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Jacques Petit (Éditeur scientifique)
ISBN : 207030275X
Éditeur : Gallimard (15/09/2003)
  Existe en édition audio

Note moyenne : 3.76/5 (sur 632 notes)
Résumé :
Edition enrichie de Jacques Petit comportant une préface et un dossier sur l'oeuvre. "Quant aux femmes de ces histoires, pourquoi ne seraient-elles pas les Diaboliques ? N'ont-elles pas assez de diabolisme en leur personne pour mériter ce doux nom ? Diaboliques ! il n'y en a pas une seule ici qui ne le soit à quelque degré. Il n'y en a pas une seule à qui on puisse dire le mot de "Mon ange" sans exagérer. Comme le Diable, qui était un ange aussi, mais qui a culbuté,... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (45) Voir plus Ajouter une critique
Foxfire
  07 décembre 2017
Jules Barbey d'Aurevilly était un homme de paradoxes et de contradictions. A la fois catholique affirmé et dandy jouisseur, ses récits sont teintés d'une certaine ambivalence, partagés entre un certain moralisme religieux et une fascination pour le mal. C'est cette ambiguïté et cet attrait pour « le sublime de l'enfer » qui font le charme de ses récits en les empêchant de sombrer totalement dans le rigorisme moralisateur. Cette personnalité complexe n'est pas la seule qualité de l'auteur. Il faut reconnaitre que la langue est séduisante, Barbey d'Aurevilly écrit beau. Mais une belle plume ne suffit pas toujours. Je n'ai pas été entièrement séduite par ce recueil de nouvelles. « Les diaboliques » offre à la fois le pire et le meilleur.
La 1ère nouvelle, « le rideau cramoisi » fait indéniablement partie des réussites du recueil. Cette histoire est un petit bijou. L'intrigue, très bien menée, fait la part belle au mystère et à la sensualité. L'auteur joue sur une ambiance quasi gothique, à la lisière du surnaturel, où se mêlent joliment Eros et Thanatos. Classique, me direz-vous. Certes, mais quand c'est bien fait on ne boude pas son plaisir.
Sur le 2ème récit, intitulé « le plus bel amour de Don Juan », j'aurais bien du mal à émettre un jugement. En fait, j'ai complètement oublié cette nouvelle. Ce n'est qu'en tombant sur le sommaire à la fin de l'ouvrage que l'existence même de ce récit m'a été rappelée. Un texte totalement oublié quelques jours après sa lecture, ça n'est pas bon signe.
« le bonheur dans le crime » est l'autre perle des « diaboliques ». Cette nouvelle au titre digne du Marquis de Sade est savoureuse. La finesse des portraits psychologiques vient mettre en valeur une histoire bien menée. le récit est parcouru d'une jolie sensualité troublante dans l'évocation des amours des personnages. Enfin, la conclusion est assez osée. La morale n'est pas sauve, les amants criminels vivent heureux. Cette audace fait toute la saveur de cette nouvelle.
« le dessous de cartes d'une partie de whist » me laisse une impression plus mitigée. Si le fond de l'intrigue est intéressant et si les portraits psychologiques sont encore une fois assez subtils, cette nouvelle m'a parue très longue. L'auteur délaye, étire, allonge son récit d'une façon qui m'a semblé souvent artificielle. J'ai parfois eu l'impression que Barbey d'Aurevilly se regarde écrire et surtout je me suis ennuyée.
« A un diner d'athées » est la nouvelle qui me pose le plus de problèmes. Tout d'abord sur la forme. le récit est assommant durant les 50 premières pages. Dommage pour une nouvelle d'une soixantaine de pages. Il s'agit d'un dîner où se réunissent divers personnages, réputés pour leur conviction athéiste. L'un d'eux va raconter aux autres convives une anecdote horrible. Pendant 50 pages, l'auteur va dresser le portrait psychologique de ce narrateur. D'une part, il le fait d'une façon prodigieusement ennuyeuse (quel besoin de s'appesantir sur la généalogie et la carrière militaire de ce personnage?!) et d'autre part cela n'a pas grand intérêt puisque ce personnage n'est là que pour raconter. C'était long, mais long… Ajoutez à cela le regard accusateur et sans nuance que l'auteur porte sur les athées (en gros, c'est la lie de l'humanité, des gens sans aucun sens moral, qui se plaisent à se vautrer dans l'abject) agrémenté çà et là de quelques sorties antisémites et vous obtenez un texte insupportable. Ou plutôt qui le serait s'il ne se concluait pas par un dénouement hallucinant, une scène d'une violence inouïe qui réveille le lecteur en lui foutant une grande claque dans la gueule. Ce passage, s'il ne fait pas de ce « à un dîner d'athées » une bonne nouvelle, il fait regretter que Barbey d'Aurevilly ne se soit pas contenté de raconter simplement son histoire sans alourdir son récit de ses conceptions réductrices. Derrière l'auteur qui se regarde écrire, on sent qu'il y aurait pu avoir un grand écrivain d'horreur gothique s'il n'avait pas caché un talent de conteur derrière une écriture parfois prétentieuse.
Talent de conteur qu'on retrouve dans la dernière nouvelle « la vengeance d'une femme ». Dans ce très bon récit, rondement mené, l'auteur fait encore une fois preuve d'un talent certain pour décrire le sordide. Talent dans la description de ces horreurs mais aussi imagination et audace, qui culminent dans une scène atroce où Bien sûr on pourrait regretter la touche de misogynie qu'on sent poindre parfois, ici comme dans tous les récits du recueil d'ailleurs (la femme est par nature vénéneuse), mais il faut replacer l'oeuvre dans son époque, c'était là une conception largement répandue.
J'ai eu beaucoup de mal à venir à bout de ces textes. Une écriture dense, de nombreuses références culturelles et historiques rendent la lecture ardue. Je n'ai donc pas eu le courage de me plonger ensuite dans le dossier analytique qui venait compléter mon édition.
Une lecture en demi-teinte donc mais que je suis tout de même contente d'avoir faite. Tout d'abord pour ma culture générale, Barbey d'Aurevilly est un auteur qui a influencé nombre d'écrivains, je suis donc contente de l'avoir lu. Ensuite parce que certaines nouvelles étaient très réussies. Je pense que je lirai un jour « une vieille maîtresse », une autre de ses oeuvres cultes, mais ce sera certainement dans plusieurs années.
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Woland
  08 décembre 2014
Textes présentés, établis et annotés par Jacques Petit
ISBN : 9782070100491
Il n'existe que six "Diaboliques", soit, dans l'ordre : "Le Rideau Cramoisi" - "Le Plus Bel Amour de Don Juan" - "Le Bonheur Dans le Crime" - "Le Dessous de Cartes d'Une Partie de Whist" - "A Un Dîner d'Athées" et "La Vengeance d'une Femme." Barbey eut l'idée, dit-on, idée qu'il ne put suivre faute sans doute de temps - et puis, tout bien considéré, ses "Diaboliques" n'étaient-elle pas parfaites en cet état ? - de leur adjoindre six nouvelles vantant au contraire le Bien et la Vertu. Mais entraîné notamment par la rédaction du "Chevalier des Touches" et surtout d'"Un Prêtre Marié", il laissa reposer son projet et interrompit même quelque temps l'écriture de son recueil de nouvelles.
A ce jour, même ceux qui n'ont guère lu Barbey, à moins d'être des "beaufs" parfaits (et peu importe leur catégorie sociale : un "beau" naît "beauf", on n'y peut rien ), citent au moins "Les Diaboliques" quand on évoque devant eux l'écrivain. Les plus heureux n'ont oublié ni "Le Rideau Cramoisi" qu'Alexandre Astruc porta à l'écran en 1953 avec la participation d'Anouk Aimée et de Jean-Claude Pascal (lequel fut, rappelons-le au passage, un inoubliable Philippe Bridau dans "La Rabouilleuse" de Louis Daquin, tiré De Balzac, sept ans plus tard) , ni "Hauteclaire", de Jean Prat, avec une Mireille Darc brune et un Michel Piccoli presque aussi bon que dans le "Don Juan" de Marcel Bluwal. Les autres se contentent de parler d'histoires de fantômes dont on ne sait trop s'ils en sont de vrais ou pas, et de criminels qui triomphent alors que les bons et les vertueux sont impitoyablement foulés aux pieds. C'est-à-dire que, si l'on excepte "Le Rideau Cramoisi", nouvelle sur laquelle s'ouvre le recueil et qui frappe déjà très fort, et "Le Bonheur dans le Crime", les quatre autres nouvelles qui forment le livre le plus célèbre de Barbey sont soit ignorées, soit très mal connues du grand public.
Il serait fou, dans ce billet si bref, de vouloir évoquer avec précision ces six nouvelles qui symbolisent si bien l'énorme face d'ombre qui était celle de l'écrivain normand. Un féru d'astrologie ajouterait que "Les Diaboliques" est un livre Scorpion (face Hyde ) par excellence : la fascination du Mal, l'Au-Delà qui s'invite sans en avoir l'air à moins qu'il ne s'agisse d'un "truc" de magicien (mais lequel ? et d'ailleurs, on sent bien que Barbey ne veut pas ici, contrairement à ce qu'il a pu faire dans d'autres textes, "jouer" avec son lecteur), l'horreur glaçante à l'état pur et le Crime s'unissant à la Mort en une valse éblouissante.
Peut-être un jour, à l'occasion d'une "relecture", évoquerons-nous les nouvelles avec lesquelles nous nous sommes senti moins d'atomes crochus. Mais aujourd'hui, nous ne retiendrons, parce qu'elles sont grandioses, horribles, et qu'elles étaient immortelles avant même d'être imprimées, que "Le Rideau Cramoisi", "Le Bonheur Dans le Crime" et, peut-être la plus épouvantable de tout l'ensemble quand on y regarde bien, "Le Dessous de Cartes d'Une Partie de Whist."
Pour la première nouvelle, tout le monde connaît peu ou prou l'intrigue. Un jeune militaire, logé chez de paisibles petits bourgeois alors qu'il stationne avec son régiment dans une obscure petite ville de province, est visité toutes les nuits par la fille de la maison, Alberte. Dans le lit, cette fille est unique, passionnée, extraordinaire, inattendue car elle sort tout de même de son couvent. Dans la maison, quand le soleil retrouve ses droits, elle est pâle, glacée, avec ce physique mi-androgyne/mi-chlorotique (peut-être songerait-on aujourd'hui à l'anorexie ou un phénomène similaire) qui séduisait tant l'auteur, en tous cas pour nombre de ses héroïnes. La nuit, elle n'est que flammes, elle est presque l'Enfer de la Luxure. le jour, c'est à peine si elle semble savoir que son amant est dans la maison et, bien entendu, elle va à la messe et ne sort qu'accompagnée, par sa mère ou une domestique.
Et puis, une nuit, au beau milieu de leurs ébats, voilà qu'Alberte se fige, toute roide, entre les bras de son amant. Elle ne respire plus : elle est morte. Affolé - on le serait à moins - le jeune homme se précipite chez son colonel qui est encore, à l'époque, et comme le dira plus tard, en des circonstances plus comiques, l'inénarrable Sapeur Camember, "le père du régiment." le colonel écoute, donne de l'argent au jeune homme, lui fournit un bon cheval et lui dit de partir le plus loin possible. Il s'occupera du reste ...
Mais voilà, le reste, le lecteur, pas plus que le narrateur, devenu plus mûr, ne le saura jamais. Avec une adresse de redoutable bretteur ou de démon du Plus Grand Cercle, Barbey esquive toutes les occasions qui auraient pu permettre à notre triste héros de connaître la vérité. Et la voiture dans laquelle a commencé l'histoire - son héros s'entretenant avec un ami et passant, tout à fait par hasard, devant une maison où frémit le rideau cramoisi de ce qui fut la chambre d'Alberte - de s'éloigner et de nous emporter tous, frustrés (pas tant que ça dans le fond, soyez honnêtes ! ;o) ) et nous demandant si Alberte était réellement morte, si c'est son ombre que les deux hommes viennent de voir s'agiter derrière le fameux rideau ... ou si, peut-être, Alberte n'a jamais été qu'une morte, une chimère ...
L'atmosphère se fait plus rationnelle dans "Le Bonheur Dans le Crime", histoire en apparence banale d'un adultère entre un riche châtelain et la maîtresse d'armes chez qui il a pris l'habitude de s'entraîner. Hauteclaire, car tel est le nom de cette demoiselle, est très célèbre dans la ville - à nouveau une petite bourgade de province. C'est une escrimeuse de très haute valeur, qui n'a eu aucune peine à s'imposer dans un monde d'hommes lorsqu'elle a repris la salle de son père. Bien qu'occupant une situation un peu spéciale au sein de cette société provinciale, elle gagne bien sa vie et sa réputation est parfaite. Il y a bien quelques mauvaises langues qui cancanent mais bon ! ne faut-il pas que les mauvaises langues cancanent ? N'est-ce pas leur raison d'être ?
Et puis, du jour au lendemain, Hauteclaire disparaît et ses clients trouvent porte close. Pendant ce temps, Barbey nous la retrouve, déguisée en humble servante, au service de l'épouse légitime de son amant, le comte de Savigny. Femme froide en apparence et très grande dame, Mme de Savigny souffre d'une santé délicate. le médecin à qui Barbey a confié la tâche de nous narrer l'histoire - toujours ces récits emboîtés dont il se délectait - la soigne avec efficacité et la maintient, vaille que vaille. Mais un matin sinistre, par suite d'une erreur commise par Hauteclaire dans le dosage d'une certaine médecine, la comtesse de Savigny rend à Dieu son âme si distinguée. Après un deuil de bon ton et une enquête faite plus pour la forme que pour l'amour de la vérité, il épousera Hauteclaire et tous deux continueront à s'aimer à la folie, se suffisant mutuellement l'un à l'autre et s'avançant dans la vie avec la même arrogance et la même puissance que deux grands fauves en couple. Ce n'est d'ailleurs pas un hasard si Barbey pose la rencontre du médecin, accompagné par un ami à qui il s'empresse de raconter le drame, dans un parc zoologique. On notera aussi l'allure de mignon d'Henri III qui laisse supposer, chez le comte de Savigny, une sexualité à notre avis assez particulière.
Mais la plus belle de ces "Diaboliques", parce que la plus affreuse dans ce qu'elle sous-entend entre une mère et sa fille, reste sans conteste "Le Dessous de Cartes d'Une Partie de Whist." Ancêtre posé et tout aussi britannique du bridge actuel, le whist est le jeu-phare du salon, très couru quoique une fois encore provincial, de la comtesse de Tremblay, une veuve réputée pour sa froideur, sa vertu et son extraordinaire beauté. A ces côtés, sa fille, Herminie, elle aussi très belle et qui attend, comme de juste, le prétendant idéal. Un beau soir, débarque dans cette société policée un Ecossais certainement d'origine bretonne car Barbey, avec sa passion des noms incroyables, a choisi de le nommer Marmor de Karkoël (!!!). C'est un beau jeune homme de vingt-huit ans, élégant, racé, avec cependant en lui des yeux qui rappellent, selon le narrateur, ceux de Macbeth. Très vite, car c'est un joueur extraordinaire, qu'on pourrait presque qualifier de "professionnel", il devient un habitué du salon de la comtesse, à un point tel que certains (et certaines ) sont déçus les rares fois où il ne vient pas y faire sa partie.
Je ne m'étalerai pas sur la suite. Sachez seulement que, dans ce merveilleux salon de la comtesse, il y avait aussi de non moins adorables jardinières. Vint le jour où Karkoël s'envola et où des bruits commencèrent à courir. Bruits particulièrement sinistres qui aboutirent à la découverte, très officielle, dans la terre de l'une des jardinières, du corps d'un enfant mort-né (ou à qui on n'avait pas laissé le temps de pousser son premier cri).
Depuis quand était-il là ? Oh ! On jouait encore au whist dans le salon qu'il y était déjà. de qui était-il le fils ? de la comtesse ou de sa fille ? Les deux avaient-elles eu des relations avec Karkoël ? Sans le savoir ou en se tolérant l'une l'autre ? ...
Allons, je vous laisse à vos rêveries, à vos dégoûts aussi. Pour mieux savourer cette dernière nouvelle, il faut vraiment la lire. A ma connaissance, on n'a jamais cherché à la porter à l'écran. C'est bien dommage mais il y faudrait, il est vrai, éminemment de subtilité ... et un sens aigu de la monstruosité qui, à mes yeux, aurait pas mal de choses en commun avec "Le Silence des Agneaux" de Jonathan Demme. Eh ! oui !
Un dernier conseil : Noël approche. Offrez "Les Diaboliques" de Barbey : c'est sans espoir mais à elles six, elles constituent en quelque sorte - me permettrait-il cette comparaison osée ? - le cachet d'onyx qui marque son oeuvre pour l'Eternité. ;o)
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gill
  29 mai 2013
Fuyant la guerre et la Commune, Barbey d'Aurevilly trouva refuge en Normandie, à Valognes, dans le Cotentin, et c'est là qu'il écrivit les dernières lignes de son fameux volume "Les Diaboliques".
Vingt ans se sont passés entre le projet, initialement intitulé "Ricochets de conversation" et la première parution du livre en octobre 1873.
Il est composé de six nouvelles :
"Le rideau cramoisi", " le plus bel amour de Don Juan", "Le bonheur dans le crime", "Le dessous de cartes d'une partie de whist", "Un dîner d'athées" et "La vengeance d'une femme".
En décembre 1870, dans une préface provisoire, l'auteur met en garde :
"Les histoires sont vraies. Rien n'est inventé. Tout vu. Tout touché du coude ou du doigt. "Les Diaboliques" ne sont pas des diableries, ce sont des diaboliques : des histoires réelles de ce temps civilisé et si divin que, quand on s'avise de les écrire, il semble que ce soit le Diable qui les ait dicté..."
Le 11 décembre, le vent est aux saisies et le procureur général fait enlever chez l'éditeur, M. Dentu, pour attentat à la morale publique, tous les exemplaires restants
Gambetta plaida la cause de Barbey d'Aurevilly auprès du garde des Sceaux. L'affaire fut stoppée.
En 1908, Léopold Delisle, qui était natif de Valognes, déclina l'honneur, soixante ans après, de faire partie du comité célébrant le centenaire de Barbey d'Aurevilly, à cause du "Dessous de cartes d'une partie de whist".
Personne, aujourd'hui ne conteste plus au livre sa qualité de chef-d'oeuvre. "La littérature inacceptable de 1850 est devenue suprême et définitive consécration".
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Kittiwake
  24 juin 2015
Douloureuse épreuve! (Fini uniquement pour cause de club de lecture…)
Ce sont six nouvelles de quarante pages, dont le fil rouge est censé apparaitre dans le titre.
Même en cherchant bien, à part dans quelques interjections ou insultes, le Malin n'est pas vraiment présent (amateurs d'épouvante, plongez-vous plutôt dans Amityville).
Chaque nouvelle m'a semblé boursouflée, faite d'une accumulation de portraits détaillés sans lien réel avec la mince intrigue qui en fait le squelette, truffée de références qui étaient sûrement parlantes en 1870.
Le style est lourd, verbeux, et il est tout à fait possible pour se sortir de ce guet-apens de parcourir les pages en diagonale : la montagne accouche à chaque fois d'une souris.
C'est rare, mais cette fois, rien ne réussit à rattraper le candidat….

Lien : http://kittylamouette.blogsp..
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ibon
  06 mars 2013
Six nouvelles diaboliques et donc pas très catholiques. Ce qui a valu à son auteur un procès pour immoralité en 1874. Pourtant fervent catholique, Barbey, c'est vrai, se lâche souvent dans ces nouvelles afin, dit-il, de "terroriser le vice". Il semble alors se complaire dans la description de personnages aux moeurs pas très délicates.
Je trouve qu'il y parvient très bien avec un suspense hitchcockien.
Le rideau cramoisi
Un jeune soldat est hébergé dans une chambre chez un vieux couple. Leur fille arrive un soir et sa vie bascule.
Le plus bel amour de Don Juan
A 50 ans, Don Juan retrouve 12 anciennes maîtresses lors d'une soirée et leur raconte son plus bel amour.
Le bonheur dans le crime
Hauteclaire est belle et donne des leçons d'escrime. le comte de Savigny, bien que fraîchement marié, ne manque pas de venir l'admirer jusqu'à ce qu'elle disparaisse.
La vengeance d'une femme
Robert de Tressignies se promène tard un soir et rencontre une prostituée.
Bien que je ne sois pas parvenu à lire "Le dessous de cartes" et "A un dîner d'athées" parce qu'elles m'ennuyaient, les 4 nouvelles citées plus haut sortent du lot et méritent le coup d'oeil.
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Citations et extraits (57) Voir plus Ajouter une citation
BibaliceBibalice   27 juin 2012
À un dîner d'athées :
— Il n’y a donc ici, mon pauvre Rançonnet, reprit Mesnil, — disons le mot… qu’une cochonnerie. Mais ce que je trouve beau, moi, et très beau, ce que je me permets d’admirer, Messieurs, quoique je ne croie pas non plus à grand-chose, c’est cette fille Tesson, comme vous l’appelez, monsieur Reniant, qui porte ce qu’elle croit son Dieu sur son cœur ; qui, de ses deux seins de vierge fait un tabernacle à ce Dieu de toute pureté ; et qui respire, et qui vit, et qui traverse tranquillement toutes les vulgarités, et tous les dangers de la vie avec cette poitrine intrépide et brûlante, surchargée d’un Dieu, tabernacle et autel à la fois, et autel qui, à chaque minute, pouvait être arrosé de son propre sang !… Toi, Rançonnet, toi, Mautravers, toi, Sélune, et moi aussi, nous avons tous eu l’Empereur sur la poitrine, puisque nous avions sa Légion d’Honneur, et cela nous a parfois donné plus de courage au feu de l’y avoir. Mais elle, ce n’est pas l’image de son Dieu qu’elle a sur la sienne ; c’en est, pour elle, la réalité. C’est le Dieu substantiel, qui se touche, qui se donne, qui se mange, et qu’elle porte, au prix de sa vie, à ceux qui ont faim de ce Dieu-là ! Eh bien, ma parole d’honneur ! je trouve cela tout simplement sublime… Je pense de cette fille comme en pensaient les prêtres, qui lui donnaient leur Dieu à porter. Je voudrais savoir ce qu’elle est devenue. Elle est peut-être morte ; peut-être vit-elle, misérable, dans quelque coin de campagne ; mais je sais bien que, fussé-je maréchal de France, si je la rencontrais, cherchât-elle son pain, les pieds nus dans la fange, je descendrais de cheval et lui ôterais respectueusement mon chapeau, à cette noble fille, comme si c’était vraiment Dieu qu’elle eût encore sur le cœur ! Henri IV, un jour, ne s’est pas agenouillé dans la boue, devant le Saint-Sacrement qu’on portait à un pauvre, avec plus d’émotion que moi je ne m’agenouillerais devant cette fille-là.
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BuneeBunee   06 juin 2008
« LE BONHEUR DANS LE CRIME

Dans ce temps délicieux, quand on raconte une histoire vraie, c’est à croire que le Diable a dicté... J’étais un des matins de l’automne dernier à me promener au Jardin des plantes, en compagnie du docteur Torty, certainement une de mes plus vieilles connaissances. Lorsque je n’étais qu’un enfant, le docteur Torty exerçait la médecine dans la ville de V... ; mais après environ trente ans de cet agréable exercice, et ses malades étant morts, ses fermiers comme il les appelait, lesquels lui avaient rapporté plus que bien des fermiers ne rapportent à leurs maîtres, sur les meilleures terres de Normandie, - il n’en avait pas repris d’autres ; et déjà sur l’âge et fou d’indépendance, comme un animal qui a toujours marché sur son bridon et qui finit par le casser, il était venu s’engloutir dans Paris, là même, dans le voisinage du Jardin des plantes, rue Cuvier, je crois, - ne faisant plus la médecine que pour son plaisir personnel, qui, d’ailleurs, était grand à en faire, car il était médecin dans le sang et jusqu’aux ongles, et fort médecin, et grand observateur, en plus de bien d’autres cas que de cas simplement physiologiques et pathologiques... »
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lauredanselauredanse   06 mai 2013
Elle ne voyait, elle, dans la rigidité de cette lèvre étroite et meurtrière, que le fil d’acier sur lequel dansait incessamment la flèche barbelée de l’épigramme. Des yeux pers (car la comtesse portait de sinople, étincelé d’or, dans son regard comme dans ses armes) couronnaient, comme deux étoiles fixes, ce visage sans le réchauffer. Ces deux émeraudes, striées de jaune, enchâssées sous les sourcils blonds et fades de ce front busqué, étaient aussi froides que si on les avait retirées du ventre et du frai du poisson de Polycrate.
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CarosandCarosand   30 mai 2013
Je suis convaincu que, pour certaines âmes, il y a le bonheur de l'imposture. Il y a une effroyable, mais enivrante félicité dans l'idée qu'on ment et qu'on trompe ; dans la pensée qu'on se sait seul soi-même, et qu'on joue à la société une comédie dont elle est la dupe, et dont on se rembourse les frais de mise en scène par toutes les voluptés du mépris.
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AccaliaAccalia   24 août 2015
Jamais, à aucune heure de la journée, les églises de province ne sont plus hantées par ceux qui les fréquentent qu’à cette heure vespérale où les travaux cessent, où la lumière agonise, et où l’âme chrétienne se prépare à la nuit, – à la nuit qui ressemble à la mort et pendant laquelle la mort peut venir. A cette heure-là, on sent vraiment très bien que la religion chrétienne est la fille des catacombes et qu’elle a toujours quelque chose en elle des mélancolies de son berceau.
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Jules BARBEY D’AUREVILLY– Les Diaboliques, Œuvre intégrale (FR)
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