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EAN : 9782266285087
Pocket (03/05/2018)
3.97/5   226 notes
Résumé :
1875. Amedeo, enfant trouvé, grandit dans un orphelinat de Florence sous la protection du Dr Esposito. Devenu médecin à son tour, il s'installe à Castellamare, une petite île bordée au nord par les lumières de Syracuse et, au sud, par la mer à perte de vue. Amedeo gagne très vite la confiance des habitants grâce à la finesse de ses diagnostics et à ses bons soins. Il entame une liaison avec Carmela, la femme du comte de l'île et maire du village. La Première Guerre ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (76) Voir plus Ajouter une critique
3,97

sur 226 notes

jeunejane
  30 mai 2018
Une histoire plus que passionnante que celle d'Amedeo Esposito qui arrive comme médecin sur la petite île de Castellamare, en face de la Sicile.
Il va y fonder sa famille et nous faire vivre à travers elle et les habitants toute l'histoire italienne du bout de son pays depuis le début du 20ème siècle jusqu'au début du suivant.
De l'amour, de l'hostilité, de la fraternité, du combat pour la vie, les deux guerres, l'influence de Mussolini, le départ des insulaires, l'arrivée des touristes.
La vie y pétille.
J'ai lu ce roman aussi agréablement qu'un conte livré avec une écriture très belle, fluide;
Un conte? D'ailleurs, Amedeo consigne les contes italiens entendus à l'orphelinat durant son enfance à l'orphelinat de Florence, dans un carnet de cuir rouge qu'il complètera par d'autres récits populaires mais aussi par les aventures arrivées à ses malades.
Catherine Banner a réalisé un travail de recherche très approfondi pour arriver à ce résultat, elle en témoigne à la fin du livre. Elle s'inspire d'un personnage réel et effectue ensuite son travail de romancière.
J'ai traîné un peu pour introduire le livre dans ma PAL car je ne savais pas à quoi m'attendre. J'ai profité de la sortir en pocket ces dernières emaines.
Une belle découverte.
Challenge pavés 2018.
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Annette55
  14 avril 2017
Voici une saga familiale sur trois générations : le docteur Amadéo, né en 1875, orphelin adopté et parrainé par le docteur Esposito.
Jeune médecin, il débarque sur l'île de Castellamare pour y exercer son métier, un caillou perdu au large de la Sicile, une île oubliée de tous, oú ses habitants vivaient péniblement de l"élevage de chèvres et de la production d'olives.
Une île qui portait la poisse, une malédiction s'y était abattue autrefois, une épidémie de sanglots.....
Ses habitants descendaient à la fois des grecs, des normands, des arabes, des byzantins, des phéniciens, des hispaniques et des romains......
Pina, l'institutrice dévoile cette épopée pleine d'invasions, d'exils, d'éruptions volcaniques, de sanglots fantomatiques, de lamentations désincarnées et de grottes où cliquetaient des os blanchissants.....
Vous l'aurez compris : cette saga regorge de contes et de légendes, les mythes de l'île et surtout les miracles de Sant'Agata.......
Le docteur Amadéo y mène le combat contre l'insalubrité .
Il devient le dépositaire des récits de ses patients, l'homme des contes, le collectionneur d'histoires qu'il collecte sur son éternel carnet de cuir rouge.
Sa bonté, son don pour le bonheur et sa faiblesse d'homme le conduiront à se partager entre deux femmes, n'en disons pas plus.....
Il traversera la grande guerre, sera libéré à l'âge de 44 ans, épousera Pina, devenue veuve qui lui donnera trois garçons et une fille rescapée, Maria - Grazia , l'héroïne principale sans oublier la belle Carmela, le père Ignacio, Vincenzo le peintre, Flavio, les fermiers Mazzu et Rizzu, Robert, l'homme surgi des flots, parachutiste pendant la 2éme guerre, futur époux de Maria - Grazia , après maints épreuves , Concetta, il Conte et son fils Andrea ........
Entre les scandales, les miracles de Sant'Agata, sur fond de guerre ou de paix, la découverte d'une cité des morts et le renouvellement des générations l'auteur décrit 100 ans de souffrances, d'amours, de drames, de passions, de ragots , d'intrigues et de manigances......
J'ai préféré de loin les deux dernières parties (1954_1989) (1990_ 2009) qui recèlent moins de miracles et déclinent les progrès fantastiques qui modernisent l'île de Castellamare, dotée de nombreuses curiosités étrangères telles la télévision, des vitrines réfrigérées, une machine à glaces dernier cri dans le café des Esposito Robert et Maria - Grazia, et même une banque......
Tout cela dans un monde en proie des changements profonds grâce aux touristes visitant l'île !
Je remercie Babelio et Masse critique pour l'envoi de cet ouvrage coloré et chaleureux, riche des senteurs enivrantes des tapis de fleurs de bougainvillées , de la chaleur brûlante du soleil , de l'odeur familière de la poussière chaude, sans oublier les grands vaisseaux gris hauts comme des églises, qui projetaient sur les rives de l'île des vagues pareilles à des raz- de - marée!
Une oeuvre romanesque truffée de miracles et de prodiges, pétrie de déchirements , du linceul gris de deux guerres, de trahisons et de crises financières, de scandales et de revirements , de reniements et de bonheurs , de progrès avérés .......sous le regard énamouré de la Sainte Patronne Locale , Sant'Agata, la faiseuse de miracles !
Ma critique est trop longue, que mes lecteurs futurs veuillent bien m'excuser !
L'ouvrage compte 509 pages !
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paroles
  26 avril 2017
Je le dis d'emblée, j'ai bien aimé cette saga. J'ai bien aimé les personnages et aussi l'île de Castellamare qui est à elle seule un des personnages. Et moi, la non-croyante, l'athée, la mécréante, j'ai bien aimé aussi Santa Agata et tous les miracles qu'on veut bien lui prêter.
Tout commence en 1914 quand Amadeo Esposito, l'orphelin devenu médecin, quitte Florence pour s'établir sur une île perdue située au large de Syracuse, un caillou quasi-désert... Ce qui va le faire aimer des habitants de l'île, toujours un peu hostiles aux étrangers, c'est le don de l'écoute. Amadeo écoute les histoires des habitants et les retranscrit dans son petit carnet rouge, il devient le dépositaire de toutes les légendes de l'île. Il soigne les corps mais aussi les âmes.
Mais voilà que par sa faute (et je ne vous révélerai pas laquelle, à vous de la découvrir), il est démis de ses fonctions de médecin par le podesta de l'île. Ne voulant pas quitter l'île à laquelle il est maintenant attaché, il décide de réouvrir l'ancien café sur la place " La maison au bord de la nuit"...
Bien sûr la vie continue... Et l'imagination et l'art du conte de Catherine Banner vous invitent à tourner les pages de cet album de famille au cours duquel vous croiserez tous les événements importants de l'histoire jusqu'à nous jours, et leurs impacts sur les habitants et sur Castellamare. Vous y apprendrez aussi toutes les coutumes attachées à ce petit coin de terre.
Parce que, je le répète, cette île est le personnage central de cette histoire, ce caillou jeté au milieu de la Méditerranée, retiré du monde. On y respire le parfum des bougainvilliers, des lauriers-roses, des dentelaires du Cap et des trompettes de Virginie.
Mais on y respire aussi un parfum de magie, de légendes et de croyance grâce à la protection de la sainte patronne de l'île, Santa Agata.
J'ai eu grand plaisir à traverser ces années en compagnie de la famille Esposito. Je me suis laissée prendre au piège des contes d'Amadeo qui parsèment la saga. Et même si parfois quelques petits éléments m'ont ennuyée, je ne les relèverai pas pour conserver intacte l'odeur de cette île qui m'a enchantée.
Je remercie infiniment Babelio et les éditions Presses de là Côté pour ce voyage italien à travers le temps.
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diablotin0
  24 juillet 2021
"La maison au bord de la nuit "est une saga familiale qui nous transporte à Castellamare, petite île au large de la Sicile.
Légendes, croyances, rumeurs, amours, déchirures, jalousie, réconciliation, voilà ce qui vous attend si vous choisissez de rencontrer les 3 générations de la famille Esposito.
Il n'est aucunement difficile de se projeter dans cette île, on voit les bougainvillées, on sent la chaleur, , on entend les vagues, on a presque la saveur des arrancini.
C'est aussi l'histoire de l'Italie de 1914 à 2009.
C'est un roman idéal pour les vacances.
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Lunartic
  05 juillet 2019
Tout d'abord, un grand merci au site lecteurs.com et aux éditions Pocket pour cet envoi. Je suis tout simplement ravie d'avoir gagné ce concours qui permettait de recevoir ce superbe livre et de le chroniquer. Dès que j'ai vu cette couverture et ce titre, j'ai su qu'il n'en faudrait pas plus pour me séduire. L'appel de Castellamare était tout bonnement irrésistible. Telle une sirène qui fait s'échouer les marins perdus en mer sur son rivage, cette île m'a complètement conquise, du début jusqu'à la fin. Je me sens désormais véritablement honorée d'avoir accostée sur ses terres et d'avoir eu la chance de vivre cette aventure extraordinaire auprès de ses charmants habitants et d'une famille en particulier, celle dont le nom est Esposito, "abandonné" en italien. La plupart des membres de cette famille si spéciale et attachante vont ressentir au cours de leur vie ce sentiment d'abandon et de désarroi, ensemble dans la souffrance mais bien souvent chacun de leur côté, comme s'ils avaient tous leur propre île dans leurs pensées sur laquelle se réfugier ou au contraire plonger dans des eaux sombres. Et pourtant, ils sont tous rassemblés, pas seulement par leur lien du sang, mais aussi et avant tout par leur amour indéracinable pour leur île. Ils vont souvent le maudire, ce caillou perdu au large de la Sicile, ils vont souhaiter de tout leur coeur vouloir le quitter, certains vont d'ailleurs le faire, ou ne serait-ce que le tenter... Mais, in fine, tout nous ramène toujours à Castellamare, cela fait partie intrinsèque de leur identité, et de la mienne aussi à présent. Je ne remercierai jamais assez Catherine Banner pour ce beau cadeau qu'elle m'a fait. Mais, dites, si je vous racontais tout ça autour d'un bon limoncello ou d'un café ? Après tout, la Maison au bord de la nuit est là pour ça, pour nous désaltérer, manger une succulente spécialité italienne, et pour rester des heures autour d'une table à nous raconter les légendes d'antan sans modération. Laissez-moi donc vous conter l'arrivée d'Amedeo Esposito à Castellamare, point de départ de notre épopée sicilienne unique en son genre, et vous expliquer pourquoi La Maison au bord de la nuit n'a pas d'extrêmement charmant, poétique et authentique que son titre ou le nom aussi de ce café familial pas comme les autres et indispensable aux habitants de l'île comme au lecteur dès qu'il y pénètre pour la toute première fois...
Ce qui m'a impressionnée avec le récit de Catherine Banner, c'est à quel point il est riche et réaliste. Une fois plongé entre les pages de ce roman, impossible de s'en détacher. Enfin, rien n'est impossible mais la tâche fût résolument ardue et bien mal m'en prit de vouloir m'y risquer ! N'ayez pas peur face au nombre de pages, car ces dernières défilent à une vitesse ! J'en devais presque me freiner pour ne pas me gâcher le plaisir. Il aurait été tellement dommage de vivre presque cent ans de l'histoire d'une famille et de son île à une échelle si disproportionnée de temps. Et pourtant, c'est bien ce qui s'est produit car en deux jours, ma lecture était finie. Cela faisait bien longtemps que je n'avais pas dévoré et terminé un livre aussi rapidement, j'en suis restée bouche bée et les yeux comme deux ronds de flan. Je ne vais pas épiloguer sur ma vie estudiantine, mais disons que, comme la plupart des gens, qu'on soit travailleurs, étudiants, ou dans d'autres situations, je manque souvent singulièrement de temps pour me poser et me consacrer à ce que j'ai véritablement envie de faire, en l'occurrence lire de tout mon coeur et de toute mon âme. A tel point que j'en ressens désormais un besoin viscéral tant j'ai l'impression que le temps me file entre les doigts. Ce qui fait que, bien trop souvent ces derniers temps, je faisais traîner mes lectures sur des semaines parce que... je n'avais tout simplement pas le choix. Sauf que La Maison au bord de la nuit n'en a pas décidé ainsi. Que nenni. Une fois qu'on débarque sur cette île, qui est à mes yeux LE personnage principal du roman, encore plus qu'Amedeo, le patriarche de la famille Esposito, qui est cependant celui grâce à qui on fait connaissance avec l'île pour la première fois (Je ne l'en remercierai jamais assez lui aussi. Je ressens beaucoup de gratitude pour beaucoup de personnes avec ce roman.) et sur laquelle on va rester tout du long (pour mon plus grand bonheur). Une fois que vous y êtes, à Castellamare, impossible d'en repartir avant que le carnet rouge où Amedeo y consigne les histoires des habitants et ses mythes et légendes ne soit bouclé. Je vous mets au défi d'avoir ne serait-ce que l'envie de partir de Castellamare. de toute manière, si vous me soutenez que oui, c'est effectivement votre souhait, je ne vous croirai pas. Ce serait tellement absurde ! Mais pour en revenir plus précisément à la raison pour laquelle La Maison au bord de la nuit m'a littéralement embarquée au sein de ses pages, c'est tout simplement parce que l'autrice nous fait VIVRE son récit, du début jusqu'à la fin. Castellamare n'existe pas (sauf si vous souhaitez vous rendre dans un hôtel-restaurant qui porte ce nom en Normandie), et je suis au grand regret de vous en informer, mais on y CROIT pourtant jusqu'au bout, de la première à la dernière page. C'est réel, c'est palpable, on sent la rugosité des parois rocheuses des grottes de Castellamare au creux de nos reins, on sent l'eau de mer qui nous fouette les chevilles, la saveur du sel sur notre peau, on sent le vent violent et incisif de l'île jusque dans nos os. Castellamare est belle et paisible, mais elle est aussi sauvage et tourmentée. Elle a cette part d'ombre et de lumière en elle qui la rend unique, qui fait qu'elle nous ébranle tout comme elle nous apporte du réconfort et qu'elle nous fait beaucoup de bien. Castellamare est comme un paradis caché, avec cette brume presque impénétrable, onirique, qui semble protéger l'île du monde extérieur. Néanmoins, Castellamare ne va pas pouvoir rester toujours dans son coin car les temps changent à un moment ou un autre. On doit faire la guerre, on n'y peut rien, on doit affronter la réalité en face, les yeux dans les yeux. de nombreux événements historiques vont venir perturber la quiétude de cet adorable morceau de caillou qui transperce la mer et qui la surplombe, ce qui ajoute de la crédibilité à cette histoire familiale ébouriffante qui nous fait traverser tout le vingtième siècle. Ces chamboulements que l'on connaît déjà, qui sont désormais relatés et imprimés dans nos livres d'histoire, comme immuables, on les vit comme si on y était. On sait ce que ça fait quand ils ne s'étaient pas encore produits et on ressent ce sentiment désarmant que ce que l'on pensait être inimaginable, en bon comme en mauvais, s'est néanmoins bien produit, et qu'on doit l'accepter. J'ai ressenti cette sensation de dérive, d'être ébranlé dans ses certitudes, et de devoir assimiler une nouvelle réalité qui habite tous les habitants de Castellamare au fil des générations, les anciens comme les plus jeunes.
En même temps que Catherine Banner me faisait revivre d'une manière bouleversante notre Histoire au travers des yeux des habitants de cette île fictive, mais pourtant si réelle dans mon imaginaire et dans mon coeur de lectrice, elle m'a également fait ressentir, à l'aide de sa plume si envoûtante et imprégnée du réel, une immense tendresse tout au long de ma lecture qui est due à mes origines. En effet, mes grands-parents ne viennent pas de Sicile, même si j'ai de la famille qui y réside, mais de Calabre. Cependant, ils partagent de nombreux points communs avec les habitants de Castellamare, que ce soit dans leur dialecte ou dans leur façon de penser et de vivre. C'est là que ma gratitude s'est faite la plus forte : celle de dire MERCI à Catherine Banner de m'avoir fait vivre d'une certaine façon le passé de mes grands-parents, de cette famille maternelle dont je ne connais au fond pas grand chose, mais qui fait partie de moi quoiqu'il en soit. J'ai eu l'impression de voyager dans le temps, de retourner à cette époque que je m'imagine toujours dans ma tête de façon ridicule en noir en blanc, comme les vieilles pellicules de cinéma toutes granulées. C'était comme si je vivais tout cela au côté de ces ancêtres qui font que je suis là aujourd'hui pour vous en parler, et vous exprimer tout l'amour que j'ai pour mes racines dont je n'ai jamais cessé d'être fière. J'ai pu vivre avec eux ce calme avant la tempête, ces traumatismes, ces moments de bonheur bien trop éphémères aussi qui surviennent avant un énième tumulte, la honte, notamment du régime fasciste, la révolte, la souffrance de la perte d'un être aimé, parfois fruit de vos entrailles, le deuil abrutissant et dont on se demande comment on a bien pu s'en relever, le désespoir mais aussi la joie immense, impensable, face à un véritable miracle. J'ai accompli un véritable voyage, dans le temps, dans l'espace et dans le coeur, et les Esposito sont devenus comme l'avatar de ma propre famille italienne, tant je me suis attachée à eux et pris chacune de leur destinée à coeur, comme si c'était mes proches qui étaient étreints par de tels sentiments d'une telle intensité, comme si c'était des êtres qui m'étaient chers qui prenaient la dure décision de partir, volontaire ou non. Quand j'y repense, Amedeo a beaucoup de traits communs avec mon grand-père, que j'aimais tant sans jamais avoir vraiment osé le lui dire (quelle belle erreur, même si tout mon corps criait cet amour et cette profonde affection que j'avais pour lui) : il a fait des erreurs impardonnables dont il a dû survivre et se repentir, il est parti de rien ou presque et a accompli l'exploit de fonder une famille nombreuse et heureuse, malgré ses démons, malgré ses secrets longtemps inavoués, dans la misère pécuniaire mais aussi dans la richesse du coeur, il sait se montrer extrêmement têtu quand il a une idée, une question de principe, chevillée au corps et au coeur, et il ne peut que nous attendrir au fil des années qui passe. Pina, quant à elle, femme d'exception de ce dernier, a ce point commun avec ma si chère grand-mère de savoir pardonner, de savoir se montrer juste, clémente et généreuse en tout temps, malgré ce que la vie lui a fait endurer. Et surtout, toutes les deux inspirent un respect sans bornes à quiconque croise leur chemin. Enfin, Maria-Grazia, la petite dernière de ce couple inébranlable et magnifique, est devenue instantanément ma petite chouchoute. Comme ma mère bien aimée, elle se dévoue en toute chose et aime sincèrement du plus profond de son coeur. Elle se sacrifie, elle a ses parts d'ombre elle aussi mais elle les assume et elle garde toujours la tête haute et les bras grands ouverts. Elle scintille comme la plus brillante des étoiles au firmament et je l'ai trouvée juste admirable et inspirante, comme ma maman adorée.
Je regrette un peu que le reste des membres de la remarquable et inoubliable famille Esposito se soient retrouvés dans l'ombre de cette aveuglante et évidente Trinité. Cela ne m'a pas empêchée d'éprouver beaucoup de tendresse pour les trois frères de Maria-Grazia, qui traversent le roman telle une comète. C'est un autre point que j'ai trouvé très réaliste, bien que douloureux (on reconnaît bien là la saveur de la réalité !) : Catherine Banner nous rappelle avec beaucoup de brio que, si certaines personnes entrent dans notre vie pour en faire partie intégrante, elles peuvent en sortir tout aussi rapidement, qu'elles l'aient décidé ou non, sans qu'on ait jamais vraiment pris le temps d'apprendre à les connaître. Malheureusement, on pense toujours avoir un temps infini pour ce genre de choses mais bien souvent, le destin en décide autrement et nous fait comprendre que la vie ou les relations que nous entretenons avec autrui ne tiennent qu'à un fil, très ténu de surcroît. Cependant, si Catherine Banner m'a appris une autre leçon, c'est bien celle que quiconque d'important à nos yeux qui croise notre route reste dans notre coeur à tout jamais. On aimerait beau l'en déloger parfois, tant l'absence nous pèse, mais on ne peut pas s'en débarrasser aussi facilement, je le crains. C'est toute la beauté et le fardeau des sentiments humains, et c'est ce qui fait aussi que chaque vie compte. Dans ce roman, on croise une pléiade de personnages tout plus marquants les uns que les autres, qui rendent l'intégration du lecteur dans le village d'autant plus facile : Rizzu, le vieillard qu'on aimerait tous avoir comme grand-père et qui ne manque pas d'humour et de répartie ; la veuve Gesuina, doyenne et accoucheuse du village, aimée et respectée de tous sans exception et qui a forcé mon admiration ; Andrea, le fils d'il conte, d'apparence si froide et détachée et qui cache en réalité un lourd secret dans son coeur, un personnage qui m'a toute tourneboulée et qui a su, lui aussi, gagner mon respect et mon amour sincère ; le père Ignazio, qui n'est vraiment pas un homme d'église comme les autres, qui sait écouter son prochain, qui a tout fait pour aider l'île et ses habitants au mieux et qui ne manque pas de courage et de détermination, en particulier dans les temps difficiles, un homme intègre sur lequel on peut résolument compter, ouvert d'esprit et toujours de bon conseil ; Agata-la-pêcheuse, cette femme bien en avance sur son temps qui n'a pas la langue dans sa bouche, qui affiche une marginalité assumée en tant que femme indépendante, qui porte des vêtements d'homme, qui exerce un métier d'homme et qui a la clope au bec, une femme frondeuse, admirable, franche et qui est toujours là pour apporter son secours en cas de pépin ; l'adorable Maddalena, la digne petite-fille de sa grand-mère Maria-Grazia, comme elle si brillante et généreuse, adorée de tous ; même il conte et son incorrigible et fougueuse femme Carmela ont su me toucher et éveiller mon intérêt ! J'en oublie sûrement encore beaucoup, c'est même certain, mais je tiens également à ce que vous fassiez connaissance avec tous les habitants formidables de l'île par vous même. Enfin, je remercie Catherine Banner de m'avoir rappelé que, si des gens peuvent disparaître tout simplement de votre vie, il ne faut jamais fermer son coeur face aux miracles que cette dernière garde en réserve pour vous. Cela me permet de vous parler de deux personnages phares et indispensables du récit : Sant'Agata, la Sainte protectrice de l'île (en réalité celle de la ville sicilienne de Catane) et le soldat anglais Robert Carr. D'un côté, nous avons une femme canonisée ayant vécu au treizième siècle, qui a toujours eu à coeur de servir Dieu fidèlement et d'épargner à son peuple la mélancolie et le chagrin, et de l'autre un homme qui lui doit la vie et bien d'autres choses. Si vous prenez la peine de lire La Maison au bord de la nuit (et j'espère bien que vous le ferez), Robert pourra vous parler mieux que moi de ce qu'est un miracle, un vrai. Il en est l'incarnation même aux yeux de tous les habitants de Castellamare, et aux miens aussi. Ce soldat, qui ne voulait pas de la guerre, qui a un coeur en or, une patience d'ange et qui est si fidèle en amour et aux siens, qui a su ravir mon coeur tout comme celui de Maria-Grazia et de l'ensemble de l'île, y compris son imposante et révérée Matrone, l'incontournable Sant'Agata, lui saura vous expliquer pourquoi Castellamare est un lieu unique, le seul où il puisse trouver sa place sur cette Terre.
Vous vous souvenez quand je vous ai dis que ce roman se vivait littéralement ? Je vous ai expliqué que je l'avais vécu comme une projection que je voyais se dérouler sous mes yeux, comme un appel à mon coeur d'hypersensible, qui a battu au rythme de ses pages, comme un testament de l'histoire de ma famille aussi, de ses coutumes et de son vécu, comme une source d'enrichissement et de réflexion philosophique également. J'ai entendu le vent mugissant de Castellamare souffler à mes oreilles, m'envelopper de part en part, j'ai senti mes pieds être titillés par le sable de l'île et par ses rochers saillants. J'ai plongé dans ses eaux, j'ai senti la vague impérieuse m'embarquer au fond de l'eau tout comme elle l'a fait pour Giuseppino, le fils de Maria-Grazia. Je suis partie chasser le gecko et ramasser des escargots avec la pétillante et indomptable Concetta, que j'ai vu grandir sous mes yeux avec énormément d'émotion et s'assagir pour devenir la meilleure des amies et des zie. J'ai vécu cette histoire géographiquement, historiquement, émotionnellement, intensément. Mais il y a un point crucial que je n'ai pas encore abordé : celui du plaisir de mon palais. Car qui dit Italie et café dit nourriture i miei amici ! Je ne pouvais pas passer à côté de ça voyons, ce serait bien mal me connaître ! Si je dois reconnaître que les limoncelli et les arancelli ne sont pas ma tasse de thé (l'alcool pour moi, non merci), en revanche, les arancini... Chaque fois que cette petite merveille de spécialité culinaire sicilienne était évoquée (et autant dire très souvent), j'en avais presque la salive qui perlait au coin de la bouche. La Maison au bord de la nuit en ayant fait sa tradition, raison de plus pour m'attarder sur la terrasse attractive comme un aimant de ce café que je considère désormais comme ma seconde maison. C'est le deuxième ordre que je vous donne, après celui de partir en voyage à Castellamare pour y rester définitivement : mangez des arancini ! Orgasme buccal assuré ! Foi de Nanette ! Après, vous n'en goûterez jamais des aussi bons que ceux de ma maman d'amour, et j'en suis bien triste pour vous, mais ce sera déjà ça...
Pour conclure, je vous encourage de toutes mes forces à vous plonger dans la lecture de ce roman. Pour ma part, je ne regrette absolument pas le voyage, et c'est le coeur serré que j'ai dû quitter Castellamare définitivement. Néanmoins, s'agit-il réellement d'un départ définitif ? Je ne le crois pas, non. Je le sais intimement, l'île restera en moi à tout jamais désormais, on ne pourra pas la déloger de mon imagination et de mon coeur. Je trouverai toujours le moyen de voyager jusqu'à son rivage, de retourner auprès de cette famille de coeur que sont les Esposito, qui ont dû affronter tant de choses, les guerres, les commérages, la modernité, l'arrivée de touristes sur leur petit coin de tranquillité rempli de trésors insoupçonnés, le désespoir, la peur constante, un vide saisissant dans leur coeur, mais ils s'en sont toujours sortis avec beaucoup de persévérance, grâce à leur amour pour leur île, pour sa population, pour ce qu'elle a vécu et pour ses histoires enchanteresses et intemporelles qu'Amedeo a pris tant de soin à écouter et à rédiger dans son bien le plus précieux de son héritage, son fameux carnet rouge. Cette famille, tout comme son île, est inébranlable, tout comme la mienne véritable l'est aussi. Encore merci à Catherine Banner, à lecteurs.com et à Pocket pour ce merveilleux voyage, pour cet éveil des sens, pour cette introspection qui m'aura permis de réaliser à quel point je suis fière d'être qui je suis, de venir d'où je viens, du propre lieu où j
Lien : https://lunartic.skyrock.com..
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critiques presse (1)
Elle   05 août 2021
Tragiques, violents, sensuels, les rebondissements se succèdent pendant trois générations et nous les dégustons comme d’irrésistibles desserts siciliens
Lire la critique sur le site : Elle
Citations et extraits (14) Voir plus Ajouter une citation
jeunejanejeunejane   23 mai 2018
Quand on le jugea prêt, au terme d'un temps qu' Amedeo trouva interminable ( à ce qu'il lui semblait, tout prenait deux fois plus de longtemps quand on était sans famille), il devint non pas chirurgien, comme son tuteur, mais medico condotto, médecin itinérant. En hommage à l'homme à qui il devait tant, il prit le nom d'Esposito.
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jeunejanejeunejane   30 mai 2018
Dans la poche intérieure de son uniforme, il conservait son carnet de cuir rouge. La fleur de lys dorée qui en ornait la couverture s'effaçait et le cuir s'élimait, mais les histoires lui prouvaient qu'il existait encore, ailleurs, une autre réalité que celle des tranchées.
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cecilitcecilit   16 août 2018
Un environnement restreint comme le nôtre peut vite devenir oppressant. Pour le moment, vous ne remarquez rien, mais ça viendra, vous verrez. Ceux qui nous viennent du continent s'émerveillent des charmes rustiques de notre île, au début. J'étais comme eux. Mais ceux qui sont nés ici, à Castellamare, se démènent pour s'en échapper et, tôt ou tard, vous en aurez envie, vous aussi. Moi, j'ai tenu dix ans avant que ça me tombe dessus.
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Annette55Annette55   14 avril 2017
"Léna reviendrait fouler les mêmes sentiers de chèvres qu'autrefois son grand-père, sa sacoche d'instruments dans une main et des histoires plein la tête -son grand- pére l'orphelin devenu fondateur, le draineur de marais, le soigneur de maux, le dévoué protecteur de ces lieux..!"
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cecilitcecilit   25 août 2018
- Arcangelo, il a un système, : il y a un prix pour les touristes, et un autre pour les pêcheurs.
- On ne peut pas faire une chose pareille ! s'insurgea Robert. La maison ne verse pas dans ce genre de trafic
- Mais les touristes n'aiment pas payer moins que prévu ! expliqua Bepe . Vous les avez bien vus, ceux qui viennent pour les sites archéologiques et les grottes, puis se reposent sur la terrasse, vous avez bien vu leurs pourboires : ils paient trente lires le café et en laissent quatre-vingts de pourliche ! Si ce n'est pas assez cher, ils s'imaginent que les produits ne sont pas bons, ou bien que vous vivez dans la misère comme les chevriers d'avant la guerre, enfin bref : ça les met mal à l'aise.
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L'émission "Le coup de coeur des libraires est diffusée sur les Ondes de Sud Radio, chaque vendredi matin à 10h45. Valérie Expert vous donne rendez-vous avec votre libraire Gérard Collard pour vous faire découvrir leurs passions du moment ! • • Retrouvez leurs dernières sélections de livres ici ! • Guide de survie gastronomique à l'usage des obsédés de la bouffe de Stéphane Rose aux éditions J'ai Lu https://www.lagriffenoire.com/1056935-philosophie-politique-guide-de-survie-gastronomique-a-l-usage-des.html • Je suis Jeanne Hébuterne de Olivia Elkaim aux éditions Points https://www.lagriffenoire.com/109376-divers-litterature-je-suis-jeanne-hebuterne.html • le tailleur de Relizane de Olivia Elkaim aux éditions Stock https://www.lagriffenoire.com/1054504-romans--le-tailleur-de-relizane.html • Miarka de Antoine de Meaux et Miarka aux éditions Phébus https://www.lagriffenoire.com/1055464-divers-histoire-miarka.html • Je suis née à Bergen Belsen de Yvonne Salamon aux éditions Plon https://www.lagriffenoire.com/1052761-divers-litterature-je-suis-nee-a-bergen-belsen.html • Erika Sattler de Hervé Belaux éditions Stock https://www.lagriffenoire.com/1053915-divers-litterature-erika-sattler.html • du côté des Indiens de Isabelle Carré aux éditions Grasset https://www.lagriffenoire.com/1049059-divers-litterature-du-cote-des-indiens.html • Churchill de Andrew Roberts et Antoine Capet aux éditions Perin https://www.lagriffenoire.com/1050358-encyclopedie-churchill.html • La maison au bord de la nuit de Catherine Banner et Marion Roman aux éditions Pocket https://www.lagriffenoire.com/109990-divers-litterature-la-maison-au-bord-de-la-nuit.html • le Gang des rêves de Luca di Fulvio et Elsa Damien aux éditions Pocket https://www.lagriffenoire.com/79358-divers-litterature-le-gang-des-reves.html • Les Sept ou Huit Morts de Stella Fortuna de Juliet Grames et Caroline Bouet aux éditions Presses de la Cité https://www.lagriffenoire.com/1054911-romans--les-sept-ou-huit-morts-de-stella-fortuna.html • Les enfants qui ont transformé le monde de Tom Adams, Sarah Walsh aux éditions Hatier Jeunesse https://www.lagriffenoire.com/1056084-livres-educatif-pour-enfant--les-enfants-qui-ont-transforme-le-monde.html • La symphonie neuronale : Pourquoi la musique est indispensable au cerveau de Emmanuel Bigand et Barbara Tillmann aux éditions Humensciences https://www.lagriffenoire.com/1058472-article_recherche-la-symphonie-neuronale-----pourquoi-la-musique-est-indispensable-au-cerveau.html •
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