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Ars Obscura tome 1 sur 3
EAN : 9782207165805
496 pages
Denoël (15/03/2023)
  Existe en édition audio
3.98/5   105 notes
Résumé :
1815. Napoléon Ier a conquis l’Europe grâce aux pouvoirs d’Élégast, un sorcier dont nul ne sait rien et qui est le seul capable de pratiquer l’Art Obscur : une forme de magie aussi puissante que terrifiante.

En dépit de la force militaire de la France, la population vit dans la crainte des bulles noires, ces manifestations surnaturelles violentes qui engloutissent les gens et libèrent des hordes de monstres semant la mort dans les campagnes.
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Critiques, Analyses et Avis (39) Voir plus Ajouter une critique
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1815. Contrairement à notre Histoire, Napoléon n'a pas échoué en Russie. Il n'a certes pas vaincu le tsar, mais il est dorénavant à la tête d'un Empire s'étendant des iles britanniques aux frontières de son ennemi de l'est. Pourquoi ? le responsable de ces immenses victoires est Élégast. Il n'est pas un tacticien hors pair (Napoléon se suffit à lui-même), mais un mage exceptionnel, seul capable, semble-t-il, de maîtriser l'Ars Obscura, source incroyable de magie.

Sorcier d'Empire est le premier volume d'une tétralogie en cours de publication. Tétralogie que je compte bien suivre, vu le plaisir que j'ai pris à lire ce tome. Posons le cadre. L'empereur a donc pu l'emporter face à ses nombreux ennemis européens, non grâce à son seul génie tactique, mais, surtout, grâce aux pouvoirs phénoménaux d'un homme. Mais Élégast est-il seulement humain ce mage qui a pris une telle importance dans le gouvernement de la France et son Empire ? Lui qui semble seul à être capable de manier les forces de l'Ars Obscura. Car les autres habitants de ces contrées sont capables de quelques trucs, de concocter et d'utiliser des potions aux pouvoirs impressionnants. Cependant, rien de comparable. Or, la population en aurait bien besoin, de ses capacités. Car depuis plusieurs années, de mystérieuses bulles noires apparaissent ici ou là, sur le territoire. En sortent les résurgions, des monstres atroces et difformes dont la principale caractéristique est la cruauté et la sauvagerie. Ils n'ont, semble-t-il, qu'un but : tuer. Et d'abominable façon. « Ludwig aperçut son premier résurgion ; une vile créature semblable à un charançon de quatre pieds de long, à la tête hérissée de nombreuses piques empoisonnées et pourvue de plusieurs pinces acérées, dont il apprendrait le nom plus tard : un phoboïde. » Et ils peuvent s'extirper de leur enveloppe noire à n'importe quel endroit : en rase campagne comme en pleine ville, sur une place comme dans une maison. Aussi, ils s'en prennent à n'importe qui : femmes, hommes, enfants. Tout le monde est une proie potentielle. Et si vous réchappez à leurs griffes et leurs crocs, mais que vous avez le malheur d'être touchés par ces créatures, votre peau est marquée d'une sombre tâche. Et votre entourage vous regarde de travers en vous traitant de vile-peau. Comme Ludwig, l'un des héros de cette aventure.

Mais il n'est pas le seul, cet homme étrange, chasseur de résurgions, dont on ignore à peu près tout au début du roman. Et dont on découvrira peu à peu les origines et les pouvoirs. Il va rencontrer sur son chemin une jeune femme qui refuse l'idée de magie. Pour elle, toute imprégnée de l'esprit des encyclopédistes et qui rêve de publier un article dans ce prestigieux monument du savoir qu'est l'Encyclopédie, tout est phénomène explicable par la raison. Courageuse posture, d'autant qu'elle est femme dans une nation d'hommes surs de leur force et de leur pouvoir. Mais son tempérament et son savoir lui permettent de se tirer de la plupart des mauvais pas. Pourtant, elle aussi est hantée par son passé.

Tout comme Élégast, le mage de Napoléon, qui cherche, à travers son aide apportée à l'empereur, à atteindre un but inavouable. Mais à quel prix ? Et parmi tous ces hommes d'armes qui entourent le pouvoir, certains finissent par chuchoter de plus en plus fort. Est-il bien normal de laisser autant de pouvoir à un vulgaire sorcier. Qui n'a aucune connaissance militaire. Et qui fait peur, il faut bien l'avouer. Grouille donc toute une troupe de personnages plus ou moins ambitieux, plus ou moins persuadés que le sort du pays est entre leurs mains. Et tout ce beau monde s'associe, réfléchit à voix haute ou basse, complote. Sans compter les femmes et hommes venus de l'étranger. « En France, les espions poussent plus vite que les mauvaises herbes. » Car l'hexagone est devenu le centre de tous les complots, de tous les plans, de toutes les convoitises. Russes, Anglais (surtout eux, dont le pays a été conquis par l'empereur) et d'autres encore tentent de s'unir pour renverser le tyran. Mais sans oublier leurs propres intérêts. Un gigantesque panier de crabes merveilleusement mis en scène par François Baranger.

Car, vous l'aurez compris, la trame est riche et compte de nombreux protagonistes. Il serait donc facile de se perdre dans les lieux, les individus, les quêtes. On ne peut donc que se féliciter que l'homme aux commandes, François Baranger, maitrise la narration avec brio. Cela ne m'étonne pas de l'auteur de Dominium Mundi. Les grandes fresques ne lui font pas peur. Et on le voit bien dans le premier tome de cette tétralogie où les éléments se mettent en place. C'est d'ailleurs ce dernier point qui fait que je ne vous parle de ce roman sorti en mars qu'aujourd'hui. J'en avais commencé la lecture peu après sa parution, mais le démarrage a été un peu lent à mon goût et j'ai eu un peu de mal à entrer dans l'histoire. Mais quand je l'ai repris quelques semaines plus tard, rien de commun. Les premières pages de mise en place étaient passées et l'action a filé à bride abattue. Pour mon plus grand plaisir, puisque je n'ai pas lâché le roman avant de l'avoir terminé.

L'éditeur promet une parution rapprochée des quatre tomes. D'ailleurs, le suivant, Second sorcier, est prévu pour septembre 2023. Et c'est une très agréable façon de faire. Je l'ai appréciée pour le Second Oekumène de John Crossford (Bertrand Passegué). Cela permet de lire d'autres histoires entre-temps sans perdre le fil du récit. Et tant mieux, car Ars Obscura s'annonce comme une saga riche et entraînante, pleine de surprises et de coups fourrés. Tout ce que j'aime !
Lien : https://lenocherdeslivres.wo..
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« Ars obscura » est le premier tome d'une nouvelle série signée François Baranger, bien connu dans le petit monde de l'imaginaire français, autant pour ses précédents romans (notamment le diptyque « Dominum Mundi ») que pour ses nombreuses illustrations de couverture. Son roman se déroule au début du XIXe et relève de l'uchronie puisque nous sommes en 1815 et que la Restauration n'a pas eu lieu, Napoléon Bonaparte restant maître d'une bonne partie de l'Europe. Cette déviation par rapport à notre histoire s'explique essentiellement par l'irruption à la fin du XVIIIe d'Elegast, un sorcier doté de puissants pouvoirs qu'il a choisi de mettre au service du futur empereur, alors seulement général conduisant une campagne décisive en Égypte à la demande du Directoire. Alliée à son génie militaire, la magie fournie par cet allié inespéré a complètement renversé l'ordre du monde et permis à Napoléon d'étendre son influence sur des territoires jusqu'à présent préservés de son ambition, à commencer par l'Angleterre, désormais soumise au joug français. L'arrivée de celui que l'on nomme désormais avec crainte le « Sorcier d'Empire » s'est toutefois accompagnée de l'apparition de « bulles noires » un peu partout sur le territoire : des sortes de portails livrant passage à des résurgions, des créatures toutes plus monstrueuses et mortelles les unes que les autres et qui font régner un climat de terreur permanente dans les campagnes. C'est dans ce contexte que nous faisons la connaissance de plusieurs personnages dont les destins vont se croiser pour le meilleur comme pour le pire. Parmi eux, on trouve, pêle-mêle, Ludwig, un chasseur de résurgions ayant perdu sa famille de façon tragique ; Hélade, un officier appartenant à la très décriée troupe placée sous l'autorité directe du Sorcier d'Empire ; Ethelinde, une jeune naturaliste amatrice d'art obscure justement pourchassée par les sbires d'Elegast ; mais aussi Irénion, un soldat chargé du maintien de l'ordre, Jonas, un espion anglais, ou encore Nicolas, le frère du tsar de Russie qui se livre à de curieuses expérimentations.

Le roman comprend donc beaucoup de personnages que l'on va suivre à tour de rôle, chaque chapitre portant le nom de l'un d'entre eux et se focalisant sur son point de vue. Un procédé qui permet de rendre la lecture plus dynamique mais qui a pour revers de perdre le lecteur dès lors que ces points de vues se multiplient. Et c'est un peu le cas ici puisque, si on suit globalement avec intérêt l'ensemble des protagonistes évoqués plus haut, il faut admettre que changer constamment de personnage au début d'un roman rend l'immersion plus compliquée, d'autant que les liens qu'ils entretiennent les uns avec les autres n'apparaissent que tardivement. Les cent premières pages ont ainsi un petit côté brouillon, puis les différentes trames narratives se rejoignent enfin et permettent au roman de gagner en fluidité et en rythme. On peut alors pleinement profiter du cadre offert par l'auteur qui puise ici son inspiration dans une période historique rarement utilisée en fantasy : le XIXe siècle. La reconstitution de l'époque est convaincante, d'autant que l'auteur ne limite pas son décor aux lieux de pouvoirs comme c'est généralement le cas mais nous entraîne sur les routes et dans les campagnes. L'immersion n'en est que plus forte tandis que le va-et-vient entre différentes ambiances permet d'avoir un aperçu complet du contexte de l'époque, l'auteur insistant aussi bien sur la montée du sentiment d'insécurité dans les campagnes ou sur la façon dont les gens se protègent et se déplacent que sur les manigances auxquelles se livrent les hommes les plus puissants de l'empire afin de limiter l'influence du sorcier. Les informations distillées par l'auteur à propos de ce dernier sont pour le moment très parcellaires et devraient sans doute s'étoffer dans les tomes à venir. de même, on ignore pour le moment presque tout de cet art obscure et de la façon dont il fonctionne, ce qui peut s'avérer légèrement frustrant compte tenu de la place qu'occupe cette étrange magie dans l'intrigue.

En dépit de ses qualités le roman souffre de quelques maladresses qui, sans être rédhibitoires, n'en demeurent pas moins problématiques. Parmi ces bémols on peut mentionner la place accordée aux personnages féminins qui sont bien peu nombreux et, pour celles mises sur le devant de la scène, bien trop stéréotypées. On retrouve ainsi le cliché de l'espionne lascive et cruelle, mais aussi celui de la jeune femme bad-ass désireuse d'assouvir une vengeance familiale, ou encore de l'amante idéalisée par son compagnon pour qui elle incarne le bonheur domestique. Ethelinde est la seule à bénéficier d'un traitement un peu plus approfondi qui permet de la rendre sympathique mais il s'agit là d'une exception. L'auteur a de plus tendance à systématiquement tomber dans le même travers dès lors qu'il dépeint un personnage féminin puisque toutes sont définis (évidemment) par leur physique, mais aussi par l'attention qu'elles portent aux hommes. Difficile également par moment de se départir de l'impression d'avoir à faire à une scène de « Witcher » tant les similitudes sautent aux yeux (un chasseur de monstres, des attaques de bêtes plus hideuses les unes que les autres dans la forêt, l'aide d'une magicienne…). Certes, cela donne lieu à de belles scènes d'action, mais la référence est ici un peu trop marquée pour ne pas faire tiquer. On peut également regretter que certains éléments de l'intrigue se révèlent trop prévisibles, certains rebondissements n'en étant pas vraiment dans la mesure où on les voit arriver longtemps à l'avance. Enfin, j'ai trouvé les méchants de l'histoire vraiment très caricaturaux puisque tout ce que l'on sait d'eux est qu'ils n'hésitent pas à utiliser n'importe quel individu comme cobaye ou chair à canon, et ce sans le moindre remord. Seule compte pour eux l'atteinte de leur objectif, et les nombreux actes de cruauté dont ils se rendent coupables les rendent finalement assez peu crédibles.

« Sorcier d'empire » est le premier volet d'une série de François Baranger consacrée à une uchronie se déroulant au début du XIXe et basée sur la survie du Premier Empire et de Napoléon après 1815 grâce à l'aide d'un puissant sorcier capable de manier « l'art obscure ». Immersif et dynamique, ce premier tome permet de poser les bases du contexte et de l'intrigue qui souffre, malgré tout l'intérêt qu'on lui porte, de légères maladresses, notamment en ce qui concerne la représentation des femmes et la capacité à surprendre le lecteur. L'histoire est tout de même alléchante, aussi espérons que ces défauts seront corrigés dans le prochain volume.
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Livre audio – Lu par Yvan Lecomte : 14h48

Tout à fait le genre de littérature que j'aime écouter : de l'imaginaire ! de la Dark fantasy dans ce cas avec un peu d'Histoire puisque nous sommes en 1815 et Napoléon domine l'Europe ou serait-il plus juste de dire que c'est Elégaste, seul capable de maitriser l'Art Obscur, qui règne à travers son pantin ?

Expression du mal qui se développe, des bulles noires apparaissent qui engloutissent les habitants et libèrent des monstres, les rérsurgions, que certains pourchassent, tel Ludwig un mercenaire amnésique ! Sa route va croiser celle d'Ethelinde et ils vont unir leurs forces pour découvrir qui est vraiment le sorcier et le but qu'il s'est fixé ! Uchronie, magie et fantastique font un mariage réussi !

Je n'ai eu aucun mal à suivre toutes les histoires parallèles, la narration d'Yvan Lecompte m'a permis de ne pas me perdre entre les différents lieux et les personnages dont l'auteur a pris le temps de faire un portrait détaillé !

L'ambiance est malaisante au possible avec une sensation poisseuse qui me donnait l'impression d'être emprisonnée dans la toile d'une araignée monstrueuse mais sans pour autant avoir envie d'en sortir !

Je compte bien écouter la suite et même réécouter celui-ci avant car les situations sont assez complexes pour ne pas toutes se les rappeler !

#Challenge7¤££¤ Gourmand4¤££¤ #NetGalleyFrance

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France, 1815 : Napoléon règne sur toute l'Europe !

Soutenu par le sorcier Élégast, il a vaincu ses ennemis au fil des batailles. Mais les Anglais réfugiés au Caire espèrent un retournement, avec leurs alliés russes et tous ceux qui exècrent la France impériale trop puissante. Quand j'ai lu que l'Angleterre était sous domination française, mon sourire s'est élargi d'une oreille à l'autre. C'est mal ?

Revenons à l'histoire : dans une France uchronique, des bulles noires apparaissent parfois, ici et là. Elles se transforment en « résurgences » d'où s'échappent de terribles « résurgions », bêtes de diverses tailles et très dangereuses. Il est difficile de les éliminer : les voyageurs traversant les bois doivent être prudents.

Dans ce contexte, Ludwig gagne sa vie en traquant les résurgions. Personnage étrange et hors de la société qui ne se souvient plus de son enfance, il espère découvrir les secrets des bulles noires qui ont englouti sa femme et sa fille. Un jour, il secourt Éthelinge pourchassée par des Gardes Hérétiques, le corps d'armée du Sorcier Élégast qui constitue une armée dans l'armée. Éthelinge est la fille d'un savant mort pendant la campagne d'Égypte de Bonaparte, et elle est persuadée que son père a été tué. Son esprit scientifique la pousse à étudier la magie et à tenter de reproduire certains sorts. Or Ludwig se révèle avoir des dons qu'il ne comprend pas. Est-ce lié à son enfance ? Ce mystère se double d'un deuxième : ceux qui prétendent avoir des pouvoirs, en général des charlatans, sont assassinés les uns après les autres. Qui veut les éliminer ?

Ce roman choral donne la voix à de multiples narrateurs, offrant une vue d'ensemble des contextes et des actions : en France, en Angleterre, en Russie ; dans les campagnes, les casernes ou les palais impériaux ; parmi les soldats, les fugitifs ou les hommes de pouvoirs. On voyage beaucoup avec Sorcier d'Empire, on suit une scène à travers les yeux de divers personnages qui ont leur propre compréhension des événements, de l'espion anglais à la comtesse russe séductrice mais impitoyable avec les Bohémiens ; du frère du Tsar attiré par les sciences obscures au jeune serf effrayé par la barbarie d'une confrérie rêvant de la renaissance d'un dieu maléfique qui reposerait dans un sarcophage égyptien et renaîtrait grâce à un rituel sanglant ; du noble au service de Napoléon à l'officier de terrain ; et bien d'autres. Cette richesse de points de vue brosse un tableau vivant, en contrepartie d'une longue exposition qui dévoile les personnalités et les motivations de chacun. L'action ne manque pas à l'appel, bien au contraire, et chacun est mis en danger, d'autant plus que les dissensions dans chaque camp sont nombreuses.

Parlons de l'uchronie de fantasy : dans ce monde, la magie puissante avait disparu depuis des temps immémoriaux, même si certains se disaient dotés de pouvoirs. Ce n'était plus qu'un objet d'étude pour des lettrés et des superstitions diverses. le point de départ de l'uchronie est l'apparition d'Élegast, présenté par Napoléon en 1803. L'empereur remporte alors des batailles grâce aux sorts et délaisse son génie militaire au grand dam des généraux qui se méfient de la Garde Hérétique et encore plus d'Élegast dont personne ne sait rien.

Plus le lecteur avance dans le roman, plus se dessine le schéma de l'Art Obscur, venant de temps oublié. Qui est exactement Élégast ? Que veut-il ? Napoléon a-t-il perdu son sens stratégique pour céder à la facilité d'un homme dont les motivations sont à craindre ? Quel danger viendra de la Russie ? Et quel sera le rôle de l'Angleterre ? La conspiration contre Élegast va-t-elle connaître le succès ? Et Élegast lui-même, jusqu'où va-t-il aller ?

De manière plus intimiste, on ne peut s'empêcher d'espérer pour quelques personnages attachants en mauvaise posture : le serf Pavel, Éthelinge à l'esprit scientifique, et Ludwig, qu'on devine le pilier de l'histoire.

Parlons un peu de l'univers : Élégast entrevoit l'avenir, ce qui lui permet de développer des outils et des armes utilisant sa magie et donnant une touche rétrofuturiste au roman. Grâce à une plume très travaillée et toujours fluide, l'auteur pose des ambiances prenantes et fait vivre un passé très proche de celui que nous connaissons, avec des parcelles de surnaturel — voire parfois d'horreur — bienvenues.

Le retournement de situation de la fin de ce tome, touchant certains des héros, donne très envie de continuer à découvrir la suite de la saga.

Lien : https://feygirl.home.blog/20..
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Premier Empire et Fantasy. Rien qu'en entendant ça j'étais conquis. Autant dire que j'avais énormément d'attentes vis à vis de ce cycle.

Points positifs : la période, le roman à plusieurs points de vue, les manifestations démoniaques/inframonde dont on ne connait pas l'origine, celui qu'on peut voir comme le personnage principal Ludwig est très bien présenté (même si c'est un peu l'archétype du héro sombre et taiseux, plus intelligent qu'il n'en a l'air), j'aime bien le type de sorcier qu'est Elégaste qui mêle magie et ingénierie et surtout la France qui domine l'Europe :p

Plusieurs points noirs cependant : c'est essentiellement circonscrit au début du récit (et j'espère franchement que ça restera limité) mais on nous sert les poncifs habituels sur un Napoléon doté d'une "soif inextinguible de conquête", "assassin de la république" et autres raccourcis de mauvaise foi dont est coutumier une certaine partie du spectre politique quand il s'agit d'aborder cette période de l'histoire. Heureusement ça s'atténue au fil des pages (même si le fil narratif avec la compagne d'Irénion qui prendra sans doute plus d'importance dans le tome suivant risque de faire retomber l'auteur dans ses travers selon moi).

Pour rappel : Napoléon n'a déclaré la guerre sans raison qu'une fois (à l'Espagne) et pour les autres conflits a hérité des guerres de la république et subi les déclarations de guerres des puissances coalisées (à l'instigation souvent de l'Angleterre). Quant au supposé assassin de la république, le passage du régime du directoire (corrompu comme rarement) au consulat c'est certes passé via un coup d'état (dont Napoléon n'était que l'outil et non l'instigateur) mais par la suite c'est par un plébiscite qu'il a obtenu le consulat à vie puis le titre d'empereur héréditaire (sans jamais que la République ne soit rayée de la carte, elle existait toujours, seulement sa direction était confiée à un empereur).

Autre erreur, moins gênante cette fois, il est dit au début du livre que lors de la campagne d'Egypte Napoléon portait le titre de consul, c'est faux, puisque c'est à son retour d'Egypte qu'a lieu le coup d'état du 18 brumaire et qu'est mit en place le régime du consulat. Il était seulement général. Ce n'est pas une erreur gênante en soi mais bon vu que j'ai lu que la documentation de l'auteur sur le sujet était béton, je me permet de le relever.


Comme dit plus haut c'est un roman avec énormément de points de vu différent et personnellement j'aime bien ce genre de mise en scène, il y a en revanche un bémol, contrairement au Trône de fer par exemple, on ne se focalise ici pas seulement sur des personnages principaux qu'on revoit régulièrement, ça rend l'immersion compliquée au début et c'est parfois frustrant car certains n'ont droit qu'a un ou deux chapitre dans tout le livre (l'espion anglais par exemple ou bien Joachim dont on n'a le point de vu qu'une seule fois).

La série est présentée comme une série de Dark Fantasy, pour moi ce n'en est pas. Certes l'univers est assez sombre (surtout la partie se passant en Russie), mais les personnages sont bien trop manichéens (pour les perso principaux on a d'un coté les véritables enflures et de l'autre ceux qui ne jurent que par leurs idéaux) pour que ça soit considéré comme de la Dark Fantasy. C'est clairement une déception pour moi qui suis un adepte du genre dont une des principales caractéristiques est la nuance de gris dans laquelle s'inscrivent les personnages.

L'histoire est longue a démarrer (sans doute a cause de la multiplication des points de vue), ce n'est ici pas extrêmement gênant car l'auteur écrit bien et qu'il y a malgré tout des péripéties mais on met un moment avant de savoir quelle est réellement l'histoire qu'on veut nous raconter.

Pour résumer, j'ai passé un bon moment de lecture mais j'attends Béranger au tournant pour le prochain tome qui sera déterminant pour savoir si je poursuit ou non le cycle. En espérant qu'il ne fasse pas la même chose qu'avec Dominium Mundi dont le second tome fut une véritable catastrophe.


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critiques presse (2)
Syfantasy
30 octobre 2023
C’est profond, sombre, épique et magique. Une belle réécriture de la légende Napoléonienne, mais pas que…
Lire la critique sur le site : Syfantasy
Elbakin.net
20 mars 2023
En deux mots, Sorcier d’Empire est un roman volontiers épique qui nous offre du divertissement de qualité. Qui s’en plaindra ? Certainement pas votre serviteur !
Lire la critique sur le site : Elbakin.net
Citations et extraits (7) Voir plus Ajouter une citation
En France, les espions poussent plus vite que les mauvaises herbes.
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Dans le fond, la magie n’était jamais que l’ensemble des techniques permettant de maitriser l’authentique pouvoir brut. Sans celui-ci, la magie était presque inopérante. Comme un fusil sans poudre : tous les éléments essentiels sont réunis, mais il manque le pouvoir détonnant.
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Soudain, comme exaspéré au plus haut point, Ludwig se dressa d'un bond et passa dans le dos du jeune homme. D'un geste brusque, il lui plaqua les deux mains sur les tempes et ferma les yeux à son tour. En un instant, la vibration s'intensifia au point de faire trembler les menus objets de la pièce et des cris de peur s'échappèrent de l'assistance. Le corps de Mathurin se crispa d'un coup, comme ces cadavres traversés par un courant galvanique qu'Ethelinde avait déjà pu voir, et il poussa un hurlement,bref mais effrayant. Ses paupières se relevèrent. Ses yeux, revulsés, ne montraient plus que du blanc. Son bras gauche se dressa sous l'effet de la transe violente et, sans la moindre hésitation, son index vint se placer sur un point de la carte
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Moins d’un an après le mariage, Onéline lui donna une fille, qu’ils baptisèrent Thalie. Avec cette naissance, Ludwig découvrit le sentiment inexprimable de la paternité, ce lien unique, profond et puissant, qui fait de vous, après la mère, la personne la plus importante au monde pour un être vulnérable, parce qu’il est une part de vous-même, qu’il vous incombe d’assurer sa subsistance et de le défendre jusqu’à ce qu’il soit en mesure de s’en charger lui-même, et qu’il vous donne une raison supplémentaire de veiller sur votre propre existence afin de ne pas laisser un orphelin de plus ici-bas.
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Bien sûr, il ne se résignait à cet effort que par acquit de conscience ; il était bien placé pour savoir que seule une personne était jamais entrée et sortie vivante d'une résurgence car cette personne, c'était lui.
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