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ISBN : 2253070750
Éditeur : Le Livre de Poche (01/03/2017)

Note moyenne : 4.06/5 (sur 310 notes)
Résumé :
Anaïs Barbeau-Lavalette n'a pas connu la mère de sa mère. De sa vie, elle ne savait que très peu de choses. Cette femme s'appelait Suzanne. En 1948, elle est aux côtés de Borduas, Gauvreau et Riopelle quand ils signent le Refus Global. Avec Barbeau, elle fonde une famille. Mais très tôt, elle abandonne ses deux enfants. Pour toujours. Afin de remonter le cours de la vie de cette femme à la fois révoltée et révoltante, l'auteur a engagé une détective privée. Les peti... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (84) Voir plus Ajouter une critique
Annette55
  22 avril 2017
Voici un livre fascinant, déchirant, émouvant, beau et cruel qui raconte d'une manière directe, sans fard, à la deuxième personne , à la fois brutale et intime , le destin d'une femme hors norme, explosive, tourmentée .....qui abandonna ses enfants.....pour suivre radicalement sa voie !
Artiste passionnée , à la recherche d'elle même, sensuelle, tactile....fugitive, Suzanne assoiffée de liberté :poète , peintre, amoureuse, militante, Errante, part toujours, ne veut pas prendre racine, n'aime pas ce qui est" fixe,"cherche à aller toujours plus loin, ressent un furieux et sauvage besoin de libération, ne laisse pas de traces........
L'écriture forte, directe, envoûtante, , faite de chapitres courts mais intenses vous happe et vous transporte dans le Québec des années 40 où les artistes muselés respiraient peu au sein du mouvement des Artisans du Refus Global !
C'est aussi l'histoire d'une femme Anais -Barbeau- Lavalette qui parle à sa grand- mère qu'elle n'a pas connue comme si elle voulait effacer la douleur de sa propre mère , blessée à jamais .......
Une oeuvre originale , puissante, remarquable qui revisite avec talent , finesse, subtilité, douleur, les liens familiaux, la création, la liberté, la maternité, l'abandon , la tristesse , le déchirement .....
Un coup de coeur pour un ouvrage qui raconte notre histoire à "nous les femmes" et que chacune pourrait ou devrait lire entre fiction et réalité historique !
Mais je ne suis pas Canadienne !

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michfred
  23 août 2017
̈Régler ses comptes et trouver la juste distance pour que le parler vrai reste ouvert,et que puisse s'y inscrire, progressivement , le visage de l'absente et sa part de liberté.
Jusqu'à ce que le "tu" blessé et meurtri devienne un "tu" empathique et fraternel. Et que se renoue au-delà de la mort, le lien fort et fragile de la filiation.
C'est le pari -réussi- d'Anaïs Barbeau-Lavalette qui, dans un roman très documenté, - elle a même mis une détective privée sur ses traces- écrit une longue lettre à la grand'mère qui les a abandonnees, elle et surtout sa mère, retrouvant ou imaginant les étapes de sa vie dans le Quebec rétrograde de Duplessis, secoué par les ruades de " Refus Global" , mouvement automatiste et artistique contestataire où s'illustrèrent Claude Gauvreau le dramaturge, Muriel Guibault la comédienne, Jean- Paul Riopelle et Marcel Barbeau les peintres, et Paul-Emile Borduas, leur maître à tous.
Tout cela sans recourir au pathos de l'autobiographie- tu nous as abandonnées, ma mère et moi, vois nos blessures- , ni aux ficelles usées de la biographie d'une "scandaleuse" - elle abandonne ses enfants et mène une vie dépravée au sein de la bohème artistique quebecquoise puis new yorkaise.
La "femme qui fuit" s'appelle Suzanne Meloche. Elle a été la femme de Marcel Barbeau, en a eu deux enfants, qu'elle abandonne, elle-même abandonnée à Montréal par son compagnon. Elle part tenter sa chance et tente de trouver sa place jusque dans les bus de l'integration affrontant le Ku-Klux-Klan. Elle va peindre, écrire, aimer, des hommes, une femme. Mais jamais trouver le repos ni la reconnaissance.
Plus qu'une fuite, j'ai vu dans ce livre puissant, charnel et intense, une quête inlassable de soi. Souvent âpre, jamais contentée, toujours déchirée. Celle d'une femme en avance sur son temps, lancée dans l'aventure de la liberté comme la petite chèvre de Monsieur Séguin dans la montagne!
La langue de l'auteure a la verdeur, la fraîcheur et l'originalité de bien des romanciers québécois :elle est la digne petite-fille de Suzanne, la poétesse des "Aurores Fulminantes"! Sincère sans être mièvre, poétique sans être empruntée, lumineuse sans être éthérée.
Suzanne et Anaïs ont entre elles plus qu'une filiation: un langage, une entente, et la plus jeune offre à l'autre la place qu'elle a vainement cherchée.
Elle lui permet d'être "libre ensemble", selon sa belle formule.
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Zakuro
  07 juin 2017
La femme aux semelles de vent.
Grâce à ce livre d'Anaïs Barbeau-Lavalette mêlant fiction et éléments biographiques, j'ai fait la connaissance d'une femme fascinante, Suzanne Meloche.
Poétesse et peintre dans la lignée du mouvement automatiste québécois de Paul-Emile Borduas, elle est l'auteure des « Aurores fulminantes », poème saturnien aux couleurs surréalistes .
Suzanne Meloche est aussi une femme mystérieuse et insaisissable, difficile à cerner ayant confié ses deux enfants Mousse et François en bas âge à de la famille par peur de la misère . Un état transitoire qui devient un abandon car Suzanne Meloche refusera jusqu'à sa mort de parler à sa fille et à ses petits enfants malgré leurs tentatives de renouer avec elle.
« Tes poèmes dorment au font de tes poches. Mousse bave dans ton cou .Tu avales la vie des autres et ne sais pas comment construire la tienne ».
Il y a de l'amour pourtant, sûrement. Alors pourquoi ?
Lancinante question que je me suis posée en lisant ce beau texte touchant en forme de lettre adressée par l'auteure à sa grand-mère défunte.
Anaïs Barbeau-Lavallette utilise le tu, va à la rencontre de celle-ci par le biais des documents laissés à sa mort, des photos, des billets de transports (Suzanne voyageait beaucoup entre l'Europe, les Etats-Unis, Montréal et sa terre natale d'Ottawa jusqu'à la Gaspésie) et des témoignages précieux recueillis avec l'aide d'une détective privée.
C'est aussi l'occasion d'approcher l'histoire du Québec des années 1940 jusqu'au début du 21ième siècle, de s'intéresser au manifeste artistique du refus global en 1948 et de ses implications dans la société québécoise.
Les pièces s'assemblent, le portrait d'une femme engagée et insoumise laisse enfin une empreinte, des mots. le texte est la renaissance d'une femme portant sur ses épaules le poids de soumission de la lignée maternelle qui pour s'en échapper ne voyait que la fuite.
Mais ne peut-on pas être libre ensemble ? Conjuguer le je avec le nous, un vaste défi.
J'ai ressenti de l'affection dans les mots dédiés à une grand-mère et une grande empathie envers toutes les femmes qui subissent le poids des aliénations domestiques ou religieuses.
C'est une lettre profondément touchante.
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bilodoh
  19 avril 2017
Une femme rebelle que cherche à comprendre sa petite-fille, un texte magnifique.
Je me méfie souvent des auteurs dont j'ai beaucoup entendu parler, surtout lorsque comme ici, il sera question de personnages qui ont une certaine célébrité, car enfin, on parle beaucoup dans la presse « pipole » sans que j'aie vraiment envie d'en lire les histoires…
Mais, sceptique, j'ai été confondue, j'ai été totalement conquise par le roman biographique d'Anaïs Barbeau-Lavallette qui parle à sa grand-mère et raconte au « tu » la vie de cette artiste, de cette femme tourmentée qui sacrifie sa famille et ses amours pour être libre.
C'est le Québec des années quarante où la liberté d'expression est soigneusement encadrée par l'état, avec des livres à l'index et des artistes qui perdent leur emploi ou sont exclus des musées pour avoir osé signer un texte qui remettait en question la docilité du peuple.
L'écriture est belle et l'histoire est touchante. Mais l'auteur ne fait pas de cette femme une héroïne, elle nous en montre les faiblesses et les questionnements aussi bien que les moments de génie.
Une triste histoire, celle d'une femme qui n'a jamais su « être libre ensemble… »
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colka
  12 novembre 2017
Ce livre est un brûlot ! C'est en tout cas ce que j'ai ressenti à sa lecture, tant j'ai eu besoin, à certains moments de faire une pause. Son personnage central, Suzanne poète et peintre québécoise est une une femme rebelle, transgressive, en fuite perpétuelle et c'est aussi la grand-mère de la narratrice. Et grâce au talent de cette dernière, j'ai été happée par l'histoire de Suzanne. Au fil de chapitres courts, de phrases nerveuses à l'écriture tantôt rude : "Mais dans ta bouche le goût de merde et de vies écorchées s'accroche" tantôt imagée :" il sait dans quels mots il marche" elle nous permet de suivre sans la lâcher, l'histoire tragique de cette femme hors du commun.
Sans doute l'emploi du "tu" qui scande tout le récit y est-il aussi pour beaucoup car il maintient constamment un dialogue tendu entre la narratrice, le lecteur et Suzanne. On sent fortement chez Anaïs Bardeau la volonté de tout dire en ne cachant rien des faits et gestes de cette grand-mère iconoclaste, même lorsqu'il s'agit des épisodes les plus terribles de sa vie :"Ce matin-là, sur un chemin de terre sans fin, tu lui passes la corde au coeur, tu lacères ce qui la relie au monde" écrit-elle en évoquant l'abandon de Mousse, la fille de Suzanne et sa propre mère. Mais l'on n'est jamais complètement dans le réquisitoire car elle sait également nous faire admirablement ressentir les déchirements auxquels Suzanne a été confrontés et qu'elle a déversés dans la peinture : "Tu largues ton saccage intérieur sur de la toile, tu suis le métronome anarchique de tes tripes qui là seulement se dénouent."
Ce qui est fascinant, est que sous la plume de l'auteur, Suzanne devient une héroïne tragique cernée pas la mort -celles qui vont jalonner son chemin de vie ; Muriel, Claude, Gary - et condamnée à une extrême solitude dont elle est en partie responsable tant elle a passé son temps à rompre les amarres mêmes celles auxquelles elle tenait le plus : "Tu attends l'autobus. Dévidée. Lestée. Seule au milieu des rafales."
Ce récit sous tension ne nous épargne rien des errances de Suzanne qui va vivre une partie de son existence allant d'une ville à l'autre, d'un amant à un autre. Il ne nous cache pas non plus ces moments de vie où elle va se perdre dans le sexe, l'alcool, la violence et dont elle aurait pu ne pas sortir indemne. Cela donne lieu à des scènes à la tonalité à la fois épique et fantasmagoriques comme celle de Harlem en feu, ou celle de l'attaque d'un autobus d'antiracistes par des membres du KKK.
La fin du récit va decrescendo et les derniers chapitres consacrés à la fin de vie de Suzanne marquent un apaisement. Pas seulement dans les faits - elle va sortir de la folie grâce à la pratique du zen - mais aussi dans la relation de la narratrice avec sa grand-mère. le " tu" va se conjuguer avec le on et le je. Et la narratrice, dans une dernière page que je trouve très émouvante, va inscrire son aïeule dans son histoire familiale tourmentée en même temps qu'elle devient mère.
La boucle est bouclée....
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critiques presse (2)
LaPresse   04 octobre 2017
Le roman La femme qui fuit connaît une étonnante carrière en France: 63 000 exemplaires du récit d'Anaïs Barbeau-Lavalette se sont vendus là-bas depuis sa sortie au Livre de poche, en mars.
Lire la critique sur le site : LaPresse
LaPresse   18 avril 2016
À travers la vie réinventée de Suzanne Meloche, Anaïs Barbeau-Lavalette revisite une période charnière, mais pas si lointaine, de notre histoire et de ses protagonistes.
Lire la critique sur le site : LaPresse
Citations et extraits (109) Voir plus Ajouter une citation
michfredmichfred   23 août 2017
Parce que je suis en partie constituée de ton depart. Ton absence fait partie de moi, elle m'a aussi fabriquée. Tu es celle à qui je dois cette eau trouble qui abreuve mes racines, multiples et profondes.
Ainsi, tu continues d'exister.
Dans ma soif inaltérable d'aimer.
Et dans ce besoin d'être libre, comme une nécessité extrême.
Mais libre avec eux.
Je suis libre ensemble, moi.
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M-PiM-Pi   04 avril 2016
Parce que je suis en partie constituée de ton départ. Ton absence fait partie de moi, elle m'a aussi fabriquée. Tu es celle à qui je dois cette eau trouble qui abreuve mes racines, multiples et profondes.
Ainsi, tu continues d'exister.
Dans ma soif inaltérable d'aimer.
Et dans ce besoin d'être libre, comme une nécessité extrême.
Mais libre avec eux.
Je suis libre ensemble, moi.
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LauraLiLauraLi   27 novembre 2018
Mais Claudia a eu un premier enfant et ne s'est plus jamais assise au piano.
Quand Achille lui demandait de jouer, elle souriait par en dedans. Un sourire de fuite.
Un jour, tout de même, elle lui a dit que simplement, elle ne savait plus comment.
Comme Achille restait là à attendre plus et qu'elle ne pouvait lui échapper, elle lui a dit qu'elle ne savait plus comment toucher les notes, parce qu'elle n'avait plus rien à donner.
Qu'elle sentait que les notes allaient heurter les murs et le plafond, puis s'écraser par terre.
Achille, calme, lui avait répondu doucement qu'on aurait qu'à ouvrir les fenêtres.
+ Lire la suite
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fanfanouche24fanfanouche24   28 mars 2017
Elles fabriquent des armes. Transforment les casseroles en navire de guerre. (...)
Elles ont la prestance des grandes ballerines. L'élégance du geste utile.
Elles sont aussi un stimulus, une récompense. Les hommes qui partent au front se battent aussi pour elles: leur beauté participe à l'effort de guerre. (p. 71)
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krzysvancokrzysvanco   28 août 2017
Mais Claudia a eu un premier enfant et ne s'est plus jamais assise au piano.
Quand Achille lui demandait de jouer, elle souriait par en dedans. Un sourire de fuite.
Un jour, tout de même , elle lui a dit simplement, elle ne savait plus comment.
Comme Achille restait là à attendre plus et qu'elle ne pouvait lui échapper, elle lui a dit qu'elle ne savait plus comment toucher les notes, parce qu'elle n'avait plus rien à donner.
Qu'elle sentait que les notes allaient heurter les murs et le plafond, puis s'écraser par terre.
Achille, calme, lui avait répondu doucement qu'on aurait qu'à ouvrir les fenêtres.
Claudia l'avait aimé et avait pleuré un peu. Mais jamais elle n'avait pourtant rejoué.
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Vidéo de Anaïs Barbeau-Lavalette
Moment décisif aujourd?hui : les séries des libraires prennent fin avec un ultime duel qui oppose deux monuments de la littérature québécoise? et deux merveilles de la librairie indépendante. D?un côté, c?est Michel Tremblay, auteur chouchou de notre littérature, et son roman Un ange cornu avec des ailes de tôle qui est défendu par la Superbe de Trois-Rivières, la rayonnante Audrey Martel de la librairie l?Exèdre. de l?autre, c?est la bien-aimée des lecteurs, Anaïs Barbeau-Lavalette, auteure du méga-succès La femme qui fuit, qui compte sur les arguments-chocs de la Menace de Saint-Jean-sur-Richelieu, le passionnant Denis Gamache de la librairie Au carrefour.
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