AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix Babelio
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures
Critiques sur Splendeurs et misères des courtisanes (29)
Classer par :   Date   Les plus appréciées  



Ajouter une critique
vincentf
  22 octobre 2010
Un pavé balzacien, ça contient forcément des longueurs. Il veut trop tout dire, tout expliquer, tout maîtriser. Fort heureusement, il y a les personnages, à commencer par Jacques Collin, alias Vautrin, alias Trompe-la-Mort, alias l'abbé Carlos Herrera, le roi des forçats qui, par amour pour son protégé le faible Lucien de Rubempré, tourne sa veste. Balzac, c'est un monde complet, avec ses hauts et ses bas, sa pègre et ses duchesses, qui bien sûr se ressemblent comme deux gouttes d'eau; c'est une société dont tous les rouages sont décortiqués, démystifiés, scrutés; ce sont des personnages broyés par la société ou, quand ils sont des Trompe-la-Mort, qui venge la société. Autre bémol pourtant : le sentiment de lire du Victor Hugo sans le souffle. Quand Balzac évoque la peine de mort ou parle l'argot, on n'y retrouve pas, alors que c'est le même monde à la même époque qui sont décrits, le cri d'Hugo, son emphase, son indignation, sa présence. Balzac est extérieur, narrateur omniscient d'un monde dont il se veut le descripteur pas tout à fait froid, mais non engagé. Hugo entre de plein pied dans ce monde, devient le condamné à mort, entre dans la tempête du crâne du forçat et dans l'amour niais et sublime du poète. Balzac laisse donc un peu sur sa faim le lecteur romantique.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          110
Athalenthe
  25 août 2018
Je conclus avec Splendeurs et Misères des courtisanes la lecture de "La trilogie (non officielle) Vautrin", débutée par le père Goriot et poursuivie avec Illusions Perdues.

Si le lien entre les deux précédents livres m'avait paru assez ténu, Splendeurs et Misères des courtisanes permet de jeter des ponts bien plus solides entre ces trois ouvrages. Et c'est évidemment le personnage de Jacques Collin, alias Vautrin, alias Trompe-la-Mort, alias don Carlos Herrera qui établit ces liaisons.
Son importance est telle que Balzac en fait le véritable "héros" de Splendeurs et Misères des courtisanes, sans qui rien de toute l'action du livre n' aurait été possible. D'où une légère déception de ma part, puisque ma lecture était avant tout motivée par mon envie de retrouver Lucien de Rubempré. En effet, bien qu'étant le personnage qui motive tout ce qui se passe dans le livre, il n' apparaît réellement que par petites touches.

C'est que le petit Lucien est devenu un de mes péchés mignons, un personnage que, malgré (mais c'est sûrement plutôt à cause de) ses faiblesses et sa lâcheté, je n'ai pu m'empêcher d'adorer ! (Décidément ce Lucien ne laisse indifférente aucune femme croisant son chemin^^)
C'est pourquoi il peut sembler paradoxal que j'aie savouré la fin de mon petit Lucien. Quel moment ! Alors même qu'il n'y avait pas le moindre effet de surprise pour moi puisque je connaissais déjà sa destinée, je me suis délectée de ses derniers instants. Balzac a su donner un dénouement juste parfait, à la hauteur du personnage et faisant miroir à la rencontre de Lucien avec le faux abbé Jacques Collin dans Illusions Perdues.
En résumé, j'aurais aimé passer plus de temps en compagnie de Lucien avant le grand adieu néanmoins digne de lui.

Il n'était cependant pas désagréable de suivre Jacques Collin dans ses machinations. le personnage gagne en consistance par rapport à sa première apparition dans le Père Goriot. Quant à l'autre personnage essentiel du roman, Esther van Gobseck, je dois avouer qu'elle m'a laissée malheureusement assez insensible malgré les efforts De Balzac pour nous la rendre sympathique, au contraire du banquier Nucingen, vieil homme qu'il nous décrit comme ridicule et par ailleurs détestable, mais qui m'a pourtant touchée par son amour infortuné.
De manière générale, ce roman est une mine d'or pour ceux qui aiment disséquer le tissu complexe des relations qu'entretiennent les personnages entre eux. La description faite du milieu judiciaire et pénitentiaire de la 1ère moitié du XIXe siècle est également intéressante.

Je vous laisse sur ces mots d'Oscar Wilde qui sont absolument délicieux : " Une des plus grandes tragédies de ma vie est la mort de Lucien de Rubempré. C'est un chagrin qui ne me quitte jamais vraiment. Cela me tourmente dans les moments de ma vie les plus agréables. Cela me revient en mémoire si je ris. "
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          106
Henri-l-oiseleur
  04 décembre 2015
Ce roman clôt la trilogie formée par le Père Goriot et Illusions Perdues, et parachève le tableau de la conquête de la vie par l'argent. Il a dévoré l'amour filial, la poésie et la créativité et ici, le tour de l'amour est venu. On trouvera de très belles figures féminines, des intrigues poignantes et une tragédie moderne, divisée en brefs chapitres (Balzac publiait ce roman en feuilletons dans la presse). Il est donc plus facile au lecteur de le lire à petites doses, qu'Illusions Perdues, composé de gros blocs narratifs malaisés à diviser.
Commenter  J’apprécie          90
CDemassieux
  30 octobre 2015
Splendeurs et misères des courtisanes…d’abord splendeur et misère du romantique Lucien de Rubempré, créature mélancolique par excellence, doué pour le malheur.
Lucien, nouvel espoir d’un Vautrin ne faisant pas mystère de sa déception d’avec Rastignac – cet ambitieux plein de promesses et devenu un vulgaire mondain de la capitale –, réapparait en majesté, alors qu’il avait quitté Paris sans gloire à la fin d’Illusions perdues et rencontré sur une route, en pleine errance, cet individu protéiforme qui se proposait d’être son protecteur, le même Vautrin. Car Vautrin cherche absolument à vivre par procuration une grandeur qu’il aurait façonnée pour un autre que lui, définitivement banni du monde de la lumière.
Mais Lucien, nouveau protégé de ce criminel dont le pouvoir en place s’accommodera finalement en s’adjoignant ses services – à la manière d’un Vidocq –, ne peut éternellement faire le jeu fourbe de son mentor tyrannique, et c’est ce qui le perdra. On ne façonne pas aisément les cœurs entiers ; Vautrin l’apprendra à ses dépens et cela le conduira à une sorte de rédemption.
Il y a aussi la tragique Esther, courtisane moquée et devenue le jouet d’ambitions qui ne lui sont pas destinées à elle non plus. Une figure de femme balzacienne attendrissante, comme le sont la duchesse de Langeais ou Henriette de Mortsauf. Dit autrement, ce sont des proies pour l’amour, avec ce que cela implique de souffrances.
Une fois de plus, le Paris de Balzac étale ses grandeurs et ses bassesses, ses machinations fangeuses et ses apparences propres, avec une maestria inouïe, ce qui fait de ce roman l’un de ses plus réussis. Les bas-fonds, ici, sont même restitués avec une justesse à la Dickens.
Les âmes les plus innocentes sont emportées ; leur survit les plus viles. L’auteur, qui se voulait réaliste, ne peut mentir sur son temps – si peu éloigné du nôtre, quand on y pense !
Les illusions s’évaporent, et la misère des uns n’empêche pas la splendeur des autres. Le scandale est évité, le spectacle de la société peut continuer, qu’importe les victimes. Cela laisse un goût amer.
La fin est-elle morale ? A chaque lecteur d’en juger. Toutefois, si la morale gouvernait le monde, ça se saurait…depuis le temps !
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          90
Clelie22
  22 février 2019
Il aura fallu le challenge solidaire "Des classiques contre l'illettrisme", proposé par Gwen21 (https://www.babelio.com/groupes/24/Challenges-de-lecteurs/forums/24/Discussion-generale/19380/Challenge-SOLIDAIRE-2019-Des-classiques-contre-l) pour m'encourager à renouer avec Balzac, mes derniers voyages littéraires en compagnie de ce monsieur datant de pas loin de 15 ans. Je dois dire que Balzac est un de mes auteurs réalistes préférés, ce qui n'est pas grand' chose car je ne suis pas hyper fan de ce courant littéraire. Cependant, je garde un souvenir frappant d'Eugénie Grandet et sympathique d'Ursule Mirouët. J'étais donc plutôt de bonne volonté en attaquant Splendeurs et misères des courtisanes.

Challenge Solidaire "Des classiques contre l'illettrisme"2019

N'ayant pas lu les Illusions perdues que ce roman continue et très peu d'autres romans de la Comédie humaine, j'ai eu un peu de mal à entrer dans cette histoire. J'étais un peu perdue dans les personnages. J'avais vraiment l'impression de prendre le train en marche ou, pour être plus exacte, d'arriver au bal de l'Opéra sans y connaître personne. Mais j'ai assez vite pris mes repères.
Je m'attendais à un roman qui décrirait de manière réaliste la vie des courtisanes au XIXe siècle. Sur ce point, je dirais que je suis restée sur ma faim. Il y a bien des courtisanes, enfin une, surtout : Esther, dite "la torpille" mais, au début de ce roman, elle n'en est déjà presque plus une. Amoureuse de Lucien de Rubempré, elle s'est faite chaste pour lui et sa carrière est derrière elle. Quelques allusions par-ci par-là laissent entrevoir ce que fut cette carrière mais ils n'en sont que plus frustrants. J'aurais trouvé beaucoup plus intéressant de découvrir comment une fille devient une courtisane, les hauts et les bas de sa vie, etc.
Finalement, Splendeurs et Misères des courtisanes raconte plus les manoeuvres de l'"abbé" Carlos Herrera pour hisser son protégé, Lucien de Rubempré, aux plus hauts degrés de la bonne société. Esther, la courtisane, y est réduite à l'état d'instrument entre les mains du redoutable manipulateur. le roman ne manque pas de rebondissements et de suspens car Carlos Herrera, qui est en fait une vieille connaissance du lecteur, se retrouve bientôt aux prises avec les plus redoutables agents de la police politique.
Pour un roman réaliste, Splendeurs et misères des courtisanes ne l'est pas toujours. Ou, du moins, ne paraît pas toujours l'être. S'il remplit parfaitement son cahier des charges concernant la description des décors ou de certains éléments du contexte social (le fonctionnement de la justice, par exemple), il paraît complètement à côté de la plaque sur la psychologie des personnages. Ils sont souvent "too much" : Esther qui passe de la prostitution à l'amour sacrificiel (et retour), Lucien qui accepte sans hésitation de prostituer celle qu'il est censé aimer pour servir son ambition, Herrera et son dévouement incompréhensible (du moins dans les 3 premières parties) pour Lucien, Nucingen, le coeur de pierre qui tombe amoureux au premier regard... Certaines réactions de personnages m'ont parues complètement incompréhensibles. J'ai parlé déjà de Lucien mais je pourrais y ajouter Delphine Nucingen qui s'amuse de la passion de son mari, le marquis de Sérisy qui tolère très bien les incartades de sa femme, etc.
Enfin, je n'ai pas adhéré du tout à l'intrigue principale : un jeune homme qui veut épouser une jeune fille de la meilleure société en extorquant des millions à un banquier par l'intermédiaire de sa maîtresse. J'ai trouvé ça d'un sordide ! Mais, ça, c'est affaire de goût personnel. C'était peut-être d'ailleurs le but de Balzac de montrer que les plus immoraux ne sont pas toujours ceux que la société pointe comme tels.

Sur le fond, ce roman a donc été plutôt décevant pour moi, par rapport à mes attentes de départ même si je l'ai lu sans déplaisir. Au niveau du style, Balzac n'est peut-être pas la plus fine plume de la littérature française mais il a parfois des passages qui sont magnifiques. J'ai trouvé particulièrement croustillantes les conversations entre ex-forçats qu'il reproduit dans la 4e partie.

En résumé : un roman qui est censé se rattacher au réalisme mais où l'auteur se laisse un peu trop emporter par son goût du romanesque et sa vision fataliste de l'humanité. Il met finalement moins en scène le monde des courtisanes que l'avant-dernière incarnation de son Mephistophélès.

Challenge Solidaire "Des classiques contre l'illettrisme"2019
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          80
Hanta
  30 juillet 2015
Six mois se sont écoulés depuis que j'ai lu Illusions perdues, mais ce cher Lucien est toujours resté quelque part dans mes pensées, et je me suis souvent demandé qu'est-ce qu'il est devenu.
Et le voilà qui revient à Paris triomphant et riche, au grand étonnement de tous. Il récupère son titre de Rubempré, s'attire l'affection de quelques grandes dames aristocrates et songe même à en épouser une.
Dans ce récit, nous avons une multitude de personnages, mais Balzac les a chacun extrêmement bien travaillé. Son talent réside dans le fait qu'on ressent pour chaque personnage une émotion différente. Lors de la lecture, on a vraiment l'impression de les côtoyer, de connaître leurs états d'âme et de partager un bout de leur existence fictive.
Il y a d'abord Lucien, pour lequel j'ai toujours eu des sentiments partagés entre l'indulgence - étant donné tous ses déboires depuis ses débuts à Angoulême - et l'agacement face à son caractère égoïste, inconstant, faible et ambitieux. Je lui reproche encore et toujours sa paresse et sa vanité, qui le perdront ! Et quel échec, mais chut je n'en dirais pas plus ! D'ailleurs, il s'efface un peu dans cette histoire au profit de l'abbé Carlos Herrera, alias Jacques Collin, alias Vautrin, alias Trompe-la-mort, qui à mes yeux est le personnage principal. Sous ces différentes identités se cache un des personnages les plus diaboliques et cruels que j'ai rencontré dans mes lectures.
Le titre parle des courtisanes, mais celle qu'on ne saurait oublier ici est Esther. Je n'ai ressenti que de la pitié pour cette pauvre créature, aveuglée par l'amour et en même temps l'objet des machinations machiavéliques et des convoitises de tout le monde !
Balzac taillade toute cette société parisienne du XIXème siècle et leurs faiblesses: comment ne pas trouver ridicule le baron Nucingen, qui croit acheter choses et gens avec son argent mais qui est pris dans les affres de la passion amoureuse ? Et même, ces maris et femmes, qui restent stoïques, voire indifférents, devant l'adultère avéré de leur conjoint ?
Il nous décrit aussi minutieusement le système judiciaire et le droit criminel de l'époque, l'argot des rues, les conditions de vie des courtisanes etc. Sur ce point, il me rappelle un peu les sujets évoqués par Victor Hugo dans Les Misérables, mais la poésie et la plume engagée en moins.
Le style d'écriture est très riche, grandiloquent, fouillé mais complexe. Ce ne fut pas facile tout le temps, même pour moi, lecteur aguerri, d'autant plus que le rythme était lent, les descriptions plus détaillées et longues. Seuls deux aspects m'ont agacé: le style allemand-juif contrefait par Balzac pour le baron Nucingen, et les multiples allusions à ces autres ouvrages.
Si je n'ai pas été aussi époustouflé que le premier tome, je garderai de très bons souvenirs de cette lecture. A lire ? Oui si vous aimez l'univers balzacien !


Lien : http://leslecturesdehanta.co..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          72
AxelRoques
  11 décembre 2010
J'ai adoré ce roman brillantissime. Prévoyez le temps qu'il faudra pour vous faire emporter par Balzac et vivre le romanesque jusqu'au bout.

Axel Roques
Lien : http://axelroques.blogspot.fr/
Commenter  J’apprécie          70
Cer45Rt
  01 août 2018
Splendeurs et misères est un livre agréable, dont la forme est plaisante, je dois l'admettre. Mais la forme empiète sur le fond, voilà le hic. Dans le Père Goriot, dans Illusions Perdues, dans le Colonel Chabert, la forme n'empiétait pas sur le fond : c'était elle qui conférait au fond toute sa puissance. Tel est le défaut de Splendeurs et misères ! Voilà pourquoi l'oeuvre ambitieuse ne réussit pas ! Cette oeuvre reste une oeuvre agréable, plaisante, bien entendu ; mais elle n'est que ça. Là réside le problème de Splendeurs et misères des courtisanes.
Commenter  J’apprécie          50
Fireflies
  26 janvier 2015
J'avais fondé de nombreux espoirs sur ce roman et j'avoue ne pas avoir été déçue. Encore une fois, l'écriture balzacienne nous absorbe dans une valse des personnages qui conduit au vertige (Le roman ne compte pas moins de 273 personnages !).
On retrouve ici les codes classiques d'un roman du XIXe, avec ce thème largement rebattu de l'accession au pouvoir par les femmes. C'est en effet ce que Lucien de Rubempré, sous la direction de l'abbé Carlos Herrera, tente de faire par le biais d'Esther, la splendide courtisane repentie, et Clotilde, la jeune fille laide et pourtant si riche du duc de Grandlieu. Mais, bien plus que ces deux personnages, c'est une myriade de femmes qui gravite autour du couple si étrange incarné par Lucien et l'abbé Carlos Herrera. Chacune d'entre elles apparaît comme un portrait type de femmes, dont la vie semble guidée par un seul sentiment: l'amour (D'une certaine manière, cela ne fait que renforcer l'idée que la femme est un être faible et soumis à ses passions, même si on peut voir une exception dans le personnage d'Asie).

C'est surtout cela qui m'a le plus frappé dans ce roman, à savoir l'éventail des relations amoureuses, dont Balzac nous dresse un panorama très sombre. (L'amour apparaît destructeur et source de désordres). Pourtant la société est façonnée par ce type de relations, qu'elles soient feintes ou réelles. Ainsi, à l'amour fusionnel de Lucien et Esther (qui est prête à tous les sacrifices pour celui qu'elle aime), se succède l'amour à sens unique de Nucingen pour cette même Esther, un amour naïf, purement physique et parfois à la limite de la bestialité. D'un point de vue totalement subjectif, c'est l'amour démesuré, à la fois passionnel et paternel, mais aussi un peu déroutant, de Carlos Herrera pour son protégé Lucien, qui m'a le plus frappé. Les descriptions qu'en fait
Balzac m'ont littéralement bouleversée par leur aspect tragique et désarçonnant. J'y ai vu une certaine forme de poésie et de beauté, que je n'avais jamais vu auparavant.
Outre cet aspect, la dernière partie du roman est particulièrement surprenante et inattendue. D'un roman sur l'ambition et le pouvoir, Balzac nous fait glisser vers un roman "policier", où nous avons tout le loisir d'admirer l'intelligence et le pragmatisme, voire le machiavélisme, de l'abbé Carlos Herrera/Vautrin/Trompe-la-Mort/Jacques Colin (Autant de noms et d'identités qui font toute l'ambiguïté et la force de personnage). Au fil de mots, Balzac nous fait ainsi passer d'un monde à l'autre, soit des plus hautes sphères de la société à la prison, où au bout du compte tout fonctionne de la même façon.

Certes, Splendeurs et Misères des Courtisanes est un pavé, mais franchement qu'est-ce que ça vaut le coup !
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          50
monsieurloic
  02 décembre 2018
Je me découvre une passion sur le tard pour Balzac que jusque là je considérais comme un auteur barbant, conventionnel et fait pour être étudié au lycée. J'avais lu "le père Goriot" pendant mes études et je n'avais pas été emballé. Mais cet été 2018, je m'y suis remis après avoir entendu Michel Houellebecq en parler et pour une allusion dans le film "Pierrot le Fou" de Jean-Luc Godard. J'ai donc lu "César Birotteau" que j'ai adoré et ces trois derniers jours, j'ai donc lu avec beaucoup de plaisir cette histoire de courtisanes et le plaisir continue. C'est croustillant, plein de verves, de personnages hauts en couleur. Balzac est un génie mais il faut quand même s'accrocher car il n'explique pas tout, il faudrait un glossaire des personnages. J'avoue que parfois je me suis perdu mais ce cher Honoré ne laisse pas tomber ses lecteurs. En une page, il nous remet sur les rails et c'est reparti.
Ce roman est l'histoire d'une machination inventée par quelqu'un qui veut se faire passer pour un curé (c'est le Vautrin du Père Goriot) et qui décide de prendre un jeune provincial sous sa coupe et de remettre une courtisane (pour ne pas dire une prostituée) dans le droit chemin.
Au passif, je n'ai pas compris pourquoi l'auteur tente d'expliquer au lecteur pendant pas mal de pages et façon encyclopédie le fonctionnement du système judiciaire français. Mais à part ça, ce n'est que du bonheur littéraire. Je n'ai presque rien lu De Balzac mais je me demande si cette histoire de courtisanes (dans laquelle s'imbrique bien d'autres histoires) n'est pas le point culminant de l'oeuvre de la Comédie Humaine.

lecture : novembre/décembre 2018
sur Kindle (équivalent 694 pages)
note : 4/5
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          42


Acheter ce livre sur

FnacAmazonCulturaMomoxLeslibraires.fr





Quiz Voir plus

Connaissez-vous La Peau de Chagrin de Balzac ?

Comment se comme le personnage principal du roman ?

Valentin de Lavallière
Raphaël de Valentin
Raphaël de Vautrin
Ferdinand de Lesseps

10 questions
592 lecteurs ont répondu
Thème : La Peau de chagrin de Honoré de BalzacCréer un quiz sur ce livre
.. ..