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ISBN : 2818013925
Éditeur : P.O.L. (17/08/2017)

Note moyenne : 3.45/5 (sur 19 notes)
Résumé :
Louis, un retraité taciturne, ancien charcutier, veuf à la vie tranquille et ordonnée, devient malgré lui une icône planétaire de l’écologie au terme d’un parcours commencé dans une brocante – où il découvre un manchot empereur pour lequel il va éprouver un irrésistible coup de foudre – qui se poursuit en Antarctique, puis dans le grand Nord et se termine dans le port de Toulon où Louis, juché sur un iceberg transporté là à grands frais par un fabricant de boissons... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (8) Voir plus Ajouter une critique
Kittiwake
  14 octobre 2017
Le titre est assez clair : à moins que l'auteur ne revienne sur un traumatisme de sa jeunesse, (un été chaud, des mains collantes, et un cornet insuffisant pour retenir la lente descente d'un sorbet à la fraise) , on se doute que le réchauffement climatique planétaire fera office de décor à une fable contemporaine.
Mais Joël Baqué nous prouve qu'il est possible de traiter le sujet avec subtilité, humour, perspicacité et intelligence.
Le personnage central est tout ce qu'il ya de plus ordinaire : une vie de veuf après quelques décennies de complicité charcutière avec sa défunte épouse, une tendance à la déprime, un laisser aller général, une retraite en pente douce vers un au-delà potentiel. Inéluctable si une découverte improbable sur l'étagère d'une vieille armoire de brocante n'avait pas fait basculer son destin.
Le sujet est un thème récurrent des romans d'anticipation, qu'ils soient dystopiques ou post-apocalyptiques, et ici, on est dans un présent bien identifié, et la biographie de Louis fait référence à des pages marquantes notre histoire récente. Là aussi, le point de vue adopté fait appel à la dérision, respectueuse malgré tout. Les situations sont cocasses, la mort du père de Louis, son idylle adolescente qui lui inspira une mémorable chanson funky, puis l'harmonie de son couple jusqu'à la disparition de la femme de sa vie, c'est terriblement banal, mais traité avec un style décapant. C'est fort drôle.
On imagine bien Louis, dans sa banalité ordinaire, son manque d'entrain qui contraste avec une volonté farouche d'aller au bout de son rêve.
C'st aussi le constat du pouvoir insidieux des réseaux sociaux qui peuvent du jour au lendemain faire d'un anonyme une célébrité, à son corps défendant et quitte à ré-interpréter les aspects les moins glamours pour qu'ils fassent partie de la légende , fut-elle éphémère :
« Alice serait abondamment interrogés sur Louis, sur sa personnalité, sur son sens de la communication. Elle ferait de son mieux pour ménager la légende sans verser dans la pure fiction, interprétant les fréquentes somnolences de Louis comme une capacité à s' abstraire de son environnement et ses dodelinements comme des exercices de concentration ».
L'écriture est élaborée, riche en métaphores et grandiloquente, et c'est ce décalage entre la banalité du propos et la richesse du style qui m'a réjouie :
« Le comptable, grâce à sa lecture propédeutique des guides, connaissait la rareté des taxis et craignait que les compteurs, s'il y en avait, obéissent à des lois relevant de la fluctuante quantique plutôt que de la belle prévisibilité newtonienne ».
Que vient faire le manchot empereur dans cette histoire? A vous de le découvrir?
Lien : http://kittylamouette.blogsp..
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lucia-lilas
  16 septembre 2017
Bon allez, elle n'est pas terrible mais je ne peux pas m'en empêcher : La fonte des glaces est certainement le roman le plus givré de la rentrée (ah, ah, elle est bonne, hein?) mais givré de chez givré...
En deux mots : Louis, dont le père, devenu spécialiste de la banane après l'avoir été des pneus, est mort écrasé en Afrique sous la patte d'un éléphant alors qu'il prenait une photo dudit pachyderme. Bien plus tard et rentré en France, Louis est devenu charcutier et follement amoureux de la fille de son patron,  Lise, qui devint sa femme. Sa trancheuse à jambon et ses rillettes pur porc remplirent l'essentiel de son existence, sans oublier quelques parties de jambes en l'air avec Lise dans la chambre de découpe du magasin sous le tue-insectes électrique. Chacun son truc, chacun son bonheur.
En tout cas, Louis, à ce moment-là, était incontestablement heureux.
Lise meurt. Des années plus tard, Louis, à la retraite, se trouve confiné dans une routine bien routinière : expresso au café, contemplation du port de Toulon, assis sur un banc, deuxième expresso, achat de la demi-baguette et du Var-Matin, éventuellement passage à la supérette selon les besoins et sans un regard sur la charcuterie industrielle, retour à la maison. Rebelote le lendemain et le surlendemain...
« Le regard de Louis s'embua peu à peu comme le pare-prise d'un véhicule resté trop longtemps stationné à l'extérieur. Un léger voile tendait entre lui et le monde un linceul transparent. Il n'en percevait pas moins parfaitement le bleu frissonnant de la Méditerranée et celui plus alangui du ciel varois. Cette buée était d'un tout autre ordre. Elle ne laissait pas présager le glaucome mais la dépression. »
Louis avait été heureux autrefois et il pensait ne plus l'être...
Mais un jour, sur le chemin du bercail, il tombe sur une braderie. Soudain, un reflet l'aveugle : ce sont les portes d'une armoire flamande qu'un acheteur ouvre et referme pour en tester la solidité. Louis se dirige vers le meuble, en observe l'intérieur, se penche et découvre à sa grande surprise ce qu'il prend d'abord pour un... pingouin et qui se révélera être en réalité... un manchot empereur. le vendeur lui explique que c'est très bien un manchot empereur, beaucoup mieux qu'un pingouin (moi, j'ai testé les deux et finalement, ça se discute…) S'ensuit une tractation. Louis repart avec sa bestiole empaillée sous le bras. (Je trouve, à bien y réfléchir, qu'il y a un petit côté « art contemporain » dans ce Louis traversant la rue des Blatterets à Toulon avec son nouvel achat sous le bras, je dis ça comme ça, une impression...)
« Un éléphant avait clôturé l'existence du comptable (son père), un manchot empereur allait inaugurer une nouvelle ère pour Louis. Il avait aimé sa mère, Lise, son métier et la boutique de la rue Lavoisier, mais son amour pour le manchot empereur l'emporterait dans une autre dimension. Il vrillerait dans l'Infini le bleu retrouvé de son regard. Cette subite passion restera mystérieuse et dépourvue de sens, preuve de son authenticité. le commencement d'une histoire d'amour en est la meilleure part et toute vraie passion est un commencement toujours renouvelé. C'est pourquoi les vraies passions ne se terminent jamais, mais cessent un jour de commencer. Aimer passionnément, on le sait par ouï-dire, c'est être frappé d'un coup de foudre chaque matin en redécouvrant l'être aimé. C'est fatigant, à la longue, mais c'est beau. »
Et là, messieurs dames, ATTENTION, on décolle (au sens propre et figuré) car notre Louis se prend effectivement de passion pour les manchots empereurs au point de leur (oui, de LEUR) installer amoureusement, dans le grenier de son modeste pavillon, une banquise faite de moquette blanche, de peinture blanche, d'un canapé iceberg et d'un climatiseur capable de reproduire à peu près, encore le croit-il à cette époque-là, une température proche de celle de la banquise. Et pour que notre manchot empereur ne s'ennuie pas, comme vous l'avez deviné, Louis se lance dans une recherche d'autres bestioles de la même espèce pour en reproduire un petit groupe, sa Dream Team, ressemblant fort à ce qu'il a pu voir sur les images Wikipédia…
Et si l'aventure de Louis ne s'arrêtait pas là ? Vous pensez bien, ce serait trop facile...
Bon, je vous vois la mine un peu déconfite : les histoires de manchots empereurs, ça ne vous intéresse pas…
Ah bon, moi, j'adore ça au contraire et j'attendais avec impatience de lire enfin un roman de la rentrée sur ce sujet…
Qu'est ce que vous pouvez être étroit d'esprit et peu ouvert sur le monde !
Quand je vous disais que c'était certainement LE roman le plus cocasse, le plus déjanté, le plus inénarrable de la rentrée - j'ai bien ri et beaucoup souri !-, eh bien franchement, croyez-moi, c'est beaucoup plus que ça : La fonte des glaces est un livre superbement écrit, dans une langue délicate, imagée et poétique (eh oui, rien que ça!) qui joue sur les mots et s'amuse des expressions toutes faites, c'est un récit empreint d'un humour pince-sans-rire, un texte qui m'a fait penser à du Michaux avec son personnage de Plume (dans la dimension absurde du propos) mais aussi à Ponge à travers la recherche de l'expression juste et concise. Je vous le dis, un o .v.n.i dans le paysage littéraire actuel.
Un texte qui, au fond, derrière ses allures légères, est beaucoup plus grave qu'il n'y paraît : il y est question de bonheur, de solitude, d'amour, d'ennui mais aussi de notre société actuelle et de ses dérives… Dans le Matricule des anges (n°186, sept 2017), Joël Baqué, interviewé longuement, parle de ses personnages en ces termes : « Les personnages… sont en quête ou, pire, en panne de quête. Ils ont aimé, n'aiment plus, n'arrivent pas à aimer, ne savent plus qui ou quoi aimer. Leur existence n'est pas étayée par des structures affectives familiales, amicales. Lorsqu'ils sont pris par une passion, celle-ci les conduit au désastre ou à l'échec. L'humour est l'enrobage de leur vide existentiel et du tragique des situations. »
C'est précisément cela que l'on ressent, une espèce de gravité qui est là, sous-jacente, partie immergée de l'iceberg, plongeant dans les profondeurs de l'être, le tirant chaque jour de plus en plus vers le fond. Oui, on s'amuse mais l'on sent qu'en réalité, tout cela est bien désespéré… « L'humour est indissociable du plus grand sérieux. La gravité n'a pas le monopole du grave. » précise l'auteur. « Mes personnages sont des solitaires qui se débattent comme des poissons dans un filet. Parfois quelques mailles lâchent, ils vont frétiller un peu plus loin mais c'est pas gagné... »
Espérons que Louis reviendra de son escapade (que je vous laisse découvrir!) des images plein la tête et que ses manchots empereurs toulonnais n'auront pas trop pris la poussière…
Une oeuvre à découvrir absolument !
Lien : http://lireaulit.blogspot.fr/
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myriampele
  31 août 2017
Joël Baqué écrit ici une vraie fable qui parle de la fonte des glaces mais surtout évoque la vie de Louis , ancien charcutier, veuf de Lise, avec lequel il a été heureux, s'embarquant dans une aventure qui le mènera sur la banquise, puis au sommet d'une vaste campagne écologique. L'écriture est très soignée, les situations cocasses mais on s'émeut souvent de la naïveté de ce vieil homme.
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blandine5674
  01 octobre 2017
Abandon à la page 159. J'arrive à saturation à cause du style. Dans cette dernière page lue sur 80 mots écrits, 7 fois le mot geste. Des longueurs, des détails inutiles, des répétitions. le sujet pourtant s'annonçait déjanté avec ce retraité charcutier, qui par hasard, va se découvrir une véritable passion pour les manchots empereurs qui l'amènera sur la banquise et vers l'écologie. Ecriture trop lourde.
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Laurence-64
  15 novembre 2017
Je n'aime pas plus que ça la littérature prétendue drôle … souvent cela me laisse de marbre, j'aurais pu dire de glace, allez hop, je le dis, elle était facile, c'est fait (je suis en mode j'écris comme je parle).
Bref, tout ça pour vous dire que « La fonte des glaces » est un roman réjouissant, une lecture truculente, une histoire loufoque et surtout un style à la fois impertinent, érudit et poétique … oui, j'ai bien aimé cette parenthèse littéraire qui ne ressemble à aucune autre !
On peut lire le roman au premier degré, mais il va quand même être difficile de comprendre comment Louis, un retraité ordinaire, veuf et solitaire va tomber en amour et en folie pour un manchot empereur empaillé !! Alors laissez-vous porter par cette fable moderne qui a quand même l'immense mérite de traiter de réchauffement climatique avec humour et subtilité.
Lien : http://www.instantanesfutile..
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critiques presse (4)
LeMonde   13 novembre 2017
Ecrivain le soir, policier le jour, cet autodidacte est entré en littérature par la poésie avant de bifurquer vers le roman à la suite d’une déception amoureuse. Il livre des histoires farfelues dictées par la langue plutôt que par l’intrigue, tel « La Fonte des glaces ».
Lire la critique sur le site : LeMonde
LaLibreBelgique   13 septembre 2017
Le quatrième roman de Joël Baqué montre avec humour qu'on peut concilier amour du boudin et défense de l'environnement
Lire la critique sur le site : LaLibreBelgique
LaCroix   11 septembre 2017
Joël Baqué retrace l’épopée d’un retraité reconverti en héraut de la cause environnementale. Une comédie faussement légère.
Lire la critique sur le site : LaCroix
Bibliobs   05 septembre 2017
Dans “la Fonte des glaces”, un charcutier à la retraite part à la rencontre des manchots de l'Antarctique. Hilarant.
Lire la critique sur le site : Bibliobs
Citations et extraits (10) Voir plus Ajouter une citation
KittiwakeKittiwake   08 octobre 2017
Le Nathanaël était bien mieux équipé que le Titanic mais Louis n'avait pas l'idée qu'éviter une collision tienne en dernier ressort à la vigilance d'un seul homme. Certes, tous étaient des marins aguerris, mais il se rappelait avoir, du temps de la boutique de la rue Lavoisier, vidé le poivrier dans les rillettes parce qu'il avait rêvassé quelques instants comme il arrive parfois.
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Alice_Alice_   20 août 2017
Le conseil municipal de Toulon souhaitait s'attirer la reconnaissance des habitants du quartier des Blatterets, c'est-à-dire leurs votes. Mais les idées manquaient autant que l'argent et même davantage, car de bonnes idées peu coûteuses à appliquer sont plus difficiles à trouver que les crédits eux-mêmes. Les élus municipaux hésitaient entre deux projets ayant pour points communs de relever de l'urbanisme et de ne pas fédérer. Ceux de la majorité pensaient qu'un rond-point au croisement des rues Malenfer, du 18-Juin et du Platane serait très visible, peu nuisible, et cerise sur le gâteau, permettrait d'ériger au centre du petit terre-plein une sculpture voulue depuis longtemps par le premier adjoint à la culture. Cette sculpture serait commandée à la fille de sa maîtresse, étudiante aux Beaux-Arts de Dijon, et son métal acheté aux Métaux et Echafaudages Toulonnais, entreprise qui faisait partie des soutiens fidèles de la majorité, lui fournissant tribunes et gradins lors des campagnes électorales. L'opposition ne manqua pas de souligner qu'un rond-point symboliserait parfaitement l'action de la majorité qui tournait en rond et dont chaque initiative ne faisait que casser les flux d'énergie de la ville. Elle lui opposa son propre projet, le traçage d'une piste cyclable, moyen usuel d'apporter une touche verte à une ville où les véhicules à moteur et ceux à propulsion nucléaire se partagent la terre et les eaux. Le principal inconvénient de ce projet était qu'il faisait plaisir aux écologistes. Un consensus fut finalement trouvé autour d'une troisième proposition qui ne satisfaisait personne et put donc être votée. Ainsi fut-il acté qu'un vide-greniers aurait lieu tous les premiers dimanches du mois sur la place Desesquelles, au coeur des Blatterets. C'était une décision qui ne coûtait rien, créait un semblant de lien social et un embryon d'activité économique.
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Alice_Alice_   23 août 2017
Alice est une journaliste d'investigation québécoise résolument indépendante. Elle n'est ni salariée d'un média, ni la moitié d'un couple, et n'envisage pas de devenir un jour le tiers d'une famille, puis le quart, etc. Elle ne veut pas rétrécir. Elle choisit soigneusement ses enquêtes, investiguant le plus souvent sur des crimes comme il s'en pratique au Canada où chaque foyer possède haches, pelles à neige et tisonniers. Alice a une approche originale qui postule qu'un crime nécessite un ou plusieurs gestes pour se concrétiser, mais qu'un geste possède des privilèges plus étendus : il peut exister par et pour lui-même. C'est même là la définition d'un beau geste. Alice croit en la beauté essentielle des gestes. Elle vit seule pour ne pas se réveiller le matin assiégée par des gestes qui ne sont pas le siens. Elle souhaite l'exclusivité des gestes qui façonnent son existence. Ce qu'elle regarde en premier chez un homme, ce ne sont pas ses chaussures mais ses gestes.
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EtsisiteEtsisite   26 octobre 2017
Étaient-ils les premiers humains à entrer en contact avec cette colonie ? Il posa la question à Ivaluardjuk qui se contenta de rire en disant : « It’s always the first time ! » Loin d’être frustrante par son ambiguïté cette réponse ravit Louis, car elle contenait la définition même de l’amour.
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MelleFifiMelleFifi   19 juillet 2017
Oui, le papillon allait disparaître , remplacé par une chenille mal poilue, dégingandée et qui s'agglutinerait à d'autres chenilles de la même espèce.
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Vidéo de Joël Baqué
Joël Baqué parle de son roman La Fonte des glaces
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