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Pierre Furlan (Traducteur)
EAN : 9782742722808
496 pages
Éditeur : Actes Sud (01/01/2000)

Note moyenne : 4.11/5 (sur 251 notes)
Résumé :
Dans une petite ville du New Hampshire, Wade Whitehouse, la quarantaine passée, est un homme brisé. Abandonné par sa femme, en passe d'être quitté par sa maîtresse, alcoolique, violent à ses heures, dépressif, il rumine ses échecs et vivote en travaillant, tantôt en policier municipal, tantôt puisatier.

Mais un citoyen en vue est tué. Accident de chasse ou meurtre ? L'évènement fait basculer le fragile équilibre mental que Wade avait réussi à préserve... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (21) Voir plus Ajouter une critique
carre
  19 novembre 2012
Regarde un homme tombé.
Affliction c'est l'histoire de Wade Whitehouse, un homme meurtri, blessé qui tente malgré tout de rester debout. Mais dans ce nouvel hiver , Wade va progressivement atteindre le point de non retour.
Wade est un type humilié, par un père monstre de lâcheté, alcoolique et violent, par son ex-femme qui à réussit à monter leur fille contre lui (l'un des rares fils qui lui donne encore l'envie de se battre), un employeur qui le traite comme un moins que rien, en ce long hiver qui arrive et alors que la saison de la chasse aux cerfs démarre, tout les facteurs sont réunis pour que le drame prenne forme.
Je continue ma ballade dans l'univers de Russell Banks avec à chaque fois une admiration grandissante. (Excepté peut-être pour « La réserve »).
« Affliction » est un roman d'une noirceur absolue, on assiste à la déliquescence de cet homme, que la méchanceté et la bêtise des autres mène à ne plus discerner sereinement les évènements. Tous les voyants sont au rouge. Faits divers qui font la une des journaux sans en examiner les tenants et les aboutissants. Banks installe la tension avec une maestria impressionnante. Les éléments naturels rajoutent à l'angoisse qui s'installe irrémédiablement. Comment une vie maltraitée depuis l'enfance bascule dans une folie destructrice. Dérangeant, implacable la démonstration vous laisse KO, abasourdi par tant de cruauté gratuite. L'Humain n‘en sort pas grandi. Même si on s'en doutait déjà.

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Brooklyn_by_the_sea
  19 décembre 2018
C'est un roman âpre et lourd, sur un homme que personne ne peut sauver de lui-même.
Russell Banks raconte 15 jours de la vie de Wade Whitehouse, shérif d'un patelin perdu du New Hampshire, déchiré entre son ex-femme, sa fille, sa maîtresse, son patron, ses potes de bar, ses parents, et ses innombrables démons. Ca commence le soir d'Halloween, et tout va déjà de travers : sa fille ne veut pas rester avec lui, un homme est tué au cours d'une chasse, sa dent le fait souffrir... Wade a le chic pour pourrir tout ce qui peut être sauvé.
Mais ce roman n'est pas déprimant pour autant. Il est juste fataliste. Wade gâche tout car il est à moitié fou -mais quand même moins que son cinglé de père.
C'est l'Amérique des "hometowns" chères à Bruce Springsteen, ces petites villes peuplées de petites gens qui rêvent juste de normalité. Et même si le style est un peu lent, j'ai trouvé cela très beau.
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Bouldegom
  13 novembre 2019
Un homme cherche à reconstituer la trame du drame arrivé à son frère Wade. Il revient sur les lieux, interroge, reconstitue les quelques jours ayant précédé l'effondrement de son aîné. Pour les scènes manquantes, il les suppose avec ce qu'il sait de sa psychologie, de leur enfance commune, de leurs parents, de leur communauté, de la violence avec laquelle ils ont été élevés et ont dû se construire. Nous voyons se dessiner le portrait d'un homme à l'équilibre fragile, battu et humilié par son père, négligé par sa mère impuissante et qui, malgré son désir d'amour, ne connaît que la violence et l'alcoolisme en réponse à la moindre douleur, la moindre contrariété. le tableau se répète de génération en génération.
"Affliction", c'est bien ce que l'on ressent à la fin de ce livre, un poids énorme sur la poitrine.
Un roman très noir,donc, mais à l'écriture si profonde et sensible qu'il vous marque pour longtemps. Immense talent de Russel Banks.
Merci Jean-Michel ;-)
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BlueGrey
  25 mars 2010
Dans une petite localité du New Hampshire, Wade Whitehouse, la quarantaine, est un homme en déliquescence. Divorcé deux fois de la même femme, devenu étranger à sa propre fille que pourtant il adore, il vit dans une caravane et travaille comme ouvrier d'une société de forage et policier municipal à temps partiel. Et petit à petit, il sombre dans l'alcoolisme et la violence (hérités du père) et la dépression, en ruminant ses échecs. L'arrivée de l'hiver et de la neige, qui prive les habitants de Lawford de tout loisir autre que la fréquentation du bar local, n'aide en rien Wade à remonter la pente. Il bascule définitivement le jour où un citoyen en vue est accidentellement tué lors d'une partie de chasse au cerf. Dès lors, dévoré par l'obsession de découvrir un hypothétique assassin, il s'enfonce dans un désert de solitude et de folie, toutes ses tentatives pour en réchapper l'entrainant inexorablement plus profondément vers la déchéance.
Le roman prend la forme d'une enquête rétrospective de Rolfe, le narrateur, frère de Wade, qui cherche à comprendre comment celui-ci en est venu à disjoncter. À travers les témoignages de ceux qui ont connu son frère, Rolfe va reconstituer son parcours et mettre en évidence le poids de la fatalité régionale, sociale et familiale. Avec cette question qui l'obsède en permanence : pourquoi a-t-il, lui, échappé à cette fatalité et pas son frère ?
Affliction est le récit de l'effondrement d'un homme ordinaire, pris au piège d'une vie ratée dès l'enfance, confisquée par la tyrannie paternelle. Pour Russell Banks, il s'agît de montrer l'envers du rêve américain, celui d'un pays où tout est possible, alors qu'ici, dans ce roman, rien ne l'est, et des personnages comme Wade ne pourront jamais se sortir de ce qui a été prédéfini pour eux. A partir d'un banal fait divers, Russel Banks construit un récit qui explore les zones d'ombre qui se trouvent entre l'acte volontaire et irréparable et la fatalité.
C'est sombre, c'est âpre, c'est sans espoir. À ceci près qu'une infime chance subsiste que le protagoniste puisse faire du désastre final sa libération...
Lien : http://descaillouxpleinleven..
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jeandubus
  21 décembre 2013
Il est intéressant de savoir que le New Hampshire est à quelques trois cents kilomètres de New York et à un siècle et demi de la civilisation de la grosse pomme. Comme c'est le cas pour notre vieille Europe fanée entre Paris et Saint Malo, entre Milan et Vérone, entre Burgos et Salamanca. N'est-ce pas?
Dans le New Hampshire il y a des villes minables avec des ex cow-boys à peine dégrossis qui passent leur temps à picoler et à foutre sur la gueule de leurs femmes et de leurs enfants mâles.Certains sont morts au Vietnam sans savoir pourquoi. D'autres reviennent de Corée et pourrissent sur tige. Les filles épousent des mormons. Ils sont tous bien occupés à pelleter de la neige, car il fait un temps pourri dans ce coin d'Amérique, comme un peu partout ailleurs, d'après les innombrables lectures que j'ai pu faire sur le sujet.
Cette « affliction » est « The » roman de trop, et c'est dommage que ça tombe sur Russel Bank car j'avais bien aimé « lointains souvenirs de la peau ».
Mais on se fiche bien de ce qui peut arriver à cette bande d'abrutis alcooliques et hargneux, qui bien entendu sont armés jusqu'aux dents et massacrent tout ce qui bouge, animal ou humain. A ce Wade particulièrement crétin qui ne comprend rien à rien.
Le style est aussi lourdingue que la pseudo psychologie des personnages qui se résume à ne rien faire, ne rien penser, agir compulsivement. Parler de style est même exagéré dans le cas de ce pensum qui pèse 485 pages police 6.
Un gros tas de neige "affligeant" qui a du mal à fondre.
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Citations et extraits (22) Voir plus Ajouter une citation
carrecarre   17 novembre 2012
Mais nos histoires, celle de Wade et la mienne, retracent la vie de garçons et d'hommes telle qu'elle existe depuis des millénaires, celles de garçons, battus par leur père et dont la capacité d'amour et de confiance a été mutilée presque à la naissance.
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carrecarre   06 novembre 2012
Il arrive souvent qu'en grandissant les enfants obligent leurs parents à murir.
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BlueGreyBlueGrey   25 mars 2010
Notre mère s'appelait Sally, elle était alors enceinte de Lena, son quatrième enfant, et je n'étais pas encore né. Sally avait tout juste trente ans. Son mari, notre père, Glenn, était un homme agité qui buvait. Bien qu'il aimât Sally, il la frappait de temps à autre et il lui était arrivé de battre aussi les garçons – pas Wade, bien sûr, qui était trop petit, mais les aînés, Elbourne et Charlie, qui pouvaient être exaspérant (même Sally l'admettait) surtout lorsque Glenn rentrait tard le vendredi soir, un coup dans le nez, et d'humeur massacrante. Ce n'était évidemment pas une raison pour les brutaliser, elle ou les enfants – Glenn n'avait aucune excuse et c'est pourquoi ensuite il était toujours désolé.
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carrecarre   14 novembre 2012
C'est ainsi que nous sommes, nous les hommes du New Hampshire, nous les hommes de la famille Whitehouse, Wade et moi : nous voulons que la lumière passe entre nous à tout moment.
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BlueGreyBlueGrey   25 mars 2010
On lit cette dépêche et on passe aussitôt à d'autres nouvelles sur le Moyen-Orient, ou sur une inondation subite avec déraillement de train au nord de Mexico, ou sur une énorme saisie de drogue à Miami, et, à moins qu'on ne soit de Lawford ou qu'on ne connaisse l'une des victimes ou le suspect, on oublie tout. On oublie parce qu'on ne comprend pas : on ne peut pas comprendre comment un homme, un homme normal, un homme comme vous et moi, peut faire une chose aussi horrible. Il ne doit pas être comme vous et moi. Il est évidemment beaucoup plus facile de comprendre les manœuvres diplomatiques en cours en Jordanie, les calamités naturelles qui affligent le tiers monde ou l'économie de la drogue qu'une explosion homicide isolée dans un village américain.
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Videos de Russell Banks (39) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Russell Banks
Russel Banks lors de la présentation de "Un membre permanent de la famille".
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