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Gérard Macé (Préfacier, etc.)Pierre Barbéris (Éditeur scientifique)
EAN : 9782070419111
288 pages
Éditeur : Gallimard (15/01/2003)
3.61/5   44 notes
Résumé :
"Il n'y a rien de plus dangereux que de causer dans les voitures publiques. En diligence, d'ailleurs, les gens comme il faut gardent le silence."
Si Oscar Husson suivait à la lettre ce conseil de sa mère, son «début dans la vie» ne tournerait certes pas à la catastrophe, mais il n'y aurait pas de roman. Il parle donc à tort et à travers, dans le «coucou» qui le mène de Paris au château de Presles, en compagnie de jeunes gens qui mentent comme ils respirent. O... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (12) Voir plus Ajouter une critique
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AMR_La_Pirate
  26 février 2020
Quatre mois se sont écoulés, trop longue pause pour revenir enfin vers mon cher Balzac et terminer les Scènes de la vie privée avec Un début dans la vie.
Le sujet principal de ce roman est le parcours d'Oscar Husson, un tout jeune homme au début du récit, pas très intelligent, trop fanfaron, issu d'un milieu modeste, et que sa mère, Madame Clapart, essaie de pousser dans le monde pour assurer son avenir. Pour cela, elle le place sous la protection d'un ancien amant, Moreau, devenu régisseur auprès du Comte de Sérisy.
C'est ainsi qu'Oscar se retrouve invité à séjourner au château de Presles, chez le Comte. La première partie de cette histoire va se dérouler pendant le trajet, dans la voiture hippomobile du service de messagerie qui dessert la ligne de l'Isle-Adam. Dans la diligence, prennent place plusieurs personnages, d'allures et de situations aussi diverses que variées : deux jeunes artistes peintres (Léon de Lora dit Mistigris et Joseph Bridau), un clerc de notaire (Georges Marest), un riche paysan (le père Léger), un inconnu (Le Comte de Sérisy lui-même qui tient à ne pas être reconnu) et le jeune Oscar.
Naturellement, le trajet étant long, la conversation s'engage et prend un tour particulier car les trois jeunes gens jouent les importants et s'inventent des rôles, surenchérissant dans leurs mensonges et vantardises : Joseph se fait passer pour un peintre célèbre, Georges se décrit en militaire héroïque et décoré… Oscar, quant à lui, s'invente une vie de fils de famille mais ne s'arrête pas là ; ignorant que le Comte de Sérisy est dans la voiture, il y colporte des rumeurs sur ses infortunes conjugales et révèle même des choses très intimes que le régisseur a pu confier sur lui à sa mère… L'ensemble est assez savoureux, ponctué des jeux de mots des deux artistes peintres. Naturellement, ces incartades auront des conséquences plus ou moins graves pour ces jeunes personnages car tous les voyageurs réunis par le hasard dans la même voiture sont plus ou moins liés à la même affaire ou au même lieu d'arrivée. Je n'en dirai pas plus… Sachez seulement qu'un véritable drame se joue dans la voiture, autour d'une affaire immobilière complexe.
Pour ma part, l'intérêt principal résidait aussi ailleurs. Quel immense plaisir pour moi qui pratique l'attelage de loisirs et d'endurance de découvrir sous la plume De Balzac la description détaillée des voitures et des chevaux du messager Pierrotin ! Les amateurs apprécieront cette immersion dans les transports du XIXème siècle, les termes techniques, le garnissage des chevaux, la mise à la voiture, les manières de mener, les ordres vocaux, le chargement des bagages et la disposition des places des passagers, les arrêts, les manières d'appréhender les côtes et les pentes descendantes, les horaires, les rations des chevaux etc…
Car, le messager joue ici un rôle secondaire primordial, appelé par sa profession à voir et entendre beaucoup de choses et à côtoyer bien des secrets. Au début du livre, il est trop ambitieux et s'est beaucoup endetté pour développer son service ; tandis que ses passagers dégoisent, il compte et recompte ses gains à venir.
La deuxième partie est un peu plus ennuyeuse. À cause de ses bévues, les espoirs de carrière d'Oscar ont été revus à la baisse, mais, placé dans une étude, il finit par faire son droit et son chemin dans la vie se précise plutôt bien.
C'est compter sans des retrouvailles avec Georges Marest, qui va, encore une fois, le pousser à commettre de grosses erreurs et à renoncer à la carrière juridique qui se profilait…
Il est intéressant de voir comment Balzac noue et dénoue les fils qui lient tous les personnages du début à la fin ; en effet, Oscar, forcé d'obéir à la conscription finira par trouver sa voie dans l'armée. le hasard ou la destinée va le mettre en présence du fils du Comte et lui donner les moyens de monter en grade grâce à des actions héroïques que ses débuts pathétiques dans la vie ne laissaient pas imaginer.
Enfin, et c'est là l'essentiel, pour boucler la boucle de cet écheveau narratif, quinze ans plus tard, tous les personnages vont encore une fois se retrouver sur la même ligne de messagerie, dans une belle voiture moderne tirée par quatre chevaux ; en effet, Pierrotin a bien mené ses affaires et à fait prospérer son service, passant du « coucou », sorte de grand cabriolet à deux roues tiré par un ou deux chevaux, à l' « hirondelle », véritable omnibus qui nécessite au moins quatre chevaux…
Par contre, les aléas de la fortune n'ont pas joué de la même manière envers les uns et les autres ; si certains se sont élevés, d'autres sont ruinés… C'est aussi l'occasion, dans une voiture hippomobile de plus grande capacité, de faire monter d'autres personnages de la Comédie humaine, déjà croisés ou à venir.
Un début dans la vie est une réflexion très intéressante sur l'évolution d'Oscar Husson, encombré d'une mère aimante mais possessive, parti d'une certaine médiocrité pour atteindre une position stable mais moyenne, bourgeoise.
Personnellement, j'y ai trouvé d'autres attraits et persiste à penser qu'il faut lire et relire Balzac, encore et toujours.
https://www.facebook.com/piratedespal/
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PiertyM
  11 décembre 2020
Une intrigue bien ficelée, des personnages attachants au point qu'on en pleure de leur bêtises , un début bien caricaturé de la petite communauté qui se crée dans un moyen de transport, une vie de courtisanerie qui nous plonge tout bonnement dans les moeurs de l'époque, un amour maternel qui ne faillit pas face aux dangers, un amour dont la flamme ne s'éteint point, ne vous quitte jamais même quand tout vous quitte et une fin qui nous procure du plaisir à ne pas vouloir lâcher ces personnages magnifiquement construits...
Un magnifique Balzac, on s'y lance avec un large sourire qui ne vous quitte pas tout le long de la lecture, et les descriptions De Balzac§ on n'y prend simplement plaisir...
A lire absolument!
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Ansea
  10 juillet 2017
Je continue ma découverte de la Comédie Humaine par Un début dans la vie et ce début partait plutôt mal... le jeune héros commet des maladresses lourdes de conséquences pour lui et son entourage. Grace à sa courageuse mère qui lui trouve des protecteur, il connaît un nouveau début mais... commet de nouvelles erreurs... heureusement il finit par en tirer leçon. Je n'en dirai pas plus, ce roman n'st pas mon préféré, on y trouve certaines longueurs durant le voyage initial en diligence surtout avec les plaisanteries désuètes pas toujours facile à comprendre avec notre langage moderne. J'ai trouvé aussi la scène finale avec un nouveau voyage en diligence, réunissant presque les mêmes protagonistes une vingtaine d'années plus tard, servant à raconter leur destinée, un peu artificielle.
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miriam
  27 juin 2020
"Les chemins de fer, dans un avenir aujourd'hui peu éloigné, doivent faire disparaître certaines industries, en modifier quelques autres, et surtout celles qui concernent les différents modes de transport en usage dans les environs de Paris. [...]Nos neveux ne seront-ils pas enchantés de connaître le matériel social d'une époque qu'ils nommeront le vieux temps?"
Et bien, moi, je suis enchantée de découvrir ce nouvel opus de la Comédie Humaine : roman d'apprentissage comme le titre Un début dans la vie le laisse entendre : Oscar Husson, 17 ans à la fin du lycée, fils posthume d'une ancienne gloire du Directoire tombée mariée à un fonctionnaire, s'en va à Prêles rejoindre Moreau, régisseur du domaine du Comte de Sérisy, qui le protège. A peine sorti de l'adolescence, par vanité, il commet un impair qui compromet son avenir. On ne donne pas cher du futur de ce benêt sans ambition ni caractère, sans nom  ni fortune, naïf et influençable. Son oncle lui donne une seconde chance : il fera son Droit et et son apprentissage dans l'étude d'un notaire. Son avenir semble assurer quand il commet une nouvelle bévue. Lâché par ses protecteurs à quelques jours de la conscription, il sera soldat!
Le personnage est falot. le lecteur devine de loin ses bévues. L'intérêt du roman est ailleurs : dans les intrigues compliquées autour des propriétés du Comte de Sérisy de leur gestion par Moreau qui s'est passablement enrichi. Ce dernier deviendra marchand de biens, on devine les spéculations et magouilles. On voit aussi comment, à travers les régimes qui se sont succédé : Révolution, Directoire, Empire, Restauration, et finalement Monarchie de Juillet, les fortunes et les influences se font et se défont, ascension sociale ou déchéance. Qui aurait deviné que le balourd fermier Léger deviendrait un propriétaire influent, que Pierrotin qui conduisait lui-même son "coucou" tiré par des chevaux poussif deviendrait un entrepreneur, un Monsieur?
"Oscar est un homme ordinaire, doux sans prétention, modeste et se tenant toujours, comme son gouvernement, dans un juste milieu. Il n'excite ni l'envie ni le dédain. C'est un bourgeois moderne. 
Paris, février 1842"
Ainsi se termine l'histoire.
Balzac est un analyste et un peintre fabuleux quand il décrit les rouages de la société et ses contemporains au travail dans leur décor familier. J'avais adoré les descriptions de l'atelier du peintre dans la Vendetta, l'étude de notaire dans le colonel Chabert, les spéculations de la Maison Nucingen.
La pièce de choix se trouve dans les voyages entre Paris et Beaumont. le roman commence dans une voiture hippomobile modeste, le coucou de Pierrotin et se termine dans la diligence de ce dernier une décennie plus tard. Je jubile en découvrant l'installation des voyageurs, en écoutant les conversations, en imaginant les paysages de la Seine-et-Oise et de l'Oise, paysages que j'ai traversés en train, ou parcourus à pied. J'imagine leurs transformations dans les deux siècles qui séparent 1820 de 2020!
Certains sautent les descriptions dans les ouvrages De Balzac. J'en redemande!



Lien : https://netsdevoyages.car.blog
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NathalieBC
  01 mai 2019
Lu par obligation afin de découvrir la bibliographie conseillée pour le nouveau programme de français en seconde professionnelle, j'avoue que je me suis bien amusée.
Oscar est un jeune blanc-bec sans le sou. Sa pauvre mère l'envoie, au moyen d'une "voiture publique", passer 15 jours chez son "protecteur", le régisseur Moreau. Tout débute par une vingtaine de pages très fastidieuses à lire (et paraît-il écrites par la soeur De Balzac) au sujet d'une escroquerie foncière fomentée par le régisseur Moreau à l'encontre de son maître, le comte de Sérisy. Bref, le trajet jusqu'au château est long et chaque passager essaye de tuer le temps en racontant des anecdotes, faits d'armes et surtout vantardises. Oscar, humilié et fou de rage de passer pour ce qu'il est - un gros benêt sans intérêt - se lance à son tour dans un récit qui lui sera fatal. C'est assez drôle, très cruel. Balzacien quoi.
Malheureusement, je ne vois absolument pas ce que je pourrais en faire avec des secondes pro... Mais c'est une autre histoire.
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Citations et extraits (10) Voir plus Ajouter une citation
PilingPiling   16 décembre 2008
Tous ceux qui ont voyagé savent que les personnes réunies par le hasard dans une voiture ne se mettent pas immédiatement en rapport, et, à moins de circonstances rares, elles ne causent qu'après avoir fait un peu de chemin. Ce temps de silence est pris aussi par un examen mutuel que par la prise de possession de la place où l'on se trouve. Les âmes ont tout autant besoin que le corps de se mettre en équilibre. Quand chacun croit avoir pénétré l'âge vrai, la profession, le caractère de ses compagnons, le plus causeur commence alors, et la conversation s'engage avec d'autant plus de chaleur, que tout le monde a senti le besoin d'embellir le voyage et d'en charmer les ennuis. Les choses se passent ainsi dans les voitures françaises. Chez les autres nations, les moeurs sont bien différentes. Les Anglais mettent leur orgueil à ne pas desserrer les dents ; l'Allemand est triste en voiture, et les Italiens sont trop prudents pour causer ; les Espagnols n'ont plus guère de diligence, et les Russes n'ont point de routes.
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AnseaAnsea   10 juillet 2017
L’Ordre Moral a ses lois, elles sont implacables, et l’on est toujours puni de les avoir méconnues. Il en est une surtout à laquelle l’animal lui-même obéit sans discussion, et toujours. C’est celle qui nous ordonne de fuir quiconque nous a nui une première fois, avec ou sans intention, volontairement ou involontairement. La créature de qui nous avons reçu dommage ou déplaisir nous sera toujours funeste. Quel que soit son rang, à quelque degré d’affection qu’elle nous appartienne, il faut rompre avec elle, elle nous est envoyée par notre mauvais génie.
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PilingPiling   12 décembre 2008
Il n'existe pas, ou plutôt il existe rarement de criminel qui soit complètement criminel. A plus forte raison rencontrera-t-on difficilement de malhonnêteté compacte. On peut faire des comptes à son avantage avec son patron, ou tirer à soi le plus de paille possible au râtelier ; mais tout en se constituant un capital par des voies plus ou moins licites, il est peu d'hommes qui ne se permettent quelques bonnes actions. Ne fût-ce que par curiosité, par amour-propre, comme contraste, par hasard, tout homme a eu son moment de bienfaisance ; il le nomme son erreur, il ne recommence pas ; mais il sacrifie au Bien, comme le plus bourru sacrifie aux Grâces, une ou deux fois dans sa vie.
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KichigaiKichigai   05 avril 2017
L’Ordre Moral a ses lois, elles sont implacables, et l’on est toujours puni de les avoir méconnues. Il en est une surtout à laquelle l’animal lui-même obéit sans discussion, et toujours. C’est celle qui nous ordonne de fuir quiconque nous a nui une première fois, avec ou sans intention, volontairement ou involontairement. La créature de qui nous avons reçu dommage ou déplaisir nous sera toujours funeste. Quel que soit son rang, à quelque degré d’affection qu’elle nous appartienne, il faut rompre avec elle, elle nous est envoyée par notre mauvais génie. Quoique le sentiment chrétien s’oppose à cette conduite, l’obéissance à cette loi terrible est essentiellement sociale et conservatrice.

pp 215-216
GF-Flammarion
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PilingPiling   25 septembre 2008
incipit :
Les chemins de fer, dans un avenir aujourd'hui peu éloigné, doivent faire disparaître certaines industries, en modifier quelques autres, et surtout celles qui concernent les différents modes de transport en usage pour les environs de Paris. Aussi, bientôt les personnages et les choses qui sont les éléments de cette Scène lui donneront-elles le mérite d'un travail archéologique.
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Vidéo de Honoré de Balzac
Le programme de rentrée continue en septembre 2021 son exploration littéraire, avec l'adaptation par Paul et Gaëtan Brizzi des Contes drolatiques De Balzac. La recherche se fait plus intime avec Mes mauvaises Filles, très beau récit sur la fin de vie signé Zelba. Et pour les voyageurs, Igort vous ouvre le nouveau volume de ses Cahiers japonais !
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