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> Pierre Gascar (Préfacier, etc.)
> Roger Pierrot (Éditeur scientifique)

ISBN : 2070316238
Éditeur : Gallimard (2004)


Note moyenne : 3.52/5 (sur 234 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Dans les premiers jours de l'an VIII, au Commencement de Vendémiaire, ou, pour se conformer au calendrier actuel, vers la fin du mois de septembre 1799, une centaine de paysans et un assez grand nombre de bourgeois, partis le matin de Fougères pour se rendre à Mayenne, ... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par Tempuslegendae, le 02 décembre 2012

    Tempuslegendae
    Il m'a toujours plu de dire que BALZAC a été un enfant des Lumières, avant de lui concéder comme il se doit sa véritable place dans Les Lettres du XIXème siècle. Ma petite remarque n'est pas tout à fait fausse: l'écrivain est bien né en 1799, et il a bien publié dans sa trentième année son œuvre gigantesque «Dernier chouan ou la Bretagne en 1800»: tout ceci n'est pas anodin, l'histoire qu'il raconte fait bien partie du siècle éclairé de l'Ancien Régime…
    De plus, lorsqu'on parle des guerres de Vendée et de la Chouannerie, on ressent très fort l'investissement que notre Grande Histoire occupe encore aujourd'hui. C'est l'émulsion en France, les émeutes vendéennes prennent un virage aigu, et s'étendent à la Bretagne après la «virée de Galerne».
    Tous les ingrédients seront avalés par la plume d'Honoré (plume au chapeau s'il vous plait).
    S'appuyant sur une documentation précise et approfondie, l'auteur multiplie les notations qui visent à donner au temps et au lieu de l'action une réalité historique. «Ici, le pays est le pays, les hommes sont les hommes». Prodigieux, mêlant l'évocation ponctuelle à l'explication d'ensemble, BALZAC se forge à la technique du roman historique, dont Walter SCOTT est alors pour lui le représentant reconnu et admiré.
    Paysans misérables, ignorants, superstitieux, les chouans sont «baptisés», ils appartiennent à une contrée dont l'Honoré du texte souligne l'«incurie industrielle», à un monde où les passions exacerbées s'expriment avec une violence immédiate: «C'était des sauvages qui servaient Dieu et le Roi à la manière dont les Mohicans font la guerre».
    Ne soyons pas contraires, BALZAC a tenté dans "les chouans" de retracer «l'esprit d'une époque», d'élaborer par la même occasion un nouveau roman historique qui inclut dans une même trame les événements de l'histoire, la poésie, le drame et la tragédie. L'œuvre dont le pôle est l'année de sa naissance, aide à la compréhension de la période d'ensemencement littéraire; elle favorise à installer le monde contemporain de La comédie humaine dans une charnière purement historique, où les luttes d'intrigues l'emportent sur les victoires guerrières, les traîtres sur les héros et le roman sur l'épopée.
    A mon humble avis, BALZAC a tous les atouts pour se proclamer «père littéraire» du roman historique contemporain.
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    • Livres 3.00/5
    Par MissMarty, le 06 mai 2012

    MissMarty
    C'est le premier livre d'Honoré de Balzac que je lis.
    J'ai eu un certains mal à m'accrocher au début à cause d'une longue description pourtant utile afin que l'on s'imagine avec plus de précision les personnages, les lieux et le contexte.
    Au début, j'ai cru que j'allais avoir affaire à une histoire militaire, basée sur la guerre entre les royalistes et les républicains. Finalement, il y avait une passion entre Marie de Verneuil et le marquis de Montaurant et bien sûr, comme tous bon romans historiques qui se respectent : une histoire politique. La contexte historique est précis même si, je le redis, le début était assez difficile à lire mais il faut s'adapter car c'était le style de l'époque de l'auteur.
    Ce roman montre la dureté de l'époque, la terrible guerre civile qui avait éclaté au moment de la révolution, la fourberie de gens sans scrupule le fanatisme religieux, les complots etc.
    Un vrai roman historique avec un parfait registre réaliste que nous connaissons chez Honoré de Balzac !
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    • Livres 5.00/5
    Par akhesa, le 07 avril 2013

    akhesa
    J'ai aime le cote instructif,j'ai ainsi appris ce qu'etaient les Incroyables et les Merveilleuses.J'ai aime les descriptions de la campagne bretonne et la facon dont Les Paysans organisaient leurs champs et construisaient des murs pour delimiter chacun d'eux.
    Pour l'histoire d'amour,il insiste beaucoup sur les expressions des visages,les gestes et attitudes des deux amants,leurs sentiments tres changeants et volatils.Malgre le cote desuet et trop romantique,j'ai apprecie le style riche et foisonnant,pour les personnages hauts en couleurs,pour le contexte historique fascinant,pour le combat des deux camps adverses;les uns voulant restaurer la monarchie alors que les autres se battent pour defendre la republique.
    Un roman d'amour sur fond de guerre sanglante qui comporte quelques passages absolument horribles et d'une sauvagerire difficile a concevoir
    Un roman digne d'un grand romancier
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    • Livres 3.00/5
    Par 100choses, le 11 décembre 2010

    100choses
    Et bien, je ne m'attendais pas du tout à ça ! J'ai parfois la fâcheuse (ou pas) manie de choisir mes livres sur un titre et une couverture sans me préoccuper du résumé… Alors quand j'ai vu chez mon bouquiniste ce livre, je l'ai pris, sans chercher à lire la quatrième de couverture, le titre me semblant bien assez explicite. Au final ce fut une très bonne découverte, avec une petit « mais » tout de même.
    Je sais que le nom même De Balzac suffit à faire fuir pas mal de lecteurs, mais moi, j'aime beaucoup sa plume, son talent pour les longues descriptions qui rendent tout si réel. La langue est élégante, naturelle, coule de façon très agréable et nous emporte vers d'autres lieux et d'autres temps. Les lieux, les personnages prennent vie devant nos yeux, c'est merveilleux. Quelques scène de ce roman restent d'ailleurs gravées dans ma mémoire, tant elles sont belles (par exemple, la messe en secret dans les bois, a quelque chose de majestueux dans sa simplicité). Y' a pas à dire, c'est quand même un kiff extrême de se plonger dans un bon vieux « classique », même si les premières pages sont parfois déroutantes quand on a perdu l'habitude de ce style.
    Balzac nous donne ici une image très précise et très sombre des guerres de Vendée. La Révolution traine en longueur et ses protagonistes se retrouvent embourbés dans une lutte interminable. On est ici bien loin des combats héroïques menés par des chefs charismatiques. Balzac est même très dur dans ses descriptions des personnages et de leurs motivations. Il ne prend pas partie, chaque camp en « prend pour son grade » : Les Chouans sont décrits tour à tour comme des fanatiques religieux, totalement incultes et incapables de penser par eux-mêmes, suivant aveuglément leurs chefs ou comme de simples brigands déloyaux et sans aucune morale profitant de cet état de « balagan » national pour tuer piller à tout va. Seul Montauran semble avoir conservé une certaine pureté. Les Bleus, quant à eux sont bornés, étroits d'esprit, et au service d'un Etat à la dérive qui ne gère rien du tout, fait de belles promesses qu'il ne tient pas et laisse ces hommes se débrouiller seuls sur le terrain, quand ils ne font pas passer leur propres intérêts avant le service pour lequel ils se sont engagés.
    On assiste alors à une lutte sans merci, où règne la loi du Talion et dans laquelle la nature hostile vient ajouter à l'horreur de cette situation. Tout comme les personnages, on se sent perdu, embourbés dans cette région humide et froide, noyée sous le brouillard où chaque buisson de genêt cache peut-être une embuscade et où l'on ne sait plus bien pourquoi l'on se bat, si ce n'est qu'il faut abattre un maximum d'ennemis. Oui mais pour qui, pour quoi ? Que ce soient les descriptions des personnages ou celles des lieux, tout concourt à donner une impression d'horreur, de fatalité, dont on ne pourra se sortir.
    Venons-en maintenant à l'intrigue amoureuse, nœud de l'action de ce roman. Je dois avouer que sur ce point j'ai été assez déçue. Bon clairement ça vient en partie de moi : comme je l'ai dit je ne m'y attendais pas et je n'avais pas l'esprit ouvert à ce type d'intrigue au moment de ma lecture. Je sais pas, j'ai trouvé ça de trop, déplacé, artificiel et beaucoup trop rapide. Les deux protagonistes ne m'ont absolument pas touchée, je n'ai pas cru un seul instant à leur histoire et ils m'ont mis plutôt mal à l'aise. Je ne savais pas bien que penser d'eux, leur accorder ma confiance ou non, savoir quand ils jouaient et quand ils étaient sincères…J'avais envie de dire « non mais c'est la guerre nom de Zeus ! On n'a pas le temps pour une intrigue amoureuse aussi rocambolesque », par moment on se serait cru dans un simple roman de Cape et d'Epée (genre que j'affectionne mais qui ne correspond pas ici, au reste du roman). Ils m'ont sacrément énervée les deux tourtereaux à ne pas savoir ce qu'ils voulaient pendant que cela se battait et mourrait autour et à cause d'eux.
    Je regrette vraiment ce point négatif, parce qu'en dehors de cela, j'ai vraiment apprécié ma lecture, et ça aurait vraiment pu être un coup de cœur, sûrement pas de l'ampleur de Quatrevingt-Treize, ma référence absolue ( je l'ai peut-être déjà dit ? :siffle: ), mais quand même.

    Lien : http://leboudoirdemeloe.co.uk/2010/06/16/balzac-honore-de-les-chouans/
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    • Livres 5.00/5
    Par nathalie_MarketMarcel, le 20 janvier 2013

    nathalie_MarketMarcel
    n très bon roman d'aventures écrit par Balzac, avant la grande aventure de La Comédie humaine.
    L'héroïne, Marie de Verneuil, est une grande héroïne balzacienne. J'ai particulièrement trouvé habile le fait que sa véritable identité ne soit pas tirée au clair pendant une grande partie du roman, ce qui lui permet toutes les ambiguïtés. le lecteur sent que ces personnages sont riches de possibilités et d'une personnalité sur lesquelles nous n'avons qu'un aperçu. Marie est une femme sensible, intelligente et rusée, ambitieuse, en proie à des désirs contradictoires, passionnée, maîtrisant les rapports de force d'une société. Elle est parée du prestige de l'aristocratie de l'Ancien Régime tout en étant du côté de la liberté et de l'égalité républicaine. Ce misogyne De Balzac a réussi là un vrai portrait. le jeune héros fringant est loin d'être aussi réussi.
    J'ai également aimé les membres de l'armée républicaine qui inspirent une évidente sympathie à l'auteur. Hulot est un brillant militaire, un héros républicain qui n'est pas sans faire penser (c'est étrange) à un personnage de la IIIe République, solide pilier d'un régime et d'idéaux encore vacillants, et aux grognards de Napoléon (Le colonel Chabert par exemple).
    Et la Bretagne ? L'action se passe à Fougères et sa région (ville qui sera celle du peintre Pierre Grassou). Il y a de très belles descriptions des paysages, de la campagne, de l'organisation des cultures, des habitations qui montrent que Balzac a vu la région et a été sensible à la lumière, au climat et à la beauté particulière de cette région. La description du château de La Vivetière est celle d'un roman néo-gothique (telle qu'évoquée par Rêve de monuments), comme un lieu chargé de mystères, décor d'un épisode sanglant de l'histoire de France. Quant aux personnages des Chouans, ils sont assez réussis. On sent que Balzac s'est fait plaisir en brossant des portraits colorés d'hommes rusés et abrutis, tout à la fois bons sauvages et représentants vivants d'une culture primitive.
    Un grand plaisir de lecture, je vous encourage vivement à vous lancer.
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Citations et extraits

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  • Par Tristhenya, le 28 août 2012

    — Mademoiselle, dit-il avec une émotion mal déguisée, êtes-vous fille ou femme, ange ou démon ?
    — Je suis l’un et l’autre, reprit-elle en riant. N’y a-t-il pas toujours quelque chose de diabolique et d’angélique chez une jeune fille qui n’a point aimé, qui n’aime pas, et qui n’aimera peut-être jamais ?
    — Et vous trouvez-vous heureuse ainsi ? ... dit-il en prenant un ton et des manières libres, comme s’il eût déjà conçu moins d’estime pour sa libératrice.
    — Oh ! heureuse, reprit-elle, non. Si je viens à penser que je suis seule, dominée par des conventions sociales qui me rendent nécessairement artificieuse, j’envie les privilèges de l’homme. Mais, si je songe à tous les moyens que la nature nous a donnés pour vous envelopper, vous autres, pour vous enlacer dans les filets invisibles d’une puissance à laquelle aucun de vous ne peut résister, alors mon rôle ici-bas me sourit ; Puis, tout à coup, il me semble petit, et je sens que je mépriserais un homme, s’il était la dupe de séductions vulgaires. Enfin tantôt j’aperçois notre joug, et il me plaît, puis il me semble horrible et je m’y refuse ; tantôt je sens en moi ce désir de dévouement qui rend la femme si noblement belle, puis j’éprouve un désir de domination qui me dévore. Peut-être, est-ce le combat naturel du bon et du mauvais principe qui fait vivre toute créature ici-bas. Ange ou démon, vous l’avez dit. Ah ! Ce n’est pas d’aujourd’hui que je reconnais ma double nature. Mais, nous autres femmes, nous comprenons encore mieux que vous notre insuffisance. N’avons-nous pas un instinct qui nous fait pressentir en toute chose une perfection à laquelle il est sans doute impossible d’atteindre. Mais, ajouta-t-elle en regardant le ciel et jetant un soupir, ce qui nous grandit à vos yeux...
    — C’est ? ... dit-il.
    — Eh ! bien, répondit-elle, c’est que nous luttons toutes, plus ou moins, contre une destinée incomplète.
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  • Par Villoteau, le 20 janvier 2013

    Quand les passions arrivent à une catastrophe, elles nous soumettent à une puissance d'enivrement bien supérieure aux mesquines irritations du vin ou de l'opium. La lucidité que contractent alors les idées, la délicatesse des sens trop exaltés, produisent les effets les plus étranges et les plus inattendus.

    En se trouvant sous la tyrannie d'une même pensée, certaines personnes aperçoivent clairement les objets les moins perceptibles, tandis que les choses les plus palpables sont pour elles comme si elles n'existaient pas. Mademoiselle de Verneuil était en proie à cette espèce d'ivresse qui fait de la vie réelle une vie semblable à celle des somnambules, lorsque après avoir lu la lettre du marquis elle s'empressa de tout ordonner pour qu'il ne pût échapper à sa vengeance, comme naguère elle avait tout préparé pour la première fête de son amour.
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  • Par Villoteau, le 20 janvier 2013

    Le lendemain de leur départ, Hulot et ses deux amis se trouvaient de grand matin sur la route d'Alençon, à une lieue environ de cette dernière ville, vers Mortagne, dans la partie du chemin qui côtoie les pâturages arrosés par la Sarthe. Les vues pittoresques de ces prairies se déploient successivement sur la gauche, tandis que la droite, flanquée des bois épais qui se rattachent à la grande forêt de Menibroud, forme, s'il est permis d'emprunter ce terme à la peinture, un repoussoir aux délicieux aspects de la rivière.

    Les bermes du chemin sont encaissées par des fossés dont les terres sans cesse rejetées sur les champs y produisent de hauts talus couronnés d'ajoncs, nom donné dans tout l'Ouest au genêt épineux. Cet arbuste, qui s'étale en buissons épais, fournit pendant l'hiver une excellente nourriture aux chevaux et aux bestiaux ; mais tant qu'il n'était pas récolté, les Chouans se cachaient derrière ses touffes d'un vert sombre. Ces talus et ces ajoncs, qui annoncent au voyageur l'approche de la Bretagne, rendaient donc alors cette partie de la route aussi dangereuse qu'elle est belle.
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  • Par LydiaB, le 03 mai 2010

    — Tonnerre de Dieu ! il n’y a rien si ce n’est qu’on nous embête.

    Lorsque le commandant laissait échapper cette expression militaire, déjà l’objet d’une réserve, elle annonçait toujours quelque tempête. Les diverses intonations de cette phrase formaient des espèces de degrés qui, pour la demi-brigade, étaient un sûr thermomètre de la patience du chef ; et la franchise de ce vieux soldat en avait rendu la connaissance si facile, que le plus méchant tambour savait bientôt son Hulot par cœur, en observant les variations de la petite grimace par laquelle le commandant retroussait sa joue et clignait des yeux. Cette fois, le ton de la sourde colère par lequel il accompagna ce mot rendit les deux amis silencieux et circonspects. Les marques mêmes de petite vérole qui sillonnaient ce visage guerrier parurent plus profondes et le teint plus brun que de coutume.
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  • Par hermant_martine, le 11 octobre 2012

    Les hommes n'étaient plus là qu'un fait et non un système, c'était une prière et non une religion.

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