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EAN : 9782266322973
233 pages
Pocket (19/05/2022)
4.07/5   134 notes
Résumé :
« Ce bruissement céleste qui jadis m’enchantait s’était cousu les lèvres en plein mois de juillet sous un soleil de plomb. Plus un battement d’ailes, plus une mélopée […] Il était quinze heures trente ce dimanche onze juillet, et j’avais vingt-sept ans, l’âge où les étoiles meurent. »

Rêveur déchu du 21e siècle, Alexandrin a perdu ses papillons.

Vous savez, ceux qui virevoltent au creux de nos ventres endormis lorsqu’on tombe amoureux.... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (45) Voir plus Ajouter une critique
4,07

sur 134 notes
Assis dans un bar face à une jeune femme rencontrée sur Internet, Alexandrin réalise qu'il a quitté l'adolescence pour l'âge adulte : les papillons qui faisaient vibrer son corps de l'intérieur se sont endormis !
Mais voilà que Marie vient lui demander son chemin, réveillant les papillons. Ébéniste de profession, poète d'occasion, le jeune homme tombe immédiatement amoureux. Mais la belle, qui semble partager ses sentiments, a un secret, jalousement protégé par son père...

Quand on se surprend à lire les premières pages d'un roman comme on lirait le texte d'une chanson de Trenet ou de Cabrel, c'est le signe indiscutable qu'on ne lit pas un ouvrage ordinaire ! C'est ce qui m'est arrivé.
En soi, l'histoire de nos deux amoureux n'a rien d'extraordinaire ; j'ai le souvenir d'un film à gros succès du début des années 70 qui racontait peu ou prou la même. C'est la façon dont elle est racontée qui enthousiasme !
Barcella tourne autour du sujet avec beaucoup de poésie. L'attirance entre Alexandin et Marie est décrite par petites touches, à la façon des impressionnistes. Les personnages secondaires (la patronne du bistrot, l'amie Lola, Pierrot le père de Marie, Yvonne la vieille servante) semblent comme aimantés par le jeune couple. Aucun de ces personnages n'est réellement crédibles, mais qu'importe, on a envie d'y croire...
On sent que le drame n'est pas loin, mais la plume de l'auteur nous y conduit sans angoisse, et nous propose un après riche de promesses.
Quand un auteur de chanson met ses qualités d'écriture au service du roman... Pour moi, cela devient un vrai coup de coeur pour ce texte empli de poésie.
Sans oublier, cerise sur le gâteau, de très belles couvertures.

Merci à Babelio et aux éditions du Cherche Midi de m'avoir permis de découvrir ce très beau roman et son auteur.
Lien : http://michelgiraud.fr/2021/..
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Barcella est un auteur-compositeur, Les Papillons est son premier roman.

"Un brin de nostalgie butine à mon oreille
Lorsque tout est fini vibre l'essentiel
La chance d'avoir goûté le bonheur avec toi
Et d'avoir su chanter à l'ombre de tes pas.....
....
Merci pour le bon temps et tant pis si l'on dit
Qu'ainsi souffle le vent. Ainsi va la vie
Merci pour ces nuées parfumées de l'histoire
Qui façonnent les reflets muets de nos miroirs...."

Ces quelques paroles d'une chanson partagée avec Paris-Combo servent d'introduction au roman Les Papillons : Il s'agit de l'histoire d'Alexandrin Lamoureux, et l'auteur s'efface derrière le jeune homme, lui laissant le soin de "conter son histoire".

Tout commence par une scène de rupture avec la flamboyante Mylène, rencontrée sur internet. Alexandrin Lamoureux, pas tout à fait trente ans, se sent vide : ses précieux papillons ne sont plus là... Ces papillons ce sont ceux qui font vibrer son coeur, qui lui donnent le sentiment d'exister, donnent du sens à sa vie. Alexandrin doit réapprendre à aimer. Et le destin bienveillant va mettre sur son chemin Marie Mariposa la bien-nommée, Marie comme Aimer, Mariposa comme Papillon en espagnol.

Une belle histoire d'amour semblable à un conte de fées, des personnages plus originaux les uns que les autres : un père ombrageux, hyper-protecteur dénommé Pierrot La Chique et son associé, le garde du corps Barbitus ; un bibliothécaire-remplaçant au langage fleuri ; Lola, la "presque" petite soeur de Marie, son amie, sa confidente Yvonne, qui tient un bar lieu de rencontre incontournable, sans compter Thérèse la vieille femme improbable qui tient la maison de Pierrot.

Marie accepte bientôt une "non-demande" en mariage, elle accepte de "voler quelques vies" avec Alexandrin. Marie attend bientôt un enfant... l'échographie montre que ce sont en fait trois petites filles qui naîtront en hiver.

Mais pas de conte de fées sans sorcière...Celle d'Alexandrin et de Marie se révèle bientôt. Marie qui aime à perdre la raison, Marie qui aime de tout son coeur souffre justement d'une grave maladie de coeur... Les Fêtes de Noël ne se dérouleront pas comme prévu. le destin va frapper et se montrer impitoyable.

Le roman se termine sur la lecture aux trois fillettes, âgées de sept ans, de la lettre que Marie leur avait préparée, et sur la vision des petites, qui telles des papillons ardents, s'amusent à virevolter dans les herbes blanches.

J'ai aimé découvrir ce roman original : l'humour un peu décalé des situations, la poésie du texte, sa musicalité. Il est clair que l'auteur a pris plaisir à choisir chaque mot avec précision, à rechercher un rythme, une sonorité.

Cette histoire d'amour qui se poursuit par-delà l'inévitable m'a rappelé les dernières lignes du roman Love Story d'Erich Segal : Love means not ever having to say you're sorry - l'amour c'est n'avoir jamais à dire qu'on est désolé.

Une lecture tout en douceur, accompagnée d'une mélodie un peu triste, qui se termine malgré tout sur une note d'espoir.

Je remercie Babelio et les Editions du Cherche Midi de m'avoir adressé Les Papillons, de Barcella. J'ai pu participer à la l'événement organisé par Babelio avec l'auteur le 20 avril 2021 virtuellement.









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J'ai abordé ce livre avec un état d'esprit gourmand, mis en appétit par la quatrième de couverture.
Les premiers chapitres m'ont fait craindre une tromperie.
Des phrase conçues comme des formules chocs un peu tape-à-l'oeil, le portrait caricatural d'une jeune femme pour laquelle, sacrilège à mes yeux, l'auteur-créateur n'a pas la moindre petite affection cachée. Pour couronner le tout, un héros-narrateur mou du genou, vague et incertain. Tout cela ne serait-il qu'un gargarisme de mots, une démonstration qui se voudrait éblouissante mais qui n'est que de pacotille ?
Je me suis arrêté et j'ai repris à zéro quelques heures plus tard. Peut-être n'étais-je pas assez réceptif ? Non, décidément non, cette mise en bouche ne me plaisait pas. Quand on traite des gens, je suis amateur de Yourcenar ou de Brassens, c'est-à-dire, dans un style ou dans un autre, de la touche élégante. Je prends un exemple :
« Sans faux espoir, la télé-réalité avait enfanté sa génération de décérébrés pour qu'en ce 11 juillet Mylène Bourdon - ce n'est pas moi qui l'invente - galope fièrement en tête de cet inquiétant cortège groupant tout un écosystème de fashion victimes en quête d'expansion. »
Ouf ! C'est dommage, le mépris ne nage qu'en surface.
Or, Barcella possède à coup sûr une sensibilité qui pourrait l'emmener bien plus profond.
Lorsque Chateaubriand décrit le cortège ramenant Louis XVI à Paris, on sent évidemment poindre une certaine désolation, mais il ne s'attache pas à le rendre plus laid ni ne se drape dans une attitude hautaine qui l'empêcherait de comprendre le monde comme il tourne, depuis toujours.
« … d'abord parurent des canons, sur lesquels des harpies, des larronnesses, des filles de joie montées à califourchon, tenaient les propos les plus obscènes et faisaient les gestes les plus immondes. Puis, au milieu d'une horde de tout âge et de tout sexe, marchaient à pied les gardes−du−corps, ayant changé de chapeaux, d'épées et de baudriers avec les gardes nationaux : chacun de leurs chevaux portait deux ou trois poissardes, sales bacchantes ivres et débraillées. »

Barcella s'écoute quelquefois un peu et il lui arrive de perdre la justesse des idées dans le vertige des mots ou l'amour de la formule. Et comme les mots ne sont pas toujours bien ajustés, on a quelquefois l'impression de faire Paris-Roubaix après avoir mangé un Saint-Honoré : ça peut rendre la lecture un peu lourde et cahotée, ce qui est un comble pour le poète.
« Fier comme un coq en pâte » Un coq en pâte est une personne confortablement installée dans une vie bien bordée : quel rapport avec la fierté ?
« Pour enfin dire oui en caressant ma joue avec délicatesse ». Sauf effet de style qui n'existe pas ici, la délicatesse va sans dire dans une caresse.
Cela peut parfois chasser la puissance d ‘évocation et freiner la plongée : « …Je me faisais discret à en longer les murs et pourfendais mon ombre pour ne pas retenir l'attention des passants. »
On longe les murs pour la discrétion, qu'apporte ici l'inversion ? Pourfendre son ombre ? Depuis quand fendre son ombre de haut en bas évite le regard des passants ?
Bon, lu un peu vite, on saisit le sens, mais si l'on ralentit, c'est comme du bruit là où on attendait une mélodie.

J'avais donc du mal avec le rythme des phrases assez répétitif, les approximations pour faire la rime ou terminer l'alexandrin et pour tout dire même avec l'histoire un peu bluette. C'est alors que je me suis souvenu que Barcella écrit des chansons. En les écoutant, j'ai compris ce qui me gênait. L'auteur parsème d'alexandrins le texte de son livre, en souvenir peut-être de la chanson du prologue. Il triture les mots, les fait sortir de ses mains comme un magicien, quitte à les employer pour leur couleur ou leur sonorité plutôt que pour leur sens résonnant. Ce roman lui-même est comme une grande chanson étirée.
Je ne m'étais jamais posé la question, mais je le sais maintenant : un livre n'est pas un chanson et inversement. On n'y aborde pas les même thèmes, on n'écrit pas de la même manière, on n'est pas poussé par les mêmes raisons. le lecteur est seul dans sa tête, il suit à sa manière le chemin que l'auteur lui propose, sans musique, sans chanteur et sans instruments. Il ne regarde pas une scène, il construit la sienne. Il s'arrête, butine, lit à son rythme, revient sur ses pas, mélange ses sentiments à ceux de l'auteur, il remarque les fleurs et les cailloux sans qu'une chanson l'entraîne sur un autre tempo. On ne soigne pas un livre comme on le fait d'une chanson.

J'arrête là mes critiques négatives, car enfin je l'ai lu jusqu'au bout ce livre et pas seulement parce que Babelio et Le Cherche Midi m'ont fait la joie de me l'envoyer ;-)

Tout d'abord, il a y a aussi dans la forme pas mal de bons moments. Allez, quelques passages qui m'ont touché :
« Sourire avec le coeur, la bouche et puis les yeux. Cela paraît si simple quand tout est à sa place. Si complexe pourtant quand les ombres s'en mêlent. »
« … le coup du rendez-vous gravé au fusain sur mon front m'a mis le coeur en herbe »
« La vie chantait ses droits tout au coeur du chaos, comme les fleurs poussent parfois aux cicatrices des murs. »
J'ai bien aimé aussi les clins d'oeil à quelques grands passés Brel, Piaf, Brassens, Lamoureux (je vais m'y mettre, merci, car je ne connais pas bien), Bourvil, etc. Je n'ai pas vu passer Barbara ou bien je l'ai peut-être loupée ? Cela donnera-t-il envie à ceux qui les connaissent moins ? En tout cas, j'aime bien. D'ailleurs j'écris en ce moment en réécoutant « le petit bal perdu ».
Et puis, sans jamais perdre sa fidélité presque ingénue, notre héros s'épaissit au fil du livre lorsqu'apparaît la vie au-delà du petit cercle à deux. Une paix se fraie un chemin entre deux hommes au nom de ce qu'ils ont en commun. Brise rafraîchissante pour notre époque hélas prompte à rejeter l'autre au prétexte de différences qu'on veut insurmontables.

Enfin, de quoi parle ce livre (question que j'aime bien me poser quand j'en termine un) ? Que peut-on en tirer ? Quelle leçon, quelle ouverture pour soi-même ? Se trouve-t-on mieux de l'avoir lu ?
Et bien, oui, je m'en trouve mieux et malgré tout ce que j'ai pu dire en première partie (mais sans aucune méchanceté !), ce n'est pas juste une bluette.
C'est une illustration affranchie, inventive et originale de certaines vertus cardinales pour moi : l'humilité, l'amour du travail bien fait, la reconnaissance de ceux qu'on aime, l'opiniâtreté, le don, la fidélité, l'usage de la légèreté sérieuse.
L'acceptation de la vie enfin, des souffrances et de son non-sens pour mettre toutes ces qualités en musique. Pour soi, donc pour les autres.

Après vous avoir lu, je sais d'avance que vous continuerez M. Barcella, car ces qualités, je crois, ce sont un peu les vôtres.
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Les deux premiers chapitres me rendent antipathique le personnage. Très imbu de sa personne, jugeant les gens autour de lui sans beaucoup de délicatesse qu'il leur reproche pourtant de manquer. Il n'hésite pas à se comparer à une étoile alors même qu'il qualifiait son date de désamour personnifié. Ce mal d'ego masculin. Qui plus est il était inutile de faire l'amalgame entre une femme qui désire du sexe et une décérébrée. D'allier les deux comme si, en plus elle devait nécessairement être en mini jupe pour correspondre au profil de l'allumeuse frénétique. Merci de l'image, merci pour toutes les femmes qui portent des mini jupes en été et qui se font agresser sur le fond de ce genre de pensées ! Et je ne suis pas en train de dire que les coquilles vides n'existent pas mais il y a d'autres façons de les décrire et d'en faire un sujet que d'y aller à toute vitesse sur tous les stéréotypes dont le patriarcat nous gave. Je dis que même les filles profondément superficielles peuvent avoir quelque chose de touchant, d'humain somme toute et que ce démarrage est de mauvaise augure pour la suite. Bien sûr quand on cherche le cliché de la femme trophée "simple, pudique" et à la beauté discrète, ça en dit plus long sur les clichés ancrés dans le personnage (et son auteur ?) Que sur la superficialité de cette fille qu'il a rencontré. (On passe sur le fait qu'il est déçu de ne même pas avoir envie de se l'envoyer ? Vraiment, on serait presque triste pour lui !)

Chapitre 3 il fait tout ce qu'il reprochait à l'infortunée Mylène : se plaindre, moi je, bouhou, artiste écorché, enfants méchants, obligés de faire comme les autres. Il a eu moins le courage de reconnaître qu'il n'était (est !) Pas si différent de Mylène.
La description de Marie, un vrai cliché (on parle du prénom ?) de la femme "comme il faut" et... Personne ne se parle comme ça, surtout pas en première rencontre. Une fille de 20 ans (qui finalement a 25 ans plus loin, coquille ou démonstration d'une beauté qui ne fane pas ?) ne dit pas "jeune homme" à un gars de 27 ans. À vrai dire elle ne lui parle même pas. On est en plein fantasme masculin. Je sens que la lecture va être longue. Cette façon de voir les filles comme des fleurs, des choses dont il faut prendre soin et qui cherchent nécessairement à faire couple... Aïe aïe aïe. le pire c'est que non content de la faire sucre et vanille, il tombe amoureux de son physique, donc tout le creux qu'il reprochait à Mylène c'était du vent ? Franchement ça me fait rire.

Bon on frise le ridicule chapitre 5, il parle de papillon mort et elle se met à pleurer pour qu'il puisse la consoler ? Lol.

"La douce pleureuse" "si sensible, si solaire" "comme tout femme à part" "fragile" malade aussi évidemment, "du prince dont elle rêvait" "ta douceur" "ta peau lisse" "une plume" Yep. Pas du tout dans le cliché de la femme lisse vendue par le patriarcat.

"Ravi qu'elle m'offrait sa confiance, ne me résistant point" cette phrase me gêne, le terme "ravi" ne peut pas aller avec le reste. "Surpris" "Ému" "décontenancé" "impressionné" "honoré" mais pas ravi comme un prédateur qui se délecte !

À un moment, je me dis que je pourrais me laisser prendre au jeu des mots, à la tentative de poésie qui s'y trouve mais je suis gênée par les contrastes entre Marie et Alexandrin et... Tout le reste. Tout ce qui ne tourne pas autour des deux tourtereaux ou de son mal-être à lui paraît bâclé, peu travaillé. Rendant cette "poésie" étrange et surjouée.

" Il y avait une blanche neige au creux de cette fille " Yep tout est dit. On repassera pas sur la symbolique de ce conte !

"Évitez de meurtrir une nympho névrosée, ça vous pète au visage et ça vous colle au basque" que dire ? Là ça me fout en rogne. Retour de Mylène, toujours plus de mépris et de condescendance des mots durs pour une femme qu'il a croisé une fois ! Des mots dont, de toute évidence, ni le personnage ni l'auteur ne mesurent la portée.
Je ne sais pas si je vais savoir aller au bout de cet amas de clichés. Les pages se tournent et les insultes s'amoncellent, le patriarcat a fait son oeuvre sur cette tentative de romance. "Un fin voile de coton embrassait sa poitrine, gardiennant sa pudeur" ouais ouais...

Retour à Mylène de la part de Marie "ce genre de fille" ouais, les bonnes et les mauvaises, celles d'un soir (ou presque) et celles d'une vie n'est ce pas ?

"Je n'ai pas su la garder. Comme on laisse à regret s'envoler un ballon" on parle d'une femme n'est ce pas ? Pas d'un objet ? Il voit quelqu'un deux fois et veut s'ériger en preux chevalier sans connaître le fin mot de l'histoire. Fantasme masculin vous dis-je.

"Les diamants, ça n'attire pas que les honnêtes hommes. Et c'gars là, c'est du louche, du qui vous fiche les foies, va pas, pour une gamine, te faire une jambe de bois." Il n'y a vraiment rien qui va.

Le cliché des bibliothécaires ensuite, merci pour ma profession. Je regrette de plus en plus la lecture de ce livre. Ah, et au passage, aucun agent municipal n'aurait le droit de parler comme ça à un usager à moins de vouloir un blâme ou autre. Mais bon. On n'est plus à une aberration près.
Mais il juge vraiment tous les gens avec une condescendance méprisable le personnage ! Antipathique au possible. À espérer qu'il la retrouve pas sa Marie.

Donc, chapitre 18, on en arrive bien au cliché de la belle en détresse et de son chevalier servant, plus de doute.

Et puis on se pose là aussi en terme de cliché : un dragon de père après une épouse suicidée, une captive qui attendait son prince. Un père qui passe le relais au mari. Bah tiens. Trop fragile pour vivre et prendre des décisions elle-même n'est ce pas ?
Ensuite nous avons le droit à l'entretien d'homme à homme, Marie au loin, bien évidemment. Une petite sensiblerie sur les fleurs pour montrer que bon, c'est un dragon mais c'est parce que c'est avant tout un père. le tout saupoudré de phrases toutes faites "la patience est mère de sûreté, n'oubliez jamais cela" c'est une blague. C'est moi qui perd patience là.

L'embrouille a duré deux jours mais à l'écouter (le personnage) ça a été une odyssée de dix ans. Un bras un peu tordu, une petite leçon de morale et c'est un héros de guerre. Il a transformé le dragon en nounours.

Ah non, le pire était à venir. La voilà en cloque de 3 gosses, à mettre sa vie en danger parce que c'est le rôle d'une femme, n'est ce pas ? Et là c'est le naufrage : "Des garçons ça me parlait parce que ça joue au foot, ça crapahute, ça bagarre, ça part à l'aventure. Bref... Ça parlait mieux ma langue. (...) Espérant voir au moins deux pénis victorieux apparaître en pixels." Victorieux ? Vraiment ? C'est une putain de blague ? C'est quoi cette réduction genrée ?

"Assis à la "terrasse des blablas entre filles" je préférai me taire" ouais il aurait mieux valu ne rien écrire à ce niveau. Je m'arrache les cheveux.
Ah, puis finalement, 3 filles, ça réveille son instinct paternel, personne ne viendra "cabosser le coeur de nos trois petits fées" éternel recommencement. Surprotection juste parce qu'elles sont de sexe féminin. Ras le bol.

Ah et puis évidemment c'est bien le sacrifice ultime. Super histoire ! Au final il n'aura pas su la protéger de lui ;)
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Par ou commencer pour vous parler de ce livre pour lequel j'ai eu un énorme coup de coeur ?
Déjà il faut savoir qu'il est écrit par Barcella, auteur-compositeur-interprète et que c'est sans doute ce qui confère à ce livre une rythmique très particulière. Car oui, ce roman à la lisière du conte est singulier. Les personnages sont parfois à la limite de la caricature et leurs paroles déclamées ne confèrent pas à un registre traditionnellement usité. Certains diront que l'écriture leur aura fait penser à Boris Vian ou encore à Mathias Malzieu, j'y ai pour ma part parfois reconnu la verve d'un Cyrano (et Dieu sait que j'aime l'oeuvre d'Edmond Rostand). En quelques pages seulement je savais que ce livre ne serait pas juste un parmi tant d'autres.

Alexandrin, jeune ébéniste fait un jour ce triste constat : il a perdu ses papillons, ceux qui virevoltent au creux de notre ventre quand quelque chose de merveilleux nous arrive… Et puis son chemin un jour va rencontrer celui de Marie, avec elle, notre héro en est persuadé, il va pouvoir les retrouver ! Mais l'histoire ainsi aurait été trop belle, trop simple…

Ne vous faites pas piéger il ne s'agit pas ici d'une simple romance, non non, vous entrez ici dans un univers poétique ou l'on va s'amuser à « tricoter et détricoter les sentiments » (pour reprendre une expression de l'auteur) des différents personnages. Une petite merveille !
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Citations et extraits (68) Voir plus Ajouter une citation
- Vous êtes manifestement d’une grande sensibilité, chère Marie Mariposa.
- Je suis à fleur de peau depuis ma tendre enfance. Mon coeur s’emballe sans frein au nez des injustices. Je vis tout à l’excès. Le bon comme le sévère. En fait, je crois que « j’ai mal aux autres », comme le disait Brel. Moi, je veux croire encore en la beauté du monde. Ma sensibilité est ma force, monsieur. Pleurer vos papillons me semble raisonnable car ne pas s’en soucier serait mourrir un peu. Et puis les prénoms ne mentent pas ! Le mien me destinait à aimer sans répit.
- Que voulez-vous dire ?
(…)
- Marie : M-A-R-I-E. C’est l’anagramme d’aimer. A-I-M-E-R. Vous ne le saviez pas ?
- Non je ne le savais pas.
- Ben, j’aime voilà tout. Avec un grand A. J’accueille quoi, je chéris, j’embrasse, je vibre, je murmure. Les animaux, les fleurs, les enfants, les rivières, j’aime le feu qu’ils distillent et je brûle de cela. Vivre c’est s’abreuver de la beauté du monde, c’est boire chaque paysage, et c’est apprendre à voir.
Elle réveillait l’enfance qui s’absentait de moi.
- J’aime pour le goût d’aimer, pour les saveurs sucrées qui font nos vies gourmandes. Pour la beauté des ciels qui nous offrent chaque jour un tableau différent. Mais ceux qui détruisent tout ça, je ne comprends pas. Ça me déchire le coeur.
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Marie
Puisqu’il faut vivre à s’en rompre le cœur
Bien que la vie s’épuise a nous causer chagrin
Je veux passer la mienne à chiner tes bonheurs
Et à défaire tes noeuds comme tu défais les miens

Toi,
Tu as cette étincelle qui me fait chavirer
Cette unique lueur dont je veux m’abreuver
Je me suis vu renaître en croisant ton chemin
Depuis je me surprends à chanter tes refrains

Alors,
Peut-être est-il trop tôt pour jouer à ce jeu
Mais tout est fragile que je ne puis attendre
À quoi bon faire semblant et étouffer ce feu
Qui fait que mon coeur sait, qui fait que mes mains tremblent

Je t’aime belle hirondelle mais te rêve pas en cage.
J’ai pour te le prouver un pacte à proposer
Brassens me l’a soufflé comme un heureux présage
Aussi belle anagramme
Me ferais-tu l’honneur de ne pas m’épouser ?
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Chaque note chantait la vie. Telle une gourmandise, une onde que l'on boirait avec soif au goulot, elle m'enveloppa d'un charme dont je ne sus me défaire.
Je vis d'abord ses pieds dans ses ballerines dorées, puis les bracelets de cheville qui les illuminaient. Ils étaient si mignons, si petits, si parfaits. On aurait dit qu'Esthète, le dieu des proportions, les avait dessinés.
Impact dans deux secondes...
Une robe en coton cousue de main de nuage. Cadence, tambours, envol, palpitations soudaines. Mon coeur "s'engalopait" tel un cheval fougueux.
Impact dans une seconde...
Le soleil derrière elle inondait ses cheveux, lui offrant une couronne d'un or éblouissant. Contre-plongée céleste...
Les yeux bleus, la peau mate, une bouche "pain d'épices", une poitrine à faire battre un coeur végétatif... Elancée, la vingtaine, sublime apparition. Qu'avait-elle à offrir, si ce n'est des papillons ? Et puis, sa main légère attérit en tendresse sur mon enclume d'épaule.
Impact !
Je me fis foudroyer !
"Jeune homme ? Oh oh ? Y a quelqu'un ?
Médusé, je répondis d'une voix légèrement voilée :
"Euh... oui... excusez-moi. J'errais dans mes pensées. En fait, les Lilas, c'est juste derrière vous. Faites un petit demi-tour et...".
Elle se retourna, légère comme une bulle de savon. Confuse, elle me sourit alors.
"Ah ! Suis-je cruche ??? Comment ai-je fait pour passer à côté sans le voir ? C'est écrit en toutes lettres."
Je tentai discrètement de sécher quelques larmes, osant m'improviser philosophe du dimanche.
"Oh, vous savez, il arrive parfois qu'on ignore l'essentiel. C'est là devant vos yeux, et..."
Je retins mon souffle encore un peu groggy.
"Et puis l'on se rend compte, quand tout s'est effacé, que ce Tout vibrait là, juste sous votre nez".

Elle me dévisagea, hésita un instant avant de demander avec délicatesse :
"Pardonnez-moi, mais vous... pleurez ?"
La discrétion, ma foi, n'était pas mon atout. Il subsistait une larme sur le creux de ma joue.
"Moi ? répondis-je rougissant. Non. J'ai les yeux fragiles. Le soleil s'en amuse, voilà tout !
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Au petit matin, alors qu’elle dormait encore, je l’observais, silencieux, et contemplais avec minutie chaque petit centimètre de sa peau.
Sa nuque, si souple, si douce, ses fines et blanches épaules, ses bras faits pour éteindre, ses seins coquins, ses courbes andalouses, son ventre, calme vague et son joli nombril.
Je repensais à la veille.
Tout comme moi, Marie avait un grain. De beauté. Là, dans les plissements de l’aine. Et je me demandais si sa peau l’avait dérobé à la mienne cette nuit-là. Je possédais le même, exactement au même endroit.
Encore un point commun, une même ponctuation.
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Une Amélie Poulain sommeillait en cette fille. Une Mary Poppins, au cœur doux parapluie. Marie : la Rose Dawson de mon Titanic, la Betty Boop en fleur de mes jardins d’hiver.
Yvonne avait vu juste : il y avait une Blanche-Neige tout au creux de cette fille. À ses côtés, la vie me semblait moins cruelle, bien qu’elle me fit passer de Joyeux à Grincheux, de Timide à Simplet, au gré de ses envies …
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