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ISBN : 2252036117
Éditeur : Klincksieck (01/01/1900)

Note moyenne : 2.5/5 (sur 1 notes)
Résumé :
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Critiques, Analyses et Avis (1) Ajouter une critique
Atarah
  11 décembre 2016
"La fascination de Kafka pour la " Sainte Russie" s'explique donc par sa volonté de trouver une issue à la crise de la modernité et aux apories du rationalisme occidental en remédiant au raskol entre l'intelligentsia et le peuple et en retrouvant un ancrage dans le peuple, le sol, la communauté : c'est là la voie de la régénération culturelle et morale de l'humanité, de son retour aux valeurs de l'intériorité et de la spiritualité contre celles du matérialisme et de l'utilitarisme occidental.
Mais l'héritage russe de Kafka, c'est aussi le goût de l'errance et la fascination pour l'infini, la douloureuse oscillation entre le poids du doute et de la culpabilité dictés par la raison et la tentation de l'utopie dictée par le sentiment. Enfin, malgré le scepticisme et la tentation du nihilisme au vu de la dualité humaine fondamentale et de la ruine des systèmes, c'est avant tout le rêve de restaurer une humanité plus juste et plus fraternelle en retrouvant le sens de la communauté et les valeurs de l'humanisme perdu."
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Citations et extraits (1) Ajouter une citation
AtarahAtarah   11 décembre 2016
Kafka et Dostoïevski

Kafka voit en Dostoïevski un « frère de sang » en qui il trouve un écho à sa solitude et à son étrangeté au monde. Il ne le découvre qu’à l’âge de trente ans, en 1913. Il lit Le Double, la correspondance, puis Crime et Châtiment et les Frères Karamazov ; en 1919, il lit encore les écrits autobiographiques, puis Souvenirs de la maison des morts. En outre, la parenté des deux écrivains est indéniable. Kafka et Dostoïevski, note Starobinski, ont « construit leur monde à travers le tourment personnel de leur vie »  en sublimant dans leur anti-autoritarisme la souffrance d’avoir subi un père tyrannique et en vouant à la seule littérature un corps secoué par l’épilepsie et la tuberculose chez Dostoïevski, rongé par la tuberculose chez Kafka. Le mal-être physique se double chez les deux écrivains d’un malaise psychique qui se dit souvent à travers la métaphore de l’exil : Kafka se sent exilé parmi les juifs, dans la minorité des 7 % de juifs germanophones de Prague dont il fait partie, et Dostoïevski a été déporté au bagne et exilé au sein du peuple des exilés.

Ce qui fascine probablement Kafka chez Dostoïevski, c’est cette écriture placée sous le signe du raskol, du schisme entre le peuple et l’intelligentsia. Mais le raskol est aussi psychique. Kafka retrouve en effet chez l’écrivain russe la dualité d’une âme oscillant entre la passion de la foi et de l’humanisme et la tentation du désespoir. Chez les personnages de Dostoïevski, déchirés entre des sentiments contradictoires, la haine et l’amour, la hache et l’icône, l’orgueil et l’humilité, la « nostalgie de l’ordure » et l’élan vers le sublime ne cessent de s’opposer. Confrontés à des alternatives entre lesquelles ils devraient choisir, les personnages dostoïevskiens se révèlent incapables de le faire, prisonniers, comme les personnages kafkéens, d’une liberté qui les paralyse au lieu de les faire avancer.

Comme Dostoïevski, Kafka témoigne de la crise de l’individualisme moderne en dénonçant le danger du rationalisme et du sensualisme. Dostoïevski dénonce les limites du sensualisme qui limite le champ de la connaissance au désir de jouissance immédiate et purement matérialiste du monde. Mais l’idéalisme des Lumières a aussi amené le sujet à se couper de la réalité en construisant un monde chimérique du pour-soi qui ne peut que mener à la folie ou à la perte de soi. Pour le Svridrigailov du Souterrain, « l’excès de conscience est une maladie »  Dostoïevski : Notes d’un souterrain, trad. Lily Denis,...
car il mène au nihilisme ; l’animal du Terrier de Kafka est aussi, par son excès de rationalisme, condamné à l’inertie et à l’enfermement dans le solipsisme. Une culpabilité constante pèse donc sur celui qui se voue à la seule raison et se coupe du peuple, comme le Raskolnikoff de Crime et châtiment qui ne parvient à se réconcilier avec la communauté qu’en avouant son crime à la figure du peuple humilié qu’incarne Sonia.


Les deux écrivains opposent au danger du solipsisme l’altruisme qui permet d’intégrer l’ordre de la vie, de la communauté et de l’amour. C’est là l’évangile du starets Zossima des Frères Karamazov : il n’y aura pas de fraternité tant que les hommes n’auront pas rompu avec leur maladie de l’isolement. Chez Kafka aussi, note Vialatte, « l’homme est coupable d’être soi. L’amour seul peut le sortir de là » . Le Champion de jeune qui refuse toute nourriture terrestre, Gregor Samsa, un « Raban dont le vœu a été exaucé » ont poussé jusqu’au bout la logique de l’étrangeté au monde des hommes ; mais leur destin tragique prouve les limites du solipsisme voulu ou subi. L’arpenteur du Château cherche à rompre cette solitude en tentant désespérément de s’intégrer à la communauté du village. Le bonheur ne peut selon Kafka se construire que dans une communauté comparable à celle des maçons qui édifient la Muraille de Chine destinée à protéger les Chinois des peuples du Nord et à garantir la non-aliénation de leur identité tout en les fédérant.
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