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Pierre Furlan (Traducteur)
EAN : 9782742708581
437 pages
Actes Sud (04/06/1999)
4.15/5   876 notes
Résumé :
Le succès considérable que ce roman (sous le titre The Rule of the Bone) connaît aux États-Unis tient sans doute à l'art, si particulier chez Russell Banks, qui consiste à se mettre à fond dans la peau, la mentalité et le langage d'un personnage à la fois emblématique et révélateur de la société où il évolue. En tout cas, le récit prolixe du jeune Bone - l'un de ces mall rats (rats des galeries marchandes) que les Américains ont vu surgir dans leurs cités tentaculai... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (64) Voir plus Ajouter une critique
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Je viens de finir mon premier roman de Russell Banks "sous le règne de bone"
Et j'avoue avoir été séduit par le style de l'écrivain, sa façon plutôt intelligente de faire parler son personnage .
Chappie est un gosse de 14ans, crête iroquoise, piercing, un adolescent comme on en croise en ville, vous savez les "punks à chiens ".
Entre un beau père ignoble et une mère dépassée, Chappie se désocialise peu à peu.
Il abandonne le collège, commet de petits larcins pour payer son herbe.
Il squatte chez son pote Russ guère plus âgé que lui.
Nous entrons dans le milieu de la petite délinquance.
Chappie est un gosse intelligent, il a plus de bon sens que ses affreux parents, il connaît les limites à ne pas dépasser.
L'incendie du squat va obliger Chappie et Russ à faire le mort, ensemble ils vont faire un bout de chemin.
Malgré ces airs de dur et sa répartie on le sent fragile, sa mère lui manque.
Chappie se métamorphose en bone. Un tatouage sur l'avant bras, deux os en croix façon pirate.
Le règne de bone va commencer.
La rencontre de Rose qu'il sauve d'un prédateur sexuel et I-man un vieux rasta philosophe.
Entre la culture de légumes dans un bus et les joints de ganja bone va troquer l'habit punk et choisir d'être un rasta blanc, dread,sandales, bâton de Jah et bien sur marijuana.
La deuxième partie du récit se passe en Jamaïque.
En compagnie de I-man il va connaître l'univers du narco trafic, de gens sans scrupules et la rencontre avec son père biologique.
La partie jamaïcaine du récit ne m'a pas emballé, trop d'invraisemblances.
Malgré cette fin un peu décevante, tout est irie man (tout baigne)
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Le grand Russell Banks signe avec ce roman un portrait saisissant des laissés pour compte de la grande Amérique. Bone à quatorze piges, une mère absente,un beau-père chelou, avec sa crête d'Iroquoi et ces piercings, il traine dans les galeries commerciales ou il vole et se drogue. Pourtant, il ne faudrait pas grand chose, pour que Bone reprenne le bon chemin. Mais, le chemin, il décide de le prendre à sa façon, il se barre sur les routes du grand Sam, puis vers un ailleurs improbable la Jamaique. Russell rend ce môme hyper attachant, car ces larcins, la prise de drogues, jusqu'à son look sont autant d'appels au secours que personne voit ou ne veut voir.Au pays ou tous les rêves sont possibles, Banks avec une qualité narrative incroyable montre aussi que pour les moins vernis, l'Amérique est loin d'être un Eldorado. Et Bone, resteta à jamais dans nos mémoires. Un très grand roman.
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La lecture de ce roman ne peut pas laisser indifférent. Russell Banks décrit assez crument deux ans de la vie du jeune Chappy qui sombre très vite dans la drogue, son odyssée de squat en squat d'une partie des USA à la Jamaïque. Pourtant, il y a de l'espoir car l'intelligence du garçon et certaines de ses rencontres en feront un autre homme que celui auquel il était destiné.

Malheureusement poussé dehors par sa famille détruite et fort mal recomposée, il deale et commet de menus larcins. Il cohabite chez un copain de galère Russ avec des bikers violents et truands. Pourtant, il n'a pas l'âme d'un délinquant. Il se fait tatouer deux os en forme de croix, commence alors sa vie De Bone, commence alors le vrai parcours initiatique qui va former son jugement.

Bone devient un personnage très attachant, le hasard lui fait rencontrer des personnages étonnants, le met face au vice et à la violence. Russell Banks écrit un bouleversant roman social. Pourtant, malgré le désastre de la jeunesse de Chappy, la recherche de soi reste omniprésente et fait de ce livre un grand roman américain.
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Tout le monde n'a pas la chance de naître sous une bonne étoile.
à quatroze ans, Chappie en sait quelque chose.
Pas de père pour le guider, pas de mère pour le câliner, pas de frère pour modèle, pas de soeur pour le comprendre… Rien, il est seul dans la vie, enfin c'est tout comme…Son père est parti depuis ses 5 ans, il est depuis resté coincé entre sa mère et son beau- père qui boivent plus qu'il ne le faut.
Aucun repère, au point « d'oublier » dans « l'herbe » avec les ennuis qui viendront de ce que sans moyens pour payer il lui faudra bien se « débrouiller » pour se les procurer…
Quant à se donner un semblant de personnalité, il s'identifiera, pour lui, à travers son Mohawk, ses perçing et autres marques corporelles qui en fait seront un masque qu'il se sera fabriqué.
La vie est dure mais Chappie n'en reste pas moins un bon garçon qui après avoir essayé vainement de se rapprocher de sa mère finira par s'en aller.
Et le chemin sera dur, très dur. Mais si Chappie est torturé, il n'en est pas moins doué d'une intelligence qui le servira pour ne pas sombrer et louvoyer entre les belles et les mauvaises rencontres.
Avec un art bien à lui, Russel Banks nous entraine une fois de plus dans cet univers des laissés pour compte qu'il sait nous faire aimer.
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Un road-movie en forme de voyage initiatique qui monte en puissance au fil des pages, pour finir en apothéose sur la renaissance lumineuse et touchante de Chappie / Bone, 15 ans.
Suivant la fugue de Bone, le roman part de l'arrière-cour délétère et miséreuse de la middle class déshéritée américaine dont Russell Banks n'a pas son pareil pour croquer le désespoir.
On ne donne pas cher alors de la peau de Bone, et j'ai cru un moment que le roman allait s'embourber, et moi avec, dans ce cloaque.
Mais le petit gars Bone, tout comme son créateur, a de la ressource et saura s'en extraire et tutoyer la lumière auprès d'un gourou jamaïcain solaire marie-jeanné jusqu'au bout des dreadlocks.
Belle lecture qui imprègne en profondeur.
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Citations et extraits (65) Voir plus Ajouter une citation
Dans le salon où se trouvaient les têtes d'animaux et les oiseaux empaillés il y avait des centaines de livres, mais sans intérêt eux aussi - du moins les quelques-uns que j'avais eu envie d'ouvrir à cause de leur titre qui suggérait un peu de sexe, par exemple l'Evolution et le désir, un bouquin totalement merdique dont j'ai même pas pu finir la première page. Il y en avait un autre dont je me souviens, Au-delà du principe de plaisir, que j'avais cru être un manuel de technique sexuelle sauf qu'il n'y avait pas d'illustrations, et un autre, Finnegans Wake dont j'avais espéré que ce serait une histoire de meurtre avec une bonne intrigue et qui en fait était écrit dans une langue bizarre où on trouvait des mots anglais mais qui était quand même une langue étrangère. Il y en avait tout un tas comme ça. Je ne sais pas pourquoi on écrit des livres que les gens normaux peuvent pas lire, parce que moi en tout cas je pouvais pas et j'ai toujours été assez fort en lecture.
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Là il a vraiment été soufflé. Abasourdi. Tu te fous de ma gueule, mec ! Dans ce centre de Plattsburgh de merde ? Et tu vas aller au collège ? A Au Sable ? Alors que tu peux buller à la Jamaique à boire du rhum super avec du Coca. Fumer d'énorme pétards de ganja et baiser des Jamaîquaines de rêve sous la lune des tropiques ? On m'a dit que les Jamaîquaines y a pas mieux, man, que les blancs les branchent vraiment. C'est vrai ?
Russ, c'est pas ce que tu crois. C'est jamais comme ça.
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Pour la première fois je comprenais comment ces gars furieux d'avoir perdu leur boulot ou ces pères divorcés qui n'avaient plus le droit de voir leurs gosses pouvaient entrer dans un bureau de poste ou dans un Pizza Hut bourrée de monde, sortir leur pétoire et se mettre à tirer en se foutant pas mal de qui se faisait allumer. Je ne voulais évidemment pas faire ce genre de truc, mais j'avais le sentiment qu'à la moindre chose qui irait de travers dans l'heure ou les deux heures qui suivraient, je deviendrais incapable de me maîtriser. Voilà où j'en étais arrivé à cause de mon beau-père, du naufrage de notre maison et de notre famille, à cause du fait que personne n'avait apparemment rien à cirer de la mort de ce brave vieux Willie et que personne, pas même moi, ne semblait comprendre que ce que je faisais, c'était d'essayer de revenir à la maison.
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"un tatouage vous fait ce genre de choses : il vous fait penser à votre corps comme à un costume particulier que vous pouvez mettre ou enlever chaque fois que vous en avez envie. Un nom nouveau, s'il est suffisamment cool, a le même effet. Et faire l'expérience des deux en même temps c'est connaître le pouvoir. C'est le genre de pouvoir que tous les super-héros possédant des identités secrètes connaissent du fait qu'ils sont capables de se transformer d'une personne en une autre. Vous avez beau croire que vous savez qui il est, ce mec-là est toujours quelqu'un d'autre."
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Je lui ai dit que j'étais moi aussi un hors-la-loi et que Bone c'était pas mon vrai nom. I-Man m'a répondu que tout homme honnête était un hors-la-loi et que tout homme libre devait se choisir un nouveau nom s'il refusait son nom d'esclave. Il n'a pas voulu me dire son nom d'esclave, il a déclaré qu'il ne pouvait plus le prononcer. Je ne lui ai pas non plus révélé le mien, le même que celui de mon beau-père. J'ai juste expliqué que j'avais autrefois deux noms, Chappie plus un autre, mais que je n'en avais qu'un à présent, Bone. Il a trouvé que c'était cool.
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Videos de Russell Banks (44) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Russell Banks
Paul Schrader adapte pour la deuxième fois un roman de Russell Banks, décédé l'an dernier. Où Richard Gere campe un réalisateur en phase terminale hanté par son passé.
#cinéma #richardgere #cannes2024
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