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Critiques sur Les Enfers virtuels (6)
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Beatson
  07 avril 2016
Ian Banks brise encore une fois les limites. Non content d'avoir créé une société idéale (la Culture), d'avoir résolu tous les problèmes matériels, d'avoir créé des IA capables de chaperonner les êtres vivants, d'avoir trouvé le moyen de réincarner les morts ou de changer le sexe des vivants, il lui faut aussi inventer une sorte de retraite paisible après les tracas d'une longue vie bien remplie : les paradis virtuels. Mais pour certaines sociétés, ce qui est nécessaire afin de punir les vivants, ce sont les enfers; et puisqu'ils n'existent pas (dans la réalité) alors il faut les créer dans le monde virtuel (comprenez numérique). Là où est le génie de Banks, c'est de dépasser les mythes monothéistes patriarcaux que nous connaissons en décrivant un conflit entre les partisans et les opposants des enfers. Une guerre, c'est classique ! Oui, mais pas dans le monde virtuel (j'en vois qui salivent déjà).

Là dessus Ian Banks nous monte un scénario assez complexe avec des personnages tous plus typés les uns que les autres, des intrigues surprenantes et des surprises à chaque début de chapitre. Et comme si cela ne suffit pas, il est capable de sauter d'un lieu à un autre (et vice versa) à l'intérieur d'un même chapitre en s'arrangeant à chaque fois pour nous déstabiliser.

Je reconnais que par moment il faut s'accrocher devant le déluge de concepts technologiques et les changements de lieu. Le lecteur peut aussi se demander parfois s'il n'est pas lui-même "une occurrence d'intrication d'urgence unichrone univoque au sein d'un système archaïque hérité par procuration, à un niveau qualifié généralement d'Implausibilité Hautement Risible." Car derrière tout ça se cache un humour assez froid, un regard sur l'humain assez juste et une critique acerbe de la société humaine.

Comme l'a signalé Jupsychokiller : "le voyage en vaut la peine"
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Jupsychokiller
  26 février 2015
Quand j'ai débuté ma lecture des Enfers Virtuels, je me suis retrouvée confrontée à univers plutôt dense, que l'auteur prend le temps d'expliquer et de détailler que ce soit au travers des organisations politiques, des cultures ou encore des technologies. Par moment, ce choix entraîne quelques longueurs dont je me serais bien passée, mais dans l'ensemble, il aide grandement à poser un décor riche.

La richesse se retrouve aussi au niveau des points de vue, qui sont nombreux. Tous sont plus ou moins relié à l'intrigue principale, qui se met lentement en place. du coup, quelques points de vue dont l'intérêt semblait limité au départ vont finir par devenir essentiels sur la fin. A l'inverse, j'ai été déçue de voir que certains personnages, qui semblaient principaux, ne parviennent pas à tirer leur épingle du jeu. Je pense notamment à Lededje dont la quête prometteuse s'achève sans éclat. Enfin si, il en existe un éclat, celui de Demeisen, un excellent personnage !

Un autre personnage m'a marquée : Chay. Au début du livre, elle nous permet de découvrir l'horreur des Enfers, que certains peuples sont prêts à infligés aux leurs sous divers prétextes dont celui de leur culture ou de la religion. En compagnie de Chay, les rouages vont se dévoiler tout en permettant au personnage d'évoluer d'une façon inattendue. Honnêtement, je n'aurais pas cru la voir tenir aussi longtemps. Je n'aurais pas soupçonner une telle complexité au sein du personnage, mais je dois avouer qu'elle m'a profondément marquée. Je m'en souviendrai encore longtemps.

Au final, les Enfers Virtuels permet de plonger dans un univers aussi riche que complexe. Les nombreux points de vue offrent une épaisseur supplémentaire à une intrigue, qui ne l'est pas forcément au départ. D'ailleurs, elle met sans doute un peu trop de temps à se mettre en place, se perd parfois à cause des nombreux personnages, et les plus réussis ne sont pas forcément les plus prometteurs. Néanmoins, si on fait l'effort de s'accrocher, le voyage en vaut la peine. Je jetterai donc un coup d'oeil aux autres ouvrages de cet auteur car celui-ci a réussi à piquer mon intérêt !
Lien : http://encore-un-chapitre.bl..
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lehibook
  12 décembre 2019
» Nous retrouvons l'univers de la Culture cette civilisation galactique hédoniste avancée caractérisée par une collaboration homme/machine .et son service d'espionnage un tantinet machiavélique , »Circonstances spéciales » . Certaines civilisations ont décidé de punir leurs délinquants au-delà de la mort en créant des « enfers virtuels » où se poursuit le châtiment dans des super-vaisseaux IA qui promènent en leur sein leur propre Divine comédie dantesque. D'autres civilisations réprouvent ces procédés et le conflit est en passe de dégénérer et de passer du virtuel au réel. Vers quel camp la Culture va-t-elle basculer ? Un space opera passionnant mais qui pose aussi le problème philosophique de la punition des crimes .
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sombrefeline
  19 décembre 2013
Premier contact avec l'univers de la Culture, cette immense civilisation développée par l'écrivain Iain M. Banks (récemment décédé).

Alors, je commencerai par les choses qui m'ont un peu dérangée au cours de cette lecture. D'abord, une tendance (propre à la SF), à balancer des noms et des concepts, pour ne les expliquer que plus tard. Ensuite, une intrigue qui part un peu dans tous les sens par moment. Puis, quelques personnages que j'ai trouvé trop peu fouillés à mon goût (Yime par exemple).

Ces quelques détails mis à part, ce livre m'a beaucoup plu, notamment parce que j'ai adoré l'univers développé. La Culture, c'est une gigantesque baffe : une civilisation immense, complexe, qui nous ressemble par certains côtés et nous est totalement étrangère par d'autres. Cet univers, c'est des milliers de races, des humains, des panhumains, des aliènes, des IA, c'est des centaines de mondes, réels ou virtuels.

Je dois avouer que j'ai eu un peu de mal à me repérer entre tous ces personnages, entre les différents lieux et les histoires mises en place. Mais au fur et à mesure qu'on progresse dans l'intrigue, les différentes pièces se mettent en place et finissent par se rejoindre pour un final époustouflant. La vengeance de Lededje va finalement servir la cause des anti-enfer, Veppers, qui au départ ne semblait être qu'un pourri (particulièrement détestable), se révèle être la clé de voûte des différentes lignes de l'histoire.

J'ai beaucoup aimé toute la réflexion mise en place autour de ces fameux enfers virtuels, et des conflits qu'ils suscitent. J'ai absolument adoré les Mentaux de la Culture, je trouve que c'est une idée absolument géniale (et je suis fan des noms des vaisseaux. « sens dans la démence, esprit dans la folie », « moi je compte », « en dehors des contraintes morales habituelles »).

En résumé : Une lecture fort agréable, la découverte d'un univers formidable, je n'en ai pas fini avec la Culture, c'est une certitude !

Lien : http://catherine-loiseau.fr/..
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micetmac
  24 mai 2018
Ma bâtisse intellectuelle repose sur quelques fondations solides :
- je ne verrais jamais Chuck Norris dans un drame Shakespearien
- je suis incompatible avec les smartphones
- Iain M Banks est un immense écrivain.
La Camargue a eu le mauvais goût de faucher Iain. Par la force des choses le cycle de la Culture se clôt bientôt après ce livre. Plus qu'un dernier et ultime opus.
Le pénultième pavé "Culturien" posé, que peut-on en penser ?

Les Enfers virtuels sont une invention de certaines sociétés puritaines de la Galaxie. Dans ces géhennes virtuelles souffrent sans fin les sauvegardes des pauvres âmes de ceux qui ont transgressé les règles de ces civilisations.
Les tenants et les opposants de ces Enfers se livrent une guerre sans merci. Jusque là dans le Virtuel. Sans morts ni blessés physiques. Mais cette guerre menace de se déplacer dans le Réel. Les opposants aux Enfers sont prêts à faire monter les enchères. La Culture n'aime pas ça du tout.
Quel rôle joue Veppers, l'homme le plus puissant et le plus corrompu de son système stellaire dans ce conflit ? Et quel pourrait être le destin de Ledjedje qu'il a tuée, mais qui a été ramenée à la vie par un vaisseau de la Culture ? La vendetta de Lededje pourrait avoir sa place dans les projets de Circonstances Spéciales.
Iain M Banks continue son réjouissant travail de sape du Space Opéra et fait accéder ce sous genre de la SF, un brin confidentiel, parfois grandiloquent voire chiant chiant à un niveau incandescent de poésie branque, à un sous texte critique de notre propre temporalité ; en somme à la Littérature.
Iain dans ces ENFERS VIRTUELS convoque toute la quintessence de la Culture. Cette Culture, rejeton ultime et définitivement abouti du Soft Power s'appuyant sur une force armée écrasante et une avance technologique conséquente. Quand un écrivain Britannique se penche sur sa propre histoire coloniale et reluque aussi de l'autre côté de l'Atlantique.
La Culture [dont les autochtones ont délégué les responsabilités à des Intelligences Artificielles logées dans des drones ou des vaisseaux spatiaux fendant le vide spatial] voit d'un mauvais oeil ces ENFERS VIRTUELS qui heurtent (à juste titre) sa conscience de civilisation galactique de niveau 8. Mais elle se garde bien d'intervenir. Ses dernières manoeuvres géostratégiques furent peu probantes, jolie litote pour qualifier une catastrophe eschatologique se chiffrant en milliards de morts. Oui, quand la Culture se plante, elle ne fait pas semblant.
Enfin... Comme d'habitude, elle se garde bien d'intervenir directement . Comme toujours la Culture va utiliser des petites mains, des quasi marginaux, des pions aux intérêts concomitants.
LES ENFERS VIRTUELS est très bon livre. L'un des meilleurs de de la série. Évidemment, comme à chaque fois, Banks nous réclame un peu d'efforts mais nous sommes grandement récompensés par le talent de Iain, son imagination sans limite, son style précis donnant vie à un bestiaire démentiel et démoniaque, nous perdant et nous récupérant dans le dédale flamboyant de son intrigue à tiroirs.
Pour ceux qui sont accoutumés à l'univers Banksien de la Culture, sa densité déjantée et paradoxalement sa rigoureuse cohérence, LES ENFERS VIRTUELS c'est le kif garanti sur planche. Un livre drôle, profond. Où l'on voit que se dupliquer, se sauvegarder, se cloner sans cesse ne permet pas l'immortalité, ne console pas de sa fin prochaine. Notre conscience est intimement lié à l'instant présent que nous vivons, à l'endroit où nous nous trouvons.
Pas aussi beau et poignant que que son précédent bouquin LE SENS DU VENT, LES ENFERS VIRTUELS confirment que Banks est un phénoménal écrivain, d'un calibre excédant largement les armes lourdes les plus hideuses.
Lien : http://micmacbibliotheque.bl..
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Thrr-Gilag
  10 octobre 2017
Dans Les enfers virtuels, plusieurs thèmes sont abordés :

Côté Culture, on va pouvoir découvrir le dispositif de défense / survie mis en place par la Culture dans le cas où une espèce belliqueuse serait amenée à détruire la Culture. On y suit donc les conséquences des guerres idiranes sur la psychologie de la Culture, et on y découvre ici un rôle qui n'était que très peu apparent de la section Contact de la Culture et de sa sous-section Circonstances Spéciales.

Le thème principal de l'histoire est la gestion des âmes puisqu'il est question ici de civilisations ayant la technologie pour sauver « l'âme » d'une personne et capables de faire tourner des réalités virtuelles dans lesquelles ces âmes peuvent être mises. Je vous laisse découvrir le traitement, que j'ai trouvé dense et intéressant, des conséquences que peuvent avoir ce genre de technologie sur les croyances religieuses, mais aussi la gestion de l'« après-vie » quand on est mort, mais pas vraiment.

On y découvre aussi 3 nouvelles sous-section de Contact, à savoir les sous-sections :
Quietus : en charge de gérer les entités s'étant retiré d'une existence biologique vers une existence numérique et celles qui sont décédés et qui se sont vues ramener à la vie. L'ambiance change des coups fourrés de Circonstances Spéciales (CS) - puisqu'on est censé y oeuvrer avec la dignité souvent associée à ceux qui travaillent avec les morts.
Numina : en charge d'être en contact avec les entités s'étant sublimées.
Restoria : en charge de gérer et éliminer les menaces d'essaims auto-répliquant. Il s'agit d'une des rares sections de la Culture a avoir une mission aussi simplement définie - c'est un fait à noter.

Bien entendu, CS n'est jamais loin.

L'histoire en elle-même est dense et intéressante, pleine de rebondissement tant sur la scène philosophique, qui nous pousse à réfléchir sur la gestion de l'au-delà, que sur le plan « space-opera » clairement présent dans cet opus.

On y suivra des personnages truculents, denses et complexes, et dont les trames sauront se réunir en vue d'assembler toutes leurs histoires dans un final explosif.
Mon seul regret tient dans l'histoire d'un des personnages principaux (Lededje) dont l'histoire, pourtant particulièrement prometteuse, tombe à plat je trouve.
C'est dommage car c'est le seul faux pas que je trouve à cet opus.

J'ai adoré cette histoire, qui bien qu'en ayant un rythme assez lent, arrive à combiner densité des personnages, complexité de l'univers, bonds et rebondissements de l'histoire et réflexions sur la condition humaine et ses modes de pensée dans un paquet de space-opera / cyberpunk sans même friser la hard-science.

Au final, un des meilleurs tome du cycle de la Culture, malgré une histoire avançant lentement et un poil moins compliquée que celle des précédents tomes.
En tout état de cause, un merveilleux voyage.

Chronique complète : https://plume-etoiles.blogspot.fr/2017/07/Culture--T09--les-enfers-virtuels--Banks.html
Lien : https://plume-etoiles.blogsp..
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