? demanda la comtesse.
- Oh ! madame, c'est connu. Je gagerais mon salut qu'il vit encore. Dieu ne peut pas se tromper.

Le Réquisitionnaire
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Vidéo de Honoré de Balzac
Le CNRS au Collège de France. Journée du 6 avril 2019. Exposé de Jean-Baptiste Amadieu, chercheur au CNRS au sein de l?unité "République des savoirs" (CNRS/Collège de France/ENS). Il est notamment l?auteur de la Littérature du XIXe siècle mise à l?Index (2017). Pourquoi Balzac, Sand, Dumas, Flaubert, Stendhal, Hugo, Lamartine, Sue ou Zola firent l?objet de procès pour un ou plusieurs de leurs romans ? Pour un littéraire de formation, de telles investigations dans les archives de la censure nécessitent des connaissances en droit, en jurisprudence et, quand ces procédures appartiennent à un état caduc de la règlementation, en histoire du droit. Lorsque le tribunal en question est la Congrégation romaine de l?Index, le savoir exigé est celui du droit canonique et de son régime de juridicité singulier ; quant aux débats de fond, ils ne se comprennent qu?à la lumière de la théologie, de l?ecclésiologie et de la théologie morale. Cette interdisciplinarité rendue indispensable par l?objet étudié s?épanouit dans des établissements propices aux recherches non conditionnées par la délivrance d?un diplôme disciplinaire, c?est-à-dire des institutions comme le CNRS et le Collège de France. Pour plus d'informations : https://www.college-de-france.fr/site/evenements-culturels/Le-CNRS-au-College-de-France.htm
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