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EAN : 9782330128258
448 pages
Éditeur : Actes Sud (02/10/2019)

Note moyenne : 3.4/5 (sur 43 notes)
Résumé :
Dans ce captivant recueil de récits qui est aussi un livre de vie, Russell Banks, explorateur impénitent, invite son lecteur à l'accompagner dans ses plus mémorables voyages des Caraïbes à l'Himalaya en passant par l'Écosse. Entretien avec Fidel Castro à Cuba, folles virées en voiture à l'époque hippie, expériences diversement radicales, relations entretenues avec ses quatre épouses successives, autant d'étapes formatrices aux allures de quête de soi qui ouvrent che... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (11) Voir plus Ajouter une critique
brumaire
  23 mars 2018
J'aime Russel Banks. J'aime l'homme, ses idées souvent , son parcours de gamin de la working class jusqu' à Princeton, et ses romans bien sûr . Attention ! pas tous ; ses derniers m'ont un peu déçus . J'ai apprécié modérément "Lointain souvenirs de la peau", et surtout "La Réserve". Par contre, "Affliction" , "Pourfendeurs de nuages" , "American darling" ....des chefs-d'oeuvre absolus ; et, last but not least , "Continents à la dérive" que j'emporterai volontiers sur une île déserte tant ce roman puissant et dévastateur , d'un pessimisme noir, relativiserait alors ma condition de naufragé (car il est bien entendu que je ne serai sur une île déserte que par accident et quelque part en Antarctique , du côté des Kerguelen par exemple )....
Bon, il y a quand même un truc que je n'aime pas chez Russell : C'est son admiration pour ce tartarin d'Hemingway, l'auteur délicat d'"En avoir ou pas" , le matamore charcutant les taureaux sous les yeux énamourés d'Ava Gardner, le pilier de bar pendant la guerre civile espagnole, le viandard que Romain Gary aurait eu plaisir à étrangler de ses mains ! Bon je m'égare, je m'égare....
Le dernier livre de Russel Banks, parut en 2017, toujours chez Actes Sud, et toujours traduit par Pierre Furlan, traducteur attitré de Banks, n'est pas un roman ; juste une compilation de récits de voyages que son éditeur new-yorkais a du réunir pour en faire un bouquin . Genre : "Dis-donc Russ ! en attendant ton prochain roman (qui tarde un peu...) , ça serait pas mal que tu fasses une compil de tous ces articles de journaux , de tous ces souvenirs que tu trimballes....ça fera patienter tes fans...surtout en France où tu es adulé ! "
"Voyager" c'est dix chapitres , dix voyages. Le premier voyage qui occupe un tiers du livre, nous ramène aux îles et constitue à lui seul la première partie du livre. En 1988, un magazine de luxe new-yorkais propose à Banks un reportage sur les îles des Caraïbes, 30 îles à visiter, en soixante jours, tous frais payés. Pour Banks (qui saute sur l'occasion , on le ferait à moins :-) , c'est aussi un retour sur son passé ; on sait l'importance de la Caraïbe dans son oeuvre : la Jamaïque bien sûr, où il a vécu un an avec sa première femme, mais aussi Haïti , une ile "clef" dans "Continents à la dérive". Et puis n'habite t-il pas Miami une partie de l'année ? et puis son amour d'Hemingway ?
Ces 147 premières pages permettront au lecteur de découvrir, en plus d'une flopée d'îles paradisiaques (certaines pas trop quand même...) , la quatrième future femme de Russell : Chase. Le propos de Russell Banks est double. D'un côté il nous fait partager sa découverte des îles où son acuité intellectuelle dissèque et analyse les progrès inéluctables de la catastrophe annoncée : que restera t-il bientôt des ces îles soumises à une invasion touristique de masse ? et de l'autre il se livre mezza voce à une belle introspection , que j'ai trouvée vraiment courageuse, sur son parcours amoureux et professionnel. le bougre en est alors à son troisième divorce. Ce voyage , aux frais de la princesse new-yorkaise, est l'occasion pour Russel de faire sa cour à sa future quatrième femme et de lui expliquer quel homme il est vraiment. Il ne cache rien, ni à Chase ni à nous lecteurs, il raconte ses galères, son instabilité, son addiction à l'alcool, son père déjanté, ses foucades, ses trois premières femmes, ses filles, ses petits-enfants......Et tout cela sans jamais s'apitoyer sur lui-même . Avec une lucidité clinique il convient que sa part de responsabilité dans l' échec de ses mariages est grande.
On est loin des plages de sable blanc, des palmiers , du " ti rhum", des Grenadines, de Saint-Bart, de Marie-Galante, de la Guadeloupe, de Saint-Martin, toutes îles que Russell et Chase ont visité.
Les neuf autres voyages , dont la pagination est beaucoup plus courte, sont des voyages que tout un chacun aurait pu faire . du tourisme souvent (Seychelles, Edimbourg, Sénégal , Alaska...) , et aussi des expéditions , des trekkings, dans les Andes, en Equateur, au Népal. Mais toujours avec ce regard acéré de l'écrivain qui n'est jamais dupe. Et avec le constant paradoxe humain que nous sommes constitués d'une raison raisonnante et d'un corps toujours quémandeur de plaisirs. A cet égard le voyage en Alaska en est une ironique démonstration. Russell Banks est convié,en 1993,par un magazine "pour homme" , à tester le nouvel Hummer H2 , ce truc sur roues hérité du véhicule tout terrain que les américains employaient en Irak. 25 litres aux cents kilomètres, 600 CV , The bête ! Et là nous voyons notre idole littéraire , qui dans quelques voyages précédents (Seychelles...) , nous a tiré des larmes lors de l'évocation des derniers cinquante perroquets noirs de l'archipel, s'éclater à piloter son OVNI sur les highways désertes de l'Alaska en philosophant doctement sur l'irrémédiable destruction de la Nature, consubstantielle à l'espèce humaine : malaise.... Assumé.
Banks , l'âge venant, n'a plus beaucoup d'illusion sur l'Homme. Et il a fait sien, certainement, le propos de Mark Twain : " Tout ce qui m'importe est de savoir qu'un homme est un être humain -cela me suffit. Il ne peut pas être pire".
Malgré tout n'est pas Cioran qui veut, et dans la plupart de ses pérégrinations, l'humaniste pointe sous les constats désabusés que lui inspirent les hommes. C'est beau l'espoir :-).
Bon je sens que je vais encore être un peu long....Alors que je n'ai pas encore parlé des exploits, inconnus certainement de beaucoup de ses fans, alpinistiques ( ok ça ne se dit pas...) de Russell Banks. Une autre fois peut-être. Ou alors lisez "Voyager" !



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ChtiBaboun
  06 janvier 2018
Russel Banks nous invite à revisiter avec lui sa vie de voyage et d'écriture. Durant ce voyage commençant aux confins des années 60/70 Russel Banks va nous entraîner des Caraïbes, en Floride, en Équateur ou encore dans l'Himalaya.
Ce sera l'occasion pour lui de nous retracer sa vie amoureuse et ses mariages. de nous parler de ses filles,de Christine et de Chase
Mais aussi et surtout de nous donner son point de vue sur la Vie du monde
Et dans ces pages l'on retrouvera toute la pensée progressiste de Russel Banks
Que ce soit lors de ces études à l'université de Chapel Hill en Caroline ou lors de randonnées aux Seychelles dans la Vallée de mai au sein de la plus vieille forêt primaire de notre planète.
Et comment ne pas être touché quand Russel Banks invoque sa responsabilité actuelle vis à vis de l'Afrique, de l'esclavage de la ségrégation. Invocation faite depuis l'Ile de Goree au Sénégal et invocation qui nous implique tout autant.
Enfin ce livre est un hymne au temps qui passe, au possible déclin physique et intellectuel.
Mais ce temps qui passe c'est le sens même de la Vie et que Russel Banks nous parle bien de ce temps là.
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sweetie
  20 mai 2018
Russell Banks est un de ces écrivains géants sur lequel je peux compter pour une lecture intelligente et plaisante. Voyager n'est pas un guide touristique conventionnel; Banks se prétend voyageur plutôt que touriste et ses périples autour de la planète en font foi : à part le tour des îles caribéennes qui demeure somme toute assez pépère, ses autres voyages portent leur lot de difficultés, en particulier ses escalades des monts andins et himalayens et ce, à un âge où l'on préfère plutôt s'asseoir et contempler. Voyager est aussi un récit personnel parsemé de réflexions sur l'amour, la paternité, la famille et la vieillesse. Ses confidences s'intègrent bien au compte-rendu plus terre à terre relié à l'organisation et à la planification de ses voyages et apportent une dimension humaine au propos de l'auteur. de plus, ce récit jette une lumière nouvelle sur l'écriture de ses romans dont on comprend qu'ils contiennent plusieurs aspects de sa propre vie. À lire si on veut en savoir plus sur l'homme derrière l'écrivain...
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gilles3822
  26 mai 2017
Les voyages forment la jeunesse et freinent la vieillesse. Russell Banks est un écrivain, non pas voyageur, mais qui a beaucoup bougé tout au long de sa riche existence. La nature de ses romans ne laisse pas présager ce mouvement permanent, la plupart de ses écrits se déroulant en Nouvelle-Angleterre. La multiplication de ses périples, de ses mariages, la coincidence des deux et les multiples passerelles, la synergie de ses expérimentations diverses nous laisse voir un homme attachant, "brut de fonderie", en perpétuelle quête de lui-même et surtout d'une grande honnêteté, d'une grande sincérité. Il ne se fait pas de cadeau, conscient que l'atavisme familial ne l'a pas aidé. le temps passant, il se bonifie, sans illusion toutefois, le dépassement de soi devient une règle avec l'âge.
Nous voyageons avec lui, non comme touriste, mais comme voyageur curieux et respectueux des lieux et cultures qu'il traverse, s'enrichissant à chaque étape, montagnard défiant les années qui passent, solide nature à la limite quelquefois de la rupture, risque-tout pessimiste sur l'avenir du monde mais doué d'un optimisme certain quant à sa bonne étoile.
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Martinekili
  21 juillet 2017
J'ai tout aimé de cet auteur : de beaux lendemains, Continents à la dérive, Sous le règne De Bone, Pourfendeurs de nuages ...
Mais là, on ne retrouve pas l'auteur analyste de ses personnages souvent paumés, en quête d'un meilleur jamais atteint.
C'est un récit de voyages à la recherche de son passé, où il n'apparait pas au mieux : 3 divorces, 4 mariages, une vie sentimentale où il ne joue pas le beau rôle.
On s'ennuie vite en lisant ses récits de voyage où rien n'est plus comme avant ! Les petites îles paradisiaques qu'il a connues sont envahies de touristes (eh oui ! mais c'est partout pareil !) les personnes qu'il a connues et aimées ne sont plus là etc ...
J'ai arrêté ma lecture alors qu'il se "perd" dans le parc des Everglades dans une réflexion mystique à laquelle j'ai du mal à adhérer.
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critiques presse (3)
LaCroix   01 juillet 2017
Cette confession […] a l’élégance de nous offrir à la fois la beauté brute d’une pensée authentique et la pureté d’une écriture policée d’une incroyable précision.
Lire la critique sur le site : LaCroix
LeMonde   20 juin 2017
L’écrivain américain, auteur d’« American Darling », se livre comme jamais dans « Voyager », recueil de ses pérégrinations dans le monde entier. Jalons.
Lire la critique sur le site : LeMonde
LaLibreBelgique   02 juin 2017
Un recueil de récits passionnants et très personnels.
Lire la critique sur le site : LaLibreBelgique
Citations et extraits (16) Voir plus Ajouter une citation
Vicky-LeeVicky-Lee   17 septembre 2017
Le sentier, juste après le pont, amorçait une montée abrupte en s'écartant de la rivière. J'ai alors vu arriver vers nous un vieil homme, européen ou nord-américain, qui descendait laborieusement et passait avec prudence sur les racines et les pierres en s'aidant de ses bâtons de randonnée. Pauvre gars, ai-je pensé. De toute évidence trop âgé pour ça. Sens de l'équilibre clairement fichu, jambes tremblotantes, bronches rétrécies qui cherchent l'air même en descente. Trop d'artères durcies, trop de masse musculaire et osseuse perdue pour maîtriser une ascension aussi dure. Et je me suis dit: il arrive un moment où un vieillard devrait rester à la maison au coin du feu.
Et puis, derrière ce randonneur, est apparue une blonde mince, très attirante, la petite trentaine. Le vieil homme est arrivé près de moi et m'a regardé bien en face. Je lui ai rendu son regard et je me suis aperçu qu'il était probablement du même âge que moi - un septuagénaire lui aussi. Nous n'avons souri ni l'un ni l'autre, et nous ne nous sommes pas salués. Bien que nous soyons restés debout à nous dévisager mutuellement pendant plusieurs longues secondes, aucun des deux ne voulait voir l'autre ni être vu par lui. Nous étions pareils, lui et moi, et ça ne plaisait à aucun des deux. Je savais qu'il espérait que je croirais que la jeune femme était sa maîtresse et pas sa petite-fille ni sa nièce, et que je le verrais comme un vieux bouc [...]. De fait, j'espérais que la jeune femme était sa maîtresse, pas sa petite-fille ni sa nièce. [...] Pour la première fois, le problème m'apparaissait. Au bout d'à peine quatre jours de randonnée à une altitude relativement basse, j'avais rencontré ce moi véritable que je craignais: un homme qui pouvait aussi bien être un vieil imbécile qu'un vieux bouc.
Mais n'était-ce pas l'une des raisons, sinon la principale, pour lesquelles j'avais décidé d'entreprendre ce trek? Pour déterminer lequel des deux j'étais vraiment?
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fbalestasfbalestas   14 décembre 2017
il se peut que, du fait que mon amour pour Becky dépendait du besoin qu'elle avait de moi, mon amour ait eu moins de masse mesurable que son besoin mas davantage de moment cinétique. Il était donc inévitable qu'il atteigne sa vitesse de libération. Et cela je l'avais su dès le jour où nos plans orbitaux s'étaient croisés. Pendant le restant de mes jours, j'en éprouverai le regret - non pas celui de la différence de force et de moment cinétique entre mon amour pour Becky et le sien pour moi, mais celui d'avoir décelé ces différences depuis le début, d'en avoir pris la mesure et, pourtant de m'être comporté comme si je n'en avais aucune idée. Il devrait exister un corollaire au conseil de Nelson Algren : n'épouse jamais quelqu'un qui a davantage besoin de toi que toi d'elle - ou de lui. Tu lui causeras plus d'ennuis que tu n'en as.
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sweetiesweetie   20 mai 2018
On ne fait pas l'ascension d'une montagne pour la conquérir mais pour être ainsi soulevé au-dessus de la terre jusqu'au ciel. C'est ce que savaient les anciens bouddhistes et les Incas, peut-être ce que savaient aussi tous les peuples d'autrefois. Gravir une montagne, c'est ce qui permet d'embrasser le ciel et d'y entrer en gardant son corps intact, encore relié à la terre : on vole dans les airs tout en ayant les pieds au sol et la tête et les mains dans le ciel. C'est une façon de s'entraîner non pas à mourir, mais à toucher la mort même - une façon de rencontrer les dieux à égalité.
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michelekastnermichelekastner   30 août 2017
Je me demandais vaguement si ces points lumineux n'étaient pas des lucioles, lorsque j'ai tout d'un coup saisi que c'étaient des maisons, espèce d'abruti, des maisons où de vraies gens mènent de vraies vies - des centaines de minuscules cabanes d'une seule pièce, en parpaings et torchis surmontés de tôle ondulée, éclairées par des bougies et des lampes à pétrole qui fument, où des hommes, des femmes et des enfants étaient plongés dans une réalité totalement différente de la mienne et dans un monde tout aussi subjectif que le mien dont l'existence et les rêves faisaient honte à la facilité et au luxe des miens. Au bout du compte, leur vie intérieure, tout comme leurs rêves, m'était inaccessible. Peut-être en avait-il toujours été ainsi, mais d'une certaine façon, à ce moment-là, ma propre vie intérieure et mes rêves me sont devenus également inaccessibles. Comme s'ils appartenaient à quelqu'un d'autre. Comme si c'étaient ceux d'un inconnu et que, personnellement, je n'en avais pas.
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brumairebrumaire   24 mars 2018
Certes, ici, le monde naturel avait été préservé, mais le voir d'aussi près vous rend conscient du fait que vous en avez un besoin absolu , et cela peut vous briser le coeur. La préservation de ce minuscule bout de planète vous donne à comprendre que le reste de la planète a été détruit et qu'on ne pourra pas le faire revenir. Pour moi, l'évènement majeur a été de voir le tchitrec. C'est cela qui m'a brisé le coeur. Je n'arrivais à dépasser le fait qu'il n'en reste que quarante couples sur terre, tous dans l'île lointaine de La Digue, et que l'un de ces oiseaux avait gazouillé sur une branche de flamboyant juste devant moi.
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Russel Banks lors de la présentation de "Un membre permanent de la famille".
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