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ISBN : 2221199189
Éditeur : Robert Laffont (30/03/2017)

Note moyenne : 4.01/5 (sur 39 notes)
Résumé :
Zwak, Afghan, dix-sept ans et l'air d'en avoir treize, un QI de 160, et la rage au coeur depuis que son père a été une " victime collatérale " des Occidentaux. Devant son ordinateur, il a programmé un jeu d'un genre nouveau. Un jeu pour de vrai, avec la France en ligne de mire. Et là-bas, en Syrie, quelqu'un a entendu son appel...
De Kaboul au désert de la mort, des villes syriennes occupées par les fanatiques de l'Etat islamique à la Turquie et la Roumanie,... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (31) Voir plus Ajouter une critique
BlackKat
30 mars 2017
Tout d'abord, je remercie NetGalley et La Bête Noire de Robert Laffont pour l'envoi de ce roman!
Quel plaisir, mais quel plaisir de retrouver le qomaandaan Oussama Kandar, chef de la Crim de Kaboul, sniper exceptionnel et ancien compagnon de Massoud!
Quand Oussama est appelé sur les lieux d'un assassinat taxé de banal dans un bidonville de Kaboul, la découverte de quelques feuillets noircis d'équations mathématiques et d'une carte de Paris met le feu aux poudres.
C'est étrange, et surtout très inquiétant!
Il faut faire vite, prévenir la commissaire française de la DGSI, Nicole Laguna, avec qui Oussama avait déjà coopéré dans l'excellent Baad.
Crimes il y a et morts innombrables il y aura si l'enquête échoue! Une enquête anti-terroriste à 1.000 à l'heure à travers l'Afghanistan et toute l'Europe pour empêcher un attentat d'ampleur inégalée jusqu'à présent, sur Paris!
Ce roman est flippant parce que tellement réaliste! Anxiogène parce que ancré dans l'actualité. le terrorisme frappe sans prévenir, les coeurs, les corps et les esprits.
C'est une guerre qui ne porte pas son nom quand ce sont des civils innocents qui sont touchés et surtout parce que nous, occidentaux, portons la culture de la vie alors que les terroristes utilisant Allah pour bouclier ont le culte de la mort.
Un roman trépidant, avec un suspens allant crescendo au fil du décompte des chapitres qui nous rapprochent de la date fatidique du 02 Mai. On retient son souffle et on tourne les pages en tremblant (oui, même si c'est une édition numérique!) parce que c'est du lourd: un génie se cache parmi les méchants, son plan semble infaillible et l'issue inéluctable!
Mais l'action, c'est bien pour les montées d'adrénaline mais ce n'est pas tout! Il y a de la réflexion derrière. de la réflexion et des questionnements!
Cédric Bannel possède une connaissance très pointue de l'Afghanistan et son analyse est très fine sur les luttes intestines auxquelles se livrent ce pays, ainsi que ses voisins. La haine se transmet de génération en génération, nourrit sans cesse les esprits tordus, alimentent les réactions plus ou moins désintéressées des pays occidentaux provoquant sans discontinuer des réactions toujours plus meurtrières. Il ne semble pas y avoir de fin possible…
Il nous alerte, avec le personnage de Zwak, sur le fait que les terroristes de tout poil ne sont pas à sous-estimer.
Si le choc culturel nous laisse apparaître les islamistes comme une bande de fous barbares, Cédric Bannel nous montre qu'en fait, les djihadistes et l'État islamique sont très organisés, que si leurs bras armés sont malades ou vus comme tels, leurs têtes pensantes, elles, peuvent être très intelligentes, posées, prévoyantes et calculatrices.
Le plan que Zwak mûrit est démoniaque, pensé jusqu'au détail le plus minuscule. Son côté autiste, dénué de toute émotion, rend la situation encore plus glaçante. Ce personnage est fascinant parce qu'il est jeune et qu'à travers lui, le lecteur peut appréhender les raisons qui poussent les jeunes à s'engager dans des groupes extrêmes comme DAESH.
Mais réelle foi, manipulation ou esprit de vengeance, Zwak est le seul à savoir et malgré sa fragilité, saura naviguer entre ces fanatiques totalement imprévisibles et incontrôlables!
Il a tout d'un ado « normal » avec son addiction aux jeux vidéos mais peut-on vivre dans la normalité quand le monde réel n'est perçu que par la succession de « level » à passer?
Qui dit « terroriste » dit « lutte contre le terrorisme » et ce roman qui nous balade à travers l'Europe, à partir de pays sous haute surveillance internationale, aborde également le sujet de la coopération des pays européens et américain dans cette lutte nécessaire. L'auteur survole les difficultés d'harmonisation des droits de l'homme entre les différentes parties, le souci d'informations et d'interaction entre les nombreux organismes d'état engagés dans cette entreprise ardue. Vaincre les fous d'Allah est loin d'être aisé!
Le mal est partout mais toujours et encore au coeur de l'Afghanistan, pays superbe mais meurtri par des décennies de guerre, souillée par les extrémistes, gangréné par la corruption et la pauvreté.
Avec les déboires de Malalai, l'épouse d'Oussama, on ressent le malaise de certains Afghans quant à l'évolution de leur pays. L'horizon s'assombrit mais faut-il pour autant baisser les bras?
Le retour d'Oussama dans sa région natale, le désert de la mort, est aussi le témoignage de l'évolution des peuples nomades commes les Baloutches, forcés de s'adapter au monde moderne au détriment de leurs traditions ancestrales sous peine d'extinction.
Et quand cette adaptation dans un territoire au coeur du Croissant d'Or passe par la culture du pavot et le trafic d'opium, on ressent à travers la tristesse d'Oussama que l'avenir, s'il est matériellement florissant, marque le deuil spirituel de toute un peuple.
Entre Malalai en Afghanistan et ses doutes grandissant, et Nicole en France que les fantômes de Baad poursuivent et risquent de rattraper, nous avons peut-être là les prémices du prochain roman à venir… to be continued…
Juste un mot sur l'image de la couverture: elle illustre un moment bref mais fort du roman alors merci pour ce choix réfléchi, elle est magnifique!
Le style de l'auteur m'a encore une fois transportée! Entre fiction (oui, oui, il faut que cela reste de la fiction!) et fondements réels, je suis restée scotchée dès la première page! Et malgré l'angoisse et la paranoïa engendrées par le simple mot de « terrorisme islamique », Cédric Bannel dépeint un pays qu'on arriverait presque à aimer… je dis bien presque…
Vous êtes où, le 02 Mai? Mmmmhh, j'espère que l'aube ne sera pas noire…
Lien : http://livrenvieblackkatsblo..
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prvst
26 juin 2017
Brillant thriller politique, d'un réalisme puisant dans une sombre actualité, le 3ème tome des aventures du qomaandaan Oussama Kandar, chef de la Crim de Kaboul, ex-sniper et ancien compagnon de Massoud (débuté avec L'Homme de Kaboul) et de Nicole Laguna, commissaire française de la DGSI, (coopération dans B.A.A.D.) nous emmène d'un bidonville de Kaboul en France.
Kaboul Express, c'est le nom donné au réseau afghan de DAECH qui permet à l'Etat islamique de faire entrer en Syrie et en Irak des combattants expérimentés en provenance de l'Afghanistan et les zones tribales du Pakistan. Mais ce roman est aussi, un attentat d'une ampleur inégalée qui pèse sur Paris et qui aura lieu le 2 mai. Cet attentat est prémédité et organisé d'une main experte par un jeune afghan de 17 ans, Zwak, mathématicien hors pair, fan de jeux vidéo, victime collatérale des Occidentaux. Dénué de toute émotion, il n'a qu'un unique but, frapper et détruire la France. Il navigue entre les fanatiques de DAESH et de l'EIK. Ça fleure la manipulation et l'esprit de vengeance. La description précise de la préparation orchestrée par Zwak, semble criante de vérité. Mais pas de spoil !
A nouveau, Cedric Bannel, nous plonge aux frontières de l'actualité, dans un thriller anxiogène. Un bon page turner. Jour après jour, chaque chapitre de Kaboul Express est un pas vers la date fatidique. Une traque sous tension. le compte à rebours est lancé. Ce roman est réaliste et captivant. Comme d'accoutumé chez Bannel, sa connaissance de l'Afghanistan lui permet de poser une analyse fine de la situation d'un pays superbe mais bouffé par la corruption, envahit par la pauvreté, meurtri par des générations de guerre, en fait un pays à bout de souffle, coincé entre les talibans et les djihadistes. Ces derniers sont à la fois, organisés, méthodiques et barbares comme l'État islamique. Bannel sait, à travers son roman, dessiner les contours de ce pays à travers, les luttes intestines entre religions, entre les tribus. Il décrit véritablement le poids des traditions, celui de l'héritage de la haine, transmise de génération en génération. Il pose sans commisération, le sort abominable des femmes et fillettes yazidies. Par le questionnement de Malalai, l'épouse d'Oussama, il montre le trouble de certains Afghans quant à leur futur. Dans ce pays, où la corruption et les trafics en tout genre, certains, comme les Baloutches, peuple nomade d'où Oussama est issu, ont déjà du s'adapter au monde moderne en utilisant la maitrise de leur territoire pour la culture du pavot et le trafic d'opium.
C'est un thriller intelligent, documenté, et réaliste. Je me suis laissé emporter comme avec le précédent. La mécanique fonctionne à la perfection, sans aucune impression de redondance. C'est un roman addictif, au sein duquel les personnages passionnants (je n'ai pas écrit attachants) nous emmènent d'Afghanistan en Europe en passant par la Syrie, la Turquie. C'est une ballade, qui n'a rien d'une promenade de santé. On met les pieds dans une guerre où le mal est présent partout, où la lutte contre le terrorisme s'attache à trouver un équilibre, une compréhension entre ceux qui cultivent la vie et ceux qui vénèrent leurs martyrs, tout en oubliant parfois les principes de droit auxquels les occidentaux sont attachés. Bref, un thriller avec de grands relents d'actualité et de réalité.
A noter : les doutes de Malalai distillés dans Kaboul Express et les résurgences des actes commis par Nicole dans B.A.A.D. posent les prémices d'un quatrième tome à venir. Il va falloir patienter.
Lien : https://nigrafoliablog.wordp..
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mjaubrycoin
09 avril 2017
J'ai découvert Cédric Bannel avec l'excellent roman "BAAD" et je me faisais un réel plaisir de découvrir ce second ouvrage qui mettait en scène les deux enquêteurs dont le lecteur avait précédemment fait la connaissance l'afghan Kandar et la Française Laguna.
Ma déception a probablement été à la hauteur de mes attentes et je me suis demandée si la même plume avait été à l'oeuvre dans la rédaction tant le style m'a paru différent. Un texte lapidaire écrit au présent de l'indicatif sans aucun effort de style. Des phrases courtes, une efficacité "scénaristique ", les différentes parties qui se succèdent rapidement comme si une caméra passait d'une scène à l'autre dans l'adaptation pour le grand écran qui parait être le but poursuivi par l'auteur.
Les scènes de violence parsèment le récit et évoquent les belles heures de Gérard de Villiers quand la série SAS remplissait les contraintes éditoriales imposées (violence, sexe et accessoirement intrigue).
Comment ne pas penser également à la célèbre série télé 24 Heures Chrono qui a fait l'objet de tant de polémiques sur la pratique de la torture abondamment mise en avant.
Dans le monde décrit par Bannel, il y a bien sûr des "bons" et des "méchants", mais l'extrême violence des uns conduit à l'escalade pour les autres et c'est la haine qui reste le grand vainqueur de ce match, entraînant tous les protagonistes dans une spirale démoniaque.
En ce qui concerne le thème du roman, là, je dois dire que je me suis trouvée vraiment mal à l'aise avec ce choix et que mon émoi a été grandissant au fut et à mesure que je progressais dans ma lecture.
Bien sûr, les terroristes de tout poil n'attendent pas que les auteurs de romans policier leur fournissent des idées car ils en ont bien suffisamment comme cela! La description précise des différentes étapes de l'acte est glaçante parce qu'elle est plausible et même parfois criante de vérité. Choisir comme thème un attentat terroriste de grande ampleur dirigé contre Paris avec des moyens de mise en oeuvre qui permettraient de réaliser une véritable hécatombe(impossible d'en dire plus sous peine de spoiler), cela pose le problème de la responsabilité de l'auteur quand il prend le parti de verbaliser les pires craintes de nos contemporains. Faut-il envisager le pire pour conjurer la terreur ? Et nourrir les craintes légitimes qui ont déjà de bonnes raisons d'exister mais pourraient rapidement croître de façon exponentielle entraînant dans leur sillage un cortège de réactions susceptible de conduire aux pires extrêmismes ?
La menace terroriste existe bien et nous venons, une fois de plus, d'en avoir un exemple frappant avec l'attentat qui vient de viser Stockholm, cette paisible capitale nordique d'un pays non engagé dans une guerre lointaine, respectueux de la démocratie et des valeurs occidentales.
L'escalade de l'horreur parait ne jamais devoir s'arrêter avec l'utilisation de gaz mortels sur les populations civiles, et l'exemple de la Syrie est éloquent.
La littérature peut s'emparer de tous les thèmes et aucune censure ne saurait exister, chacun étant renvoyé à sa propre responsabilité, qu'il soit auteur ou lecteur. Utiliser le terrorisme comme matériau littéraire peut se révéler d'une utilité sociale évidente s'il conduit à mettre à distance les sentiments et émotions profondes pour laisser place entière à la raison . Je ne suis cependant pas certaine que Cedric Bannel parviendra à ce résultat avec ce nouveau livre.
On ne doit pas s'attendre, en lisant ce roman policier, à entrer dans le monde de bisounours, vous l'avez bien compris, et ceux qui en prennent le risque devront sous peine de passer quelques moments de pure angoisse, conserver une solide confiance dans nos institutions et dans leur capacité à résister au pire.
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Goewin
03 avril 2017
Coup de coeur ! Un livre impossible à lâcher avant la fin !
Je remercie NetGalley et les Éditions Robert Laffont qui m'ont permis de découvrir cet auteur. Cédric Bannel a multiplié les activités et les voyages ce qui lui a permis de connaître de l'intérieur les sujets qu'il aborde dans ses livres. Il connaît très bien l'Afghanistan et a créé le qomaandaan Oussama Kandar, un policier épris de justice et rempli d'idéalisme, chef de la Crim à Kaboul qui est souvent amené à travailler avec la commissaire parisienne Nicole Laguna de la DGSI. « Kaboul Express » est la troisième enquête des deux officiers. Je n'avais pas lu les deux premières mais cela ne m'a pas gêné pour la compréhension du texte, par contre cela m'a donné envie de découvrir leurs aventures antérieures.
Zwak a 17 ans mais sa petite taille et sa minceur le font ressembler à un collégien. C'est un surdoué des mathématiques qui ressent peu d'émotions et n'éprouve aucun besoin de communiquer avec ses semblables. Il passe la majeure partie de son temps à jouer à des jeux vidéos. Il a décidé de rejoindre Raqqa, le fief de Daech en Syrie : le 2 mai, grâce à son plan, Daech frappera Paris en plein coeur et elle deviendra la « Ville des Cendres ». Zwak ne croit pas vraiment en Allah mais il est habité par la haine, il veut venger la mort de son père et de son beau-père.
Le 18 avril, Kandar et ses hommes découvrent sur une scène de crime à Kaboul un plan de Paris ainsi que plusieurs papiers recouverts d'équations et de texte dans une langue inconnue. Ils vont envoyer le tout à Nicole. Après décryptage, ils pensent avoir affaire à un scientifique de classe mondiale qui écrit à l'envers comme Léonard de Vinci. Un attentat d'une grande envergure avec une bombe absolument énorme doit être commis le 2 mai. Une course contre la montre s'engage pour tenter de le prévenir et d'arrêter les terroristes avant qu'ils n'exécutent leur projet.
Cédric Bannel maîtrise le page turning à la perfection. Nous suivons pas à pas, jour après jour, l'avancée des terroristes ainsi que les progrès de Kandar et Nicole dans leurs recherches. L'auteur alterne les paragraphes les concernant. Chaque page tournée nous en apprend un peu plus sur chacun des personnages et c'est passionnant et totalement addictif. le dépaysement est total et c'est tellement bien décrit que j'ai eu l'impression de me retrouver dans les rues de Kaboul ou encore dans les montagnes ou le désert de la mort. Mais l'auteur nous emmène également en Syrie, en Turquie et en Roumanie sur la trace des fanatiques de l'État islamique. Kandar et Nicole parviendront-ils à les arrêter à temps ?
Cédric Bannel nous offre un roman policier d'autant plus captivant qu'il est réaliste et colle à l'actualité. On découvre la vie des afghanistans, leur culture, leurs croyances et je pense que ce sont les femmes qui paient le plus lourd tribut à la guerre et à l'Islam. Malalai, l'épouse de Kandar, est une femme d'un courage extraordinaire. Gynécologue exerçant dans un hôpital, elle risque sa vie tous les jours en refusant de porter le voile, elle cache son agnosticisme qui lui vaudrait la mort si elle était découverte…
Le sort des femmes et fillettes yazidies considérées comme adoratrices du diable est une horreur : quand elles ne sont pas massacrées, elles font l'objet de viols répétés, tortures psychologiques. Daesh en fait des esclaves sexuelles et les offre à ses combattants. Je suis toujours frappée par cette hypocrisie qui leur fait donner des leçons de morale au monde et leur comportement abject avec les femmes. Ils prient puis ils violent, torturent…
J'aime beaucoup le personnage d'Oussama Kandar. Alors que tout autour de lui, le passage à tabac et la torture sont de rigueur lors d'un interrogatoire, il est vraiment une exception. Il a de très forts principes moraux et est contre la torture. « Il ne tue jamais personne qui ne soit en situation de se défendre ». Cela dit, ses hommes torturent et tuent dans son dos… C'est également un homme qui a su rester humble, tout simple, alors que dès que l'on dit son nom, il est accueilli partout comme un héros, un sniper qui est connu de tous.
J'aurais encore énormément de choses à partager tant ce livre est d'une richesse extraordinaire. Aussi je crois que le mieux, c'est que vous vous le procuriez et ainsi vous pourrez le découvrir vous-mêmes.

Lien : http://au-pays-de-goewin.ove..
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metreya
03 juin 2017
Il est étonnant que des romans à succès comme Kaboul Express ou Pukhtu Primo décrivent avec autant de réalisme, quasi journalistique, et même en fait bien plus dense qu'aucun article de presse, les tourments géopolitiques qui sont largement ignorés par les médias du monde. Qui parle encore de l'Afghanistan ? C'est pourtant là que ce joue une grande partie de notre avenir.
Kaboul Express, c'est le nom que l'on donne à la filière afghane qui permet aux djihadistes de ce pays d'aller le plus vite possible rejoindre leurs « frères » au pays du Sham, c'est-à-dire l'Etat islamique. Les combattants afghans sont réputés, aussi ceux qui veulent rejoindre Daesh sont choyés et sont prioritaires pour rejoindre la Syrie. C'est la cas de Zwak (drôle de nom), un adolescent Asperger, disciple de Léonard de Vinci (!), né dans le désert du Balouchistan et qui rejoint Daesh pour se venger des Français qui ont assassiné son père, tranquille trafiquant. le personnage de Zwak est peu attachant, comme lui-même, étranger au monde qui l'entoure, absolument pas fanatique religieux, même s'il utilise les moyens gigantesques des djihadistes pour finalement faire coïncider sa vengeance personnelle avec les projets destructeurs de la secte.
Les deux autres personnages principaux sont ceux de Nicole Laguna et de Oussama Kandar, policiers français et afghan. Ce sont des personnages récurrents de Cédric Bannel, et il vaut mieux avoir lu les autres livres de l'auteur avant pour comprendre une petite partie de l'intrigue, le fait que Nicole Laguna est au centre d'une enquête pour le meurtre d'un djihadiste. En tant que lectrice néophyte de cet auteur et n'ayant pas lu les autres livres, cette partie du roman, que j'avais du mal à comprendre, m'a gêné. Mais je comprends tout à fait que l'auteur veuille faire des ponts entre ses livres, pour créer une série et un attachement de ses lecteurs les plus fidèles.
L'autre personnage est Oussama, ancien sniper d'élite des troupes du Commandant Massoud, il est le chef de la police de Kaboul. J'avoue que j'ai eu du mal à croire à la possibilité de l'existence à Kaboul d'un tel policier, honnête, brave, aimant sa femme médecin, moderne et entouré d'une équipe totalement intègre. C'est sans doute mon expérience dans cette région où la corruption et les trafics en tout genre sont communs qui me fait douter de la réalité d'un tel ensemble ! J'ai trouvé que c'était là un point faible du livre, surtout comparé au réalisme brut et sans concession de DOA.
Par contre, la force du livre et de l'auteur c'est l'évocation puissante à la fois des méandres administratives du renseignement français et surtout de l'hydre qu'est Daech. J'ai trouvé que l'on entrait vraiment profondément dans la compréhension de l'organisation de l'EI et surtout de sa cruauté, de sa bêtise et de sa barbarie. En particulier l'inhumanité absolue de Daech vis-à-vis des captifs yézidis et surtout des jeunes femmes, esclaves sexuelles des terroristes… c'est glaçant. Et également l'impeccable hiérarchie de la secte et son organisation au cordeau, qui fait diablement penser à ce que les livres d'histoire nous décrivent du nazisme !
Le livre est en fait l'histoire d'une traque entre l'Afghanistan, la Syrie, la Turquie et l'Europe. Un traque qui ne peut pas échouer. Une traque qui doit aussi faire fi des principes moraux sur lesquels pourtant nos pays occidentaux croient encore s'appuyer. On a beaucoup critiqué les Etats Unis au moment de l'invasion de l'Afghanistan, les prisons, Abou Graïb, Bagram, etc… Mais ce genre de livre nous met le nez sur notre propre réalité, celle que l'on évoque que rarement dans les médias, qui est que pour déjouer des attentats, il est évident qu'il faut se salir les mains. Qu'il faut même aller jusqu'à renier ce que l'on est, ce que l'on croit, ses propres valeurs. C'est le sens même de la dernière phrase du livre :
« On ne fait pas leur métier si on ne veut pas être confronté au mal : on prend acte de son existence, on le combat souvent, on le commet aussi, parfois. »
Lien : http://wp.me/p4XEVi-mQ
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Citations & extraits (13) Voir plus Ajouter une citation
granadagranada31 mars 2017
Pour notre peuple, il n'existait que deux voies, toutes deux sans issue: rester pauvres sous nos tentes , comme les nomades kuchis le font, et voir nos jeunes nous quitter les uns après les autres. Ou fuir vers les villes et nous retrouver dans des masures misérables, loin de tout ce qui fait notre raison d'être: les grands espaces, la liberté... Oui notre peuple était en train de disparaître, de perdre ses coutumes. Alors nous avons décidé de nous adapter en choisissant une troisième voie. Celle de l' opium.
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Lilou08Lilou0817 avril 2017
Et puis mon frère et deux de ses fils ont été tués.
— Par les Américains ?
— Oui. Un missile tiré du ciel. Inch Allah, que Dieu les punisse tous ! Ils étaient mauvais.
— Ils étaient talibans, n'est-ce pas ?
— Oui. – L'oncle donne un coup de poing sur le sol. – Allah soit loué pour leur mort, je hais les talibans !
Il se tait soudain, comme s'il avait peur d'avoir prononcé ce mot.
— Que s'est-il passé ensuite ? insiste Oussama d'une voix douce.
+ Lire la suite
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ADAMSYADAMSY03 avril 2017
Certains, dans la salle, sont encore étonnés de ce qui se déroule sur le sol de leur pays, autrefois douce France. Une guerre pourrie qui ne dit pas son nom, menée par des hommes et des femmes qui veulent détruire la civilisation qui leur a tant donné, à eux et à leurs pères. Une guerre qui ne devrait pas s'y dérouler.
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BlackKatBlackKat30 mars 2017
L'homme obtempère. Première victoire, minuscule, mais un interrogatoire réussi est une suite de microsuccès. Chacun doit en amener un autre, afin de banaliser le fait de coopérer et de pousser insensiblement le suspect à abandonner ses défenses.
C'est un art difficile dans lequel Nicole excelle (...)
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Lilou08Lilou0817 avril 2017
Merwais, Zwak et lui se trouvent dans une échoppe minable transformée en centre local de Daech. La prise presque totale de Mossoul et les frappes de la Coalition ont poussé le califat à éparpiller ses cadres dans des centaines de lieux anonymes, vidant les anciens QG du régime qu'il avait réquisitionnés partout où il s'était implanté. Leur planque sent la viande avariée, mais elle est sûre et bien équipée.
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Videos de Cédric Bannel (16) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Cédric Bannel
Entretien avec Cédric Bannel à l'occasion de la rencontre entre l'auteur et les lecteurs de Babelio.com, le 24 avril 2017 pour son roman Kaboul Express, publié chez Robert Laffont, ainsi qu'à l'occasion de la sortie en poche de son roman Baad, chez Points.
La page du livre : https://www.babelio.com/livres/Bannel-Kaboul-Express/928858
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