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Nathalie Serval (Traducteur)Gérard Klein (Préfacier, etc.)
EAN : 9782253066835
415 pages
Éditeur : Le Livre de Poche (08/10/2003)

Note moyenne : 4.19/5 (sur 72 notes)
Résumé :
Quatrième de couverture de l'édition "Le Livre de Poche" de 2003 :

Un monde engagé dans le difficile passage de la féodalité à la Renaissance, de la théocratie à la science. Un monde ravagé par des guerres et par des ambitions. Mais qui n'est pas notre Terre. Cette planète connaît une autre histoire. Tout aussi barbare. Et sur ce monde étranger, éloigné dans le temps et dans l'espace, qui ne sait rien d'autres civilisations essaimées dans l'espace, de... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (9) Voir plus Ajouter une critique
Dark_Haven
  09 mai 2017
Inversion est un roman à part dans le cycle de la Culture de Iain M Banks. On pourrait le classifier dans le genre de la fantasy (la fantasy « réaliste », sans dragons ni elfes ni magie), si ce n'était une poignée de détails et de brèves allusions à une mystérieuse société très avancée qui a tendance à s'immiscer dans les arcanes d'autres sociétés. Les afficionados de l'oeuvre de Banks reconnaîtront la patte de la section Contact de la Culture, et plus précisément la branche Circonstances Spéciales. Les autres lecteurs n'y verront que du feu, et ce n'est absolument pas gênant pour apprécier cet excellent roman.
Comme souvent dans les récits de Banks, on y retrouve des personnages forts, marqués par un événement passé aux conséquences tragiques. le garde du corps DeWar comme la doctoresse Vosill sont magnifiques, loin de la violence larvée et autodestructrice d'un Cheradenine Zakalwe dans l'usage des armes ou du désespoir nihiliste de Ziller dans le sens du vent. Vosill comme DeWar sont au contraire empreints de regret et de mélancolie. Leur histoire d'amour à distance et en filigrane est triste et belle, comme le sont les plus marquantes des histoires d'amour. Mention spéciale également à la courtisane Perrund, autre personnage profond et tourmenté, traité avec beaucoup de finesse et de sensibilité par l'auteur.
L'intrigue m'a dans l'ensemble laissé assez indifférent, mais l'intérêt du roman n'est pas là. Il réside dans le portrait de ces personnages et leur évolution, jusqu'aux conclusions inversées des deux arcs narratifs, sublimes de beauté et d'intelligence.
Comme toujours, Banks a su mettre son immense talent littéraire au service de son récit, en lissant l'aspect incisif de sa plume pour en renforcer le côté mélancolique. A ce sujet, je préfère avertir les lecteurs qui recherchent avant tout du rythme, de l'action, des IA surpuissantes et pleines d'humour et une foultitude d'idées géniales qui parsèment habituellement l'oeuvre du génial Ecossais. Inversions est à part, il ne possède clairement pas le dynamisme de la plupart des autres romans du cycle de la Culture. Il faut vraiment le prendre comme une étude de caractère, qui donnera à réfléchir tant sur la différence entre les sexes que sur l'interventionnisme de notre Culture bien aimée (non pas sur la légitimité de cet interventionnisme, mais sur la forme que celui-ci doit revêtir).
J'ai lu ce roman il y a quinze ans maintenant, et Vosill comme DeWar me hantent encore. Très rares sont les personnages de fiction qui ont réussi cet exploit. Chapeau bas monsieur Banks.
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Davjo
  15 août 2014
Soit un monde qui ressemble à un moyen-âge fantasmé, un décor de fantasy que l'auteur prend plaisir à mettre en place. Soit une doctoresse belle et mystérieuse qui possède des connaissances tellement plus avancées que son époque. Elle vient d'une contrée lointaine, elle s'est exilée, on devine des aventures où son poignard usé a du servir....Soit également un garde du corps, DeWar, au service d'un roi dit le Régicide car il a éliminé son prédécesseur. Ces deux êtres qui ne se rencontrent pas dans le roman ont pour point communs d'être les personnes de confiance des deux monarques qu'ils servent, des fortes personnalités, et d'être des étrangers à la cour, théâtre d'intrigues, de trahisons, leur condition d'étranger faisant souvent d'eux des suspects idéaux.
Chaque chapitre nous présente une situation qui peut être un dialogue à propos des jeux politiques, des conflits, il y a toujours une menace qui rôde et on se demande "que va-t-il arriver" ? Dans cette société, pour connaître la vérité, on fait travailler le bourreau qui va passer à la "question" le suspect, les hommes vont au bordel ou ont un harem, et les animaux ressemblent aux nôtres mais ont un autre nom.
Ce qui me reste: deux beaux portraits de femmes observées par des hommes amoureux. C'est d'abord le regard de Oelph, la voix du récit, qui est l'aide du docteur, qui l'espionne pour le compte d'un maître resté dans l'ombre et qui passe par toute une gamme de sentiments, la curiosité devant le comportement libre et atypique de cette femme, l'admiration devant le savoir qu'elle lui apprend par la même occasion et enfin le sentiment amoureux. Et la relation chaste et ambiguë entre DeWar, le garde du corps sans cesse sur le qui vive et Perrund la concubine préférée, l'infirme au passé douloureux...
C'est le premier roman que je lis de Iain Banks et je crois que j'ai eu du mal à m'abandonner à sa façon de mener le lecteur en lui bandant les yeux et en le guidant par la main, éclairant ici une scène, donnant là une information de plus qui s'ajoute aux autres. Il faut être patient devant cette construction savante. Banks reste fidèle à son point de vue unique, la voix du récit, qui explique dans l'épilogue combien il est difficile d'être sûr de quelque chose, que cela concerne le passé, le présent ou le futur. Et j'ai aimé le coté science-fiction en creux: le fait que les étranges pouvoirs de Vosill ne soient pas expliqués ni même montrés d'ailleurs mais suggèrent qu'elle vienne d'ailleurs.
Lien : http://killing-ego.blogspot...
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Riduidel
  14 mars 2020
Ce roman nous raconte de manière croisée les destins de deux personnes : Vosil et DeWar. Chacun d'entre eux joue, dans la cour d'états se situant à peu près avant le siècle des lumières (ou aux environs) un rôle secondaire, mais très visible et exposés aux petites avanies des luttes de couloir. Bien sûr, ils ont de nombreux points communs, le moindre d'entre eux n'étant pas d'être des étrangers. Tout cela ne forme, en quelque sorte, pour [author:Banks] qu'une espèce de décor, dans lequel il ne place pas d'intrigue véritablement forte, si typique de la fantasy post-tolkienoïde. A la place, on a droit à deux chroniques de la vie de cour, exposées de deux points de vue très différents : d'un côté, le garde du corps, et de l'autre le médecin. Et c'est déja l'un des points forts de ce roman. plutôt que de nous offrir une nième quête de l'épée ou l'anneau de pouvoir, il nous offre une évocation toute en subtilité de ce qui peut faire la vie d'une cour. Cette évocation, qui pourrait être péniblement lassante est, sous la plume inspirée de cet auteur, très vivante et agréable. C'est un roman dont on sort … intrigué : pourquoi [author:Banks], bien connu pour son cycle de la Culture, va-t-il s'aventurer dans les territoires de la fantasy ? Peut-être parce que, sous ses airs de pur roman de fantasy, celui-ci est-il une déclinaison de plus de son univers galactique. car après tout, qui sait comment les mondes primitifs vivant au sein de cet empire galactique peuvent le voir ? Mais il s'agit déja là de ma part d'une extrapolation des données de base de ce roman. En effet, les seules choses qu'on sache, comme le rappelle justement [author:Gérard Klein] dans sa préface, qui se veut ici un rappel de tout ce que peut être la Culture, c'est que DeWar et Vosil sont des étrangers, bénéficiant de "protections". Tout le reste ne peut être supputations. Bref, pas grand chose à en dire, sauf que c'est un livre assez émouvant, et beaucoup de questions encore ouvertes, que je m'en vais vous poser. Inversion ? pourquoi ce titre ? [auhor:Klein] mentionne que, durant le récit, les rôles de DeWar et Vosil s'échangent. Mais où ? je ne l'ai pas vraiment bien saisi. En fait, la seule chose que j'ai bien compris, c'est que les deux pays échangent, en quelque sorte, leurs besoins : le roi de Vosil a à la fin plus besoin d'un garde du corps que d'un médecin, et de même pour celui de DeWar. Mais c'est à peu près toute la subtilité que j'y ai vu (je sais, je suis assez frustre, comme garçon). Comme moi, vous êtes convaincus que DeWar et Vosil sont les deux héros de l'histoire que DeWar raconte ? Et qu'ils viennent tous deux de la Culture ? Mais pourquoi est-ce si évident, alors que les indices sont si minces ? Et puis, le poignard de Vosil masque-t-il réellement un drone ? En tout état de cause, ça reste, comme d'habitude chez [author:Banks], une très bonne lecture, tant dans la forme que dans le fond, avec, comme d'habitude chez lui, une écriture toute en subtilité. Bien sûr, ça ne vaut pas [book:ENtreFER], mais après tout, [book:ENtreFER] est pour moi son meilleur roman.
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MarianneL
  26 avril 2013
« Inversions » alterne deux récits, deux voix qui nous dévoilent progressivement les personnages de Vosill et DeWar, une femme et un homme, tous les deux étrangers à la société dans laquelle ils vivent, venus occuper des postes de premier plan auprès de deux monarques dans un monde féodal.
Le premier récit est celui de Oelph, assistant du Docteur Vosill, le médecin du roi Quience de Haspidus. Oelph est en réalité chargé d'espionner Vosill pour son maître, à qui le récit est adressé. Vosill est censément venue du pays lointain de Drezen, et elle maîtrise visiblement un savoir médical et technologique bien supérieur à celui des habitants de Haspidus. Malgré l'attachement du roi à son médecin, ou à cause de cela, car il prend l'habitude de l'appeler chaque jour et évoque avec elle de nombreux sujets, des proches du roi sont hostiles à Vosill et conspirent contre elle.
La deuxième voix nous parle de DeWar, garde du corps d'Urleyn, qui a établi un protectorat à Tassassen, de l'autre côté des montagnes entourant Haspidus, après une révolution ayant conduit à l'élimination du roi. DeWar lui aussi brille par son intelligence et son savoir.
Banks a dit « Inversions was an attempt to write a Culture novel that wasn't ». Effectivement, la jubilation de lecture ne vient pas ici du grand spectacle des Orbitales et des conversations entre les Mentaux, mais de l'intérêt de démêler les fils d'une action qui dans ces deux récits entremêle des histoires personnelles, d'amour, de trahison et de vengeance, et l'action politique, les jeux de pouvoir et les guerres ; jubilation aussi d'observer et formuler des hypothèses sur des scènes auquelles nous, lecteurs, assistons dans l'ombre, manipulés par Banks comme les habitants de ce monde féodal le sont dans le récit, et jubilation enfin de percevoir comment la Culture entre en contact sans se faire connaître avec un autre monde.
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levri
  23 novembre 2020
L'Empire s'est écroulé et s'est fractionné en de nombreux royaumes, ce qui a favorisé l'émergence de nouveaux modes de gouvernance et la sortie de la féodalité.
Deux récits s'entremêlent, relatant la vie de deux personnalités, d'un côté Vossill, le docteur attitré du roi Quience de Haspidus, une étrangère à la conduite atypique qui depuis trois ans n'est toujours pas acceptée dans cette société patriarcale. de l'autre DeWar, depuis deux ans garde du corps dévoué du "Protecteur" régicide de Tassassen, un réformateur de la société qui a aboli l'esclavage, ce qui ne fut pas apprécié par les monarques frontaliers. Quel pourrait être la relation entre ces deux personnes aux connaissances décalées par rapport à la société et aux comportements décalés et témoignants de connaissances avancées ? …

Les deux narrations se déroulent indépendamment, livrées par le journal d'un inconnu et Oelph l'apprenti du docteur, l'auteur encore une fois nous laisse libres d'interpréter les propos échangés et nous incite à lire entre les lignes. de prime abord on croirait presque être dans un livre de fantasy, mais ne nous y trompons pas, il s'agit bien du cinquième opus de "la Culture", le rapport avec cette société avancée nous est d'ailleurs révélé sous la forme d'un conte que fait DeWar au jeune fils d'Urleyn.
L'auteur nous fait découvrir sous différents points de vue les méfaits de la guerre et ses à-côtés, de mystérieuses intrigues politiques, il nous fait enquêter sur différents meurtres et leurs causes, le tout avec une réflexion en arrière plan sur la condition féminine …

Un second livre où je continue à découvrir cet auteur, qui, dans un registre très différent au premier, tient ses promesses. Encore une fois la lecture est agréable tout en incitant à la réflexion, nul doute que je vais me procurer d'autres livres de "la Culture" …
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Citations et extraits (3) Ajouter une citation
finitysendfinitysend   19 août 2012
La tempête se déchaînait sur la ville , tranformant le ciel en une masse sombre et bouillonante . Des éclairs déchiraient les ténèbres avec une intensité aveuglante . On eût dit que le ciel bleu habituel du ciel s'était concentré en eux pour illuminer à nouveau la terre ne fût-ce qu'un instant . Vers l'ouest , les vagues du lac du cratère montaient à l'assaut des murs de l'ancien port de la ville et se répandaient parmis les docks deserts .
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levrilevri   23 novembre 2020
Et ensuite, que s'est-il passé ?
Combien de fois n'ai-je pas cherché à comprendre ? Combien d'explications n'ai-je pas avancées, moins pour les autres que pour moi-même ?
J'avais alors les yeux fermés - cela peut se concevoir, du moins je l'espère, compte tenu des sentiments que je me suis efforcé de transcrire tout au long de ce journal. Pour cette raison, je n'ai rien vu de ce qui se produisit durant les quelques battements de cœur qui suivirent.
(…)
À mon réveil, si réveil il y eut, je vis quelque chose d'impossible.
Le docteur se penchait au-dessus de moi, vêtue de sa longue chemise blanche. Sa tête était chauve, bien sûr, puisqu'on l'avait rasée. Elle paraissait complètement différente. Un être d'un autre monde.
Elle était occupée à défaire mes liens.
Son visage exprimait le calme et la détermination. De même que son crâne, il était tout éclaboussé de rouge.
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lehibooklehibook   12 décembre 2019
La chambre de torture au-dessous du palais d'Yvenir était relativement petite et basse de plafond.On y respirait diverses odeurs déplaisantes , dont celle de Nolietti lui-même.Ce n'est pas que le cadavre eût entamé sa décomposition -le meurtre remontait à quelques heures à peine- ,mais à voir la crasse qui tranchait sur la peau blême du défunt premier bourreau , celui-ci n'avait pas été un modèle d’hygiène
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