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Pierre Gascar (Préfacier, etc.)Roger Pierrot (Éditeur scientifique)
EAN : 9782070316236
512 pages
Éditeur : Gallimard (28/05/2004)

Note moyenne : 3.6/5 (sur 660 notes)
Résumé :
Dans les premiers jours de l'an VIII, au Commencement de Vendémiaire, ou, pour se conformer au calendrier actuel, vers la fin du mois de septembre 1799, une centaine de paysans et un assez grand nombre de bourgeois, partis le matin de Fougères pour se rendre à Mayenne, gravissaient la montagne de la Pèlerine, située à mi-chemin environ de Fougères à Ernée, petite ville où les voyageurs ont coutume de se reposer.

Quatrième de couverture
Le premi... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (57) Voir plus Ajouter une critique
ibon
  23 juillet 2015
C'est une belle surprise que ce roman De Balzac! Une tension continue au gré des affrontements et des troubles passionnés entre les protagonistes!
A 28 ans, Balzac signe son premier roman, avec des aventures à la Walter Scott ("Ivanohé") ou à la façon de Fenimore Cooper( auquel Balzac se réfère souvent en comparant les Bretons à des Mohicans!).
Il s'empare donc d'un genre, le roman historique, avec les dernières batailles entre les Chouans (des Royalistes) et les Républicains dans la région de Fougères.
Il s'empare surtout de la géographie des lieux et emmène le lecteur sur des routes et des sentiers peu sûrs, semés d'embûches, où l'on peut tendre des embuscades!
C'est un roman qui porte la fougue de la jeunesse de son auteur avec cette recherche d'action permanente mais étonnamment maîtrisé sur 340 pages.
J'ai été séduit par la principale héroïne, Marie de Verneuil, qui dépassera en courage bien de ses concitoyens. Et celui que l'on appellera " le Gars" , le chef des Chouans a tout du chevalier sans peur mais c'est un ennemi à abattre pour Corentin, l'espion au service de Fouché, et Hulot, l'officier bougon au service de Madame de Verneuil, et du premier consul.
Même en dépit des remarques incisives et désobligeantes sur les Bretons de cette
région, que j'attribue à de la méconnaissance et au mépris de cette culture, et je mets donc mon chauvinisme de côté pour applaudir le jeune Balzac qui nous a délivré là un splendide roman d'aventures!
Guérilla, noces de sang. Envoûté!



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PiertyM
  26 janvier 2019
Pour avoir appris à percer l'univers De Balzac, je me suis parfaitement concilié avec la comédie humaine, véritable étude de l'homme et de ses mœurs, une étude qui s"étend sur plusieurs horizons allant de la philosophie à la politique, de la religion aux finances, et surtout elle nous livre la vie du XIXe siècle par des satires sociales. Mais, en lisant Les Chouans, c'est un autre Balzac qui se révèle plutôt que ce traqueur des mœurs parisiennes. Ici, il nous fait courir à travers la campagne, il nous époustoufle avec cette atmosphère de guerre, de révolte, de rage, de tactique et stratégie, il nous subjugue avec cette manière d'exploiter l'histoire des vendéens déterminés à rester royalistes, décidés à faire la guerre aux révolutionnaires sanguinolents avec beaucoup de dynamisme...et quelle courageuse et tragique histoire d'amour! Je découvre que c'est son premier roman . Hé oui, avant que le patriarche n'ait pu se fabriquer un langage, un genre à propre à lui, il fallait bien qu'il subisse de l'influence extérieure. Parce que Les Chouans, ça respire beaucoup du Walter Scott, un peu trop philosopher, quand même! C'est vrai que ça m'a pris trois semaines pour finir ce livre, mais je l'ai bien savouré!!!
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denis76
  06 juin 2019
En 1799, sous le Directoire/Consulat, comme Hoche n'a pas tout-à-fait éteint le feu breton en 1795 à Quiberon, la guérilla est relancée par les Chouans avec Dieu, le roi, les prêtres, les émigrés, contre les Bleus.
.
Marche-à-Terre, Pille-Miche, Galope-Chopine, Mène-à-Bien sont les noms de guerre des Chouans de Balzac à Fougères.
Mais les héros de cette histoire sont Marie de Verneuil, espionne en jupons envoyée par le terrible ministre Fouché, contre le marquis Alphonse de Montauran, dit "Le Gars", émigré débarqué d'Angleterre pour commander la révolte des Chouans.
Mais la passion vient se mêler au devoir :
c'est Corneille dans les bocages ;
c'est le jeu de l'amour et de la perfidie :
c'est Beaumarchais dans les ajoncs.
.
Ça commence par la bataille de la Pellerine, un ralenti de 35 pages ;
puis il y a le dîner du " jeu de qui est qui ?" ;
la promenade est une lutte amoureuse ;
la réception-trahison au château la Vivetière ;
la vengeance de la femme trahie....
Tous ces événements se déroulent sur dix jours, avec plein de rebondissements, entre les jurons du commandant Hulot, les ruses du renard Corentin, les doutes de Marie, ceux d'Alphonse, les déplacements félins de Marche-à-Terre ou Pille-Miche...
.
Hugo & Balzac ;
Quatre-vingt-treize & Les Chouans ;
La Bretagne, la Vendée, la Normandie ;
1793 & 1799 ;
le marquis de Lantenac chez Hugo & le marquis de Montauran chez Balzac ;
j'ai lu les deux, ils m'ont autant "aspiré" : )
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Tatooa
  01 novembre 2017
Balzac n'est pas un auteur facile à lire pour moi. (Contrairement à Dumas, par exemple).
J'ai quelques bons souvenirs pourtant avec lui, comme "Le père Goriot", eût égard à la puissance de ses personnages.
Dans ce livre, est-ce la jeunesse de l'auteur quand il l'a écrit, j'ai trouvé ses personnages principaux, Marie de Verneuil et le marquis Alphonse (en plus, j'aime pas ce prénom, lol) de Montauran, assez pâles, fâlots, Marie étant de surcroît une girouette qui m'a donné envie de lui fiche des baffes tout du long. Je sais que c'est le summum de l'héroïne romantique, mais trop exagérée pour être crédible. Trop maniéré, un style parfois difficile à encaisser, des phrases longues, des descriptions laborieuses... Ajoutons un parti pris pour les républicains et une intrigue mièvre au possible (bien que dramatique), là, c'est complet pour moi, n'en jetez plus, mdr !
Ce qui sauve ce bouquin ce sont, au final, tous ses personnages secondaires. Corentin, le commandant Hulot, Marche-à-terre, Pille-miche, la "mère" de Gua, ET les nombreuses scènes de batailles ou de traquenards, ouf ! L'un dans l'autre j'ai apprécié, la fin étant un peu plus accrocheuse. Mais ce fut un rude combat que de passer les 300 premières pages ! Mdr !
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Meps
  12 décembre 2015
Pour lire Balzac, deux chemins principaux peuvent être empruntés. Celui qu'il a lui même tracé en classifiant ses ouvrages au sein du grand ensemble qu'est la Comédie Humaine. Ou, comme pour tous les auteurs, la voie chronologique, en partant du premier ouvrage écrit.
J'avais d'abord choisi cette seconde manière, il y a bien longtemps, quand j'ai voulu m'attaquer au monument qu'est l'oeuvre globale de cet auteur et je m'étais donc attelé à la lecture des Chouans, premier roman officiel De Balzac. J'avais vite abandonné ma lecture, lassé d'emblée par une scène d'exposition lourde et longue. Plus tard j'ai ensuite repris ma lecture en prenant l'ordre balzacien, qui m'a plus convenu.
Pour répondre au critère d'un challenge littéraire, j'ai fait une entorse à ce choix et me suis donc ré attelé à la lecture des Chouans, avec évidemment l'appréhension de ma jeunesse déçue. Je me suis rendu vite compte de mon impatience passée, la scène d'entame n'étant finalement pas si terrible.
On dit que Balzac a un peu renié ses romans de jeunesse, qu'il les considère moins réussi que les suivants, les grandes oeuvres qui font la base de la Comédie Humaine, tels Illusions perdues, le Lys dans la Vallée ou le Père Goriot. Je pense avoir compris ce que Balzac y renie, ce côté roman d'aventures, mêlant amour, combat, honneur.
Mais il a tort de minimiser la valeur de cette oeuvre, car on trouve déjà, parmi tous ces rebondissements, la patte de l'auteur plus mur qu'il deviendra. La peinture de son époque, des caractères des personnages, des moeurs de son temps est tout aussi précieuse ici que dans d'autres livres de la grande oeuvre. le divertissement qu'offre les péripéties intermédiaires ne vient pas atténuer cette valeur... Elle peut au contraire séduire un plus grand nombre de lecteurs, et aurait dû intéresser mon "moi" plus jeune, si j'avais eu plus de persévérance...
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Citations et extraits (74) Voir plus Ajouter une citation
oliviersavignatoliviersavignat   31 mai 2020
Elle était si belle! Elle savait si bien triompher des obstacles en amour! Elle était si fort habituée à se jouer de tout, à marcher au hasard! Elle aimait tant l'imprévu et les orages de la vie!
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jane_errejane_erre   23 mai 2020
Et savez-vous si vous m’aimerez dans six mois, et alors quel serait mon avenir ?… Non, non, une maîtresse est la seule femme qui soit sûre des sentiments qu’un homme lui témoigne ; car le devoir, les lois, le monde, l’intérêt des enfants, n’en sont pas les tristes auxiliaires, et si son pouvoir est durable, elle y trouve des flatteries et un bonheur qui font accepter les plus grands chagrins de ce monde. Etre votre femme et avoir la chance de vous peser un jour !… A cette crainte je préfère un amour passager, mais vrai, quand même la mort et la misère en seraient la fin. Oui, je pourrais être, mieux que toute autre, une mère vertueuse, une épouse dévouée ; mais pour entretenir de tels sentiments dans l’âme d’une femme, il ne faut pas qu’un homme l’épouse dans un accès de passion.
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jane_errejane_erre   23 mai 2020
Ils arriveront enfin à ce lit fatal ou, comme dans un tombeau, se brisent tant d’espérances, ou le réveil à une belle vie est si incertain, ou meurt, ou naît l’amour, suivant la portée des caractères qui ne s’éprouvent que là.
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WolandWoland   17 janvier 2017
[...] ... A cette saillie, qui n'était pas sans fondement, Hulot lui-même ne put s'empêcher de partager l'hilarité générale. En ce moment, Merle avait achevé de faire ensevelir les morts, et les blessés avaient été, tant bien que mal, arrangés dans deux charrettes par leurs camarades. Les autres soldats, rangés d'eux-mêmes sur deux files le long de ces ambulances improvisées, descendaient le revers de la montagne qui regarde le Maine, et d'où l'on aperçoit la belle vallée de la Pèlerine , rivale de celle du Couësnon. Hulot, accompagné de ses deux amis, Merle et Gérard, suivit alors lentement ses soldats, en souhaitant d'arriver sans malheur à Ernée, où les blessés devaient trouver des secours. Ce combat, presque ignoré au milieu des grands événements qui se préparaient en France, prit le nom du lieu où il fut livré. Cependant, il obtint quelque attention dans l'Ouest, dont les habitants, occupés de cette seconde prise d'armes y remarquèrent un changement dans la manière dont les Chouans recommençaient la guerre. Autrefois, ces gens-là n'eussent pas attaqué des détachements si considérables. Selon les conjectures de Hulot, le jeune royaliste qu'il avait aperçu devait être le Gars, nouveau général envoyé en France par les princes, et qui, selon la coutume des chefs royalistes, cachait son titre et son nom sous un de ces sobriquets appelés noms de guerre. Cette circonstance rendait le commandant aussi inquiet après sa triste victoire qu'au moment où il soupçonna l'embuscade, il se retourna à plusieurs reprises pour contempler le plateau de la Pèlerine qu'il laissait derrière lui, et d'où arrivait encore, par intervalles, le son étouffé des tambours de la garde nationale qui descendait de la vallée du Couësnon en même temps que les Bleus descendaient dans la vallée de la Pèlerine.

- "Y a-t-il un de vous," dit-il brusquement à ses deux amis, "qui puisse deviner le motif de l'attaque des Chouans ? Pour eux, les coups de fusil sont un commerce, et je ne vois pas encore ce qu'ils gagnent à ceux-ci. Ils auront au moins perdu cent hommes, et nous," ajouta-t-il, en retroussant sa joue droite et en clignant des yeux pour sourire, "nous n'en avons pas perdu soixante. Tonnerre de Dieu ! Je ne comprends pas la spéculation. Les drôles pouvaient bien se dispenser de nous attaquer, nous aurions passé comme des lettres à la poste, et je ne vois pas à quoi leur a servi de trouer nos hommes." Et il montra, par un geste triste, les deux charrettes de blessés. ""Ils auront peut-être voulu nous dire bonjour," ajouta-t-il.

- Mais, mon commandant, ils y ont gagné nos cent-cinquante serins," répondit Merle.

- Les réquisitionnaires auraient sauté comme des grenouilles dans le bois que nous ne serions pas allés les y repêcher, surtout après avoir essuyé une bordée," répliqua Hulot. "Non, non," reprit-il, "il y a quelque chose là-dessous." Il se retourna encore vers la Pèlerine. "Tenez," s'écria-t-il, voyez ?"

Quoique les trois officiers fussent déjà éloignés de ce fatal plateau, leurs yeux exercés reconnurent facilement Marche-A-Terre et quelques Chouans qui l'occupaient de nouveau.

- "Allez au pas accéléré !" cria Hulot à sa troupe, "ouvrez le compas et faites marcher vos chevaux plus vite que ça. Ont-ils les jambes gelées ? Ces bêtes-là seraient-elles aussi des Pitt et Cobourg ?"

Ces paroles imprimèrent à la troupe un mouvement rapide.

- "Quant au mystère dont l'obscurité me paraît difficile à percer, Dieu veuille, mes amis," dit-il aux deux officiers, "qu'il ne se débrouille point par des coups de fusil à Ernée. J'ai bien peur d'apprendre que la route de Mayenne nous est encore coupée par les sujets du roi." ... [...]
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TristhenyaTristhenya   28 août 2012
— Mademoiselle, dit-il avec une émotion mal déguisée, êtes-vous fille ou femme, ange ou démon ?
— Je suis l’un et l’autre, reprit-elle en riant. N’y a-t-il pas toujours quelque chose de diabolique et d’angélique chez une jeune fille qui n’a point aimé, qui n’aime pas, et qui n’aimera peut-être jamais ?
— Et vous trouvez-vous heureuse ainsi ? ... dit-il en prenant un ton et des manières libres, comme s’il eût déjà conçu moins d’estime pour sa libératrice.
— Oh ! heureuse, reprit-elle, non. Si je viens à penser que je suis seule, dominée par des conventions sociales qui me rendent nécessairement artificieuse, j’envie les privilèges de l’homme. Mais, si je songe à tous les moyens que la nature nous a donnés pour vous envelopper, vous autres, pour vous enlacer dans les filets invisibles d’une puissance à laquelle aucun de vous ne peut résister, alors mon rôle ici-bas me sourit ; Puis, tout à coup, il me semble petit, et je sens que je mépriserais un homme, s’il était la dupe de séductions vulgaires. Enfin tantôt j’aperçois notre joug, et il me plaît, puis il me semble horrible et je m’y refuse ; tantôt je sens en moi ce désir de dévouement qui rend la femme si noblement belle, puis j’éprouve un désir de domination qui me dévore. Peut-être, est-ce le combat naturel du bon et du mauvais principe qui fait vivre toute créature ici-bas. Ange ou démon, vous l’avez dit. Ah ! Ce n’est pas d’aujourd’hui que je reconnais ma double nature. Mais, nous autres femmes, nous comprenons encore mieux que vous notre insuffisance. N’avons-nous pas un instinct qui nous fait pressentir en toute chose une perfection à laquelle il est sans doute impossible d’atteindre. Mais, ajouta-t-elle en regardant le ciel et jetant un soupir, ce qui nous grandit à vos yeux...
— C’est ? ... dit-il.
— Eh ! bien, répondit-elle, c’est que nous luttons toutes, plus ou moins, contre une destinée incomplète.
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Videos de Honoré de Balzac (121) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Honoré de Balzac
L'Escale du livre 2020 en chaussons, pour une échappée confinée. Gaël Aymon lit “Et ta vie m'appartiendra” (Nathan) À la mort de sa grand-mère, Irina reçoit un étrange héritage : une peau, sorte de talisman censé exaucer tous ses désirs… Sans y croire, la jeune fille demande à devenir riche, ainsi que la dévotion absolue d'Halima, sa seule amie. Et ses souhaits se réalisent… Pourtant, cette existence de rêve se transforme vite en cauchemar…. Cette peau a traversé l'histoire - c'est bien la même dont parle Balzac - et, combinées aux dangers insoupçonnés de voir ses souhaits réalisés, les convoitises exacerbées sont prêtes à tout pour s'en emparer… Un thriller palpitant.
+ Lire la suite
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