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ISBN : 2258118417
Éditeur : Les Presses De La Cite (07/04/2016)

Note moyenne : 3.27/5 (sur 26 notes)
Résumé :
Sur les indications de son amie Lilou Breval, journaliste à Ouest-France, notre "caféinodépendant" commissaire Dupin, en repérage le long des canaux, est la cible d'une fusillade. Le lendemain, un cadavre flotte entre deux eaux : Lilou a payé sa curiosité de sa vie. Dupin enquête alors sur de mystérieux tonneaux en plastique bleu aperçus par la journaliste. Que cachent-ils ? Interrogatoires de témoins et de professionnels se succèdent. Céline Corbier, responsable de... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (11) Voir plus Ajouter une critique
Aela
  25 avril 2016
Son nom d'auteur est Jean-Luc Bannalec mais son véritable nom est Jörg Bong, écrivain d'origine allemande qui nous fait partager dans ses livres son amour de la Bretagne.
Le commissaire Dupin, que nous retrouvons dans ce troisième volet, a quitté Paris pour rejoindre la Bretagne.
Il est alerté par une journaliste locale sur la présence de mystérieux barils bleus dans le "Gwen Ran", le pays blanc, où s'étendent les marais salants de Guérande.
Quels sont les enjeux autour de la production du sel? Comme dans bien d'autres activités, l'heure est au regroupement et une grande entreprise est en passe de racheter les petites entreprises détenues par les paludiers traditionnels.
L'enquête sera menée tambour battant auprès des propriétaires de salines, de la directrice du Centre du Sel, et d'une jeune chimiste.
L'occasion de parcourir avec cette enquête tout ce magnifique pays du Golfe du Morbihan et son arrière-pays. Un plongée dans les magnifiques îles du Golfe dont la célèbre Ile-aux-Moines.
Après une première enquête sur un tableau de Gauguin (« Un été à Pont-Aven« ), puis une seconde dans le milieu des sports nautiques (« Etrange printemps aux Glénan« ), cette troisième aventure est à la hauteur des précédents tomes. Une lecture très agréable et qui donne une belle image d'une de nos plus belles régions.
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beatriceferon
  01 février 2019
C'est le soir que Dupin s'aventure imprudemment dans le labyrinthe des salines. Son amie, la journaliste Lilou Bréval lui a demandé de repérer d'étranges barils de plastique bleu qui, à première vue, n'ont rien à faire à cet endroit.Tandis qu'il avance sur l'étroit chemin qui sépare les bassins, le commissaire est pris pour cible par un tireur invisible. Il ne doit son salut qu'à un hangar providentiel dont les collègues de l'endroit viennent le déloger. Une bizarre enquête s'annonce, où Dupin, qui ne sait pas très bien ce qu'il cherche, est obligé de faire équipe avec l'autoritaire Sylvaine Rose.
C'est à la télévision que j'ai découvert Dupin dans une médiocre série allemande tirée des oeuvres de Jean-Luc Bannalec. Mais, si les téléfilms ne m'ont pas convaincue, les romans, eux, me plaisent beaucoup. Après « Un été à Pont-Aven » et « Étrange printemps aux Glénan », je me précipite sur « Les marais sanglants de Guérande ». Il me faut une pause réconfortante après le pensum que je viens de m'infliger, une lecture rebutante que je suis obligée de mener à terme pour mon comité de sélection.
Ces marais ne me sont pas étrangers. Je les ai traversés pendant des vacances, il y a longtemps déjà. Aussi, contrairement aux deux premiers volumes, je peux visualiser les lieux.
Dupin, je l'aime de plus en plus. Si ses journées semblent compter quarante-huit heures au moins, il prend tout de même quelques minutes, de temps en temps, pour profiter du paysage de son pays d'adoption (c'est un Parisien muté en Bretagne). « L'atmosphère particulière des lieux était renforcée par l'opulence presque outrageuse du coucher de soleil, aussi présent dans le ciel que sur l'eau. Une palette extravagante des tons les plus variés, allant du violet au rose, de l'orange au rouge. »
Le plus souvent, au cours d'une enquête, et plus particulièrement dans celle-ci, il n'a pas le temps de manger. Aussi, il est obligé de se rabattre sur quelques maigres caramels au beurre salé pour en tirer un peu d'énergie, lui permettant de ne pas défaillir d'inanition. Et pourtant, Dieu sait s'il est gourmand ! Il se console en se promettant des festins, principalement à « L'Amiral » son restaurant préféré. Il fait alors saliver le lecteur en lui détaillant les plats fort alléchants qu'il a envie de déguster.
Je relève des similitudes entre lui et moi. Ainsi, il a l'habitude de dresser un index des noms des gens qu'il rencontre pendant ses investigations, à la fin des carnets rouges dans lesquels il griffonne ses notes. Pour ma part, j'écris à la dernière page du volume les personnages que je croise au fil de ma lecture. Comme moi, il aime les rituels. Lorsqu'il retourne plusieurs fois dans un établissement, il veut toujours s'installer à la même table. A la mer, il me faut MA place de parking et à l'hôtel, MA table de petit déjeuner. Si un intrus les occupe, je grogne et je suis de mauvaise humeur.
Comme moi, il aime le café et ne peut pas commencer une journée sans en boire quelques tasses.
Comme moi, il est rebuté par les nouvelles technologies. Il a dû se résoudre à accepter un smartphone, puisque l'ensemble du commissariat en a été équipé, mais, à la différence de le Ber et Labat, qui l'ont pris comme un cadeau du ciel, lui le jauge d'un oeil noir et « gardait encore en tête la vision traumatisante du petit écran affichant "erreur système". » On dirait moi et mon fichu ordinateur qui n'en fait qu'à sa tête et en profite pou me jouer mille tours pendables, alors qu'il devient perfidement docile dès que mon mari s'en approche !
Dupin affectionne ce qui sort de l'ordinaire. Il voue une grande affection aux pingouins, manchots et hippocampes.
Comme il vient de Paris, il ne veut pas qu'on le regarde en étranger et met un point d'honneur à se « bretonniser ». Il suit attentivement les « leçons » de Nolwenn, son assistante, qui lui explique coutumes et légendes pour le plus grand profit du lecteur curieux.
L'auteur (de son vrai nom Jörg Bong) a dû suivre le même chemin que son héros. Il est intarissable dans les descriptions d'endroits singuliers et pittoresques. Il explique le sens de certains toponymes et cite volontiers proverbes et expressions celtiques.
Au fil de son enquête, Dupin se passionne, bien évidemment, pour la production de « l'or blanc » et nous apprend énormément de choses qui m'intéressent, car, moi aussi, je ne jure que par le gros sel gris de Guérande ou la précieuse fleur de sel.
De temps en temps, Dupin est distrait de ses préoccupations par un kangourou farceur échappé d'un parc animalier et qu'on s'attend, à tout bout de champ, à voir bondir dans la campagne, qui semble lui convenir et lui rappeler le climat de son Australie natale.
Ce roman m'a donc énormément plu. J'y ai appris une foule de choses étonnantes et je l'ai dévoré.
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yv1
  07 mai 2016
Pour ceux qui prendraient cette série en cours, je rappelle, d'une part qu'ils peuvent se reporter à mes recensions concernant les deux tomes précédents (Un été à Pont-Aven et Étrange printemps aux Glénan) et d'autre part qu'elle est écrite par un auteur allemand tombé amoureux de la Bretagne, qui use donc d'un pseudonyme et qui est traduit par Amélie de Maupeou.
En fait quand je dis que JL Bannalec est tombé amoureux de la Bretagne, c'est un euphémisme tant parfois son emballement pour cette région et particulièrement le Golfe du Morbihan frôle la brochure publicitaire. J'aime beaucoup également la Bretagne, je me sens même y appartenir -même si je vis à Nantes et que nous ne sommes toujours pas raccrochés à la Bretagne, mais dans une espèce de région bizarre, hétéroclite, les Pays de la Loire qui peine et peinera sans doute longtemps à se forger une identité forte-, mais sur quelques pages, l'auteur fait plus dans le guide touristique, la description dithyrambique au risque de saouler le lecteur. Il faut qu'il arrête sinon, la Bretagne va être envahie de hordes d'Allemands et de Parisiens tous les étés... Plus sérieusement, ce qui est un peu agaçant, c'est que sur deux ou trois pages, il aligne chiffres de pluviométrie, d'ensoleillement,... histoire de bien montrer que le Golfe du Morbihan c'est la côte d'Azur bretonne, c'est long, assez mal fait, pas subtil. Tout comme dans d'autres domaines, certains dialogues, ou répliques attendus, pas finauds :
"- Oui, nous serions dans un polar, ce serait le moment où...
- Nous ne sommes pas dans un polar, le Ber." (p.271)
De grosses ficelles donc pour un polar qui tourne en rond pendant toute sa première partie autour des paludiers indépendants de Guérande, de la coopérative qui en regroupe d'autres, de la société le Sel qui veut tout racheter et tout contrôler (par contre, vous ressortirez de ce bouquin avec un exposé complet sur le sel de Guérande, le meilleur du monde, évidemment, mais là, il a raison JL Bannalec). Là aussi, où le temps ne s'écoule pas au même rythme que dans les villes, le sel n'étant récolté -et non produit- que grâce à l'action du vent et du soleil, le profit, les magouilles, les jalousies sont parvenues à entrer. Les commissaires Dupin et Rose n'avancent pas, mais la balade est belle, j'aime beaucoup Guérande, le Croisic toute cette côte sauvage et puis aussi le Golfe du Morbihan ; la prochaine fois que j'y vais j'emporte ce livre, il me servira de guide, le commissaire Dupin a de bonnes adresses de restaurants.
Pendant qu'on se balade, l'enquête piétine et Dupin trépigne obligé qu'il est de seconder la commissaire Rose au demeurant fort efficace et au courant de tout. Puis, enfin, lorsque Dupin retrouve sa méthode : "Il passait chaque élément de l'enquête en revue et le combinait avec des informations nouvelles. Cette manière de laisser son esprit former librement des associations d'idées avait toujours porté ses fruits, et il défiait quiconque de trouver meilleure méthode pour arriver à un résultat cohérent. Il suffisait de persévérer, de fouiller chaque détail, partout, sans cesse." (p.285), tout s'emballe et le final prend une autre tournure, une autre dimension. Reste que ce polar est un poil pèpère, que je le conseille parce qu'il est finalement plutôt très agréable mais si vous aimez l'adrénaline, vous faire peur en lisant, les trépidations, les rebondissements, les courses-poursuites, le sang qui gicle, les autopsies en direct, les descriptions de cadavres, le suspens haletant quitte à se faire du mal, eh bien ce polar n'est pas pour vous, ou alors si, pour vous reposer entre deux thrillers éprouvants.
Lien : http://lyvres.fr
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Melcleon
  25 août 2017
Démontrant par l'absurde, en quelque sorte, l'adage "Nul n'est prophète en son pays", Jean-Luc Bannalec, pseudo d'un auteur allemand, prouve que ce sont souvent les étrangers qui parlent le mieux d'un pays qui n'est pas leur pays de naissance. Et ça se comprend : si vous êtes français, et à fortiori breton, certains particularismes, certains usages observés depuis votre plus jeune âge se sont ancrés en vous au point de devenir une seconde nature. Mais un Allemand aimant la Bretagne adorera aussi, ipso facto, ses particularismes, que des maîtres divers lui auront enseignés, et n'aura de cesse de s'en faire le zélateur. Dans cette série de romans policiers qui tiennent par moments du guide touristique, l'auteur, par la bouche du commissaire Dupin (étranger lui aussi puisque parisien d'origine !), célèbre presque outrageusement la Bretagne, ses légendes, ses paysages, ses produits. En l'occurrence, dans ce troisième épisode, c'est Guérande et son or blanc qui sont à l'honneur, succédant à Pont-Aven et son "école" de peintres et à l'archipel des Glénan et son école de voile.
Ça commence fort, d'ailleurs, pour le commissaire puisque dès les premières pages il est pris pour cible par un tireur embusqué alors qu'il cherche à repérer dans le dédale des salines les hypothétiques barils bleus que lui a signalés une amie journaliste. À Guérande, Dupin est loin de sa base de Concarneau : il devra faire équipe avec sa collègue commissaire du secteur, aux méthodes paradoxalement moins intuitives, plus carrées mais tout aussi efficaces. Dans cette enquête, le sel se révélera peut-être accessoire, au bout du compte, mais au moins on sera devenu quasiment incollable sur le sujet.
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Sharon
  16 juillet 2017
Derrière le pseudonyme se cache un auteur allemand, tombé amoureux de la Bretagne. Cela se sent à la lecture et parfois, franchement, j'avais bien envie de sauter des pages tant j'avais l'impression de lire un guide touristique spécialisé dans la géographie et les légendes bretonnes – sachant, de plus, que la majorité de l'action se situe en Loire Atlantique. Il faut passer outre, de même qu'il faut passer outre le fait que le commissaire est complètement accro au café – j'ai renoncé à compter le nombre de tasse de café qu'il ingurgite et qui sont, selon lui, nécessaires au bon déroulement de l'enquête.
Au début, le commissaire s'était mis dans de sales draps. Il avait accepté le rendez-vous d'une amie journaliste, et voilà qu'il se trouve pris au milieu d'une fusillade, puis au milieu d'un groupe de policiers pas vraiment satisfaits de voir un collègue venir sur leur territoire. La situation devient plus dramatique encore quand Lilou Bréval est retrouvée assassinée, preuve s'il en est qu'elle avait trouvé quelque chose de gênant – mais quoi ? Elle était une journaliste intègre, et, pour Dupin, il est hors de question que son travail reste ignoré.
Il a de la chance : la commissaire chargée du dossier veut bien faire équipe avec lui – une guerre d'égo en haut lieu facilite les rapprochements. Il pénètre alors dans le monde des paludiers, entre savoirs ancestraux, rivalités et modernités – pour ne pas dire sabotage aussi. Tous les coups semblent permis, tant l'or blanc suscite des convoitises. Plus les enjeux financiers sont importants, plus les tentations sont grandes, ainsi que les risques, pour ceux qui ne voudraient pas plier.
Enquêter est un travail d'équipe – et heureusement, les équipes sont soudées, efficaces. Identifier le ou les coupables n'est pas si simples, surtout quand les suspects n'ont pas la gentillesse d'avoir des alibis en or blanc massif.
Les marais sanglants de Guérande – une enquête pour les amoureux de la Bretagne.
Lien : https://deslivresetsharon.wo..
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Citations et extraits (9) Voir plus Ajouter une citation
AelaAela   25 avril 2016
Dans le Gwen Ran, il suffisait de s'élever de quelques mètres pour jouir d'un panorama impressionnant. La visibilité à cent quatre-vingts degrés offrait au regard une véritable plongée dans les paysages étranges et magnifiques des marais salants, dans les prairies alluviales aux teintes verdâtres et dans le lagon turquoise.
Elle montrait également Kervalet, Batz-sur-Mer et Le Croisic, avec son église carrée. Dupin avait du mal à en détacher le regard.
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AelaAela   25 avril 2016
Il était bien conscient d'enfreindre tous les règlements de sa profession et avait même ressenti une pointe de scrupule en roulant vers la saline, ce qui n'était vraiment pas son genre.
Il n'avait rien à faire ici. D'un point de vue administratif, le département de Loire-Atlantique, où se trouvaient les salines, ne faisait plus partie de la Bretagne.
Dans les années 1960, en effet, il avait été "arraché" aux Bretons au cours de réformes administratives vécues par beaucoup comme de véritables "violences légalisées".
Du point de vue de la culture, de la vie quotidienne et des mentalités, cependant, le département demeurait parfaitement breton.
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rkhettaouirkhettaoui   21 avril 2018
Il avait été retenu par d’ennuyeuses tâches administratives, formulaires en tous genres et obligations bureaucratiques – toutes ces contraintes pénibles qui, contrairement à ce qu’on apprenait dans les films et les romans, composaient en grande partie la vie d’un véritable commissaire : déposer une demande de nouveaux véhicules pour ses deux inspecteurs, lire les nouvelles directives d’utilisation de véhicules de fonction au sein de la police – un document de vingt-huit pages en police de caractères 9, avec un interlignage quasi inexistant.
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rkhettaouirkhettaoui   21 avril 2018
Il se réjouissait déjà de savourer un copieux bœuf bourguignon avec d’épais lardons et de tendres champignons qui auraient mariné pendant de longues heures dans un excellent vin rouge. La viande serait tellement tendre qu’on pourrait la manger à la petite cuiller. C’était censé être une surprise, mais il doutait que Claire serait dupe : comme d’habitude, il n’avait pas pu s’empêcher de lâcher un indice après l’autre. Il avait prévu d’attraper le train de treize heures quinze, qui le déposait à Paris à dix-huit heures.
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sld09sld09   22 juillet 2017
C'était également la désignation bretonne qui s'était imposée pour nommer la table de pierre que l'on trouvait partout dans le monde : le "dolmen", construction composée d'énormes blocs de pierre brute qui servait généralement de sépulture. On en voyait davantage que de menhirs ou de cromlec'hs, et ils passaient pour être le domicile favori des fées.
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