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Pierre Furlan (Traducteur)
EAN : 9782742718740
772 pages
Éditeur : Actes Sud (04/01/1999)

Note moyenne : 4.09/5 (sur 104 notes)
Résumé :

C'est sous forme de lettre-fleuve qu'Owen Brown, le troisième fils du célèbre abolitionniste américain John Brown, répond à la demande d'informations que lui a adressée une étudiante de Columbia University, assistante d'un illustre biographe et historien.

Owen Brown est maintenant ce très vieil homme qui s'affronte enfin à l'image formidable d'un père de légende en retraçant peu à peu, au fil de souvenirs parfois sereins mais le plus souvent ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (8) Voir plus Ajouter une critique
le_Bison
  18 février 2012
Russell Banks m'entraîne dans les années 1830-1850 à la découverte d'une famille d'agriculteurs installés dans une contrée sauvage, tout à fait admirable, exemplaire même : la famille américaine idéale de cultivateurs chrétiens. Cela pourrait être n'importe quelle famille des coins perdus d'une Amérique profonde, une famille de pionniers simplement à la recherche de bonnes terres pour élever son bétail, pour vivre de ses récoltes mais surtout survivre aux conditions difficiles de tout pionner de cette époque. Mais (parce que sans « mais », la vie de cette famille pourrait me sembler fade et sans intérêt), cette famille est dirigée par un grand chef de clan, un homme au caractère très autoritaire, à la rigueur exigeante, extrêmement pieu et un orateur passionné qui vit uniquement selon les critères de la Bible et du Seigneur. Cet homme : John Brown, plus connu sous son nom de « guerre » John Osawatomie Brown.
Un destin hors du commun marquera à tout jamais cette famille car ce Vieux John Brown s'est juré de mettre en oeuvre tous les moyens à sa disposition pour abolir à tout jamais l'esclavage dans son pays, éradiquer ce « Mal » issu de la cupidité et de la cruauté de certains hommes. Il en va de son honneur, de sa vie et de celle des membres de sa famille, fidèles serviteurs du Vieux et de Dieu. Faire des sacrifices au nom du Seigneur et au nom d'une telle cause ne lui fait pas peur et devient même une obligation divine. C'est la loi de Dieu et du Seigneur Jésus-Christ avec qui il lui arrive souvent de converser.
Dans un décor flamboyant, magique, entre les grandes plaines du Kansas et les montagnes majestueuses des Adirondacks, John Brown va tout mettre en oeuvre pour aider ses amis nègres à sortir de ce fléau qu'est l'esclavage. Sans l'aide des blancs, auxquels il n'apporte aucune confiance, il développera la partie Nord du Train Souterrain chargé d'acheminer les esclaves en fuite jusqu'aux frontières du Canada. Comme beaucoup de chrétiens de sa génération, John Brown a commencé par être un jeune homme du Nord aux principes stricts et à l'esprit religieux tourmenté par l'existence de l'esclavage noir dans le Sud et par le préjugé de race qui sévissait partout. Il s'est d'abord activement engagé dans la lutte contre l'esclavage avec de beaux et enflammés discours. Mais ne pouvant se contenter de si peu, il participa à créer un réseau de relations « pro-anti-esclavagiste » à la fois pour obtenir des fonds financiers mais aussi pour venir en aide aux nègres en fuite, ses meilleurs, ses seuls véritables amis. Mais en vieillissant, il s'est soudain transformé en guérillero volontiers pillard, prêt à verser le sang contre toute personne qui se mettra en travers de son chemin (le « massacre » de Pottawatomie) avant de devenir « terroriste » (avec prise d'otages à la manufacture d'armes de Harper's Ferry), et finir en martyr.
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folivier
  16 février 2019
Première lecture de cet auteur, et quelle superbe découverte.
Un grand roman d'une puissance et d'un souffle incroyable. Au travers de l'histoire du clan Brown regroupé autour du père, John Brown, c'est d'une part une histoire des Etats-unis au milieu du XIX° siècle avant le déclenchement de la guerre de Sécession, l'histoire de la lutte permanente et presque des anti-esclavagistes et des réseaux clandestins pour aider les esclaves évadés. C'est une magnifique fresque de la vie des colons et des fermiers dans les Etats de l'Ouest américain en cours de colonisation au millieu d'une nature sauvage . C'est aussi une belle analyse et réflexion politique, philosophique sur la nature de l'esclavage aux états-unis et de la lutte pour un idéal, soulevant des questions essentielles : le meurtre peut-il être justifié pour sauver d'autres hommes ? L'engagement militant, l'idéologie, la conviction de détenir la vérité entraîne t-il inexorablement vers l'extrémisme ? Enfin c'est un bouleversant récit d'une relation père-fils, avec un père manipulateur et fanatique, commandeur, demi-dieu, figé dans ses certitudes mais beaucoup plus complexe qu'il n'y paraît. C'est d'ailleurs, là aussi une des nombreuses grande qualité de ce roman. Russel Banks dépeint des personnages complexes, ballotés entre leurs désirs, leurs devoirs et leurs croyances.
"Les principes se sont solidifiés en habitude et l'habitude en caractère" (p16)
J'ai surtout découvert un écrivain avec un style magnifique qu'il décrit ainsi dans la rédaction du narrateur : "c'est mots sont mes pensées mises en bonne relation et agencées avec de belles proportions".
Chaque page est un bijou d'écriture, dans la description de la nature, des montagnes, d'un levé de soleil, des forêts, dans la description du travail quotidien, par les réflexions sur la religion, les conséquences philosophiques sur la nature humaine et les répercussions de l'esclavagisme détruisant sa propre condition d'être humain.
Et quel magnifique symbole que ce mont Tahawus, que les indiens appellent le Pourfendeur des nuages, donnant le titre au roman, protégeant la vallée ou s'abrite la famille Brown avec face à la ferme ce bloc de granit planté dans la prairie image réduite du mont Tahawus, stèle mémorielle. Symbole d'une déchirure du ciel pour dissiper les nuages de l'esclavagisme, d'une conception du monde autour des races pour l
C'est un immense roman, d'une densité incroyable qui soulève énormément de questions politiques, philosophiques, morales et qui renvoi à chaque instant à des évènements de notre actualité (si on remplace les "nègres" du récit par les "migrants" par exemple) à notre époque.
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clairejeanne
  26 avril 2014
Quel beau récit ! Dès les premières lignes, on sait qu'on a entre les mains de la très bonne littérature ! C'est un gros livre (plus de huit cent pages) bien écrit, prenant, original, très intéressant; un grand bonheur de lecture. le fils de John Brown, Owen, seul survivant du clan Brown, à la demande de l'assistante d'un professeur qui fait des recherche sur son père, raconte ses souvenirs; le père, célèbre abolitionniste dont on sait dès le début qu'il a été exécuté, est assez différent de l'homme qu'on croit connaître et qui suscite des questions: fanatique, terroriste, martyr, visionnaire, fou ? On le découvre en chef de famille, patriarche suivant son chemin, juste, droit et "imbibé" de la bible. Ce livre, c'est avant tout celui d'un fils qui parle de son père, et qui petit à petit construit une image de lui. La famille - très nombreuse - a fait le serment d'oeuvrer à l'abolition de l'esclavage et à aider tous les "Nègres" en fuite. Nous sommes au début du livre en 1831 et l'histoire "monte" jusqu'à la terrible nuit du massacre de 1857. Il y a l'histoire du fameux "Train souterrain" la filière qui permettait aux esclaves, de relais en relais, de parvenir au Canada. Les Brown étaient des fermiers, qui ont plusieurs fois changé d'état et d'endroit; l'un des plus important fut une ferme à North Elba dans les Adirondack, non loin de la petite ville de Tombouctou créée par d'anciens esclaves. Quand la famille Brown gagnait de l'argent, ce qui était rare, celui-ci servait le plus souvent aux "Nègres", pas à enrichir la famille; J. Brown qui fut éleveur, agriculteur, tanneur, ne fit jamais fortune, loin de là. En racontant en détails la vie avec "le père", Owen, tout en disant aussi sa propre histoire, montre à quel point lui et ses frères, hommes accomplis, étaient dépendants de ce dernier: John Brown était un homme très charismatique, un prêcheur, un meneur, qui finalement laissait peu de place aux autres; " ... Un homme qu'on connaissait comme un abolitionniste radical un peu étrange, au tempérament violent, mais possédant d'immenses réserves d'enthousiasme religieux ...". Un homme persuadé que Dieu lui parle, directement, et qu'il doit devenir son bras armé. Tout cela se passe juste avant la guerre de sécession: "cette guerre d'avant la guerre" en particulier au Kansas a changé les Brown: ils ont cessé d'être "des activistes en colère et des prophètes dans le désert" pour devenir "des guerriers agissant de sang froid". Mais plus que donner des faits précis et des dates, Owen Brown dit vouloir expliquer comment son père est passé progressivement "de la position d'agitateur contre l'esclavage à celle de terroriste, de capitaine de guérilla et de martyr".
C'est une lecture majeure pour comprendre le monde américain juste avant la guerre de sécession et le déclenchement de celle-ci, mais aussi le témoignage d'un fils pour son père qui reste un personnage mal compris et très controversé de l'histoire des Etats Unis.
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Jerome012630
  05 janvier 2020
Immense roman que ce "Pourfendeur de nuages", premier livre achevé en 2020...
C'est au détour d'une interview dans le magazine trimestriel "America" que j'ai découvert l'auteur américain Russel Banks.
Beaucoup des sujets de ses romans m'intéressaient et c'est sur "Pourfendeur de nuages" que j'ai finalement jeté mon dévolu, pavé "à l'américaine" de 860 pages consacré à l'abolitionniste radical John Brown au cours de la période précédant la guerre de Sécession.
C'est par les yeux de son 3ème fils, Owen, que nous allons découvrir John et sa famille.
Mais ses aussi ses valeurs, sa conception de la foi et son combat, sans aucune concession, contre l'esclavagisme.
Le narrateur le dit, le seul ordre qu'il se fixe est celui de ses souvenirs. Nous découvrons donc les conditions de vie de cette famille et plus particulièrement la relation entre ce père autoritaire et charismatique et ses enfants. Qui vont s'engager avec lui dans ce combat, qui va les amener à combattre le mal par le mal, la violence par la violence, loin de l'abolitionnisme politique tiède de Washington que John Brown exècre.
Et cette violence nous sera décrite mais elle ne constituera pas le coeur du récit, ce dernier s'attachant à beaucoup plus de sujets qu'une simple description de batailles qui ont pourtant rendu la famille Brown célèbre.
Une guerre est une guerre. Quels que soient les idéaux défendus, ce roman nous rappelle que la violence est de chaque côté. Et nous le rappelle brillamment.
Que dire de plus...Ce roman m'a mis une claque comparable à celle reçue il y a quelques mois à la lecture de "le temps où nous chantions" de Richard Powers.
Je ne peux que vous conseiller de vous précipiter dessus, si vous aimez ces fresques que certains auteurs américains contemporains peuvent nous proposer.
Notons la magnifique couverture, comme d'habitude chez Babel, représentant un tableau du peintre Asher Brown Durand, ô combien approprié pour illustrer le mont Tahawus dans les Adirondacks, surnommé le pourfendeur de nuages.
Bonne lecture
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sweetie
  03 avril 2014
Un autre très beau roman de Russell Banks, cette fois-ci sur le parcours de l'abolitionniste John Brown, un des fondateurs de l'Underground Railroad qui a permis à plusieurs esclaves noirs, durant les années 1830-1860, d'atteindre le Nord des États-Unis de façon clandestine en vue de trouver une terre de liberté, le Canada. Une grande fresque sur le monde rural de l'État de New York où vivait John Brown et sa famille ainsi que la montée du fanatisme chez Brown qui le mènera à une fin tragique.
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Citations et extraits (16) Voir plus Ajouter une citation
le_Bisonle_Bison   18 février 2012
Pendant de nombreuses années, la vie du Vieux avait été cruellement divisée entre ses actions contre l’esclavage et ses responsabilités de père et de mari. Malgré ses efforts incessants, parfois furieux et chaotiques, pour venir à bout de cette division, Père donnait souvent l’impression de vouloir mener l’existence de deux hommes distincts : l’un était un abolitionniste incendiaire, une personnalité publique dont les actions les plus satisfaisantes et les plus importantes étaient nécessairement accomplies en secret ; l’autre était un bon père de famille et un mari très chrétien, une personne privée dont les gestes les plus satisfaisant et les plus importants se déroulaient dans la sécurité et le confort visibles de son entourage familial. C’était un homme qui avait lié sa vie à un vœu, celui de libérer complètement et pour toujours les Nègres de l’esclavage ;
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alicejoalicejo   04 octobre 2010
Et puis un matin, Père a été là, surgissant parmi nous comme le personnage principal qui manquait à la pièce, prenant le premier rôle et faisant aussitôt de tous les autres des figures secondaires. C'était ce qu'il voulait, évidemment. Sans Père, notre pièce n'avait pas de héros et dès qu'il était absent nous jouions nos rôles sans but ni compréhension. notre texte nous échappait , nous nous placions mal sur scène, nous confondions les amis et les ennemis, perdions de vue ce que nous souhaitions atteindre et ce qui y faisait obstacle. Sans le Vieux, la tragédie tournait vite à la farce.
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le_Bisonle_Bison   18 février 2012
Le jour même où il a sacrifié le meilleur de ses fils sur l’autel en pierre de ses croyances, Père s’est métamorphosé en quelques heures, et de son état d’homme mortel - certes extraordinaire et illustre mais homme quand même - il est passé à celui de héros nimbé de lumière. Peu importe qu’ils aient aimé sa façon d’agir, qu’ils aient admiré son courage ou qu’ils aient cru en sa parole : les Américains, à partir de ce moment-là, l’ont considéré comme plus qu’un homme et comme autre chose qu’un homme.
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le_Bisonle_Bison   18 février 2012
Venez ici dès que possible, mes garçons, et venez armés car il nous faut arracher quelques pauvres créatures de la gueule de Satan avant qu’il ne les dévore ! Une démonstration en règle de force chrétienne et de notre volonté sans faille de faire pleuvoir le feu sur la tête des malfaiteurs et des hypocrites de notre région devrait clarifier les choses. En tout cas, ce devrait être suffisant pour que nous puissions poursuivre l’œuvre de Dieu et contribuer à la chute de l’esclavage en le rendant trop coûteux à maintenir contre les volontés conjuguées de chrétiens blancs et d’esclaves courageux, prêts à tout. Venez tout de suite ici à North Elba, mes fils ! Venez et soyez avec nous de vrais Soldats du Seigneur, droits et courageux ! Votre père qui vous aime,

JOHN BROWN
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wendgottwendgott   14 juin 2018
De tous les animaux sur la planète, nous sommes sans aucun doute le plus méchant, le plus trompeur, le plus meurtrier et le plus vil. Malgré notre Dieu, ou à cause de Lui. Les deux. Notre seule vertu, parfois, semble résider dans le fait que nous sommes aussi cruels et violents les uns envers les autres que nous le sommes à l'égard des autres espèces - ces espèces que nous abattons et dévorons, ou abattons pour le simple plaisir et jetons au rebut, ou abattons uniquement parce qu'il nous est commode de le faire et dont nous entassons les cadavres.
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Russel Banks lors de la présentation de "Un membre permanent de la famille".
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