AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix Babelio
EAN : 9782253070757
448 pages
Le Livre de Poche (01/03/2017)
4.03/5   515 notes
Résumé :
Elle s'appelait Suzanne Meloche et était née en 1926 à Ottawa. Un jour, elle décida, d'une manière radicale, de suivre sa propre voie, abandonnant ses enfants. Afin de remonter le cours l'existence de cette grand-mère qu'elle n'a pas connue, Anaïs Barbeau-Lavalette a engagé une détective privée et écrit à partir des indices dégagés.
Elle nous confie, à travers le portrait d'une femme explosive, restée en marge de l'histoire, une réflexion d'une intensité rar... >Voir plus
Acheter ce livre sur

LirekaFnacAmazonRakutenCultura
Critiques, Analyses et Avis (110) Voir plus Ajouter une critique
4,03

sur 515 notes

Annette55
  22 avril 2017
Voici un livre fascinant, déchirant, émouvant, beau et cruel qui raconte d'une manière directe, sans fard, à la deuxième personne , à la fois brutale et intime , le destin d'une femme hors norme, explosive, tourmentée .....qui abandonna ses enfants.....pour suivre radicalement sa voie !
Artiste passionnée , à la recherche d'elle même, sensuelle, tactile....fugitive, Suzanne assoiffée de liberté :poète , peintre, amoureuse, militante, Errante, part toujours, ne veut pas prendre racine, n'aime pas ce qui est" fixe,"cherche à aller toujours plus loin, ressent un furieux et sauvage besoin de libération, ne laisse pas de traces........
L'écriture forte, directe, envoûtante, , faite de chapitres courts mais intenses vous happe et vous transporte dans le Québec des années 40 où les artistes muselés respiraient peu au sein du mouvement des Artisans du Refus Global !
C'est aussi l'histoire d'une femme Anais -Barbeau- Lavalette qui parle à sa grand- mère qu'elle n'a pas connue comme si elle voulait effacer la douleur de sa propre mère , blessée à jamais .......
Une oeuvre originale , puissante, remarquable qui revisite avec talent , finesse, subtilité, douleur, les liens familiaux, la création, la liberté, la maternité, l'abandon , la tristesse , le déchirement .....
Un coup de coeur pour un ouvrage qui raconte notre histoire à "nous les femmes" et que chacune pourrait ou devrait lire entre fiction et réalité historique !
Mais je ne suis pas Canadienne !

+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          1008
Zakuro
  07 juin 2017
La femme aux semelles de vent.
Grâce à ce livre d'Anaïs Barbeau-Lavalette mêlant fiction et éléments biographiques, j'ai fait la connaissance d'une femme fascinante, Suzanne Meloche.
Poétesse et peintre dans la lignée du mouvement automatiste québécois de Paul-Emile Borduas, elle est l'auteure des « Aurores fulminantes », poème saturnien aux couleurs surréalistes .
Suzanne Meloche est aussi une femme mystérieuse et insaisissable, difficile à cerner ayant confié ses deux enfants Mousse et François en bas âge à de la famille par peur de la misère . Un état transitoire qui devient un abandon car Suzanne Meloche refusera jusqu'à sa mort de parler à sa fille et à ses petits enfants malgré leurs tentatives de renouer avec elle.
« Tes poèmes dorment au font de tes poches. Mousse bave dans ton cou .Tu avales la vie des autres et ne sais pas comment construire la tienne ».
Il y a de l'amour pourtant, sûrement. Alors pourquoi ?
Lancinante question que je me suis posée en lisant ce beau texte touchant en forme de lettre adressée par l'auteure à sa grand-mère défunte.
Anaïs Barbeau-Lavallette utilise le tu, va à la rencontre de celle-ci par le biais des documents laissés à sa mort, des photos, des billets de transports (Suzanne voyageait beaucoup entre l'Europe, les Etats-Unis, Montréal et sa terre natale d'Ottawa jusqu'à la Gaspésie) et des témoignages précieux recueillis avec l'aide d'une détective privée.
C'est aussi l'occasion d'approcher l'histoire du Québec des années 1940 jusqu'au début du 21ième siècle, de s'intéresser au manifeste artistique du refus global en 1948 et de ses implications dans la société québécoise.
Les pièces s'assemblent, le portrait d'une femme engagée et insoumise laisse enfin une empreinte, des mots. le texte est la renaissance d'une femme portant sur ses épaules le poids de soumission de la lignée maternelle qui pour s'en échapper ne voyait que la fuite.
Mais ne peut-on pas être libre ensemble ? Conjuguer le je avec le nous, un vaste défi.
J'ai ressenti de l'affection dans les mots dédiés à une grand-mère et une grande empathie envers toutes les femmes qui subissent le poids des aliénations domestiques ou religieuses.
C'est une lettre profondément touchante.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          508
michfred
  23 août 2017
̈Régler ses comptes et trouver la juste distance pour que le parler vrai reste ouvert,et que puisse s'y inscrire, progressivement , le visage de l'absente et sa part de liberté.
Jusqu'à ce que le "tu" blessé et meurtri devienne un "tu" empathique et fraternel. Et que se renoue au-delà de la mort, le lien fort et fragile de la filiation.
C'est le pari -réussi- d'Anaïs Barbeau-Lavalette qui, dans un roman très documenté, - elle a même mis une détective privée sur ses traces- écrit une longue lettre à la grand'mère qui les a abandonnees, elle et surtout sa mère, retrouvant ou imaginant les étapes de sa vie dans le Quebec rétrograde de Duplessis, secoué par les ruades de " Refus Global" , mouvement automatiste et artistique contestataire où s'illustrèrent Claude Gauvreau le dramaturge, Muriel Guibault la comédienne, Jean- Paul Riopelle et Marcel Barbeau les peintres, et Paul-Emile Borduas, leur maître à tous.
Tout cela sans recourir au pathos de l'autobiographie- tu nous as abandonnées, ma mère et moi, vois nos blessures- , ni aux ficelles usées de la biographie d'une "scandaleuse" - elle abandonne ses enfants et mène une vie dépravée au sein de la bohème artistique quebecquoise puis new yorkaise.
La "femme qui fuit" s'appelle Suzanne Meloche. Elle a été la femme de Marcel Barbeau, en a eu deux enfants, qu'elle abandonne, elle-même abandonnée à Montréal par son compagnon. Elle part tenter sa chance et tente de trouver sa place jusque dans les bus de l'integration affrontant le Ku-Klux-Klan. Elle va peindre, écrire, aimer, des hommes, une femme. Mais jamais trouver le repos ni la reconnaissance.
Plus qu'une fuite, j'ai vu dans ce livre puissant, charnel et intense, une quête inlassable de soi. Souvent âpre, jamais contentée, toujours déchirée. Celle d'une femme en avance sur son temps, lancée dans l'aventure de la liberté comme la petite chèvre de Monsieur Séguin dans la montagne!
La langue de l'auteure a la verdeur, la fraîcheur et l'originalité de bien des romanciers québécois :elle est la digne petite-fille de Suzanne, la poétesse des "Aurores Fulminantes"! Sincère sans être mièvre, poétique sans être empruntée, lumineuse sans être éthérée.
Suzanne et Anaïs ont entre elles plus qu'une filiation: un langage, une entente, et la plus jeune offre à l'autre la place qu'elle a vainement cherchée.
Elle lui permet d'être "libre ensemble", selon sa belle formule.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          485
bilodoh
  19 avril 2017
Une femme rebelle que cherche à comprendre sa petite-fille, un texte magnifique.
Je me méfie souvent des auteurs dont j'ai beaucoup entendu parler, surtout lorsque comme ici, il sera question de personnages qui ont une certaine célébrité, car enfin, on parle beaucoup dans la presse « pipole » sans que j'aie vraiment envie d'en lire les histoires…
Mais, sceptique, j'ai été confondue, j'ai été totalement conquise par le roman biographique d'Anaïs Barbeau-Lavallette qui parle à sa grand-mère et raconte au « tu » la vie de cette artiste, de cette femme tourmentée qui sacrifie sa famille et ses amours pour être libre.
C'est le Québec des années quarante où la liberté d'expression est soigneusement encadrée par l'état, avec des livres à l'index et des artistes qui perdent leur emploi ou sont exclus des musées pour avoir osé signer un texte qui remettait en question la docilité du peuple.
L'écriture est belle et l'histoire est touchante. Mais l'auteur ne fait pas de cette femme une héroïne, elle nous en montre les faiblesses et les questionnements aussi bien que les moments de génie.
Une triste histoire, celle d'une femme qui n'a jamais su « être libre ensemble… »
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          463
Zazaboum
  20 mai 2021
J'ai du mal à me positionner vis-à-vis de ce roman, l'écriture est agressive, les phrases courtes, sans fioriture ni rondeur, rébarbative en somme ! Je me suis habituée pour pouvoir le finir parce que c'est un cadeau d'une amie québécoise.
Anaïs Barbeau-Lavalette présente la vie de sa grand-mère, qu'elle n'a vu que 3 fois et qui dans les années 40 a fui son mari et mis ses enfants en nourrice parce que pour elle l'herbe était plus verte ailleurs !
Elle va s'immiscer dans un groupe d'artistes peintres et écrivains appartenant au Mouvement automatiste québécois”. Ils rejettent la société régie par les anglais et maintenue sous le joug de l'église ! Ils rédigent le manifeste du Refus global qui les mettra à l'index de la société !
Sans jamais se trouver et en fuyant souvent Suzanne Méloche va écrire des poèmes et peindre.
“Première femme à se livrer à une écriture automatiste, à des recherches phonétiques non éloignées de celles de Gauveau” - François-Marc Gagnon dans Chroniques du mouvement automatiste québécois.
Et pour tout dire je suis restée hermétique à Suzanne et à son art, j'ai eu de la peine pour ses deux enfants et plus particulièrement son fils qui jamais ne trouvera d'équilibre ! Je ne prends pas le parti de la critiquer, chacun est maître de ses choix et de ses peurs !
Challenge ATOUT PRIX 2021
Pioche mai 2021
Lecture THEMATIQUE mai 2021 : Littérature étrangère
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          381


critiques presse (2)
LaPresse   04 octobre 2017
Le roman La femme qui fuit connaît une étonnante carrière en France: 63 000 exemplaires du récit d'Anaïs Barbeau-Lavalette se sont vendus là-bas depuis sa sortie au Livre de poche, en mars.
Lire la critique sur le site : LaPresse
LaPresse   18 avril 2016
À travers la vie réinventée de Suzanne Meloche, Anaïs Barbeau-Lavalette revisite une période charnière, mais pas si lointaine, de notre histoire et de ses protagonistes.
Lire la critique sur le site : LaPresse
Citations et extraits (121) Voir plus Ajouter une citation
michfredmichfred   23 août 2017
Parce que je suis en partie constituée de ton depart. Ton absence fait partie de moi, elle m'a aussi fabriquée. Tu es celle à qui je dois cette eau trouble qui abreuve mes racines, multiples et profondes.
Ainsi, tu continues d'exister.
Dans ma soif inaltérable d'aimer.
Et dans ce besoin d'être libre, comme une nécessité extrême.
Mais libre avec eux.
Je suis libre ensemble, moi.
Commenter  J’apprécie          372
M-PiM-Pi   04 avril 2016
Parce que je suis en partie constituée de ton départ. Ton absence fait partie de moi, elle m'a aussi fabriquée. Tu es celle à qui je dois cette eau trouble qui abreuve mes racines, multiples et profondes.
Ainsi, tu continues d'exister.
Dans ma soif inaltérable d'aimer.
Et dans ce besoin d'être libre, comme une nécessité extrême.
Mais libre avec eux.
Je suis libre ensemble, moi.
Commenter  J’apprécie          230
fanfanouche24fanfanouche24   28 mars 2017
Elles fabriquent des armes. Transforment les casseroles en navire de guerre. (...)
Elles ont la prestance des grandes ballerines. L'élégance du geste utile.
Elles sont aussi un stimulus, une récompense. Les hommes qui partent au front se battent aussi pour elles: leur beauté participe à l'effort de guerre. (p. 71)
Commenter  J’apprécie          200
krzysvancokrzysvanco   28 août 2017
Mais Claudia a eu un premier enfant et ne s'est plus jamais assise au piano.
Quand Achille lui demandait de jouer, elle souriait par en dedans. Un sourire de fuite.
Un jour, tout de même , elle lui a dit simplement, elle ne savait plus comment.
Comme Achille restait là à attendre plus et qu'elle ne pouvait lui échapper, elle lui a dit qu'elle ne savait plus comment toucher les notes, parce qu'elle n'avait plus rien à donner.
Qu'elle sentait que les notes allaient heurter les murs et le plafond, puis s'écraser par terre.
Achille, calme, lui avait répondu doucement qu'on aurait qu'à ouvrir les fenêtres.
Claudia l'avait aimé et avait pleuré un peu. Mais jamais elle n'avait pourtant rejoué.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          70
fanfanouche24fanfanouche24   22 janvier 2018
Et puis un jour, tu meurs. (...)
Nous, on est en cocon familial à la campagne. Ce que mes parents ont construit et qui ne te ressemble pas. Une famille qui se colle.
(...) Ma mère s'accroche aux murs. C'est Hiroshima dans son ventre.
Enfin débarrassée de ton absence.
Elle deviendra peut-être normale. Une femme, avec une mère enterrée. (p. 16)
Commenter  J’apprécie          130

Videos de Anaïs Barbeau-Lavalette (11) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Anaïs Barbeau-Lavalette
Con­fi­dences d'écrivaine avec Anaïs Bar­beau-Lavalette, qui a séduit bon nom­bre d'entre nous avec son réc­it poignant à saveur biographique La femme qui fuit, en 2015. En novem­bre, juste à temps pour le Salon, elle pub­lie Femme-forêt, décrit comme «un appel d'air et d'amour, où l'existence valse avec la mort». À suiv­re! L'animation a été con­fiée à la jour­nal­iste Elsa Pépin.
Avec: Anaïs Barbeau-Lavalette, Auteur·rice Elsa Pépin, Animateurrice
Livre: Femme-forêt
Le Site Web du #SalonDuLivreDeMontreal : https://www.salondulivredemontreal.com/
Retrouve-nous sur tous nos réseaux sociaux
INSTAGRAM: https://www.instagram.com/salonlivremtl/ TIKTOK: https://www.tiktok.com/@salonlivremtl TWITCH: https://www.twitch.tv/lismoimontreal DISCORD: https://discord.gg/7MP3veRP FACEBOOK: https://www.facebook.com/salondulivredemontreal/
#slm2021
+ Lire la suite
autres livres classés : québecVoir plus
Acheter ce livre sur

LirekaFnacAmazonRakutenCultura





Quiz Voir plus

Les écrivains et le suicide

En 1941, cette immense écrivaine, pensant devenir folle, va se jeter dans une rivière les poches pleine de pierres. Avant de mourir, elle écrit à son mari une lettre où elle dit prendre la meilleure décision qui soit.

Virginia Woolf
Marguerite Duras
Sylvia Plath
Victoria Ocampo

8 questions
1302 lecteurs ont répondu
Thèmes : suicide , biographie , littératureCréer un quiz sur ce livre