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EAN : 9782234043688
Éditeur : Stock (01/10/1994)
4.2/5   5 notes
Résumé :
"Trois récits de travaux entrepris dans l'après-guerre sur des îles vénitiennes : relever un phare que le temps et la guerre ont fait s'écrouler, soulever de quelques centimètres une île abandonnée, enregistrer le niveau de pollution d'une lagune. Un parcours quasi initiatique se dessine, où alternent le friable et le durable... "[Médiathèque de Bordeaux]
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
Kickou
  05 juin 2018
Ce livre attendait dans ma bibliothèque depuis déjà quelques années, mais vous savez ce que c'est ... il y a tant à lire, je me suis enfin décidé ...
Je connais un peu Venise (il ne faut la voir qu'hors-saison, je crois) et j'aime cette ville, mais comme beaucoup de touristes - même avisés - je connais peu l'écrin qui l'enserre, à savoir sa lagune. Dans les trois récits qui composent ce recueil l'auteur, par ailleurs ingénieur en hydraulique, nous la raconte de façon mi-autobiographique / mi-fantaisiste :
Un projet après guerre, de reconstruction d'un phare écroulé ; puis le « rehaussement » mécanique de quelques centimètres d'une île dite des « poussières » ; et enfin les relations ambigües de quelques personnages à propos de mesures de la pollution dans la lagune.
L'administration vénitienne est décrite ici comme dilettante, et les personnages de ces récits sont fantasques, surtout les femmes presque felliniennes avec leur force mêlée de fragilité et d'excentricité. Des portraits de femmes donc, qui se juxtaposent aux descriptions d'îles toujours mouvantes, émouvantes, instables dans la brume ou sous le soleil. Des textes aux accents fatalistes mais drôles et légers, comme on s'imagine l'Italie.
Des îles perdues ? Peut-être, mais pas pour tout le monde, pas pour les lecteurs de ce beau bouquin****. Allez ciao !
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Bellonzo
  05 janvier 2014
On a certes beaucoup écrit à et sur Venise.Personne ne l'a fait comme Paolo Barbaro.Cet homme était ingénieur hydraulique,vénitien de toujours,auteur d'essais sur la construction des barrages.Plus de chroniques, récits,réflexions que de romans dans son oeuvre.J'avais lu il y a 10 ans Lunaisons vénitiennes dans la jolie collection Odyssées de 10/18.C'était une invitation à vivre douze mois dans une Venise insoupçonnée,proche du requiem mais aussi chatoyante des mille miroirs de cette anti-cité,pierres lumineuses et sensations méphitiques tout à la fois.Un chapitre en septembre s'appelait déjà Iles perdues. Barbaro ne nous emmène pas à la Douane de Mer ou à San Marco.Pas de soupirs des condamnés au Rialto et guère plus de gondoliers.La formation scientifique de Paolo Barbaro le conduit plus sur des sentes géographiques,géologiques,voire ichtyologiques.On peut être désarçonné par la prose de cet auteur original qui n'oublie pas cependant de parler des hommes et des femmes de ces lagunes,îlots,péninsules,le tout mouvant au possible.
le narrateur,et ce n'est nul autre que Paolo Barbaro en personne,ou tout comme, a pour tache dans les environs de Venise,années cinquante,et en tant que technicien,de remonter le niveau de certains îlots,de restaurer un phare, d'évaluer la pollution,et autres travaux.Ce qui est extraordinaire c'est l'osmose entre l'homme et le terrain si particulier de Venise.On ne sait plus où finit le solide et où commence le liquide. Barbaro connaît ça comme sa poche et nous y invite volontiers.C'est certes un peu surprenant et constellé de vocables véntiens.Mais on se laisse facilement embarquer et séduire par ces herbes folles et ces créatures mi-sirènes mi-femmes,on se laisse ensabler par ce récit qui frôle parfois des lisières fantastiques. Ce bel ouvrage mérite d'intégrer le rayon "insulaire" de toute bonne bibliothèque.Mais attention on s'y enfonce,s'y envase,s'y enterre si l'on n'y prend pas garde.La preuve:même mon illustration scannée flotte entre le visible et l'imaginaire.Sortilèges de la sérénissime,eaux douces,salées,saumâtres mais je n'ai pas trouvé plus stable.Qu'il est beau ce titre original,Ultime isole...
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Ma_vie_en_livres
  11 janvier 2018
La lagune vénitienne, ses îles, les départs, les retours... parce que les îles vénitiennes sont bien vivantes, ce livre invite à la contemplation et au respect : respect du paysage, des maisons, des métiers sauvegardés, du dialecte... et de tous ces Vénitiens qui ont confié un peu de leur vie à l'auteur, pour la postérité. A découvrir après un voyage dans la Lagune, c'est plus parlant... je l'ai lu (relu, et je le possède) en version originale, je ne peux donc pas ajouter de citation en français.
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Citations et extraits (3) Ajouter une citation
KickouKickou   03 juin 2018
... Je recommence à penser que ces îles aussi disparaîtront : elles s'enfonceront comme tant d'autres dans les mers et dans les océans, pourtant bien avant, et de manière très différente de ce que j'ai pu imaginer jusqu'alors. Je me figurais une sorte de mort naturelles sous l'effet des courants et des marées, de l'antiquité des pierres, ou des explosions volcaniques : quelque chose de grandioses, d'effroyable, de solennel. Au lieu de cela, pire que tout ce que j'ai pu penser en comparant avec les siècles passés, il y aura les miasmes et les décompositions (...) la désintégration et l'horreur, pour recouvrir ou accompagner cette disparition Comme pour chacun d'entre nous, du reste, pour tous les êtres. Nous verrons bien, nous saurons bientôt comment cela finira.
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KickouKickou   28 mai 2018
Les relevés, que nous devions pourtant faire, naissaient au milieu de signes incertains, s'agrégeaient comme les nuages ou se décomposaient comme les dunes ; et nous, là, de passage, sur ces îles mobiles, nous devions "jeter les bases", selon le vieux Chef, de rien de moins qu'un nouveau phare : par définition, quelque chose de sûr, presque éternel. chaque soir, avec tout cela, toujours suivant le Chef, nous aurions dû remplir les fiches, écrire un journal. En fait, les soirs, avec les filles ou le phare, nous semblaient trop courts, et les jours sans fin.
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Outis07Outis07   20 février 2020
Au sud-ouest de la rose des vents, frappé par un soleil rasant, nous découvrions à l'horizon - avec le cœur qui battait comme un tambour - le profil de Venise qui attendait.
C'était vraiment Venise: le soleil bas prenait en enfilade les campaniles lointains - si nombreux -, minces et pointus, ils sortaient çà et là de la brume, affleuraient de cet amalgame gris aux limites de la terre et de l'eau. Fines silhouettes incertaines, à peine visibles: mais le soleil leur donnait du corps, les rapprochait de nous. Cela durait peu, l'horizon se confondait avec la brume dès que le soleil se levait; les distances redevenaient brouillard ou vapeur, Venise se dissolvait au moment où elle était sur le point de devenir plus limpide.
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