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EAN : 9782369144809
Éditeur : Libretto (05/09/2019)

Note moyenne : 3.73/5 (sur 20 notes)
Résumé :
Situé dans les années 1890, à Copenhague, Ida Brandt nous conte l'histoire d'une jeune femme, orpheline fortunée et infirmière par altruisme. À l'instar des fascinantes et intenses héroïnes de Henrik Ibsen, Ida Brandt, bonne sans mièvrerie, sensible sans naïveté, généreuse sans aller jusqu'à l'inconséquence, va connaître l'amour fou, mais aussi l'humiliation et l'abandon.
Herman Bang y « dévoile les arcanes de l'énigmatique âme humaine, sans prétendre connaît... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (17) Voir plus Ajouter une critique
Bookycooky
  17 septembre 2019
Un auteur danois du début du siècle dernier, une préface de Jens Christian Groendhal, un de mes auteurs de prédilection et en couverture, une peinture de Vilhelm Hammershoi, un peintre danois dont je raffole, voilà tous les ingrédients apparents de ce livre, qui ne pouvaient que susciter tentation chez moi.
L'histoire, comme indique son titre est celle d'Ida Brandt, une infirmière au début du siècle dernier, qui travaille dans un hôpital à Copenhague. Fille d'un régisseur d'un domaine du Jütland, Ida grandit à la campagne entre un vieux père aimant et une mère sévère. A la mort de son père, alors qu'elle n'est qu'une enfant, elles doivent quitter le domaine et leur vie relativement aisée, pour la ville.....
Un personnage de femme entre deux statuts, ayant de l'argent mais pas de "la haute" ,
qui aurait pu se dispenser de travail vu son héritage et l'époque, mais qui travaille comme infirmière. Un peu ingénue, plutôt généreuse, une femme qui reste assez floue tout au long du livre, comme celle vu de dos de la peinture de Hammershoi. Douce, aimée de ses consoeurs, appelée "la bichette", elle "n'apprendra jamais à agir en vue de ses propres intérêts." Est-ce de la bonté ou de la bêtise ? Ce sera à vous d'en juger.....Une femme qui m'est restée indifférente et m'a même un peu agacée, comme d'ailleurs tous les autres personnages du récit.
Pourtant un livre subtil qui analyse finement la société danoise, austère, et la condition féminine, du début du siècle dernier, où la hiérarchie sociale rigide est primordiale et les relations, distancées et conformes à des règles de l'étiquette; le gouffre étant abyssal entre ces dernières et les besoins de l'âme. le tout royalement relaté à travers gestes, regards, conversations souvent futiles et changements de décors au fil du temps et des pages...Un style particulier, où l'auteur comme une voix-off, nous donne détails et ressentis sur les principaux personnages à travers les commentaires de tierces personnes.
Bref un livre intéressant mais glaçant et souvent agaçant, dont la fascinante peinture de sa couverture y va comme un gant. La femme de la peinture est la femme même de Hammershoi, qui s'appelle aussi Ida et le décor, celle de sa maison à Copenhague. Pour qui ne connaît pas encore ce peintre fabuleux l'occasion à jamais de le découvrir.
“Respecter la nature de l'homme sans la vouloir plus palpable qu'elle ne l'est.”
ROBERT BRESSON
Je remercie les éditions Libretto et NetGalleyFrance pour l'envoie de ce livre.
#IdaBrandt#NetGalleyFrance
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Nuageuse
  19 septembre 2019
Un auteur danois du XIXème siècle que je ne connaissais pas. Il faut dire que je ne connaissais que Karen Blixen comme auteur danoise.
Un joli portrait de femme. L'auteur part du moment actuel de la narration (Ida, du titre éponyme, est infirmière) pour remonter à son enfance à travers d'éléments qui l'y feront penser.
Ida m'a beaucoup touché car elle reste énigmatique. L'enchaînement de cette lecture après Des Inconnues de Patrick Modiano a été parfait !
Herman Bang décrit finement la société danoise de la fin du XIXème siècle : le carcan des femmes où tout est régi par l'étiquette. Il se met à la place de ces femmes comme s'il en était une, et à chaque fois je suis admirative de ces hommes qui décrivent si bien les interrogations des femmes. J'ai l'impression que les hommes de ce siècle savaient plus facilement se mettre à leur place que maintenant.
Merci à Bookycooky de m'avoir fait connaître le nom du peintre de la couverture !
Commenter  J’apprécie          401
mariech
  14 septembre 2019
Ida Brandt est une jeune fille discrète , humble qui ne pense jamais à elle.
Elle a eu une enfance heureuse mais à la mort de son père régisseur dû domaine Ludvisbakke , elle doit déménager ce que sa mère n'acceptera jamais vraiment .
Ida devient infirmière et se dévoue entièrement à ses patients .
Elle va rencontrer son ancien voisin d'enfance Karl , un homme qui va profiter d'elle sans vergogne .
Ida va accepter la situation sans jamais se plaindre alors qu'on a envie de la secouer et de lui dire de se sauver tant Karl est égoïste , paresseux , il lui tourne d'ailleurs le dos quand il fait la connaissance d'une riche héritière.
Ida restera toujours digne et continuera à se consacrer aux autres , ne montrera jamais son chagrin .
Un roman intimiste, une fine observation d'une époque au charme suranné .
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jmb33320
  14 septembre 2019
Ida Brandt, le personnage qui donne son titre à ce beau roman sensible, passe souvent inaperçue aux yeux des autres, qui tiennent pour acquis sa grande générosité et son attention constante aux besoins de chacun de ceux qu'elle croise.
Elle a connu une enfance et une adolescence laborieuse mais heureuse alors qu'elle était la fille du régisseur du domaine de Ludwigsbakke. Son père, plus âgé que sa mère, meurt soudainement et Ida devient le soutien indéfectible de celle-ci. Elles ne sont pas dans le besoin, loin de là. Toutefois Ida a considéré son départ forcé du domaine comme une sorte d'exil. A la mort de sa mère, alors qu'elle hérite de quoi être à l'aise, elle choisit pourtant de devenir infirmière dans un hôpital public de Copenhague.
Le problème avec Ida, c'est qu'elle paraît transparente. Pourtant elle vivra une histoire d'amour, elle s'en rend compte quasiment condamnée d'avance, pour un jeune homme fat et profiteur issu d'une bonne famille.
Ce roman m'a semblé bien en phase avec un courant littéraire francophone de l'époque, le naturalisme. Mais pour autant il garde beaucoup d'obscurités : le personnage d'Ida reste énigmatique mais pas doloriste. Elle n'est pas définie par des ressorts psychologiques, moraux ou religieux. On la perd souvent de vue parmi le grand nombre de personnages, qui, il faut bien le dire, prennent toute la place de la narration. Comme dans sa vie.
Je ne connaissais pas cet auteur danois avant la lecture de ce roman, qui m'a paru vraiment très abouti et original. Je me suis penché sur sa bibliographie et j'aimerais lire au moins un autre de ses livres, « Mikaël », qui a été adapté au cinéma par Carl Theodor Dreyer.
#IdaBrandt #NetGalleyFrance
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Cath36
  06 juin 2013
Qui dit littérature danoise ne dit pas forcément frimas. Mais cette oeuvre, glaciale, fait vraiment froid dans le dos. Herman Bang analyse la perversité des milieux bourgeois, ses mensonges, ses hypocrisies, son orgueil de classe et son mépris des humbles (dont on profite un maximum avant que de les rejetter) dissimulé sous de la fausse compassion et des commérages bien-pensants avec une férocité qui banalise volontairement le mal (cf Hannah Arendt) pour mieux en décrire la cruauté. Cette histoire de servante séduite puis abandonnée par l'amant qui épousera une femme plus riche et mieux née serait banale si on ne la lisait pas à travers les yeux de la victime, jeune femme pure et confiante qui se donne corps et âme à celui qu'elle aime.
Lecture à deux niveaux : celui de l'apparence, des conversations bienséantes, et celui de l'intime, qu'on tait et qu'on cache au fond de soi, pour ne pas rompre avec cette bienséance justement.
Agacée au début par ces conversations futiles et sans grand intérêt, il m'a fallu arriver presque à la fin du livre pour en saisir toute la portée, me laissant prendre par cet esprit XIX issu de la mondanité que l'on a du mal aujourd'hui à percevoir dans sa totalité, et dont l'exigence de maîtrise de soi avait pour contrepartie hypocrisie et suffisance.
Bref un bon roman, écrit dans un style à la fois démonstratif et pragmatique, mais à remettre dans son contexte historique et nordique.
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critiques presse (3)
Actualitte   12 juin 2013
Un portrait de femme délicat, lumineux et sensible sous influence naturaliste française incontestable.
Lire la critique sur le site : Actualitte
Telerama   27 février 2013
Cette impuissance face au destin est un peu le thème commun à tous les livres de fiction du grand écrivain danois Herman Bang (1857-1912), (re)découvert en France l'an dernier [...] Sous nos yeux, la chute infinie d'Ida Brandt n'en finit pas de nous obséder...
Lire la critique sur le site : Telerama
Liberation   21 janvier 2013
L’ellipse, chez Bang, consiste à laisser le lecteur entièrement libre de ses émotions, à ne jamais lui assigner des explications, même s’il arrive qu’une phrase claque dans son cœur. [...] L’art de Bang est un étrange mélange d’impressionnisme [...] et de naturalisme.
Lire la critique sur le site : Liberation
Citations et extraits (10) Voir plus Ajouter une citation
BookycookyBookycooky   16 septembre 2019
Les gens sont toujours attentionnés à l'égard de ceux qui sont au-dessus d'eux, commenta Mme Brandt.
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Cath36Cath36   06 juin 2013
-Dites-moi docteur, que devrait-on faire du genre humain ?
Quam sifflota.
-Aucune idée. Du moins devrait-on traiter certains specimens comme on traite les étalons, en les transformant en hongres qui tirent paisiblement leur charrette. De cette manière, reprit-il après un nouveau silence, on se rapprocherait d'un but hautement louable : alléger le poids de la population sur cette terre.
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NuageuseNuageuse   18 septembre 2019
La pluie tombait à présent tout doucement, telle une caresse. On l'entendait ruisseler sur le toit ; l'air nocturne semblait saturé d'étincelles liquides.
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Cath36Cath36   06 juin 2013
Karl fixait la flamme des bougies déjà presque consummées.
-Vivre, ça coûte fichtrement cher, fit-il soudain.
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Cath36Cath36   06 juin 2013
e regarde les étoiles, là-haut -il se tut un instant avant de poursuivre : Quand j'étais jeune, je les regardais parce que je voulais les arracher au firmament. Aujourd'hui je les regarde pour apprendre la patience.
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