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ISBN : 2818013925
Éditeur : P.O.L. (17/08/2017)

Note moyenne : 3.12/5 (sur 8 notes)
Résumé :
Louis, un retraité taciturne, ancien charcutier, veuf à la vie tranquille et ordonnée, devient malgré lui une icône planétaire de l’écologie au terme d’un parcours commencé dans une brocante – où il découvre un manchot empereur pour lequel il va éprouver un irrésistible coup de foudre – qui se poursuit en Antarctique, puis dans le grand Nord et se termine dans le port de Toulon où Louis, juché sur un iceberg transporté là à grands frais par un fabricant de boissons... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (4) Ajouter une critique
lucia-lilas
16 septembre 2017
Bon allez, elle n'est pas terrible mais je ne peux pas m'en empêcher : La fonte des glaces est certainement le roman le plus givré de la rentrée (ah, ah, elle est bonne, hein?) mais givré de chez givré...
En deux mots : Louis, dont le père, devenu spécialiste de la banane après l'avoir été des pneus, est mort écrasé en Afrique sous la patte d'un éléphant alors qu'il prenait une photo dudit pachyderme. Bien plus tard et rentré en France, Louis est devenu charcutier et follement amoureux de la fille de son patron,  Lise, qui devint sa femme. Sa trancheuse à jambon et ses rillettes pur porc remplirent l'essentiel de son existence, sans oublier quelques parties de jambes en l'air avec Lise dans la chambre de découpe du magasin sous le tue-insectes électrique. Chacun son truc, chacun son bonheur.
En tout cas, Louis, à ce moment-là, était incontestablement heureux.
Lise meurt. Des années plus tard, Louis, à la retraite, se trouve confiné dans une routine bien routinière : expresso au café, contemplation du port de Toulon, assis sur un banc, deuxième expresso, achat de la demi-baguette et du Var-Matin, éventuellement passage à la supérette selon les besoins et sans un regard sur la charcuterie industrielle, retour à la maison. Rebelote le lendemain et le surlendemain...
« Le regard de Louis s'embua peu à peu comme le pare-prise d'un véhicule resté trop longtemps stationné à l'extérieur. Un léger voile tendait entre lui et le monde un linceul transparent. Il n'en percevait pas moins parfaitement le bleu frissonnant de la Méditerranée et celui plus alangui du ciel varois. Cette buée était d'un tout autre ordre. Elle ne laissait pas présager le glaucome mais la dépression. »
Louis avait été heureux autrefois et il pensait ne plus l'être...
Mais un jour, sur le chemin du bercail, il tombe sur une braderie. Soudain, un reflet l'aveugle : ce sont les portes d'une armoire flamande qu'un acheteur ouvre et referme pour en tester la solidité. Louis se dirige vers le meuble, en observe l'intérieur, se penche et découvre à sa grande surprise ce qu'il prend d'abord pour un... pingouin et qui se révélera être en réalité... un manchot empereur. le vendeur lui explique que c'est très bien un manchot empereur, beaucoup mieux qu'un pingouin (moi, j'ai testé les deux et finalement, ça se discute…) S'ensuit une tractation. Louis repart avec sa bestiole empaillée sous le bras. (Je trouve, à bien y réfléchir, qu'il y a un petit côté « art contemporain » dans ce Louis traversant la rue des Blatterets à Toulon avec son nouvel achat sous le bras, je dis ça comme ça, une impression...)
« Un éléphant avait clôturé l'existence du comptable (son père), un manchot empereur allait inaugurer une nouvelle ère pour Louis. Il avait aimé sa mère, Lise, son métier et la boutique de la rue Lavoisier, mais son amour pour le manchot empereur l'emporterait dans une autre dimension. Il vrillerait dans l'Infini le bleu retrouvé de son regard. Cette subite passion restera mystérieuse et dépourvue de sens, preuve de son authenticité. le commencement d'une histoire d'amour en est la meilleure part et toute vraie passion est un commencement toujours renouvelé. C'est pourquoi les vraies passions ne se terminent jamais, mais cessent un jour de commencer. Aimer passionnément, on le sait par ouï-dire, c'est être frappé d'un coup de foudre chaque matin en redécouvrant l'être aimé. C'est fatigant, à la longue, mais c'est beau. »
Et là, messieurs dames, ATTENTION, on décolle (au sens propre et figuré) car notre Louis se prend effectivement de passion pour les manchots empereurs au point de leur (oui, de LEUR) installer amoureusement, dans le grenier de son modeste pavillon, une banquise faite de moquette blanche, de peinture blanche, d'un canapé iceberg et d'un climatiseur capable de reproduire à peu près, encore le croit-il à cette époque-là, une température proche de celle de la banquise. Et pour que notre manchot empereur ne s'ennuie pas, comme vous l'avez deviné, Louis se lance dans une recherche d'autres bestioles de la même espèce pour en reproduire un petit groupe, sa Dream Team, ressemblant fort à ce qu'il a pu voir sur les images Wikipédia…
Et si l'aventure de Louis ne s'arrêtait pas là ? Vous pensez bien, ce serait trop facile...
Bon, je vous vois la mine un peu déconfite : les histoires de manchots empereurs, ça ne vous intéresse pas…
Ah bon, moi, j'adore ça au contraire et j'attendais avec impatience de lire enfin un roman de la rentrée sur ce sujet…
Qu'est ce que vous pouvez être étroit d'esprit et peu ouvert sur le monde !
Quand je vous disais que c'était certainement LE roman le plus cocasse, le plus déjanté, le plus inénarrable de la rentrée - j'ai bien ri et beaucoup souri !-, eh bien franchement, croyez-moi, c'est beaucoup plus que ça : La fonte des glaces est un livre superbement écrit, dans une langue délicate, imagée et poétique (eh oui, rien que ça!) qui joue sur les mots et s'amuse des expressions toutes faites, c'est un récit empreint d'un humour pince-sans-rire, un texte qui m'a fait penser à du Michaux avec son personnage de Plume (dans la dimension absurde du propos) mais aussi à Ponge à travers la recherche de l'expression juste et concise. Je vous le dis, un o .v.n.i dans le paysage littéraire actuel.
Un texte qui, au fond, derrière ses allures légères, est beaucoup plus grave qu'il n'y paraît : il y est question de bonheur, de solitude, d'amour, d'ennui mais aussi de notre société actuelle et de ses dérives… Dans le Matricule des anges (n°186, sept 2017), Joël Baqué, interviewé longuement, parle de ses personnages en ces termes : « Les personnages… sont en quête ou, pire, en panne de quête. Ils ont aimé, n'aiment plus, n'arrivent pas à aimer, ne savent plus qui ou quoi aimer. Leur existence n'est pas étayée par des structures affectives familiales, amicales. Lorsqu'ils sont pris par une passion, celle-ci les conduit au désastre ou à l'échec. L'humour est l'enrobage de leur vide existentiel et du tragique des situations. »
C'est précisément cela que l'on ressent, une espèce de gravité qui est là, sous-jacente, partie immergée de l'iceberg, plongeant dans les profondeurs de l'être, le tirant chaque jour de plus en plus vers le fond. Oui, on s'amuse mais l'on sent qu'en réalité, tout cela est bien désespéré… « L'humour est indissociable du plus grand sérieux. La gravité n'a pas le monopole du grave. » précise l'auteur. « Mes personnages sont des solitaires qui se débattent comme des poissons dans un filet. Parfois quelques mailles lâchent, ils vont frétiller un peu plus loin mais c'est pas gagné... »
Espérons que Louis reviendra de son escapade (que je vous laisse découvrir!) des images plein la tête et que ses manchots empereurs toulonnais n'auront pas trop pris la poussière…
Une oeuvre à découvrir absolument !
Lien : http://lireaulit.blogspot.fr/
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myriampele
31 août 2017
Joël Baqué écrit ici une vraie fable qui parle de la fonte des glaces mais surtout évoque la vie de Louis , ancien charcutier, veuf de Lise, avec lequel il a été heureux, s'embarquant dans une aventure qui le mènera sur la banquise, puis au sommet d'une vaste campagne écologique. L'écriture est très soignée, les situations cocasses mais on s'émeut souvent de la naïveté de ce vieil homme.
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Brispan
19 septembre 2017
Louis, retraité veuf et solitaire, se laisse lentement glisser vers la fin : sa routine, à laquelle il est très attaché, l'écrase. Jusqu'à sa rencontre avec un manchot empereur (oui).
Il y a quelque chose de délicieusement absurde et décalé dans ce roman qui offre des scènes très drôles (big up pour les chasseurs d'iceberg et les gâteaux communistes !). Mais aussi quelque chose d'assez profond et fondamental, qui met en perspective la place de l'homme (en l'occurrence du retraité) dans la société et dans son environnement. Un roman complet, intelligent et drôle.
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TmbM
17 août 2017
Sous la forme d'une fausse biographie mais d'un vrai bon roman rafraîchissant, il raconte la vie d'un aventurier qui s'ignore, un homme simple, citoyen modèle et activiste malgré lui.
L'article complet sur mon blog.
Lien : https://touchezmonblog.blogs..
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Les critiques presse (3)
LaLibreBelgique13 septembre 2017
Le quatrième roman de Joël Baqué montre avec humour qu'on peut concilier amour du boudin et défense de l'environnement
Lire la critique sur le site : LaLibreBelgique
LaCroix11 septembre 2017
Joël Baqué retrace l’épopée d’un retraité reconverti en héraut de la cause environnementale. Une comédie faussement légère.
Lire la critique sur le site : LaCroix
Bibliobs05 septembre 2017
Dans “la Fonte des glaces”, un charcutier à la retraite part à la rencontre des manchots de l'Antarctique. Hilarant.
Lire la critique sur le site : Bibliobs
Citations & extraits (5) Ajouter une citation
Alice_Alice_20 août 2017
Le conseil municipal de Toulon souhaitait s'attirer la reconnaissance des habitants du quartier des Blatterets, c'est-à-dire leurs votes. Mais les idées manquaient autant que l'argent et même davantage, car de bonnes idées peu coûteuses à appliquer sont plus difficiles à trouver que les crédits eux-mêmes. Les élus municipaux hésitaient entre deux projets ayant pour points communs de relever de l'urbanisme et de ne pas fédérer. Ceux de la majorité pensaient qu'un rond-point au croisement des rues Malenfer, du 18-Juin et du Platane serait très visible, peu nuisible, et cerise sur le gâteau, permettrait d'ériger au centre du petit terre-plein une sculpture voulue depuis longtemps par le premier adjoint à la culture. Cette sculpture serait commandée à la fille de sa maîtresse, étudiante aux Beaux-Arts de Dijon, et son métal acheté aux Métaux et Echafaudages Toulonnais, entreprise qui faisait partie des soutiens fidèles de la majorité, lui fournissant tribunes et gradins lors des campagnes électorales. L'opposition ne manqua pas de souligner qu'un rond-point symboliserait parfaitement l'action de la majorité qui tournait en rond et dont chaque initiative ne faisait que casser les flux d'énergie de la ville. Elle lui opposa son propre projet, le traçage d'une piste cyclable, moyen usuel d'apporter une touche verte à une ville où les véhicules à moteur et ceux à propulsion nucléaire se partagent la terre et les eaux. Le principal inconvénient de ce projet était qu'il faisait plaisir aux écologistes. Un consensus fut finalement trouvé autour d'une troisième proposition qui ne satisfaisait personne et put donc être votée. Ainsi fut-il acté qu'un vide-greniers aurait lieu tous les premiers dimanches du mois sur la place Desesquelles, au coeur des Blatterets. C'était une décision qui ne coûtait rien, créait un semblant de lien social et un embryon d'activité économique.
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Alice_Alice_23 août 2017
Alice est une journaliste d'investigation québécoise résolument indépendante. Elle n'est ni salariée d'un média, ni la moitié d'un couple, et n'envisage pas de devenir un jour le tiers d'une famille, puis le quart, etc. Elle ne veut pas rétrécir. Elle choisit soigneusement ses enquêtes, investiguant le plus souvent sur des crimes comme il s'en pratique au Canada où chaque foyer possède haches, pelles à neige et tisonniers. Alice a une approche originale qui postule qu'un crime nécessite un ou plusieurs gestes pour se concrétiser, mais qu'un geste possède des privilèges plus étendus : il peut exister par et pour lui-même. C'est même là la définition d'un beau geste. Alice croit en la beauté essentielle des gestes. Elle vit seule pour ne pas se réveiller le matin assiégée par des gestes qui ne sont pas le siens. Elle souhaite l'exclusivité des gestes qui façonnent son existence. Ce qu'elle regarde en premier chez un homme, ce ne sont pas ses chaussures mais ses gestes.
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MelleFifiMelleFifi19 juillet 2017
Oui, le papillon allait disparaître , remplacé par une chenille mal poilue, dégingandée et qui s'agglutinerait à d'autres chenilles de la même espèce.
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myriampelemyriampele31 août 2017
L'heure du déjeuner arriva. le cousin avait passé un tablier au motif écossais, lequel rappela ses charentaises à Louis.
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Alice_Alice_21 août 2017
Lise avait été la femme de sa vie, le manchot empereur serait le compagnon de sa fin de vie.
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Vidéo de Joël Baqué
Joël Baqué - La mer c'est rien du tout - éditions P.O.L - où Joël Baqué lit quelques pages de "La mer c'est rien du tout", publié aux éditions P.O.L, à Paris le 13 juin 2017 "Vivre une enfance languedocienne, devenir le plus jeune gendarme de France puis maître nageur-sauveteur des CRS, découvrir la littérature et le plaisir d'écrire."
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