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ISBN : 284304779X
Éditeur : Zulma (18/08/2016)

Note moyenne : 3.55/5 (sur 20 notes)
Résumé :
« C’était la seule à Nyala et sans doute même dans tout le Soudan à s’appeler Abderahman. » Avec son prénom d’homme et sa cicatrice à la joue, terrible signe de beauté, Abderahman est la fille de fortune de tante Kharifiyya, sans enfant et le cœur grand, qui l’a recueillie un jour de marché en lui demandant de ne jamais parler de la guerre. De la guerre, pourtant, Abderahman sait tout, absolument tout.
C’est un jour de marché qu’elle rencontre Shikiri, jeune ... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (11) Voir plus Ajouter une critique
Under_The_Moon
  06 novembre 2016
" Elle lui expliqua alors qu'elle avait attendu d'avoir un homme, un soldat courageux, qui la vengerait en tuant au moins dix janjawids, tandis qu'elle mangerait le foie cru de chacun d'entre eux. [...] Elle répondit qu'elle savait tout de la guerre, absolument tout, et répéta que ceux qui avaient tué ses parents et viola ses soeurs jusqu'à ce que mort s'ensuive n'étaient pas des soldats de l'armée régulière mais bien des janjawids elle savait faire la différence. "
Cette histoire, c'est celle d'Abderahman, cette jeune fille mystérieuse retrouvée sous des cadavres qui cherche à se venger de ceux qui lui ont tout pris d'une manière des plus barbares qui soit. C'est ce qu'indiquait le résumé de la 4ème de couverture. Ç'aurait pu être un conte macabre qui narrerait la quête de cette amazone darfourienne parmi les personnes déplacées dans un pays pas si lointain et dans une époque pas imaginaire, mais bien dans la réalité des affrontements ethniques en Afrique.
C'est ce que j'attendais, mais ce n'est pas le point central du roman ! le fameux messie du Darfour ne l'est pas davantage.
En réalité, Abdelaziz Baraka Sakin dresse plusieurs portraits des acteurs de cette mauvaise pièce jouée par entre les gouvernements locaux et les Nations Unies dont les populations sont des dégâts collatéraux dont on se souci peu.
Ce roman commence comme une rumeur angoissante, avec un ton de conteur africain, on sent le tragique venir entre les mercenaires ignares qui participent à une vaste machine qu'ils comprennent assez peu. Leur mission : tuer, peu importe qui et peu importe la raison. Il faut verser du sang, et c'est sans état d'âmes.
Le sujet est bien sûr terrible - pour peu qu'on est quelques notions d'histoires et d'actualités - et décrit sans fard une réalité bien loin de nous. La réalité où le viol est une arme de guerre pour anéantir mentalement et physiquement les femmes , mais pas seulement. Pour preuve le commentaire cynique de ce mercenaire après ses crimes :
" La mort lui donnerait du répit, laisse-la vivre, elle finira au camp de Kima entre la vie et la mort, sans mari ni enfants, sans père ni mère, sans village et sans honneur".
On le voit à la télé, mais c'est vrai. C'est incompréhensible, et ça dépasse la fiction. Mais c'est vrai.
Et tous les personnages décrits, qui gravitent plus ou moins autour d'Abderahman (de près ou d'assez loin) voient une promesse de renouveau avec ce messie dont tout le monde parle. C'est là qu'intervient le côté animiste du récit. Est-ce un faux prophète ou est-ce vrai ? Après tout, qu'importe.
Cet homme incarne pour tous ces êtres brisés et anéantis la seule chose qui leur reste d'humain : un espoir de paix, de retour à un temps où les tribus Arabes et Noires vivaient en bonne intelligence, et où ils ne sont pas menacés par des armés de rebelles et un gouvernement corrompu qui ne sert que ses intérêts et soumets les observateurs internationaux fantoches.
J'ai eu du mal à rentrer dans ce récit, et c'était loin d'être ce à quoi je m'attendais. Toutefois une chose est sûr, c'est un roman très percutant et qui interpelle et donne à réfléchir.
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mollymon
  08 octobre 2016
Au travers des histoires d'Abderahman , de tante Kharifiyya et d'Ibrahim Khidir, Abdelaziz Baraka Sakin critique le régime de son pays qui pousse les mercenaires janjawid à opérer une épuration ethnique en les laissant massacrer les soudanais non musulmans du Darfour . Il dénonce la barbarie de ces mercenaires prêts à toutes les horreurs pour prendre la terre qu'ils souhaitent occuper. Leur portrait est vraiment effrayant et donne toute la mesure de l'horrible violence qui secoue le Darfour depuis 2003 et qui continue encore.
J'ai eu quelques difficultés à lire ce roman que j'ai trouvé assez complexe. Pour le comprendre, j'ai du interrompre ma lecture, que j'ai bien cru ne pas pouvoir reprendre, pour rechercher des informations sur le Soudan et le Darfour et surtout sur le pourquoi et le comment de cette guerre dont je ne savais pas grand chose. Une découverte passionnante mais que j'ai eu un peu de mal à digérer tant j'ai été surprise...
Un grand merci à Babelio et aux éditions Zulma pour cette pépite qui m'a été offerte dans le cadre d'une opération masse critique.
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Franckync
  02 août 2017
Titre : le messie du Darfour
Année : 2016
Auteur : Abdelaziz Baraka Sakin
Editeur : Zulma
Résumé : le destin et les sanglantes pérégrinations d'Abderahman, de tante Kharifiyya et d'Ibrahim Khidir dans un pays rongé par la guerre; une région où sévissent des mercenaires Janjawid massacrant à tour de bras tous les habitants non-musulmans de la région du Darfour. Une histoire de violence et de vengeance mais aussi d'espoir dans une région ravagée par la guerre.
Mon humble avis : Il est des livres que l'on a envie d'aimer. Un auteur soudanais éxilé politique fuyant la barbarie, des textes interdits qui circulent sous le manteau, des avis dithyrambiques, une thématique particulièrement intéressante, un éditeur passionnant, bref j'étais très motivé à l'idée de lire ce messie du Darfour. Je me procurais donc l'ouvrage et me lançais dans cette lecture avec une curiosité et une envie rare. Si les premières pages me confirmait le réel talent de conteur de Sakin je dus assez rapidement revenir en arrière pour ne pas perdre le fil de cette histoire mêlant personnages et époques différentes. Ce sera malheureusement le cas jusqu'au bout de ces 200 pages que je finissais avec l'impression pénible que l'auteur est définitivement passé à côté d'un grand roman. Ceci n'est que mon humble avis mais si certaines pages sont sublimes, marquantes et nimbés d'une poésie et d'un étrangeté rare, la construction du roman, son rythme et les pistes à peine esquissées puis abandonnées donnent à l'ensemble un aspect inabouti qui, s'il est volontaire, m'aura en tout cas gâché le plaisir de lecture que j'étais censé y trouver. La dénonciation du conflit Soudanais est ici exposée de la façon la plus crue et cela m'aura au moins permis de m'intéresser de plus près à ce conflit. Un livre sans doute important sur le fond mais je ne peux qu'émettre de sérieuses réserves sur la forme et c'est bien dommage.
J'achète ? : Avis mitigé tu l'auras compris, je te laisse seul juge de ton choix cette fois ci.
Lien : http://francksbooks.wordpres..
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Gangoueus
  15 octobre 2017
Un messie - La question de l'esclavage
AbdelAziz Baraka Sakin commence et termine son roman avec une procession qu'initie le messie du Darfour. On retrouve autour de cet homme une foule, des gens en perte de repères assommés par une guerre terrible. Celle du Darfour. Sakin décide de nous amener en eaux profondes pour comprendre le présent et l'initiative de cette procession quelque peu loufoque, en première lecture. Il propose trois fils d'ariane. le premier est celui d'Ibrahim Khidir. Il part de son incorporation de force dans les forces armées soudanaises de ce fils de "bonne famille". Au moment de la procession, c'est un élément de l'armée qui souhaite se rapprocher du messie pour comprendre sa philosophie et sa capacité à influencer les gens autour de lui. Au moment de son incorporation, c'est un étudiant. Un soudanais de Khartoum comme les autres… Mais quand on creuse, on découvre un héritage lourd dans sa famille où la question de l'esclavage a eu une place conséquente. Au point de définir des postures, nourrir des tabous au sein d'une même famille. L'histoire de sa grand-mère, puisque les lecteurs le constateront, les femmes sont souvent le canal par lequel la vérité est exprimée clairement sur les situations délicates. Ibrahim est à l'aise avec cet héritage. le lecteur réalisera combien cette question de l'esclavage est actuelle au Soudan, sans véritable remise en cause des individus. L'abolition de l'esclavage est un fait colonial britannique qui n'a jamais été assumé par de nombreuses élites dirigeantes de Khartoum. Toujours en suivant le personnage Ibrahim qui va errer près de 10 ans dans les guerres soudanaises au sud, à l'est, on découvre un pays en proie depuis des années à des guerres civiles (le terme fratricides n'a pas de sens dans ce contexte) et dont les militaires sont dans de nombreux cas, des esclaves reconvertis à l'art de la guerre. le pouvoir en place, machiavélique, oppose, instrumentalise les populations au gré de ses intérêts mercantiles...
Lien : http://gangoueus.blogspot.fr..
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Squirelito
  05 septembre 2017
Les conflits et les guerres. Ses ravages et son désastre. le Darfour vit depuis des décennies avec une violence absolue où s'affrontent les populations sur fond de racisme, d'intolérance religieuse le tout catalysé par les problèmes de sécheresse et la découverte de ressources pétrolières.
L'écrivain soudanais Abdelaziz Baraka Sakin livre un récit plus que poignant sur ce génocide, avec un personnage central : la combattante Abderahman contre les impitoyables Janjawids. le long de sa route, elle rencontre Shikiri et son ami Ibrahim, enrôlés de force dans l'armée soudanaise. Mais leur soif de liberté (de vengeance aussi) sera plus grande et ils vont, chacun à leur façon, lutter contre la barbarie.
Magnifiquement écrit mais le fil conducteur peut dérouter certains lecteurs avec les nombreux flashbacks. Ils sont pourtant nécessaires afin de mieux cerner la réalité du présent, connaître le passé où l'esclavage était une pratique plus que courante... Et heureusement que l'auteur a l'âme d'un poète parce que la dureté des descriptions est sans appel. Exactions, viols, tortures et ce paradoxe troublant d'un mercenaire Janjawid capable des pires atrocités mais qui se met à pleurer si un compagnon meurt sous ses yeux... Si les derniers chapitres apportent un message d'espoir autour de la magie du Verbe, les cicatrices restent à vif face à la haine rampante et le fanatisme religieux.
Un livre que je recommande fortement et qui peut donner l'envie d'aller rechercher d'autres ouvrages sur ce conflit. Mention spéciale aux Editions Zulma pour avoir été les premiers à proposer à traduire un roman d'Abdelaziz Baraka Sakin.
Livre reçu grâce aux Editions Zulma et à la communauté lecteurs.com

Lien : http://squirelito.blogspot.f..
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Citations & extraits (22) Voir plus Ajouter une citation
GangoueusGangoueus   15 octobre 2017
A peine rentrés à la maison, Shikiri dut constater que son épouse, Abderahman, n'était pas une femme comme les autres, non pas parce qu'elle était plus directe et plus sensuelle qu'il ne s'y attendait, mais parce qu'elle lui fit une étrange requête alors qu'ils étaient mariés depuis une heure à peine : elle lui demanda de la venger, ou de l'aider à se venger, et rien d'autre.
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Charybde2Charybde2   11 septembre 2016
Nyala était une belle ville, assez étendue, les humanitaires européens l’appelaient le Las Vegas du Darfour, personne ne connaissait le nombre exact de ses habitants, qui augmentait et décroissait sans cesse en fonction du cours de la guerre au Darfour. Y cohabitaient les victimes chassées de leurs villages et les criminels qui se chargeaient de l’expulsion des villageois, mais aussi des citoyens pour qui cette guerre ne signifiait rien, ou encore des commerçants, seuls bénéficiaires du conflit et dont les biens s’étaient multipliés suite à la spéculation, au boursicotage et à la pénurie réelle ou organisée, des janjawids aussi, à la périphérie des grands camps, qui se pavanaient en ville dans leurs Land Cruiser découvertes équipées de mitrailleuses Douchka et de lance-roquettes. Leurs habits étaient sales, trempés de sueur et couverts de poussière, ils étaient bardés de longs grigris et coiffés de casques, leurs cheveux étaient épais et sentaient à la fois le désert et l’exil, ils portaient à l’épaule des fusils G-3 de fabrication chinoise et tiraient sans la moindre raison, sans aucun respect pour l’âme humaine, ils ne faisaient aucune différence entre les humains et les animaux, traitant les premiers comme des chiens. On les reconnaissait aussi à leur langue, le dajar, qui est l’arabe parlé au Niger ou quelque part dans l’ouest du Sahara, ils n’avaient ni femmes ni filles, il n’y avait aucun civil parmi eux, pas plus que de gens pieux ou cultivés, de professeurs, de personnes instruites, de directeurs, d’artisans, ils n’avaient ni village, ni ville, ni même de maison où ils auraient pu désirer rentrer à la fin de la journée, une seule passion les animait, un être aux longues pattes et au dos solide, doté d’une boss capable de contenir autant d’eau qu’un tonneau, à propos duquel ils déclamaient de la poésie, dont ils mangeaient la chair et la graisse, dont ils buvaient le lait, vivant tantôt sur son dos, tantôt sous une tente faite de ses poils, un animal capable de les emmener très loin, comme tuer ou se faire tuer uniquement pour lui assurer des pâturages, à la fois leur maître et leur esclave, leur seigneur et leur serf : le chameau.
Personne ne sait exactement pourquoi le gouvernement avait choisi ces gens-là, parmi tous les peuples d’Afrique, pour mener à sa place la guerre au Darfour. La mission d’Abderahman aurait été bien plus simple face à tout autre ennemi que ce groupe hétéroclite. Il y avait une grande garnison à Nyala, comptant au moins dix mille soldats, des centaines de pièces d’artillerie lourde, ainsi que des avions de chasse chinois, efficaces et extrêmement précis. Tous travaillaient main dans la main avec les janjawids. Mais le projet d’Abderahman n’était pas si ambitieux. Au contraire, il était très modeste, tout à fait à sa portée : dix janjawids sur seize mille, ce n’est pas énorme. Ce n’est même rien comparé aux centaines qui avaient été tués lors des combats. Elle voulait simplement en ajouter dix à la liste, pas un de plus.
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Charybde2Charybde2   11 septembre 2016
Il aurait préféré qu’on le surnomme Guevara plutôt que Charon, même si cela lui rappelait son ami le martyr Abbakar Guevara, le premier à prendre conscience du danger que constituaient les janjawids, et aussi le premier à avoir pris les armes pour défendre les siens au Darfour. Il ne reprochait qu’une seule chose à Abbakar Guevara, comme d’ailleurs à beaucoup de combattants au Darfour, à savoir qu’il n’appréhendait qu’une moitié de la guerre, et qu’il en ignorait l’autre moitié. Il voulait dire par là qu’il ne comprenait pas comment cet homme qui avait combattu les rebelles dans le sud du pays – où il avait tué des enfants, des femmes et des vieillards, brûlé leurs villages sans pitié, considérant qu’il s’agissait là d’un jihad au nom de Dieu – était devenu du jour au lendemain un rebelle contre le gouvernement parce que son ancien employeur appliquait désormais les mêmes principes, les mêmes slogans, la même morale pour mener une guerre dans sa région à lui, en s’appuyant cette fois sur d’autres soldats. Peut-être tenait-il un raisonnement métaphysique difficile à comprendre dans le bruit des tirs et l’odeur de la poudre. C’est ce que Charon appelait la schizophrénie du spolié, qui ne parvient à appréhender qu’une partie de la réalité, qu’une partie des faits, et qui donc ne remplit qu’une partie de son devoir. Et ce comportement faisait peut-être plus de tort que de bien, car le révolutionnaire a besoin d’un cœur pur plutôt que d’une main puissante, s’il ne peut avoir les deux en même temps.
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Under_The_MoonUnder_The_Moon   06 novembre 2016
Les gens comprirent plus tard que l'amour et la haine coulent dans les mêmes veines, arrosent les mêmes champs, ils comprirent que celui qui aime est pareil à celui qui hait : l'homme ne peut distinguer le bon du mauvais, il est capable de baiser la main du diable en pensant qu'il s'agit des lèvres de la bien-aimée.
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Under_The_MoonUnder_The_Moon   06 novembre 2016
[...] l'Histoire n'était faite que des observations consignées par les hommes, et l'on a le droit en tant qu'humains de ne conserver de l'Histoire que ce qui nous concerne, on a le droit aussi de ne pas croire ceux qui l'écrivent, il n'y a pas de vérité absolue dans ce qui est consigné, rien n'est pus vrai que ce que l'on voit de ses propres yeux, ce que l'on ressent, ce pour quoi on souffre tous les jours, voilà le malheureux héritage laissé par l'esclavage.
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