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Gérard Macé (Préfacier, etc.)Pierre Barbéris (Éditeur scientifique)
EAN : 9782070419111
288 pages
Gallimard (15/01/2003)
3.79/5   88 notes
Résumé :
"Il n'y a rien de plus dangereux que de causer dans les voitures publiques. En diligence, d'ailleurs, les gens comme il faut gardent le silence."
Si Oscar Husson suivait à la lettre ce conseil de sa mère, son «début dans la vie» ne tournerait certes pas à la catastrophe, mais il n'y aurait pas de roman. Il parle donc à tort et à travers, dans le «coucou» qui le mène de Paris au château de Presles, en compagnie de jeunes gens qui mentent comme ils respirent. O... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (19) Voir plus Ajouter une critique
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Quatre mois se sont écoulés, trop longue pause pour revenir enfin vers mon cher Balzac et terminer les Scènes de la vie privée avec Un début dans la vie.

Le sujet principal de ce roman est le parcours d'Oscar Husson, un tout jeune homme au début du récit, pas très intelligent, trop fanfaron, issu d'un milieu modeste, et que sa mère, Madame Clapart, essaie de pousser dans le monde pour assurer son avenir. Pour cela, elle le place sous la protection d'un ancien amant, Moreau, devenu régisseur auprès du Comte de Sérisy.
C'est ainsi qu'Oscar se retrouve invité à séjourner au château de Presles, chez le Comte. La première partie de cette histoire va se dérouler pendant le trajet, dans la voiture hippomobile du service de messagerie qui dessert la ligne de l'Isle-Adam. Dans la diligence, prennent place plusieurs personnages, d'allures et de situations aussi diverses que variées : deux jeunes artistes peintres (Léon de Lora dit Mistigris et Joseph Bridau), un clerc de notaire (Georges Marest), un riche paysan (le père Léger), un inconnu (Le Comte de Sérisy lui-même qui tient à ne pas être reconnu) et le jeune Oscar.
Naturellement, le trajet étant long, la conversation s'engage et prend un tour particulier car les trois jeunes gens jouent les importants et s'inventent des rôles, surenchérissant dans leurs mensonges et vantardises : Joseph se fait passer pour un peintre célèbre, Georges se décrit en militaire héroïque et décoré… Oscar, quant à lui, s'invente une vie de fils de famille mais ne s'arrête pas là ; ignorant que le Comte de Sérisy est dans la voiture, il y colporte des rumeurs sur ses infortunes conjugales et révèle même des choses très intimes que le régisseur a pu confier sur lui à sa mère… L'ensemble est assez savoureux, ponctué des jeux de mots des deux artistes peintres. Naturellement, ces incartades auront des conséquences plus ou moins graves pour ces jeunes personnages car tous les voyageurs réunis par le hasard dans la même voiture sont plus ou moins liés à la même affaire ou au même lieu d'arrivée. Je n'en dirai pas plus… Sachez seulement qu'un véritable drame se joue dans la voiture, autour d'une affaire immobilière complexe.

Pour ma part, l'intérêt principal résidait aussi ailleurs. Quel immense plaisir pour moi qui pratique l'attelage de loisirs et d'endurance de découvrir sous la plume De Balzac la description détaillée des voitures et des chevaux du messager Pierrotin ! Les amateurs apprécieront cette immersion dans les transports du XIXème siècle, les termes techniques, le garnissage des chevaux, la mise à la voiture, les manières de mener, les ordres vocaux, le chargement des bagages et la disposition des places des passagers, les arrêts, les manières d'appréhender les côtes et les pentes descendantes, les horaires, les rations des chevaux etc…
Car, le messager joue ici un rôle secondaire primordial, appelé par sa profession à voir et entendre beaucoup de choses et à côtoyer bien des secrets. Au début du livre, il est trop ambitieux et s'est beaucoup endetté pour développer son service ; tandis que ses passagers dégoisent, il compte et recompte ses gains à venir.

La deuxième partie est un peu plus ennuyeuse. À cause de ses bévues, les espoirs de carrière d'Oscar ont été revus à la baisse, mais, placé dans une étude, il finit par faire son droit et son chemin dans la vie se précise plutôt bien.
C'est compter sans des retrouvailles avec Georges Marest, qui va, encore une fois, le pousser à commettre de grosses erreurs et à renoncer à la carrière juridique qui se profilait…
Il est intéressant de voir comment Balzac noue et dénoue les fils qui lient tous les personnages du début à la fin ; en effet, Oscar, forcé d'obéir à la conscription finira par trouver sa voie dans l'armée. le hasard ou la destinée va le mettre en présence du fils du Comte et lui donner les moyens de monter en grade grâce à des actions héroïques que ses débuts pathétiques dans la vie ne laissaient pas imaginer.

Enfin, et c'est là l'essentiel, pour boucler la boucle de cet écheveau narratif, quinze ans plus tard, tous les personnages vont encore une fois se retrouver sur la même ligne de messagerie, dans une belle voiture moderne tirée par quatre chevaux ; en effet, Pierrotin a bien mené ses affaires et à fait prospérer son service, passant du « coucou », sorte de grand cabriolet à deux roues tiré par un ou deux chevaux, à l' « hirondelle », véritable omnibus qui nécessite au moins quatre chevaux…
Par contre, les aléas de la fortune n'ont pas joué de la même manière envers les uns et les autres ; si certains se sont élevés, d'autres sont ruinés… C'est aussi l'occasion, dans une voiture hippomobile de plus grande capacité, de faire monter d'autres personnages de la Comédie humaine, déjà croisés ou à venir.

Un début dans la vie est une réflexion très intéressante sur l'évolution d'Oscar Husson, encombré d'une mère aimante mais possessive, parti d'une certaine médiocrité pour atteindre une position stable mais moyenne, bourgeoise.
Personnellement, j'y ai trouvé d'autres attraits et persiste à penser qu'il faut lire et relire Balzac, encore et toujours.

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Une intrigue bien ficelée, des personnages attachants au point qu'on en pleure de leur bêtises , un début bien caricaturé de la petite communauté qui se crée dans un moyen de transport, une vie de courtisanerie qui nous plonge tout bonnement dans les moeurs de l'époque, un amour maternel qui ne faillit pas face aux dangers, un amour dont la flamme ne s'éteint point, ne vous quitte jamais même quand tout vous quitte et une fin qui nous procure du plaisir à ne pas vouloir lâcher ces personnages magnifiquement construits...
Un magnifique Balzac, on s'y lance avec un large sourire qui ne vous quitte pas tout le long de la lecture, et les descriptions De Balzac§ on n'y prend simplement plaisir...
A lire absolument!
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Voilà un un petit Balzac qui va entrer directement parmi mes favoris !
J'ai pris énormément de plaisir à lire cette histoire rocambolesque savoureuse et amusante !
Au centre de l'histoire : Oscar, un jeune homme de famille modeste supposé faire un simple voyage rapide en diligence pour rejoindre le protecteur de sa mère, mais Oscar est victime de l'excès fierté et d'orgueil de sa jeunesse et en voulant passer pour ce qu'il n'est pas, il va s'embourber dans une situation pour le moins surréaliste. En fait il ne sera pas le seul, car dans cette diligence chacune des personnages présents va mentir sur sa vraie identité, chacun pour des raisons différentes, et tout cela créera un gigantesque quiproquo, le plus drôle que j'ai eu l'occasion de lire !
Et chacun paiera le prix de ses mensonges, mais ce sera Oscar qui se mettra dans la situation la plus délicate, presque inextricable, aux terribles conséquences pour sa vie et celle de sa mère. À partir de là on suivra les péripéties d'Oscar pour tenter de réparer ses bourdes…en en commettant d'autres ! Bref un début dans la vie qui sera catastrophique !
Honoré restant Honoré et donc il faut s'accrocher par moments car il nous détaillera le parcours de chaque protagoniste, et sachant que leurs destins à tous sont entre-mêlés, et qu'en plus tout sera mélangés entre vrai et faux ; il faudra donc parfois s'armer de patience pendant la narration. Mais ce détail sera vite compensé par le dynamisme formidable du roman dans sa globalité.
Ce court roman est, je trouve, un parfait condensé de notre cher Honoré sait faire de mieux ; dialogues dynamiques, narration pointue, portraits savoureux, satire des ambitions de son temps et confrontations entre les différents rangs sociaux; le tout saupoudrée d'humour !
Ce roman a eu sur moi l'effet d'un page-turner, j'ai adoré du début à la fin. du grand Honoré !
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Un bien drôle mélange de personnages qui redoublent tour à tour de balourdises. le gagnant de ce concours de maladresse est le plus bleu d'entre tous, Oscar Husson .

Un début dans la vie, qui est d'abord un roman d'apprentissage; apprentissage par la bêtise, la bévue, l'impair, bref de toutes les erreurs qu'il est donné à commettre.

Ses errances, jugées finalement fatal d'un caractère incorrigible , Oscar les commets, cela va de soi, contre l'avertissement de ses protecteurs (plus que) bienveillants. Toujours pardonné, notre chère Oscar ne paye pas moins amèrement ses leçons de vie qu'il tient peut être plus encore d'une faiblesse de caractère que de sa méconnaissance de la vie.

Faiblesse de caractère en effet, car tout les temps qu'il ne lui est pas permis d'échouer, Oscar brille plutôt bien dans les études et le travail. Mais, à la première opportunité, il sombre.

Oscar Husson apprends la discrétion, la probité, la hiérarchie sociale et l'obéissance à travers de foudroyants coups du sort (qu'il n'a pas volé). Mais il n'est pas le seul, tout les personnages voient leur destin se dévoiler et si la plupart sont médiocres, certains ont plus de chances que d'autres dans cet époque où les fortunes se font et se défont au rythme des magouilles, des tricheries.

J'ai apprécié le ton du livre, hautement ironique, peut-être bien jusqu'à plus soif. On découvre la France du XIXe siècle en voyage, celles des coucous et des voitures, que Balzac nous prédit déjà remplacé par les voies de chemin de fer et l'on découvre aussi une époque où la médiocrité s'accommode de la société et prospère.

Oscar, c'est le jeune homme naïf, l'homme du juste milieu, de la mesure, bref le bourgeois moderne sans aspérité qui creuse son trou à force d'échec cuisants et d'efforts vains.
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Je continue ma découverte de la Comédie Humaine par Un début dans la vie et ce début partait plutôt mal... le jeune héros commet des maladresses lourdes de conséquences pour lui et son entourage. Grace à sa courageuse mère qui lui trouve des protecteur, il connaît un nouveau début mais... commet de nouvelles erreurs... heureusement il finit par en tirer leçon. Je n'en dirai pas plus, ce roman n'st pas mon préféré, on y trouve certaines longueurs durant le voyage initial en diligence surtout avec les plaisanteries désuètes pas toujours facile à comprendre avec notre langage moderne. J'ai trouvé aussi la scène finale avec un nouveau voyage en diligence, réunissant presque les mêmes protagonistes une vingtaine d'années plus tard, servant à raconter leur destinée, un peu artificielle.
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Citations et extraits (58) Voir plus Ajouter une citation
Tous ceux qui ont voyagé savent que les personnes réunies par le hasard dans une voiture ne se mettent pas immédiatement en rapport, et, à moins de circonstances rares, elles ne causent qu'après avoir fait un peu de chemin. Ce temps de silence est pris aussi par un examen mutuel que par la prise de possession de la place où l'on se trouve. Les âmes ont tout autant besoin que le corps de se mettre en équilibre. Quand chacun croit avoir pénétré l'âge vrai, la profession, le caractère de ses compagnons, le plus causeur commence alors, et la conversation s'engage avec d'autant plus de chaleur, que tout le monde a senti le besoin d'embellir le voyage et d'en charmer les ennuis. Les choses se passent ainsi dans les voitures françaises. Chez les autres nations, les moeurs sont bien différentes. Les Anglais mettent leur orgueil à ne pas desserrer les dents ; l'Allemand est triste en voiture, et les Italiens sont trop prudents pour causer ; les Espagnols n'ont plus guère de diligence, et les Russes n'ont point de routes.
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L’Ordre Moral a ses lois, elles sont implacables, et l’on est toujours puni de les avoir méconnues. Il en est une surtout à laquelle l’animal lui-même obéit sans discussion, et toujours. C’est celle qui nous ordonne de fuir quiconque nous a nui une première fois, avec ou sans intention, volontairement ou involontairement. La créature de qui nous avons reçu dommage ou déplaisir nous sera toujours funeste. Quel que soit son rang, à quelque degré d’affection qu’elle nous appartienne, il faut rompre avec elle, elle nous est envoyée par notre mauvais génie.
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Il n'existe pas, ou plutôt il existe rarement de criminel qui soit complètement criminel. A plus forte raison rencontrera-t-on difficilement de malhonnêteté compacte. On peut faire des comptes à son avantage avec son patron, ou tirer à soi le plus de paille possible au râtelier ; mais tout en se constituant un capital par des voies plus ou moins licites, il est peu d'hommes qui ne se permettent quelques bonnes actions. Ne fût-ce que par curiosité, par amour-propre, comme contraste, par hasard, tout homme a eu son moment de bienfaisance ; il le nomme son erreur, il ne recommence pas ; mais il sacrifie au Bien, comme le plus bourru sacrifie aux Grâces, une ou deux fois dans sa vie.
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Tous ceux qui ont voyagé savent que les personnages réunies par le hasard dans une voiture ne se mettent pas immédiatement en rapport, et, à moins de circonstances rares, elles ne causent qu’après avoir fait un peu de chemin. Ce temps de silence est pris aussi bien par un examen mutuel que par la prise de possession de la place où l’on se trouve. Les âmes ont tout autant besoin que le corps de se mettre en équilibre. Quand chacun croit avoir pénétré l’âge vrai, la profession, le caractère de ses compagnons, le plus causeur commence alors, et la conversation s’engage avec d’autant plus de chaleur, que tout le monde a senti le besoin d’embellir le voyage et d’en charmer les ennuis. Les choses se passent ainsi dans les voitures françaises.
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L’Ordre Moral a ses lois, elles sont implacables, et l’on est toujours puni de les avoir méconnues. Il en est une surtout à laquelle l’animal lui-même obéit sans discussion, et toujours. C’est celle qui nous ordonne de fuir quiconque nous a nui une première fois, avec ou sans intention, volontairement ou involontairement. La créature de qui nous avons reçu dommage ou déplaisir nous sera toujours funeste. Quel que soit son rang, à quelque degré d’affection qu’elle nous appartienne, il faut rompre avec elle, elle nous est envoyée par notre mauvais génie. Quoique le sentiment chrétien s’oppose à cette conduite, l’obéissance à cette loi terrible est essentiellement sociale et conservatrice.

pp 215-216
GF-Flammarion
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