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Anne-Marie Meininger (Éditeur scientifique)
EAN : 9782070376698
337 pages
Éditeur : Gallimard (30/11/-1)
3.4/5   35 notes
Résumé :
Les fonctionnaires sont une invention de l'Empire développée par le XIXe siècle et l'époque contemporaine, et le roman de Balzac étudie la naissance de ces «armées bureaucratiques» qui vont envahir la France, de ce «pouvoir gigantesque mis en mouvement par des nains» qui sera la Bureaucratie moderne. Les «employés» de Balzac sont déjà les ronds-de-cuir de Courteline mais ils agitent aussi des problèmes qui sont encore ceux de leurs collègues d'aujourd'hui : décentra... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (12) Voir plus Ajouter une critique
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Chocolatiine
  07 juin 2021
Dans un ministère des années 1820, Xavier Rabourdin, chef de bureau, homme droit et de talent, achève en secret les plans d'une réforme colossale de l'administration. Il espère en cela d'une part être utile à la France, ralentie par la pesanteur de la bureaucratie, et d'autre part obtenir enfin l'estime de son épouse. La belle et spirituelle Célestine, décrite comme étant faite pour être femme de ministre, se désespère de voir son mari avancer dans la hiérarchie et a, de son côté, imaginé de se faire admirer par le secrétaire général et de se servir de lui comme d'un levier pour l'ascension de son mari.
Au décès du chef de division, la concurrence de Rabourdin pour la place désormais vacante est constituée d'Isidore Baudoyer, l'autre chef de bureau, rustre et stupide. Heureusement pour lui, son épouse Elisabeth, elle, a pris la situation en main et, sans jamais avoir mis un pied dans les soirées de la haute bourgeoisie, elle place elle aussi ses pions.
Ce roman est bien différent de tous ceux que j'avais lus jusque là De Balzac. Entre étude du fonctionnement des bureaux et complot et copinage, nous nous promenons des couloirs du ministère aux soirées de madame l'épouse du ministre. La lutte est sans merci entre les deux camps et la raillerie De Balzac sans pitié pour la bureaucratie dont on constatera, avec ironie (et désespoir?), qu'elle avait déjà ses défauts il y a deux cents ans.
Certes, nous sommes bien loin du Lys dans la vallée ou de la duchesse de Langeais. L'histoire n'en est toutefois pas moins passionnante et les personnages intéressants.
Challenge XIXème siècle 2021
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Generationdisco
  23 août 2018
Cette oeuvre peu connue raconte les luttes pour la place de chef de division dans les bureaux d'un ministère. Cette lutte, qui, bien sûr, ne reste pas sur le terrain des compétences finira par la chute de M. Rabourdin, homme de bien.
Une introduction un peu longue introduisant de nombreux personnages.
On y retrouve entre autre : le Comte Clément Chardin des Lupeaulx, Monsieur Jean-Jacques Bixiou, Monsieur Jean-Esther van Gobseck, le Baron Frédéric de Nucingen...
Avis personnel : j'ai mis trois étoiles pour le travail de l'auteur mais j'ai hésité à mettre deux étoiles. Ce n'est pas mon préféré De Balzac même si habituellement je suis fan. Dés le début du bouquin on comprend très bien les manigances, le coups bas pour arriver à la meilleure place et puis aussi, l'épouse qui pousse son époux à atteindre le meilleur poste pour que celle-ci puisse être fière de sa position sociale. Malgré tout, cette histoire peut tout à fait coller à notre époque.
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monocle
  22 janvier 2021
L'intrigue se déroule dans les bureaux d'une division ministérielle.
Balzac a parfaitement compris une réalité qui est toujours valide de nos jours pour la plupart des grands bureaux qu'ils soient du secteur privé ou du public ainsi que pour les entreprises. Ces endroits sont tout simplement (pour la plupart) des nids de guêpes. Tout le monde s'espionne, se trahit, se vend, flatte, offre les cadeaux qu'il faut, participe aux soirées où il doit être.
Dans l'histoire que voici, Xavier RABOURDIN fera les frais d'une kabbale visant à le déposséder d'une promotion qui lui revenait. Son épouse, la jolie Célestine, se déploie dans les salons. Elle cajole ceux qu'elle imagine être les alliés de son époux et qui sont portés vers d'autres intérêts. Que de mensonges, d'hypocrisie, d'intrigues, de chuchotements ! Une vision bien noire.
Il n'est pas important d'avoir des ennemis, mais mortel d'avoir un mauvais ami.
Qu'en penser. Sans médire sur la pensée ici véhiculée ni la description du climat, j'ai trouvé ce texte long, touffu et même parfois ennuyeux. Dommage car le sujet est prenant

PERSONNAGES
Outre les personnages principaux – Xavier Rabourdin et sa femme, des Lupeaulx et les Baudoyer –, il faut signaler le grand nombre de personnages, reparaissants ou non, et la présence parmi les employés d'un artiste comme Bixiou, qui émarge pour gagner sa vie au budget du ministère.
– Isidore BAUDOYER : né en 1787. Surnommé par Bixiou la place Baudoyer, le carré de la sottise, le cube de la niaiserie. Il aura la Légion d'honneur.
– Jean-Jacques BIXIOU (prononcer Bisiou) : il a 27 ans au début des Employés. Ancien condisciple des frères Bridau au lycée Louis-le-grand (La Rabouilleuse), il est commis dans le bureau de Baudoyer, où il exerce aussi son talent de dessinateur, l'une de ses caricatures sera fatale à Rabourdin. Il est dans La Comédie humaine un spécialiste des charges.
– DUTOCQ : employé de ministère, dans le bureau de Rabourdin, qu'il espionne pour des Lupeaulx. Sa trahison (vol du dossier Rabourdin) lui vaut de quoi acquérir le greffe d'une justice de paix dans un prochain roman.
– comte Clément Chardin des LUPEAULX : né Chardin en 1785 il s'est attribué le nom de sa ferme (Illusions perdues). Il joue également un rôle actif dans beaucoup d'autres romans, notamment La Cousine Bette, La Maison Nucingen, Les Petits Bourgeois. Il finira député et secrétaire général de la Présidence du Conseil (Splendeurs et misères des courtisanes).
– Célestine RABOURDIN : née Leprince, épouse de Xavier. Elle a 28 ans en 1824. Elle croit mener le jeu mais est finalement bernée par des Lupeaulx. On la rencontre dans La Cousine Bette et Les Petits Bourgeois. elle est évoquée par Rastignac dans L'Interdiction.
– Xavier RABOURDIN : né en 1784. de père inconnu, il paraît jouir d'une protection occulte jusqu'à sa nomination de chef du bureau en 1809. Il est convié au bal des Birotteau, où Célestine est remarquée (César Birotteau). Après sa démission, il annonce à sa femme un nouveau plan, qui doit lui rapporter une fortune, dans dix ans.
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Hanta
  07 mars 2016
Cette note est passable, mais malgré toute l'affection que je voue pour Balzac, je ne peux pas mettre plus. Cette lecture fut ardue, difficile et à moins d'être un lecteur aguerri de classiques français, il vaut mieux ne pas s'y risquer de peur d'être à jamais dégoûté de la lecture.
Cette histoire, courte, est centrée sur un thème précis : les manigances des employés pour obtenir une promotion. Ici, il entend par « employé » ce que nous appelons aujourd'hui les fonctionnaires.
Balzac dresse des portraits peu flatteurs et on sent vraiment qu'il méprise cette profession. Il considère les bureaux d'État comme une "bonne planque" (désolé je ne trouve pas de terme plus adéquat). Les gens qui y travaillent sont une bande de paresseux, tout juste bon à engloutir l'argent public ou parachuté grâce à de bonnes relations. Ils font tout sauf travailler sérieusement.
Mais dans ce livre il y a beaucoup trop de personnages : on se perd sur qui est qui, qui fait quoi et quels sont leurs motivations. Balzac nous offre des descriptions très minutieuses qui vont jusqu'aux habits portés, aux habitudes journalières et au caractère de chacun des membres du bureau. J'avoue qu'à partir d'un moment, il m'a perdu avec cette abondance de personnages et de descriptions.
L'auteur décrit aussi le rôle joué par les relations pour obtenir le poste convoité, que ce soit par l'appui de la famille; par les dîners donnés par les épouses qu'on peut considérer comme des vrais stratèges dignes de Machiavel; ou par de vagues connaissances (amis, membres du clergé, créancier etc..). Tout est permis, pourvu qu'on arrive à ses fins. Bref, rien dans la nature humaine et la société n'a changé malgré les siècles qui se sont écoulés.
Le personnage principal est Rabourdin, un employé visionnaire qui constate les défaillances du système: l'argent public est dépensé dans des postes qui ne justifient pas; il y a trop d'employés qui ne sont pas assez occupés. Il imagine donc un plan pour plan pour réduire les fonctionnaires et apporter plus d'efficience et d'efficacité dans l'administration. Encore une fois, c'est étonnant que les réflexions de cette époque ne soient pas si éloignées de nos problèmes économiques actuels.
J'insiste pour dire que le style d'écriture est riche mais difficile, lourd, peu fluide et a ralenti considérablement ma lecture.
Je termine ce commentaire en recommandant ce roman uniquement aux lecteurs aguerris, fans De Balzac et de classiques !
Lien : http://leslecturesdehanta.co..
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Laureneb
  27 mars 2020
Voici mon avant-dernier roman à lire dans les Scènes de la Vie parisienne. Et une chose est claire : ce n'est vraiment pas le meilleur, à côté des chefs-d'oeuvre que sont le Père Goriot, le Cousin Pons, la Cousine Bette... Ces oeuvres sont connues et reconnues.
Je ne connaissais pas les Employés avant de le lire, même pas de nom. Un petit livre pour de petits enjeux et de petits personnages ? En tout cas, je me suis un peu ennuyée, face aux descriptions interminables des différents employés et de leurs rapports hiérarchiques et familiaux - il y a quelques beaux portraits, mais ils sont bien trop longs, "l'action" ne commence véritablement qu'après 250 pages. J'ai appris à aimer et à apprécier le style balzacien, mais là, j'ai trouvé cette avalanche de description redondante, je me perdais dans qui était qui.
Cette "femme supérieure" n'est qu'une intrigante coquette, certes jolie, mais prête à se vendre auprès des supérieurs de son mari, pour l'avancement de celui-ci - selon son prétexte, mais plutôt pour s'enrichir elle-même et pouvoir s'offrir de belles toilettes.
On retrouve les défauts mesquins et les vices qui traversent toute la Comédie Humaine : envie, avarice, ambition, jalousie, coquetterie... Seul Rabourdin apparaît comme un véritable homme supérieur qui n'agit pas par intérêt personnel mais par intérêt plus large - mais c'est lui le perdant.
Et finalement, c'est "l'alliance du trône et de l'autel" qui triomphe, soutenue par les usuriers. Un dénouement cynique comme souvent, un peu moralisateur aussi, pour un roman qui est un de ceux que j'ai le moins apprécié De Balzac.
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Citations et extraits (37) Voir plus Ajouter une citation
ChocolatiineChocolatiine   29 mai 2021
Il ne restait ou ne venait que des paresseux, des incapables ou des niais. Ainsi s'établissait lentement la médiocrité de l'Administration française. Entièrement composée de petits esprits, la Bureaucratie mettait un obstacle à la prospérité du pays, retardait sept ans dans ses cartons le projet d'un canal qui eût stimulé la production d'une province, s'épouvantait de tout, perpétuait les lenteurs, éternisait les abus qui la perpétuaient et l'éternisaient elle-même ; elle tenait tout et le ministre même en lisière ; enfin elle étouffait les hommes de talent assez hardis pour vouloir aller sans elle ou l'éclairer sur ses sottises.
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DavalianDavalian   25 décembre 2011
Eh bien, monsieur, un employé serait plus logiquement un homme qui pour vivre a besoin de son traitement et qui n'est pas libre de quitter sa place, ne sachant faire autre chose qu'expédier.
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ChocolatiineChocolatiine   09 juin 2021
Savez-vous qu'il n'y a pas dans une nation plus de cinquante ou soixante têtes dangereuses, et où l'esprit soit en rapport avec l'ambition? Savoir gouverner, c'est connaître ces têtes-là pour les couper ou pour les acheter.
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ChocolatiineChocolatiine   30 mai 2021
A quarante ans, on veut tout, tant on craint de ne rien obtenir, tandis qu'à vingt-cinq ans on a tant de choses qu'on ne sait rien vouloir.
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ChocolatiineChocolatiine   06 juin 2021
Aucune femme n'aime à entendre faire devant elle l'éloge d'une autre femme ; toutes se réservent en ce cas la parole, afin de vinaigrer la louange.
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