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ISBN : 2012356362
Éditeur : Hachette Littératures (30/04/2008)
Résumé :
" À rebours des évolutions contemporaines vers des réponses expéditives qui prônent l'enfermement, les auteurs insistent sur la nécessité d'une justice qui travaille sur la durée et se montre capable d'écoute comme d'autorité. "
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Critiques, Analyses et Avis (1) Ajouter une critique
kielosa
  27 août 2018

Dans ma chronique de l'ouvrage de Denis Salas " La volonté de punir : le populisme pénal" du 7 juin dernier, dans lequel j'ai annoncé mon billet sur "L'enfant et son juge : La justice des mineurs au quotidien", j'ai commis la gaffe d'avoir confondu les auteurs avec celui qui en a écrit la préface, Denis Salas. À ce moment le livre ne m'était pas encore parvenu, mais je tiens, tout de même, à vous présenter mes excuses, étant allergique aux fausses informations, quand bien même si le "fake news" soit, hélas, à la mode de nos jours.
Déjà dans cette préface, Denis Salas résume admirablement bien la question. Il précise que la justice des mineurs doit s'inscrire dans "la continuité d'une action éducative". Que "la sanction est impuissante, à elle seule, à vaincre les engrenages tragiques" qui ont amené un mineur devant un juge. Elle frappe un individu fautif mais laisse intact le noyau de causalités où se forge le mal". Dans ce contexte le rôle du juge des mineurs est à la fois délicate et primordiale. Sa tâche implique une très solide préparation, une colossale patience et la volonté d'écouter ses jeunes qui s'expriment le plus souvent de façon confuse et maladroite.
Ce que j'ai particulièrement apprécié dans son introduction c'est le respect qu'il témoigne aux greffières des cours de justice des mineurs. À côté du juge et des avocats, surtout s'il s'agit des ténors du barreau, elles passent presque inaperçues, pourtant la greffière "humanise, par des petits riens, la confrontation violente avec la loi". Denis Salas la désigne comme la véritable "âme" du prétoire.
L'éducateur et écrivain, Fernand Deligny (1913-1996), a dans son oeuvre populaire "Graine de crapule" de 1945, situé non sans ironie ce contexte : "Il y a 3 fils qu'il faudrait tenir ensemble : l'individuel, le familial et le social. Mais le familial est un peu pourri, le social est plein de noeuds. Alors on tisse l'individuel seulement". Au-delà de l'ironie, les termes de la mission de la justice des mineurs sont clairement posés. Et Denis Salas prône "l'alliance du judiciaire et de l'éducatif" comme seule base solide pour une approche équilibrée dans ce domaine spécifique.
Les 2 auteurs sont parfaitement bien placés pour approfondir ce sujet. Thierry Baranger est juge des enfants au tribunal de Bobigny, vice-président au tribunal de grande instance de Nanterre et ex-président de l'Association française des magistrats de la jeunesse. Gilda Nicolau est professeur à l'université de Paris 1-Panthéon Sorbonne d'anthropologie du droit et présidente de l'Association des chercheurs en anthropologie juridique.
Ce qui rend cet ouvrage particulièrement intéressant c'est d'avoir opté tout au long du chapitre IV, intitulé "Peines"et couvrant quelque 87 pages, pour la formule de journal intime du juge des mineurs. Cela permet, en somme, d'assister virtuellement dans le cabinet du juge aux discussions entre le petit malheureux, les membres de la famille du gosse en problèmes, les représentants des forces de l'ordre, les représentants de l'assistance sociale et un éducateur assermenté. Ces échanges de vues, évidemment le plus souvent délicats et pénibles, permettent au juge et à l'éducateur de tracer une ligne de conduite principalement dans l'intérêt à long terme du petit "sauvageon" : de faire preuve de sollicitude, plutôt que d'avoir recours uniquement à l'exercice du pouvoir coercitif.
Lorsqu'on lit les exemples mentionnés de pauvres victimes d'abus d'inceste, d'un environnement marqué par la violence, les drogues, l'injustice... on se pose la question pourquoi en haut lieu il y a cette regrettable tendance à éroder par des oukases intempestifs ce précieux acquis en matière de justice des mineurs à visage humain depuis l'introduction d'un système méritoire par l'ordonnance initiale de début 1945 ? Il ne faut guère être fin psychologue pour comprendre qu'un système plus répressif ne mène nulle part. Je présume qu'il s'agit d'une solution de facilité, inspirée en grande partie par une presse à scandales qui exige que les jeunes "délinquants" soient sévèrement punis et mis à l'écart, soi-disant pour protéger la société !
Thierry Baranger, Gilda Nicolau et Denis Salas ne sont pas les seuls à s'inquiéter de l'évolution récente. Cela est également le cas du spécialiste français des droits des enfants avec son ouvrage de base "Penser les droits de l'enfant", Dominique Youf, qui dans un livre récent a lancé un véritable cri du coeur : " Une justice toujours spécialisée pour les mineurs ? "
Il ne faut pas être diplômé d'une faculté de droit pour pouvoir suivre les auteurs dans leurs exposés parfois inévitablement précis grâce à un lexique de 17 pages en fin de volume qui expliquent à des non-initiés des termes des fois byzantines. Outre une compréhensible bibliographie, l'ouvrage nous offre - ce qui est plutôt rare - une filmographie, d'ailleurs tout aussi cohérente. Que les auteurs l'aient commencé par le best-seller de Marcel Carné "Les enfants du paradis" d'après un scénario du grand Jacques Prévert, avec des acteurs qui font toujours rêver comme Arletty, Maria Casarès, Pierre Brasseur....ne devrait pas nous étonner, puisque l'ordonnance créant la justice des mineurs et le film datent de la même année 1945.
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Citations et extraits (1) Ajouter une citation
kielosakielosa   23 août 2018
Bandit ! Voyou ! Voleur ! Chenapan ! ...
Il galope dans la nuit
Et tous galopent après lui
Les gendarmes les touristes les rentiers les artistes ...

Jacques Prévert,
" Chasse à l'enfant ", Paroles, 1949.
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