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  06 décembre 2011
Pour la jupe comme pour le pantalon, la grille de lecture de Christine Bard part du postulat que « les vêtements et leur genre -féminin, masculin, neutre – sont politiques »

L'auteure va donc analyser le port et le choix des vêtements dans l'histoire, les éléments de soumission, esthétisés et érotisé (comme le corset), la minijupe et la révolution des sixties, dont la métamorphose de la morphologie féminine par la mode. Elle souligne que « rien n'est moins naturel que le corps de mode » et que « le vêtement libère qui s'estime libéré(e)s par lui … »

Elle nous rappelle que la jupe était socialement imposée et analyse « la resignification de la féminité au tournant du siècle ». Il est plaisant de lire ses analyses sur les stratégie féminine en politique ou ses réflexions sur l'exposition des parties du corps.

Tout en s'interrogeant « Peut-on défendre la liberté vestimentaire des unes en limitant celle des,autres? » l'auteure souligne les représentations de la sexualité, l'érotisation dans la publicité, les limites entre séduction et provocation, le constat de la banalité des violences sexistes, des insultes et des gestes déplacés, le caractère nominatif et historiquement variable de la « féminité », l'impact de la pornographie de masse, la sécularisation comme condition de l'essor de la mode. « le voile et le dévoilement sont deux formes violences symboliques. Les femmes peuvent en être actrices, il n'en demeure pas moins que toutes, occidentales, Orientales, ne maitriseront pas leur vie aussi longtemps qu'elles ne choisiront pas leurs apparences ». le remodelage permanent entre libération marchande et assignation genrée ne saurait être confondue avec la fin du patriarcat ou de la domination des femmes par les hommes.

Le chapitre trois est consacré à « La jupe au masculin » et à la traversée des genres.

En conclusion, Christine Bard souligne que s'habiller n'est pas anodin. « le vêtement nous marque, nous étiquette » ou « Oui, la jupe est sexuée, sexuelle et sexiste ».

Ce qui n'enlève pas son intérêt à des manifestations comme la journée de la jupe et du respect.

Les dimensions liées à la marchandisation, tout en étant pris en compte « le marché a remplacé les normes » me semble sous-estimées. Il me semble, aussi, que l'auteure surestime les positions et les actions de « Ni putes, ni soumises ».

Quoiqu'il en soit une livre qui interroge l'air du temps sans s'y soumettre et sans oublier que « le genre est relationnel. On oublie trop souvent qu'il ne concerne pas seulement les femmes. Troubler le genre est une tâche qui incombe à tous les sexes » ou que « La dérive du genre n'empêche pas ”la stabilité du sexe” : la domination masculine s'accommode très bien des troubles dans le genre. »

Pour renouer enfin avec les interrogations sur les assignations sexistes, dans les moindres gestes et choix quotidiens (vêtement, comportement corporel, utilisation des produits dit de beauté, etc.) et ne pas oublier que « le problème est la violence qu'entretient la domination masculine et ce que nous faisons (ou ne faisons pas) pour la prévenir, la réprimer d'une manière appropriée et donner à celles et ceux qui en sont victimes, ou risquent de l'être, les moyens de se défendre psychologiquement et physiquement. »
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