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France Bhattachary (Traducteur)
EAN : 978B086KTD4LD
299 pages
Éditeur : Zulma (30/03/2020)

Note moyenne : 4.39/5 (sur 9 notes)
Résumé :
Calcutta, années 1920 : jeune diplômé sans le sou, Satyacharan est contraint d’accepter le poste d’administrateur d’un vaste domaine forestier aux confins du Bihar – au nord-est de l’Inde. D’abord dérouté par l’extrême pauvreté de l’endroit, ce Bengali raffiné et mondain est bientôt fasciné par la diversité des modes de vie, l’exubérance de la faune et de la flore – tout un peuple, dans la forêt. Son rapport au monde en est bouleversé.

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Critiques, Analyses et Avis (6) Voir plus Ajouter une critique
yv1
  16 avril 2020
Cette année, au salon du livre de Paris, l'Inde était invitée. A cette occasion, Zulma avait prévu une série collector designée par le maître des -sublimes- couvertures de la maison David Pearson, à partir de créations originales de Roshni Vyam, peintre indienne. le résultat est superbe et tant pis pour le salon annulé. Bibhouti Bhoushan Banerji (1894-1950) a écrit ce livre en 1937-1939 et il est traduit et publié pour la première fois en français, considéré pourtant comme l'un des premiers grands romans écologiques. Banerji a vécu cette vie de régisseur pendant quelques années à partir de 1925. C'est la description d'un monde disparu maintenant, une faune et une flore incroyables et formidables. Un écosystème qui fonctionne parfaitement bien sans l'intervention humaine.
Le romancier raconte au travers d'anecdotes, de rencontres de gens extra-ordinaires comment les gens vivent en harmonie avec la nature, sans la détruire ou la gêner. On y rencontre des gens pauvres voire très pauvres, souvent satisfaits de leur sort, ne demandant qu'à manger à leur faim. Il ne fait pas l'impasse sur les difficiles conditions de vie dès qu'un événement malheureux survient : la mort d'un homme et c'est toute sa famille qui est menacée de ne plus pouvoir manger. Un événement climatique et c'est toute la population qui peut mourir de faim, ou d'un incendie lorsque la sécheresse s'installe pour de longs mois. Tout est joliment dit, dans une langue emplie d'images, de légendes, de paraboles. B.B. Banerji parle tellement bien de la nature qui entoure son héros que l'on parvient presque à la voir, la sentir, l'entendre lorsqu'il s'agit des oiseaux notamment, la craindre lorsqu'il faut traverser la forêt la nuit...
Banerji s'interroge sur l'irruption de la modernité dans ce monde protégé, sur le sentiment de supériorité des citadins sur ces peuples qui vivent loin du confort. Jusqu'à quand résisteront-ils ? Et la nature jusqu'à quand restera-t-elle aussi belle, préservée ? Plus globalement, c'est l'éternelle question du mal que l'homme fait à la planète, à la faune et la flore et à lui-même. Presque un siècle -je compte mal, merci Alex (voir dans les commentaires)- et ce roman nous parle d'aujourd'hui.
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Christlbouquine
  26 avril 2020
Satyacharan est un jeune homme tout juste diplômé à la recherche d'un emploi. Il se voit proposer un poste de régisseur bien loin de sa Calcutta natale, dans la forêt de Labatuliya. Son travail consistera à distribuer des terres aux paysans, des lopins de forêt qu'ils devront défricher pour s'y installer et entreprendre de cultiver la terre.
Très vite, la magie des lieux, de la forêt et des personnes qu'il rencontre vont opérer sur le jeune homme qui doit pourtant se rendre à l'évidence : le travail qu'il effectue signifie la disparition de cette forêt auquel il s'est attaché.
Ce livre est encore une fois une très belle découverte due aux Editions Zulma qui ont eu la formidable idée de publier ce livre de la littérature bengalie.
Écrit dans les années 1930 ce roman frappe par sa très grande modernité et ses préoccupations très actuelles autour de la disparition de la nature au profit d'activités humaines. La nature est le personnage principal de ce récit qui regorge de figures pittoresques et attachantes comme Yugalprasad, horticulteur amateur qui plante de nouvelles espèces au coeur de la forêt. Ou Bhanumati, jeune fille issue d'une famille royale déchue.
Pendant les sept années que Satyacharan va passer dans ces lieux, il aura maintes fois l'occasion de s'émerveiller de tout ce que la nature offre à celui qui sait la regarder. La faune et la flore jouent évidemment un rôle primordial mais aussi toutes les légendes qui sont attachées à cette immense forêt et qui disparaîtront probablement avec elle.
Ce roman dégage une atmosphère à la fois paisible et pleine de nostalgie. Paisible car les habitants vivent au rythme des saisons et nostalgique car inévitablement ce monde est amené à finir.
Bibhouti Bhoushan Banerji nous emmène aussi à la rencontre d‘une population qui vit très loin de la modernité des villes et qui se bat chaque jour pour vivre, manger, élever ses enfants. Et pour laquelle Satyacharan ça se prendre d'une grande affection. Cela permet à l'auteur d'entrer dans le détail des relations entre les castes, entre les hommes et les femmes, entre les citadins et les paysans.
L'auteur nous rappelle, grâce à ce roman, l'extrême fragilité de la nature mais aussi de tous ceux qui restent au bord du chemin. Un roman absolument captivant sur l'Inde mais qui interroge plus largement sur la place de l'homme au milieu de la nature.
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viduite
  03 avril 2020
De la beauté : sauvage et pauvre, la forêt affermée. Roman écrit entre 1937 et 1939, de la forêt chante un monde disparu plein de rencontres et de pertes, de contemplation de la musique d'une vie rendue à sa sylvestre solitude. Bibhouti Bhoustan Banerji signe ici un roman magnifique. Social et écologique, de la forêt happe le lecteur dans le destin d'un homme qui apprend à aimer ce coin du nord-est de l'Inde qu'il est chargé de livrer aux appétits des hommes. Un roman où le mystère affleure et où l'homme survient dans sa pluralité.
Lien : https://viduite.wordpress.co..
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Atasi
  15 mars 2020
Alors qu'il cherche depuis un an dans tout Calcutta, un poste, Satyacharan rencontre un ami d'université qui lui propose la place de manager pour distribuer de terres dans une grande étendue de forêt au fin fond du Bihar.
C'était pour lui, l'offre d'emploi dont il rêvait désespérément. Deux semaines plus tard, Satyacharan se retrouve dans un milieu hostile loin de toute civilisation.
Après les premières peurs et les premiers doutes, Satyacharan se sent finalement bien au milieu de cette nature foisonnante. Il apprécie les sorties à cheval où il se délecte de la beauté de la nature et des paysages et où il peut aller à la rencontre des rares habitants de cette jungle. Mais il doit malheureusement réaliser la tâche qui lui incombe, c'est-à-dire détruire cette nature qu'il aime tant.
"De la forêt" est un roman incontournable de la littérature indienne et précisément bengalie. Bibhouti Bhoushan Banerji est un maître dans l'art de la narration et sait mieux que personne raconter des histoires comme il nous le prouve dans ce roman envoutant inédit en français.

Lien : http://atasi.over-blog.com/2..
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Isalire
  23 juin 2020
Une immersion verte en Inde...
L'auteur livre la chronique de son expérience vers 1925, pendant 6 ans au coeur d'une forêt et des communautés humaines qui la cotoient.
J'ai aimé pour la lenteur, la poésie, la plongée dans des mentalités passées et lointaines, l'humanité, et... La forêt.
Hypnotique roman.
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Citations et extraits (12) Voir plus Ajouter une citation
ChristlbouquineChristlbouquine   26 avril 2020
Le don que fait la nature à ceux qui l’aiment n’est pas de peu de valeur, mais elle ne fait ce don qu’à celui qui l’a servie longtemps. C’est une maîtresse au tempérament jaloux ! Si l’on veut la nature il faut vivre uniquement en son sein ; un simple coup d’œil ailleurs, et telle une jeune fille blessée, elle ne se découvrira plus. Mais immerge-toi en elle, oubliant toute autre chose, et avec générosité elle déversera sur toi joie, beauté et une paix merveilleuse - jusqu’à en perdre la raison.
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ledevorateurledevorateur   04 avril 2020
Au début, quand j'arrivai de Calcutta, la terrible solitude et cette vie presque sauvage m'étaient intolérables ; par la suite, elles me semblèrent préférables à toute autre. La nature rude et barbare m'a initié au mantra de la liberté et de l'indépendance ; serais-je à nouveau capable de me laisser enfermer comme un oiseau sur son perchoir, dans la cage de la ville ? Je chevauchais librement, rapide comme le vent, sous le ciel éclairé par la lune à travers les forêts de sal et de flamboyants et les rochers de cet espace désert. Je n'aurais voulu échanger cette joie contre aucune richesse de ce monde.
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ChristlbouquineChristlbouquine   26 avril 2020
Plus les jours passaient, plus je tombais sous le charme et la fascination de la forêt. Je serais incapable de décrire cette solitude, ou la forêt de tamaris sauvages rougie par le soleil couchant. J’avais de plus en plus l’impression que je ne pourrais plus retourner au tumulte de Calcutta en laissant derrière moi cette liberté, cette indépendance, le parfum frais de la terre brûlée de soleil et cette immense forêt qui s’étendait jusqu’à l’horizon.
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AtasiAtasi   11 mars 2020
Il y a des chemins en ce monde que peu de gens empruntent, des chemins où le flot de vies étonnantes se croisent et écoulent dans le lit caillouteux de rivières inconnues. Ces chemins, je les ai parcourus, et aujourd'hui encore, je ne peux oublier cette rencontre.
Mais ces souvenirs ne sont pas joyeux, ils sont douloureux. C'est de mes mains que cette nature sauvage et libre a été détruite, et je sais que les divinités de la forêt ne me le pardonneront jamais. On dit que le poids du péché est plus léger si le pécheur le confesse.
Tel est l'objet du récit.
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AtasiAtasi   15 mars 2020
J'étais venu ici pour installer des fermiers. J'étais venu détruire ce paysage et ces forêts, et voilà que j'étais tombé amoureux de cette merveilleuse nature sylvestre. Je m'efforçais d'en reculer le jour. Quand je sortais seul, à cheval, les après-midi ombragés ou les nuits brillantes de clair de lune, je regardais tout autour de moi et je me disais : Est-ce moi qui vais détruire de mes propres mains cette beauté ? Cette vaste plaine boisée, parsemée de rochers, perdue en elle-même , indifférente aux autres ... La belle enchanteresse avait ravi mon cœur.
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