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EAN : 9782352870524
464 pages
Archipoche (10/10/2007)
4.71/5   14 notes
Résumé :

Quatre décennies durant, elle a fait vibrer les spectateurs de L'Ecluse, de Bobino, du Châtelet et de tant d'autres salles de spectacle. " Si j'ai pu toucher les gens, c'est sans doute parce que les histoires que je chante sont "sorties" de moi, qu'elles me sont arrivées ", disait-elle. Barbara (1930-1997) mettait sa propre vie en scène chaque fois que le rideau se levait. Bien qu'elle se défendît d'être poète, elle... >Voir plus
Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
Lamifranz
  02 août 2022
Les vedettes de music-hall, il y en a de deux sortes : les uniques et les interchangeables. En général les uniques durent plus longtemps. On les reconnaît bien sûr à la qualité de leurs textes, à l'excellence de leurs musiques, à la justesse de leur interprétation… et chez certains à une apparence qui leur est propre et qu'ils cultivent comme une deuxième peau : imaginez Brassens sans sa moustache, sans sa guitare et sans son Pierre Nicolas à la contrebasse, c'est pas Brassens ! Imaginez Juliette Gréco sans ses grands yeux, sans son fourreau noir, sans ses mains qui montent dans le ciel comme une fumée de cigarette, c'est pas Juliette ! Imaginez Barbara sans son piano… Non, ça, c'est pas possible. Il n'y a qu'un Brassens, qu'une Piaf, qu'un Brel, qu'un Ferré… et il n'y qu'une Barbara.
Barbara c'est notre histoire d'amour à nous (une de nos histoires d'amour). Pour ma part, c'est assez récent : à mon grand dam (parce que j'ai aussi un grand dam) je reconnais que je ne me suis intéressé de près à son oeuvre que quelques années avant sa disparition. J'étais sans doute impressionné par ce personnage tout en longueur et tout en langueur, cette étrangère vêtue de noir qui me ressemblait comme une soeur (vous avez le bonjour d'Alfred… De Musset). Impressionnante pour tout dire. Et pourtant, toute sa personne était un non-dit : ce regard qui passait pour être fier parce qu'il cherchait quelque chose ou quelqu'un par-dessus les spectateurs, cette gestuelle de liane lente et élégante, cette voix si particulière, ces textes « au cordeau », ces musiques enchanteresses, cette facilité à passer de la gouaille à la tendresse, de la gaudriole à la Mayol à une émotion profonde, oui, tout ça n'était qu'une façade, tout ça c'était une chanteuse nommée Barbara, née en 1952 au cabaret du Cheval-Blanc. Mais derrière Barbara il y avait Monique Serf, née en 1930, Monique, qui traînait une enfance pourrie (petite juive dans la France occupée, exode, viol par son père à l'âge de 10 ans, galères sans fin), et des années de vache enragée avant de rencontrer le succès. Et cette Monique de temps à autre traversait le masque de Barbara et se révélait…
Quand j'ai découvert les textes de Barbara (et ce fut la même chose avec Anne Sylvestre) j'ai compris qu'il y avait là une autrice capable de rivaliser avec les meilleurs, et même occasionnellement de les battre sur leur propre terrain. Les chansons de Barbara sont des poèmes mis en musique :
Le mal de vivre
Ça ne prévient pas ça arrive
Ça vient de loin
Ça s'est traîné de rive en rive
La gueule en coin
Et puis un matin au réveil
C'est presque rien
Mais c'est là, ça vous ensommeille
Au creux des reins
Le mal de vivre
Le mal de vivre
Qu'il faut bien vivre
Vaille que vivre
Les musiques également sont dignes d'éloges. Barbara a eu une formation classique, cela se sent, et la pratique du piano (une prolongation de son corps, comme le violon, le violoncelle ou la guitare pour d'autres) n'a aucun secret pour elle.
Ce qui nous séduit chez Barbara, c'est sans doute ce mélange entre l'eau et le feu, les blessures jamais refermées (les anciennes comme les actuelles, la maladie par exemple) et la volonté d'aller de l'avant « J'ai peur mais j'avance » (« Lily-passion ») avec ces palliatifs que sont la musique, l'amour et même l'humour, malgré tout :
Elle écrivait, en marge de « Femme piano » (1996) : « Femme-piano doit refléter l'amour de chanter avec la folie tournoyante que ça comporte. Les émotions, l'humour et la peine sont au bout du souffle ».
Madame Barbara, nous vous aimons. Et nous vous saluons. Chapeau bas.


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de
  05 février 2012
Il faut prendre le temps de lire et relire les textes de Barbara.
Puis l'écouter, voix, accompagnement et poésie, un aigle noir s'élève.
Des textes qui nous parle intimement, à chacun-e d'entres nous, c'est rare...
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Hende
  18 novembre 2017
Je crois la connaître, connaître ses textes, j'ai tous ses CD, mais je suis persuadée, de faire des découvertes.
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Citations et extraits (19) Voir plus Ajouter une citation
torpedotorpedo   15 avril 2021
C'est trop tard

C'est trop tard pour verser des larmes
Maintenant qu'ils ne sont plus là
C'est trop tard, retenez vos larmes
Trop tard, ils ne les verront pas
Car c'est du temps de leur vivant
Qu'il faut aimer ceux que l'on aime
Car c'est du temps de leur vivant
Qu'il faut donner à ceux qu'on aime
Ils sont couchés dessous la terre
Dans leurs maisons froides et nues
Où n'entrera plus la lumière
Où plus rien ne pénètre plus

Que feront-ils de tant de fleurs
Maintenant qu'ils ne sont plus là ?
Que feront-ils de tant de fleurs
De tant de fleurs à la fois ?
Alliez-vous leur porter des roses
Du temps qu'ils étaient encore là ?
Alliez-vous leur porter des roses ?

Ils auraient préféré, je crois
Que vous sachiez dire je t'aime
Que vous leur disiez plus souvent
Ils auraient voulu qu'on les aime
Du temps, du temps de leur vivant

Les voilà comme des statues
Dans le froid jardin du silence
Où les oiseaux ne chantent plus
Où plus rien n'a plus d'importance
Plus jamais ne verront la mer
Plus jamais le soir qui se penche
Les grandes forêts en hiver
L'automne rousse dans les branches
Mais nous n'avons que des regrets
Mais nous n'avons que des remords
Mais ils ne le sauront jamais
Ils n'entendent plus, c'est trop tard
Trop tard, trop tard, trop tard, trop tard
Trop tard, trop tard, trop tard, trop tard
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dede   05 février 2012
Il pleut sur Nantes
Donne-moi la main
Le ciel de Nantes
Rend mon coeur chagrin.
Un matin comme celui-là
Il y a juste un an déjà
La ville avait ce teint blafard
Lorsque je sortis de la gare.
Nantes m'était encore inconnue
Je n'y étais jamais venue
Il avait fallu ce message
Pour que je fasse le voyage:
"Madame soyez au rendez-vous
Vingt-cinq rue de la Grange-au-Loup
Faites vite il y peu d'espoir,
Il a demandé à vous voir."
A l'heure de sa dernière heure,
Après bien des années d'errance,
Il me revenait en plein coeur
Son cri déchirait le silence.
Depuis qu'il s'en était allé
Longtemps je l'avais espéré
Ce vagabond ce disparu
Voilà qu'il m'était revenu.
Vingt-cinq rue de la Grange-au-Loup
Je m'en souviens du rendez-vous
Et j'ai gravé dans ma mémoire
Cette chambre au fond d'un couloir.
Assis près d'une cheminée
J'ai vu quatre hommes se lever
La lumière était froide et blanche
Ils portaient l'habit du dimanche.
Je n'ai pas posé de question
A ces étranges compagnons,
J'ai rien dit mais à leur regard
J'ai compris qu'il était trop tard.
Pourtant j'étais au rendez-vous
Vingt-cinq rue de la Grange-au-Loup
Mais il nr m'a jamais revue
Il avait déjà disparu.
Voilà tu la connais l'histoire,
Il était revenu un soir
Et ce fut son dernier voyage
Et ce fut son dernier rivage.
Il voulait avant de mourir se réchauffer à mon sourire
Mais il mourut à la nuit-même
Sans un adieu, sans un je t'aime
Au chemin qui longe la mer
Couchédans le jardin des pierres
Je veux que tranquille il repose.
Je l'ai couché dessous les roses
Mon père, mon père.
Il pleut sur Nantes
Et je me souviens
Le ciel de Nantes
Rend mon coeur chagrin.
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MllernestineMllernestine   11 novembre 2015
Je l'ai trouvée devant ma porte,
Un soir, que je rentrais chez moi.
Partout, elle me fait escorte.
Elle est revenue, elle est là,
La renifleuse des amours mortes.
Elle m'a suivie, pas à pas.
La garce, que le Diable l'emporte !
Elle est revenue, elle est là

Avec sa gueule de carême
Avec ses larges yeux cernés,
Elle nous fait le coeur à la traîne,
Elle nous fait le coeur à pleurer,
Elle nous fait des matins blêmes
Et de longues nuits désolées.
La garce ! Elle nous ferait même
L'hiver au plein coeur de l'été.

Dans ta triste robe de moire
Avec tes cheveux mal peignés,
T'as la mine du désespoir,
Tu n'es pas belle à regarder.
Allez, va t-en porter ailleurs
Ta triste gueule de l'ennui.
Je n'ai pas le goût du malheur.
Va t-en voir ailleurs si j'y suis !


Optimized by Komoona

Je veux encore rouler des hanches,
Je veux me saouler de printemps,
Je veux m'en payer, des nuits blanches,
A coeur qui bat, à coeur battant.
Avant que sonne l'heure blême
Et jusqu'à mon souffle dernier,
Je veux encore dire "je t'aime"
Et vouloir mourir d'aimer.

Elle a dit : "Ouvre-moi ta porte.
Je t'avais suivie pas à pas.
Je sais que tes amours sont mortes.
Je suis revenue, me voilà.
Ils t'ont récité leurs poèmes,
Tes beaux messieurs, tes beaux enfants,
Tes faux Rimbaud, tes faux Verlaine.
Eh ! bien, c'est fini, maintenant."

Depuis, elle me fait des nuits blanches.
Elle s'est pendue à mon cou,
Elle s'est enroulée à mes hanches.
Elle se couche à mes genoux.
Partout, elle me fait escorte
Et elle me suit, pas à pas.
Elle m'attend devant ma porte.
Elle est revenue, elle est là,
La solitude, la solitude...



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LamifranzLamifranz   02 août 2022
AU BOIS DE SAINT-AMANT


Y a un arbre, je m'y colle,
Dans le petit bois de Saint-Amand,
Je t'attrape, tu t'y colles,
Je me cache, à toi maintenant,

Y a un arbre, pigeon vole,
Dans le petit bois de Saint-Amand,
Où tournent nos rondes folles,
Pigeon vole, vole, vole au vent,

Dessus l'arbre, oiseau vole,
Et s'envole, voilà le printemps,
Y a nos quinze ans qui s'affolent,
Dans le petit bois de Saint-Amand,

Et sous l'arbre, sans paroles,
Tu me berces amoureusement,
Et dans l'herbe, jupon vole,
Et s'envolent nos rêves d'enfants,

Mais un beau jour, tête folle,
Loin du petit bois de Saint-Amand,
Et loin du temps de l'école,
Je suis partie, vole, vole au vent,

Bonjour l'arbre, mon bel arbre,
Je reviens, j'ai le cœur content,
Sous tes branches qui se penchent,
Je retrouve mes rêves d'enfant,

Y a un arbre, si je meurs,
Je veux qu'on m'y couche doucement,
Qu'il soit ma dernière demeure,
Dans le petit bois de Saint-Amand,
Qu'il soit ma dernière demeure,
Dans le petit bois de Saint-A...

Y a un arbre, pigeon vole,
Mon cœur vole,
Pigeon vole et s'envole,
Y a un arbre, pigeon vole...
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dede   05 février 2012
Ce fut un soir en Septembre
Vous étiez venu m'attendre
Ici même, vous en souvenez-vous?
A vous regarder sourire
A nous aimer sans rien dire
C'est là que j'ai compris tout à coup
J'avais fini mon voyage
Et j'ai posé mes bagages
Vous étiez venu au rendez-vous
Qu'importe ce qu'on peut en dire
Je tenais à vous le dire
Ce soir je vous remercie de vous
Qu'importe ce qu'on peut en dire
Tant que je pourrai vous dire
Ma plus belle histoire d'amour,
C'est vous.
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