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EAN : 9782210754362
131 pages
Magnard (02/02/2008)
3.8/5   27 notes
Résumé :
Retirée du monde à trente-six ans, en 1833 la princesse de Cadignan (Diane de Maufrigneuse avant la mort de son beau-père) est littéralement une croqueuse de fortunes et d’hommes. La liste de ses amants est interminable. Elle les a d’ailleurs réunis en album qu’elle présente à son amie la marquise d’Espard, seule personne avec laquelle elle a des relations. Dans un accès de confidence, les deux femmes s’avouent mutuellement n’avoir jamais rencontré un amour véritabl... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (5) Ajouter une critique
Sachenka
  12 février 2017
Si Honoré de Balzac se passe de présentations, je ne pouvais en dire de même des Secrets de la princesse de Cadignan. C'est une petite nouvelle, moins de cent pages, presque une parenthèse dans la grande saga qu'est la Comédie humaine. Elle y est rattachée par quelques uns de ses personnages, incluant ses protagonistes, la princesse de Cadignan, connue autrefois sous le titre de duchesse de Maufrigneuse. Sa fortune perdue, son mari disparu, elle se fait oublier un bref instant pour mieux revenir sous le nom de jeune fille de sa mère. Elle se lie avec la marquise d'Espard qui lui fait rencontrer marquis Daniel d'Arthez, un jeune homme idéaliste, qui commence à connaître le succès en tant qu'écrivain. Lire ici tempérament d'artiste. Pour s'attacher le jeune homme, elle lui assène mensonge par-dessus mensonge, ses supposés secrets, de terribles histoires dont elle aurait été victime. Tout ça pour convaincre le jeune homme qu'elle mérite enfin la paix et surtout l'amour. D'Arthez, un peu naïf, ne peut que tomber dans le piège et dans les bras de la dame. Parce que, on le sait, de compassion à amour, il n'y a qu'un pas…
La princesse de Cadignan, voyant le succès de ses premiers secrets, continue son manège, à un tel point qu'elle a complètement réinventé sa vie. À son bénéfice, bien sûr. C'est à se demander qui est l'artiste entre les deux. Elle met de tels accents de vérité à l'histoire qu'elle réécrit que ses mensonges ont l'air plus crédibles que la réalité. Même un connaisseur de la Comédie humaine se questionne par moment : et si elle disait vrai ?
C'est là le génie d'Honoré de Balzac : réussir à présenter l'expression du sentiment amoureux chez deux individus assez diamétralement opposés et dont on doute de la sincérité par moments. C'est presque un huis-clos. Par moment, je me sentais pris de vertige devant l'avalanche de mensonges avalés goulument par D'Arthez. Mais ils s'aiment, on ne peut le nier. Et c'est une histoire incroyable : une femme un peu âgée, qui semble s'amuser aux dépends d'un jeune homme au coeur pur. En tant que lecteur, nous sommes plus habitués à l'inverse, à voir un don Juan profiter de la naïveté d'une candide et innocente demoiselle. Et pourtant, on ne déteste pas la princesse. On ne peut lui en vouloir vraiment de préférer présenter une version améliorée de sa vie. Elle désire hameçonner un jeune homme amoureux, elle n'agit pas par méchanteté. Elle est intrigante et manipulatrice, oui, mais on est bien loin de la cruelle marquise de Mertreuil et des Liaisons dangereuses… En fait, on peut presque prendre en pitié la dame. Veuve à 37 ans au début du XIXe siècle, elle vit peut-être sa dernière aventure, qu'a-t-elle à perdre ?
Honoré de Balzac n'a pas peur de présenter des femmes fortes, qui sortent des sentiers battues, qui diffèrent de ces ingénues qu'on représentait encore trop souvent à l'époque. Déjà, Splendeurs et misères des courtisanes nous montraient qu'elles étaient capables d'être aussi déterminées et qu'il leur était possible d'en arriver à leur fin. À leur manière, bien sûr, car leur rôle officiel dans la société était encore restraint. Les secrets de la princesse de Cadignan s'inscrit dans cette lignée. Vers la fin, les amis de la princesse invitent le jeune D'Arthez à une réception, sans doute pour lui dévoiler, lui cracher la vérité sur sa bien-aimée. Et la princesse le laisse y aller seul ! Est-elle lasse de tous ses mensonges ou souhaite-t-elle tester son amour ? Et D'Arthez, préférera-t-il la plate vérité à l'amour glorifié tel qu'il se le représente ? À vous de le découvrir.
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mu-mu
  28 décembre 2020
J'ai beaucoup aimé retrouver le personnage de Diane de Maufrigneuse devenue princesse de Cadignan ainsi que de nombreux autres personnages de la Comédie humaine.
On fait mieux connaissance avec ce personnage véritable "don Juan femelle", femme libre et courageuse, intéressante malgré toutes ses mises en scène et tous ses mensonges.
Une nouvelle qui se lit très rapidement et surtout semble-t-il une des seules oeuvres de la Comédie humaine qui se termine bien, rien que pour cela, ça vaut le détour !
https://beq.ebooksgratuits.com/balzac/Balzac-48.pdf
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monocle
  22 janvier 2021
Publié chez Souverain en 1840 sous le titre UNE PRINCESSE PARISIENNE, sa version définitive sortira de chez Furnes en 1844.
La princesse est encore très belle malgré le fait qu'elle approche de la quarantaine(critères de l'époque). Avec la sempiternelle marquise d'Espard elle s'avouent n'avoir jamais vraiment aimé. Elle ont bien eu de nombreuses aventures liées à leurs besoins et leurs lubies du moment mais le concept de l'amour vrai et partagé leur est inconnu.
La princesse voit en Daniel d'ARTHEZ la proie idéale pour découvrir ce rêve.
Commence alors la parade des mondanités : les salons, les thés qui se prolongent, les baisers chastes sur les mains, les confidences, les larmes (vraies ou simulées). Ces deux là, que l'âge sépare (l'écrivain étant beaucoup plus jeune), parviendront ils à percer le mystère ?


PERSONNAGES
– Baron Daniel d'ARTHEZ : il a 38 ans 1833. Ecrivain de génie ; après une jeunesse pauvre, laborieuse et vertueuse, consacrée à l'écriture et aux idées de gauche, devient député légitimiste avec la révolution de Juillet. On le rencontre un peu partout, même en des textes inattendus (La Messe de l'athée, Une ténébreuse affaire, Mémoires de deux jeunes mariées), mais ses romans favoris sont Illusions perdues, Splendeurs et misères des courtisanes. Il apparaît aussi dans La Rabouilleuse avec ses amis du cénacle, dans Pierre Grassou, Béatrix.
– CADIGNAN, duc de Maufrigneuse jusqu'en 1830, puis prince de : a épousé sans amour la fille de sa maîtresse, la duchesse d'Uxelles; sauvé d'un assassinat par Michel Chrestien lors de la défense des Tuileries.
– CADIGNAN, duchesse Diane de Maufrigneuse, puis princesse de : femme du précédent, une des plus grandes dames de la Restauration, célèbre pour sa coquetterie, son goût du luxe et son intelligence. Inséparable de toutes les Scènes de la vie parisienne mais aussi de quelques autres (Le Cabinet des Antiques par exemple). Elle a d'abord épousé l'amant de sa mère et a additionné quelques « erreurs » avant de séduire d'Arthez.
– CADIGNAN, Georges de Maufrigneuse, duc de : fils des précédents : âgé de vingt ans en 1833. Il épousera Berthe de Cinq Cygne vers 1838 (Une ténébreuse affaire).
Michel CHRESTIEN : membre du Cénacle fréquenté par Lucien de Rubempré (voir Illusions perdues) et ami fidèle de d'Arthez ; esprit exalté, républicain inconditionnel et adorateur secret de la duchesse de Maufrigneuse ; tué dans l'affaire de Saint-Merri, le 6 juin 1832.
– Marquise d'ESPARD : l'autre grande dame de la vie parisienne, amie et confidente de la princesse de Cadignan ; femme volontaire et redoutable.
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Laureneb
  16 juin 2019
Le portrait d'un "Don Juan femelle" - expression du texte, une femme qui aime collectionner les hommes, qui aime le plaisir physique, mais qui aime surtout séduire grâce à différentes manipulations. A bientôt 40ans, la princesse Diane - prénom de favorite royale, se sent presque perdue pour l'amour ; en tout cas, elle sait que ses belles années sont derrière elle. Balzac continue ici son analyse sur l'importance de l'âge dans les passions amoureuses, surtout l'âge des femmes. Mais cette grande séductrice et jouisseuse n'a jamais ressenti d'amour véritable. Telles deux Mme Merteuil, elle complote avec son amie, c'est-à-dire sa meilleure rivale, Balzac ne semble pas croire à l'amitié féminine et à la sororité, pour y remédier. Elle va réussir, trouver un amour vrai, mais au prix de quelles manipulations et de quels mensonges...
D'Artez est présenté comme un écrivain de génie, mais finalement, il est vaincu par le génie féminin de la séduction, où chaque geste, chaque élément de la tenue et de la coiffure est étudié. La fin est particulièrement savoureuse : Balzac laisse la question ouverte : vécurent-ils heureux ?
Un roman sur la séduction du point de vue féminin, c'est original au XIXème siècle, sans jugement moral de l'auteur - les personnages s'en chargent, amants repoussés et amie jalouse...
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nathalie_MarketMarcel
  09 novembre 2018
Nous sommes après 1830. La princesse de Cadignan est ruinée et son mari est en exil, aux côtés de Charles X. Autrefois elle régnait sur les salons parisiens et avait de jeunes et beaux amants, elle vit à présent retirée dans un modeste appartement. La jeunesse est partie (genre... elle a 36 ans) mais elle regrette de ne pas avoir connu le véritable amour. Jusqu'à ce qu'elle rencontre d'Arthez, un des grands hommes de la Comédie humaine.
Balzac fait preuve de cruauté envers son personnage mais avec beaucoup d'esprit.La princesse apparaît comme une séductrice quasi professionnelle, mais loin de la condamner, l'auteur se place du côté de d'Arthez, profondément amoureux, à la fois pris à l'illusion et conscient de la réalité des choses. Cette princesse et son amoureux sont simplement plus grands que les contraintes sociales étriquées de leur temps – et on dit bravo !
Cette nouvelle d'une cinquantaine de pages se lit très agréablement. C'est un beau portrait de femme et d'homme, ainsi qu'un long hymne à l'amour. Il m'a semblé cependant que Balzac disait trop de choses : dans son désir de mettre en avant toute l'intelligence de la princesse, il souligne la moindre de ses ruses. J'aurais préféré plus d'ambiguïté.
Lien : https://chezmarketmarcel.blo..
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Citations et extraits (14) Voir plus Ajouter une citation
SachenkaSachenka   18 mars 2017
- [...] J'ai souvent entendu de misérables petites espèces regretter d'être femmes, vouloir être hommes ; je les ai toujours regardées en pitié, dit-elle en continuant. Si j'avais à opter, je préfèrerais encore être femme. Le beau plaisir de devoir ses triomphes à la force, à toutes les puissances que vous donnent des lois faites par vous! Mais quand nous vous voyons à nos pieds disant et faisant des sottises, n'est-ce donc pas un enivrant bonheur que de sentir en soi la faiblesse qui triomphe? Quand nous réussissons, nous devons donc garder le silence, sous peine de perdre notre empire. Battues, les femmes doivent encore se taire par fierté. Le silence de l'esclave épouvante le maître.
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SachenkaSachenka   09 février 2017
L'une des gloires de la Société, c'est d'avoir créé la femme là où la Nature a fait une femelle ; d'avoir créé la perpétuité du désir là où la Nature n'a pensé qu'à la perpétuité de l'Espèce ; d'avoir enfin inventé l'amour, la plus belle religion humaine.
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SachenkaSachenka   16 février 2017
Le monde est bien sot, bien aveugle, bien ignorant ; il ne pénètre que les secrets qui l'amusent, qui servent sa méchanceté ; les choses les plus grandes, les plus nobles, il se met la main sur les yeux pour ne pas les voir.
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SachenkaSachenka   14 février 2017
- [...] n'avez-vous pas remarqué, vous qui savez tout, que les hommes ont deux caractères : ils en ont un pour leur intérieur, pour leurs femmes, pour leur vie secrète, et qui est le vrai ; là, plus de masque, plus de dissimulation, ils ne se donnent pas la peine de feindre, ils sont ce qu'ils sont, et sont souvent horribles ; puis le monde, les autres, les salons, la Cour, le souverain, la Politique les voient grands, nobles, généreux, en costume brodé de vertus, parés de beau langage, plein d'exquises qualités. Quelle horrible plaisanterie! Et l'on s'étonne quelquefois du sourire de certaines femmes, de leur air de supériorité avec leurs maris, de leur indifférence...
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Nastasia-BNastasia-B   28 février 2014
- Je vous en prie, madame, dit-il enfin, expliquez-moi comment un homme a pu vous faire souffrir, et soyez sûre que là où toutes les femmes seraient vulgaires, vous seriez distinguée, quand même vous n’auriez pas une manière de dire les choses qui rendrait intéressant un livre de cuisine.
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Videos de Honoré de Balzac (121) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Honoré de Balzac
Découvrez l'émission intégrale ici : https://www.web-tv-culture.com/emission/nathalie-cohen-un-fauve-dans-rome-53194.html Je vous invite à un voyage dans le temps. Dans l'Antiquité plus précisément pour évoquer ce roman « Un fauve dans Rome » paru chez Flammarion. Nathalie Cohen a toujours été fascinée par cette période qui couvre quand même près de trois millénaires, de l'invention de l'écriture vers 3200 av. J.-C. jusqu'à la chute de l'Empire romain d'Occident en 476. Cette attirance, elle l'explique notamment par ses origines méditerranéennes et son goût à étudier les échanges interculturels. Helléniste de formation, professeur de latin et de grec, elle a publié en 2017 un essai aux éditions du Cerf, « Une étrange rencontre, Juifs, Grecs et Romains ». Mais étant elle-même une grande lectrice, considérant Balzac comme le boss, l'envie de l'écriture romanesque était aussi bien présente. Conciliant donc ses deux passions, elle publie un premier roman en 2019, « Modus Operandi, la secte du serpent » dans lequel nous faisions connaissance avec Marcus Alexander, membre des vigiles romaines, chargé de prévenir les incendies et de maintenir l'ordre public. Revoici ce personnage dans ce nouvel opus, « Un fauve dans Rome » qui bien évidemment se lit indépendamment du précédent titre. Et c'est une belle réussite. Rapidement, le lecteur est captivé par cette intrigue d'enfants volés, tous blonds, dans une Rome battue par le vent du sud provoquant une touffeur insupportable. Nous sommes à l'été 64, Néron règne en despote et bientôt sa folie n'aura plus de limite avec une scène d'anthologie dans la seconde partie du roman, celle du grand incendie de Rome. On s'attache aussi à ces personnages qui peuplent le roman, telle la vestale Gaïa, demi-soeur par adoption de Marcus et qui cache un secret inavouable. Et dans cette Rome toute puissante, pourtant au bord du précipice, comment vivre sa foi lorsqu'on est juif. Si elle reconstitue parfaitement l'Antiquité avec force détails et références historiques qui permettent aux lecteurs d'en apprendre beaucoup sur la vie quotidienne à Rome à cette époque, Nathalie Cohen réussit la performance de faire un roman très vivant, avec une écriture moderne et alerte, glissant juste ce qu'il faut de dialogues, distillant savamment les éléments nous permettant de rester en haleine sur l'intrigue de départ et abordant des thématiques qui font écho à notre monde contemporain. Quant au personnage de Marcus, avec ses failles et ses complexités, son bégaiement et ses yeux vairons, il est parfaitement campé et donne corps à ce roman que je vous recommande vivement. « Un fauve dans Rome » de Nathalie Cohen est publié aux éditions Flammarion.
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