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EAN : 9782330139223
160 pages
Éditeur : Actes Sud (19/08/2020)

Note moyenne : 3.59/5 (sur 380 notes)
Résumé :
Rose arrive au Japon pour la première fois. Son père, qu’elle n’a jamais connu, est mort en laissant une lettre à son intention, et l’idée lui semble assez improbable pour qu’elle entreprenne, à l’appel d’un notaire, un si lointain voyage.

Accueillie à Kyōto, elle est conduite dans la demeure de celui qui fut, lui dit-on, un marchand d’art contemporain. Et dans cette proximité soudaine avec un passé confisqué, la jeune femme ressent tout d’abord ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (131) Voir plus Ajouter une critique
Bookycooky
  29 août 2020
"Une rose seule, c'est toutes les roses" (Rilke),
Rose, française, quarante ans, est née d'un père japonais qu'elle n'a jamais connu.
Botaniste célibataire, ayant déjà perdu sa mère, et son père venant de mourir elle se rend pour la première fois au Japon sur les traces de ce père inconnue très riche, marchand d'Art contemporain.
Voilà le scénario du départ, auquel s'ajoute un personnage occidental, masculin, du même âge qu'elle, qui était l'assistant du père, un chauffeur, une servante et une riche veuve anglaise. Mais les vrais protagonistes de ce roman sont les fleurs majestueuses qui illuminent le texte, pivoines, azalées, brassées d'oeillets rouge sang, iris pâles mouchetés de bleu, violettes, camélias....et autour desquelles pivote toute l'histoire.
À Kyoto, entre béton et tradition, Rose arrivée chargée de rancune pour un père qui ne s'est jamais manifesté de son vivant , va peu à peu s'adoucir et tomber sous le charme des ikebanas, jardins zen, temples, bistros traditionnels avec saké et bière, et se laisser entraîner dans un monde où le réel importe peu. Et étrangement, à travers un itinéraire de temples et de jardins, imaginé par le défunt, elle va s'approcher de ce père qu'elle n'a jamais connu, "c'est ton âme japonaise qui possède le pouvoir de transformer le désenchantement et l'enfer en un champs de fleurs".......
Un livre dont le ton est très juste, les descriptions de fleurs fascinantes , et la structure très raffinée, où entre chaque chapitre une charmante vieille petite histoire chinoise ou japonaise donne le ton, le titre et le thème du prochain.
Un joli conte où Muriel Barbery réussit superbement à y porter le charme d'un pays auquel je voue un amour particulier. Un charme qui va même finir par métamorphoser la rugueuse et austère Rose , la décongelant et la poussant à "faire un pas de côté" pour l'Amour. Impossible de ne pas penser au merveilleux livre d'Alessandro Baricco , "Soie", un autre occidental qui a réussi le même tour de force. J'avais beaucoup aimé "L'élégance de l'hérisson", de même j'ai bien aimé celui-ci.
« ...quelque part en elle palpitait la fleur. »
«  de quoi le deuil est-il le plus difficile ? de ce qu'on a perdu ou de ce qu'on a jamais eu ? ».
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Kirzy
  20 août 2020
••• Rentrée littéraire 2020 #2 •••
Ce roman délicat retrace l'itinéraire d'une femme, de l'obscurité à la lumière, après avoir évolué dans un camaïeu de gris puisé dans une palette complète d'émotions. le parcours initiatique de Rose, la quarantaine, botaniste sans enfant, se déroule à Kyoto, sa première fois au Japon, pour y entendre le testament d'un père qu'elle n'a jamais connu.
Le texte de Muriel Barbery est court, comme épuré à l'extrême pour en condenser l'essentiel; les ellipses et les silences y jouent une partition subtile, soulignée par une écriture ciselée et souvent délicieuse, qui roule dans la tête dans un doux chuchotement. On sent tout le soin de l'auteure pour proposer une structure toute aussi nette et pertinente, très affirmée avec ses 12 chapitres, chacun scandé par de petites paraboles japonisantes mettant en scène des fleurs ( les titres sont très beaux, particulièrement « un camélia mouillé de ses larmes » ) comme autant de métaphores de la traversée émotionnelle de Rose sur les traces de son père.
Il faut dire que ce dernier lui a tracé un chemin dans Kyoto : avant de découvrir son testament ainsi que la lettre posthume qu'il lui a laissée, elle doit se rendre dans des lieux choisis par lui, des temples, en fait un chemin vers la résilience au cours duquel elle doit exsuder toute la colère qui est en elle, sa dureté, son chagrin, sa rancoeur. Ses promenades dans les jardins zen du Pavillon d'argent, du Shisen-do ou du Ryoan-ji, dont elle ne perçoit pas le sens au départ, vont progressivement résonner en elle, d'abord des révélations minuscules sur sa personnalité, puis essentielles jusqu'à fouiller dans les confins d'elle-même.
Cette histoire de deuil, d'amour pour dire la naissance d'une femme de quarante ans est très belle et incontestablement touchante, surtout si on est sensible à la culture japonaise et à son esthétisme. Muriel Barbery a un respect immense pour le Japon, pays dans lequel elle a vécu ( notamment en résidence d'artiste à la prestigieuse villa Kujoyama à Kyoto justement ).
Peut-être presque trop de respect. Son roman reste très sage, on devine vite le parcours résilient que va suivre le coeur de Rose sans qu'aucune surprise ne s'y accroche. Il manque à mon goût un peu de folie ou de dissonance comme il peut y en avoir dans la littérature japonaise. Il n'empêche que j'ai refermé ce roman raffiné et doux roman heureuse et apaisée, charmée par la poésie qu'il dégage.
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Fandol
  09 avril 2021
C'est un drôle de voyage que m'a offert Muriel Barbery avec Une rose seule, un voyage au Japon, au milieu des fleurs, des arbres, des temples et des traditions.
Cette autrice qui m'avait enchanté avec L'élégance du hérisson, m'a emmené sur les pas de Rose qui, à quarante ans, se retrouve à Kyoto pour découvrir les dernières volontés de son père qu'elle n'a jamais connu.
Cet homme se nommait Haru et il était un riche marchand d'art contemporain. Paul, son assistant, est chargé de préparer Rose à la lecture du testament en lui imposant un parcours prévu par son père, sorte de parcours initiatique dans les lieux où Haru aimait se rendre pour se ressourcer : les principaux temples de Kyoto, toujours environnés d'une nature exubérante.
Muriel Barbery a bâti son roman en douze chapitres débutant tous par un court texte se référant à une légende, une tradition lointaine du Japon ou de la Chine voisine. C'est cette introduction qui donne le ton à ce qui suit pouvant être axé sur les pivoines, les oeillets, les azalées, l'iris, un pin, les fleurs de prunier, les violettes, un camélia, le bambou, la mousse, le cerisier et enfin l'érable, cet arbre qui trône au centre de la pièce principale de la maison d'Haru où Rose est accueillie.
Sayoko qui fut intendante d'Haru pendant quarante ans, est aux petits soins pour Rose, Kanto lui sert de chauffeur et Paul, veuf d'origine belge et père d'une fille, supervise et conduit la Française en échangeant avec elle.
J'ai suivi le parcours de Rose qui est botaniste de profession, ce qui tombe bien, mais je dois avouer que je me suis ennuyé parfois, agacé un peu par tous ces mystères et ces découvertes d'un pays dont j'ignore tout ou presque, à mon grand regret.
Muriel Barbery connaît tout cela à la perfection et se charge de faire saliver son lecteur avec les plats traditionnels japonais et la cérémonie du thé. C'est toujours très beau, très poétique avec aucun problème d'argent mais j'attendais un peu plus d'action. L'essentiel est psychologique, dans la transmission, un cheminement remarquablement conduit pour Rose, jolie femme un peu austère qui peine à atteindre l'émotion.
Une rose seule côtoie la mort, touche à l'amour. « le monde est comme un cerisier qu'on n'a pas regardé pendant trois jours », ce vieux proverbe noté par Haru pour sa fille résume au mieux ce roman qui fait partie des livres sélectionnés pour le Prix des Lecteurs de 2 Rives 2021.
La nature, les arbres, les fleurs, la vie, la mort… Cette année encore, promis, je regarderai attentivement les fleurs de mes cerisiers, même s'ils ne sont pas japonais.

Lien : http://notre-jardin-des-livr..
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Cancie
  06 avril 2021
Dans son roman Une seule rose, Muriel Barbery nous emmène au Japon et plus précisément à Kyoto. Rose, jeune Française de 40 ans, a perdu sa mère il y a cinq ans. Elle n'a jamais connu son père, Japonais, sa mère l'ayant quitté avant sa naissance. « de temps à autre, elle se figurait qu'il pensait à elle, d'autres fois, comme elle était rousse avec les yeux verts, elle se convainquait que le Japon était l'invention de sa mère, que son père n'existait pas, qu'elle était née du vide – elle ne s'attachait à personne, personne ne s'attachait à elle, le vide gangrenait sa vie de la même façon qu'il l'avait engendrée ».
Quand un notaire lui fait savoir que son père est mort, elle prend l'avion pour le Japon. C'est Paul, l'assistant de son père qui la reçoit. Il lui apprend que Haru, son père, était marchand d'art contemporain, qu'il était bouddhiste et qu'il lui parlait tout le temps d'elle. Il est chargé d'une lettre testamentaire qui lui sera remise à l'issue d'une sorte de pèlerinage posthume, sur les traces de son père. C'est ainsi que Paul va lui servir de guide sur les pas d'un homme qu'elle n'a pas connu.
Un petit conte oriental précède chacun des douze chapitres du roman, dont le titre est toujours fleuri et extrait de celui-ci. Ainsi : Un carré de mille pivoines, une brassée d'oeillets rouge sang pour les deux premiers. C'est le raffinement de l'art de vivre japonais qui nous est offert avec la visite des jardins, des temples de la ville et des maisons de thé.
C'est surtout l'éveil de Rose à elle-même que l'auteure décrit de façon si poétique et si sensuelle, dans un environnement bucolique et merveilleux. Elle sait à merveille nous faire partager la tristesse de Rose, ses souffrances liées aux traumatismes de l'enfance, puis à peu au déchirement de cette tension qui lui permettra de trouver l'apaisement.
C'est une véritable découverte de la culture japonaise, que Muriel Barbery nous offre, de même que la métamorphose d'une femme grâce à la plongée dans un univers végétal et minéral ô combien apaisant et régénérateur, un récit magnifique mais cependant, parfois un peu lent.

Lien : http://notre-jardin-des-livr..
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fanfanouche24
  21 août 2020
------------------Rentrée littéraire 2020-------

J'inaugure cette rentrée littéraire avec un vrai petit bijou !...
En ce 19 août, le début des sorties de la rentrée littéraire, dont ce texte de Muriel Barbery, sur lequel je me suis précipitée, le Japon étant le décor central , source inépuisable d'enseignements, et Terre natale d'un Père fantôme…C'est amusant, car je me souviens avec intérêt de ma lecture de « L'Elégance du hérisson » où un des locataires de l'immeuble, où notre gardienne atypique « sévit », est japonais… en parcourant le parcours de l'auteure, j'apprends également qu'elle a séjourné au Japon, deux années durant. Ce préambule pour souligner combien ce pays est cher à Muriel Barbery…et le connaît bien de l'intérieur !
Une jeune femme,Rose, la quarantaine ,célibataire désabusée, une mère aimée mais ayant empreint leur existence d'une mélancolie profonde, se voit invitée à rejoindre le Japon, où son père, qu'elle n'a jamais connu, vient de mourir, lui laissant une lettre, ainsi que son assistant , Paul, qui doit l'accompagner dans ses pas et un parcours de lieux, jardins, temples de son choix ; une cartographie toute personnelle…qui va être le lien pour connaître ce Père inconnu…
De nombreuses descriptions sollicitent tous nos sens, entre la nature, l'art des jardins japonais, la gastronomie et particularités culinaires…abondamment détaillées !
Notre narratrice est dotée d'un joli prénom, Rose, qui la prédestinait sans doute à son métier de botaniste , mais quel fichu caractère...!
Elle traîne une vie personnelle indigente, amassant de plus, colère et rage contre ce père qui, croit-elle, l'a abandonnée, un état dépressif latent et on le serait à moins, entre l'ignorance de sa filiation, une mère mélancolique et suicidaire…Rose fait figure de survivante ou de demie-vivante !!
Un livre précieux qui m'a transportée au Pays du soleil Levant, entre légendes, traditions et les haïkus du poète , Issa…Le récit se fait sur deux niveaux : l'histoire elle-même, celle de Rose, découvrant le pays de son père, en alternance, sont glissés des éléments de la civilisation japonaise :
Littérature, histoire, légendes, art des jardins, etc..
« - Merveilleux, n'est-ce-pas ?
Rose acquiesça.
-C'est le résultat des siècles de dévouement et d'abnégation.
L'Anglaise rit de ses propres paroles.
-Tant de souffrance pour un seul jardin, dit-elle du ton léger de la frivolité.
Mais elle regardait Rose avec intensité.
- Enfin, dit-elle alors que Rose se taisait toujours, vous préférez peut-être les jardins anglais.
Elle rit encore, caressa négligemment la rambarde.
- Non, dit Rose, mais cet endroit me bouleverse. (..)
- le Japon est un pays où on souffre beaucoup mais où on n'y prend pas garde, dit l'Anglaise. Pour récompense de cette indifférence au malheur, on récolte ces jardins où les dieux viennent prendre le thé. (p. 19)”

« - Mon poème préféré est de Issa, continua -t-il. Il le récita en japonais puis traduisit :
Nous marchons en ce monde
sur le toit de l'enfer
en regardant les fleurs
(p. 39) »
On s'attache à Rose, même si elle peut exaspérer par moments, son caractère « d'emm… » patentée, se manifestant souvent par de l'agressivité ainsi qu'un caractère assez sombre , contrebalancé par des réparties mordantes ; toutefois, Paul, l'assistant du père décédé, va progressivement lui faire faire un chemin précieux, en l'accompagnant dans un périple souhaité par le Père, dans des lieux symboliques , lui étant chers… Se construiront ainsi une transmission, un sentiment de vraie filiation, d'enracinement, même si tardifs… et bien plus… mais je n'en exprimerai pas plus !
L'adaptation à un pays étranger, la terre natale paternelle, une immersion dans une autre culture, une autre manière de penser la vie, la mort… vont provoquer chez notre « notre » Rose, comme une Renaissance… Finie, oubliée …sa précédente vie . Rose va enfin trouver sa place, un lieu que finalement son père, de façon posthume (grâce à son assistant, Paul) va lui léguer comme un nouveau terreau, où planter ses racines !!
L'histoire du Père, son amour pour Rose…et la rencontre fulgurante d'un Autre , blessé de la Vie , vont redonner « sens » au chemin de Rose!
Un très beau texte, plein d'enseignements, et de sagesse, d'ombres et de lumière !
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critiques presse (3)
LeMonde   12 octobre 2020
Avec « Une rose seule », l'autrice de « L'Elégance du hérisson » livre une ode au Japon, délicatement ciselée.
Lire la critique sur le site : LeMonde
Culturebox   24 août 2020
L'autrice de "L'élégance du hérisson" publie son cinquième roman, une douce histoire à l'écriture tout en délicatesse.
Lire la critique sur le site : Culturebox
OuestFrance   20 août 2020
L’autrice inspirée de L’élégance du hérisson signe un texte raffiné sur une Française qui va s’éveiller à elle-même dans un Kyoto traditionnel lors de déambulations dans des jardins et des temples raffinés.
Lire la critique sur le site : OuestFrance
Citations et extraits (118) Voir plus Ajouter une citation
fbalestasfbalestas   26 février 2021
- Le plus beau trait de son caractère, c’était qu’il savait donner. La plupart des gens donnent pour recevoir, par obligation, par convention, par automatisme. Mais Haru donnait parce qu’il avait compris le sens du don.
Elle flaira un parfum de danger, se concentra sur l’enceinte, eut soudain l’œil attiré par une pierre. Presque à ras de sable, plus petite que les autres, elle naviguait en mer infinie.
- Quand Clara était très malade, les derniers mois, nous parlions tous les soirs. Je venais le voir dans son bureau, on buvait du saké, il m’écoutait, il me parlait. Je n’ai jamais eu le sentiment qu’il s’y astreignait. Je ne sais pas si deux hommes ont jamais atteint une telle complicité.
Il se tut, elle comprit qu’il ne voulait pas continuer. Derrière eux, une troupe de Chinois bruyants faisait trembler le sol de la galerie.
- Le Ryoan-ji ne vous inspire pas ? demanda-t-il.
- On dirait un bac à litière géant, dit-elle.

Il éclata de rire et, l’espace d’un instant, il faut transfiguré. C’est le Paul d’avant, pensa-t-elle, celui que la mort de l’autre a tué. Ils demeurèrent là un moment en silence. De la pierre solitaire qui avait happé son regard, Rose alla aux autres, suivit un texte de roche et de sable : la scène, elle aussi, se transfigurait ; elle scruta les murs, n’y vit plus ce qu’elle avait cru y voir. Elle revint à la sécheresse du rectangle de sable, décela une vibration dans le temps – temps de naître, temps de souffrir, temps de mourir, se dit-elle. Elle regarda Paul. Il avait fermé les paupières, elle se souvint de ses larmes au cimetière.
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fbalestasfbalestas   18 février 2021
Comme le matin, le chauffeur les conduisit sur l'autre rive et, de nouveau, défilèrent les rues de béton et de fils électriques. Devant le restaurant, à droite de la porte coulissante, une lanterne rouge sembla à Rose un phare dans la nuit. A l'intérieur, la fumée brouillait le regard. Au fond, derrière un bar encombré de bouteilles de saké, montaient des effluves de viande grillée : à l'avant, quatre tables de bois sombre, une pénombre éclairée de quelques lampes suspendues, sur les murs peints en noir des affiches de mangas, des enseignes publicitaires, des figurines de super-héros; partout, des caisses de bière, des bouteilles énigmatiques, des livres illustrés; au total, une atmosphère insolite, malicieuse et boisée. Tous leurs restaurants ressemblent à des greniers d'enfance ? se demanda-t-elle en se rendant compte qu'elle avait faim.
- Je me représentais le Japon aseptisé, dit-elle, pas qu'on y sentait la friture.
- On n'est pas chez les protestants, dit-il, et je sais de quoi je parle. Le Japon est majoritairement un joyeux bordel.
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FandolFandol   18 avril 2021
Sa jeune vie avait été morose. Celles des autres lui paraissaient chatoyantes et gracieuses, la sienne, lorsqu’elle y songeait, la fuyait comme l’eau sur la paume. Quoiqu’elle eût des amis, elle les aimait sans élan ; ses amants traversaient le paysage comme des ombres, ses jours se passaient à fréquenter des silhouettes indécises. (page 22)
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fbalestasfbalestas   27 février 2021
Elle chercha à cerner la sensation où elle se sentait dériver
- Il y a quelque chose de l’enfance, ajouta-t-elle
- Ca vous déplaît ? demanda-t-il
- Je ne vois pas ce qu’il y a de bon dans l’enfance.
- Mais on ne peut pas l’arracher de soi.
- C’est votre éternel argument, c’est là donc il faut faire avec elle ? dit-elle
- Ce n’est pas de la résignation. J’essaye seulement de comprendre ce qui est défaite et ce qui est sagesse.
- Défaite ? demanda-t-elle. Dans ce cas, où est la victoire ?
Il regarda autour de lui.
- La vie est transformation. Ces jardins là sont la mélancolie transformée en joie, la douleur transformée en plaisir. Ce que vous regardez ici, c’est l’enfer devenu beauté ;
- Personne ne vit dans un jardin zen, rétorqua-t-elle
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FandolFandol   22 avril 2021
- Vous êtes le larbin d’un mort, c’est ça qui vous rend si insipide et coincé, continua-t-elle.
- Je suis l’exécuteur testamentaire, d’un homme que j’admirais et, à sa requête, je balade son emmerdeuse de fille de temple en temple. C’est ce que vous voulez ? Qu’on rentre dans votre petit jeu dépressif-agressif ? (page 78)
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