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ISBN : 2896472053
Éditeur : Éditions Hurtubise (09/09/2010)

Note moyenne : 3.83/5 (sur 51 notes)
Résumé :
Hochelaga-Maisonneuve. S’y croisent sans se voir Roxane, Mélissa et Kevin, chacun de son côté du Bloc, chacun au départ de sa vie. À douze ans, ils composent avec le monde dans lequel ils arrivent. Entre le coin des putes, les matchs de lutte, les virées alcoolisées des adultes et la classe des « orthos » où on essaie de les intégrer, ils plongent dans leur imaginaire et tentent de sauver leur peau. Y arriveront-ils ?
Dans les scènes touchantes ou drôles d’un... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (10) Voir plus Ajouter une critique
Neneve
  21 juin 2017
Avec tout le battage médiatique autour de la femme qui fuit, j'avais envie de découvrir cette auteur avec sa première oeuvre... c'est chose faite. Barbeau Lavallette campe son histoire dans le Hochelag' crade, le quartier des laisser pour compte, des putes, des enfants qu'on laisse seuls à eux dans des apparts miteux... le Hochelag' où il fait froid dans le coeur, des rêves brisés, des gens qui trouvent leurs vies dans le fond d'un verre... Vous aurez compris, ce n'est pas un livre joyeux qui se termine avec un happy end.. On suit l'histoire de trois familles, et d'un couple d'itinérantes... C'est noir, sombre, pas reluisant du tout, à part pour les cheveux qu'on ne lavent pas souvent... J'ai apprécié la plume, mais honnêtement, à part pour la description de ce quartier un peu caricaturé, je n'ai pas tellement saisi où l'auteur voulait nous amener... Mais je ne capitulerai pas de suite, et je vais lire son second livre... question de me faire une idée plus précise de sa proposition littéraire.
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argali
  13 novembre 2018
Un quartier : Hochelaga-Maisonneuve. Un immeuble : le Bloc. Et dans ce bâtiment triste, trois enfants et leur famille : Kevin, Roxanne et Meg. Ils se croisent, se toisent, s'entendent à travers les minces cloisons de leur logement mais ne se fréquentent pas.

Chaque enfant a une famille dysfonctionnelle et grandit cahin-caha dans un monde dur et sans joie. Chacun doit faire face à des soucis trop grands pour lui : l'alcoolisme des parents, la prostitution d'une mère, la perte d'un emploi, les familles monoparentales… et le manque d'argent, de soin, de tendresse. L'amour existe mais il ne s'exprime ni par des mots, ni par des câlins. Et c'est un vrai manque pour certains.
Pour échapper au quotidien, Roxane s'évade dans les albums photo sur la Russie qu'elle emprunte à la bibliothèque et s'efforce de déchiffrer, elle qui est dans une classe d'inadaptés, les légendes de ces si belles photos ; Kevin, lui, se défoule des heures sur de violents jeux vidéo et Mélissa se rêve une autre vie en portant les chaussures et le maquillage de sa maman. Et puis, contrairement aux autres qui sont enfant unique, elle a la charge de ses deux petits frères qu'elle nourrit, lave, entretient pour cacher à la DPJ qu'ils vivent seuls dans l'appartement.
En toile de fond, la musique de 50 cents, qui a vu sa mère se faire tuer sous ses yeux, à 12 ans? et Chostakovitch. Un grand écart musical. Rien n'est laissé au hasard dans ce roman qui se lit comme un reportage IRL.

Anaïs Barbeau-Lavalette a construit son roman en courts paragraphes percutants où les vies des enfants se succèdent et se mêlent. On les reçoit comme autant d'uppercuts à travers tout le récit. Pour rappeler la Russie adulée par Roxane, les chapitres sont numérotés en russe.
Elle a choisi de rédiger son texte en langue orale matinée de joual. Ces mots de la rue rendent le propos dynamique. Ils lui apportent une réelle authenticité et donne une épaisseur aux personnages. On les voit évoluer dans ce quartier qui prend vie sous nos yeux.

J'ai lu ce roman d'une traite, le coeur au bord des lèvres. Certains visages de mes propres élèves se superposaient à eux dans certaines situations. Je les plains, tout comme leurs parents. Chacun rêvait sans doute d'une autre vie mais la misère et la pauvreté, cela vous colle à la peau. Anaïs Barbeau-Lavalette ne porte aucun jugement dans son roman, elle ne cherche pas à susciter la pitié, elle raconte, simplement.
Je suis sortie bouleversée par ce récit empathique et déchirant qui dénonce une certaine urgence. Nous avons tous des quartiers de ce genre dans nos villes, que nous évitons de traverser. Il est bon que des artistes, écrivains, cinéastes, peintres… leur donnent une visibilité.

Un récit à lire, absolument.
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Peteplume
  12 novembre 2016
C'est un tout petit livre en format de poche d'à peine 145 pages et encore, ne sont-elles pas toutes pleines. Onze chapitres numérotés en russe, probablement parce que la Russie est le paradis imaginaires de Roxane, l'une des enfants dont ce livre décrit l'univers: le quartier Hochelaga connu à Montréal pour son indigence et ses prostituées... Un tout petit roman donc mais tellement dérangeant que j'ai mis plus longtemps à lire que je m'y attendais; dérangeant parce qu'il met en scène ces enfants laissés à eux-mêmes parce que leurs parents sont absents: les mères sont souvent seules, souvent chômeuses, quelquefois prostituées, droguées ou alcooliques. Ce qui est si dérangeant, c'est que c'est criant de vérité... Bien sûr on connaît cette réalité au sens où l'on sait quelle existe mais l'auteure ici nous la fait vivre de l'intérieur, en empruntant le langage de ce milieu et en nous mettant, quasiment de force, dans la peau de Roxane, de Mélissa ou de Kevin. Ces enfants sont voisins et chacun vit un drame personnel mais ils ne peuvent joindre leurs solitudes parce qu'ils n'ont simplement pas de mots qui permettraient de créer des liens. Les efforts des intervenants que ce soit les assistantes sociales ou les enseignants n'arrivent pas non plus à percer les défenses de ces enfants, voués, comme c'est dans ce roman sous-entendu, à reproduire les comportements parentaux. le seul trait de lumière au milieu de cette noirceur, c'est la musique qui permet à Roxane d'enfin s'exprimer. C'est, malheureusement, la seule chose à laquelle j'ai eu du mal à croire.
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Cocotte8017
  02 mars 2015
L'auteur nous raconte la réalité de trois jeunes qui habitent le même bloc dans un quartier défavorisé de Montréal. Roxanne qui doit composer avec des parents alcooliques trouve refuge dans la musique et la Russie. Mélissa prend soin de ses deux jeunes frères alors que sa mère ne peut plus l'approcher à moins de 50 mètres. Kevin vit avec son père, un mécanicien lutteur, et passe son temps à jouer aux jeux vidéo.
La misère vécue par ses jeunes m'a beaucoup touchée. Un enfant ne choisit pas ses parents, ne choisit pas le milieu dans lequel il vit, mais il doit faire avec et survivre. C'est triste parce que c'est la réalité de plusieurs enfants qui doivent traîner le boulet de leur enfance tout le long de leur vie.
J'ai beaucoup aimé le style de Anaïs Barbeau-Lavalette, un style cinématographique. de courtes "scènes" qui alternent de personnages. le langage de la rue est bien dosé, toujours crédible et rend le livre vivant. J'ai trouvé que la fin arrivait trop vite, mais j'ai beaucoup aimé!
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Madame_lit
  31 août 2017
Dans son premier roman, Anaïs Barbeau-Lavalette exploite le thème de la survivance chez trois enfants de 12 ans du quartier Hochelaga-Maisonneuve de Montréal, un quartier reconnu pour son milieu axé sur la prostitution et la pauvreté. Ces êtres vivent dans le même immeuble. Ils se croisent sans jamais trop communiquer. Chacun a une vie déjà marquée par les adultes…D'abord, il y a Roxane, la « mésadaptée socio-affective». Elle fuit la réalité dans des livres sur la Russie… Elle se réfugie dans un ailleurs lointain pour s'échapper de son foyer où règnent la violence et l'alcoolisme.
Kevin de son côté doit prendre du Ritalin et il joue aux jeux vidéo. Il adore aller voir son père affronter des lutteurs dans le sous-sol de l'église. Son père, c'est son super héros car sa mère l'a abandonné. C'est sa force, son point de repère.
Mais encore, dans cet édifice, on retrouve Mélissa qui doit s'occuper de ses deux petits frères car sa mère est une prostituée toxicomane qui a reçu l'ordre de la Cour de ne plus approcher de ses enfants. Mélissa doit les nourrir, les laver, les amener à l'école. Elle affronte également celui qui récolte le montant des loyers, etc. Elle devient mère malgré elle à 12 ans.
C'est un récit poignant que nous offre l'écrivaine. le lecteur referme ce livre frappé par la force de ces jeunes êtres qui tentent par toutes les manières de survivre. Par exemple, pour échapper aux cris de sa mère qui se fait battre, Roxane écoute de la musique classique.
Chostakovitch, les violons. Plus fort, plus fort encore. Les violons la fenêtre la neige snieg qui tombe comme des lignes du ciel à l'eau comme des lianes pour s'agripper, pour monter très haut, jusqu'en haut, les flocons tombent en lianes du sol au ciel, le violon de Chostakovitch coule sur elle, puis coule en elle. Roxane est une corde, stridente sous l'archet, Roxane vibre, Roxane explose, vole par-dessus la rue, par-dessus les corps morts, par-dessus la marde, jusqu'aux bateaux, jusqu'au fleuve, jusqu'en Russie. Roxane est une symphonie.
C'est un tout petit livre de 11 chapitres numérotés en russe pour faire écho au paradis imaginaire de Roxane que nous présente l'auteure. Ce qui est terrible, c'est que l'écrivaine nous fait vivre de l'intérieur le drame de ces enfants délaissés. Ils ont à peine les mots pour communiquer. Alors, la solitude et l'imaginaire imbibent leur existence. Nous le savons, ces enfants existent. Ils déambulent dans nos rues avec des clefs autour du cou. Victimes souvent de leurs parents, ils ne demandent rien, mais ils nous offrent pourtant un portrait bien triste de notre réalité…
J'ai beaucoup aimé l'amour se dégageant des trois. Roxane, pour fêter le premier anniversaire de sobriété de son père, lui remet un cadeau.
Ainsi, elle lui donne un bateau qu'elle a confectionné. Il lui répond :
-Un bateau ! C'est beau…
-Pour te rappeler la Gaspésie.
-…Merci. Merci, ma belle… J'oublierai pas. J'oublierai pas, promis.
Il la serre dans ses bras forts.
Faut qu'tu t'rappelles de tes rêves pour pas t'noyer dedans.
Je vous recommande fortement ce premier bouquin d'Anaïs Barbeau-Lavalette… C'est beau, c'est triste, c'est vrai.
https://madamelit.me/2017/05/02/madame-lit-je-voudrais-quon-mefface/
Lien : https://madamelit.me/2017/05..
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Citations et extraits (6) Voir plus Ajouter une citation
PeteplumePeteplume   12 novembre 2016
Mélissa.
Une salle d’audience quasiment vide. Les murs
beiges, les bancs bruns. Dans l’air des chuchotements
sans mot. Un fond sonore sans substance,
sans personnalité. On dirait que tout le monde a
travaillé pour que ça ait l’air mort. On a laissé la
vie dehors en attendant que ça passe : ici, c’était
trop tough pour elle.
Mélissa derrière son toupet promène ses yeux
sur les quelques visages venus assister au jugement.
Elle les connaît pas. Y en a pas un auquel elle peut
s’agripper, même juste des yeux, même à travers
ses cheveux. Y aurait eu sa mère. Mais est assise à
l’autre bout.
Maganée. Encore plus maigre que la dernière
fois. Dopée jusqu’aux tripes.
Elle reste assise de l’autre côté de la salle
d’audience, le dos courbé, recroquevillée. Tout son
corps dit « faites-moi pas ça ». Mais y a seulement
Mélissa qui l’entend. Même si elle est loin. Elle
l’entend. Parce que même courbée, même fuckée
jusqu’à la moelle, Meg c’est sa mère. C’est ça que
tout le monde ici a d’la misère a comprendre. Meg,
c’est sa mère anyway.
C’est sans doute juste trop simple.
Mélissa sait qu’y ont placé Meg à l’autre bout
exprès pour qu’elle puisse pas l’attraper, la pogner
du regard, la coller sur elle, fort.
Mélissa à une extrémité, Meg à l’autre. Une
fille, une mère.
Quelques visages blasés qui s’enfilent les jugements
comme un mauvais téléroman.
Une juge fatiguée décide en trois phrases
qu’elles ne se verront plus.
— Madame, vous devrez dorénavant respecter
une limite de cinquante mètres entre vous et votre
fille, et ce jusqu’à preuve de réhabilitation.
D’autres mots vides s’enchaînent au collier
pendant que Meg et Mélissa s’évaporent encore un
peu plus.
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OniOneOniOne   09 janvier 2017
Roxane avance, droite dans le froid. La rue est vide. Comme si c'était une soirée normale. Une soirée de rien. Seules les putes en taches d'encre étirées vers le ciel rappellent un peu la vie. Roxane s'arrête en face d'elle. Femmes-allumettes dans leur bulle de verre. Longues et frêles, leurs silhouettes noires donnent de cils à l'hiver. Filles de joie, maigres proies. Roxane les regarde. Aurait envie de remuer doucement leur bulle de verre pour faire danser autour d'elles des milliers de flocons.
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Madame_litMadame_lit   31 août 2017
Chostakovitch, les violons. Plus fort, plus fort encore. Les violons la fenêtre la neige snieg qui tombe comme des lignes du ciel à l’eau comme des lianes pour s’agripper, pour monter très haut, jusqu’en haut, les flocons tombent en lianes du sol au ciel, le violon de Chostakovitch coule sur elle, puis coule en elle. Roxane est une corde, stridente sous l’archet, Roxane vibre, Roxane explose, vole par-dessus la rue, par-dessus les corps morts, par-dessus la marde, jusqu’aux bateaux, jusqu’au fleuve, jusqu’en Russie. Roxane est une symphonie
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OniOneOniOne   09 janvier 2017
Un bar-poker. Dans l'écume épaisse de la cuite de la veille, des gars se cachent derrière leur verre et échappent leur vie dedans.
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LittleMary226LittleMary226   08 février 2015
Un héros qui pleure, ça se peut pas.
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Videos de Anaïs Barbeau-Lavalette (7) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Anaïs Barbeau-Lavalette
Moment décisif aujourd?hui : les séries des libraires prennent fin avec un ultime duel qui oppose deux monuments de la littérature québécoise? et deux merveilles de la librairie indépendante. D?un côté, c?est Michel Tremblay, auteur chouchou de notre littérature, et son roman Un ange cornu avec des ailes de tôle qui est défendu par la Superbe de Trois-Rivières, la rayonnante Audrey Martel de la librairie l?Exèdre. de l?autre, c?est la bien-aimée des lecteurs, Anaïs Barbeau-Lavalette, auteure du méga-succès La femme qui fuit, qui compte sur les arguments-chocs de la Menace de Saint-Jean-sur-Richelieu, le passionnant Denis Gamache de la librairie Au carrefour.
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