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Catherine Bardon (Autre)
EAN : 9782491467159
Phileas (21/01/2021)
4.24/5   51 notes
Résumé :
Des cafés viennois des années trente aux plages des Caraïbes, laissez-vous transporter par cette histoire d'amour et d'exil et le destin exceptionnel d'Almah et Wilhelm. Après l'Anschluss, le climat de plus en plus hostile aux juifs pousse Almah et Wilhelm à s'exiler avant qu'il ne soit trop tard. Ils n'ont d'autre choix que de partir en République dominicaine, où le dictateur promet 100 000 visas aux juifs d'Europe.

Fondée sur des faits réels, " une ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (26) Voir plus Ajouter une critique
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Erik_
  12 juin 2021
J'ai beaucoup aimé cette BD qui est tiré d'un roman de Catherine Bardon à propos d'une famille juive qui fuit l'Autriche qui a viré totalement nazie suite à l'Anschluss du 13 mars 1938 avec les troupes allemandes accueillies par des autrichiens en liesse prêts à en découdre avec les juifs, jaloux de leurs succès économiques.
Certes, on retrouvera les repères habituelles pourvu que l'on soit intéressé par la Seconde Guerre Mondiale et la montée du nazisme, le parti d'Hitler. le processus d'aryanisation va conduire à la persécution des juifs auxquels on va confisquer leurs travail, puis leurs biens et enfin leurs vies.
Pour autant, cette histoire va prendre une tournure particulière quand il s'agira de fuite vers la république dominicaine, une petite dictature des Caraïbes car tout les autres états démocratiques ferment leurs frontières et n'accordent pas leur visa à ces gens persécutés par le régime nazi. C'est un vrai éclairage sur ce qui s'est réellement passé durant cette période qui donne toute la lumière sur des faits peu avouables. On peut être complice par passivité de l'inacceptable.
La conférence d'Evian en juillet 1938 en est la preuve car malgré 32 pays présents, peu ont accordé des visas supplémentaires. Les USA du président Roosevelt n'ont accordé que 27000 visas pour les citoyens du Reich faute d'un accord avec le Congrès, c'est dire. Seul le Mexique aurait protesté contre l'Anschluss. Même Londres refuse de voir aborder la question palestinienne.
Cette conférence est un grave échec. le seul pays qui accepte publiquement d'accueillir les réfugiés juifs d'Europe est la République dominicaine à la condition que ceux-ci soient porteurs de fonds suffisants pour s'établir dans le pays à leur compte et à exercer le commerce, une profession, ou créer des industries, contribuant de cette façon à l'enrichissement de la Nation. Ce dictateur négrophobe est loin d'être un philanthrope,il n'agit pas ainsi par bonté d'âme.
On va suivre Will et Almah, un beau couple dans leur périple qui vont les conduire jusqu'aux portes des Etats-Unis qu'ils n'arriveront pas à franchir, faute de papier suffisant. Ils vont alors débarquer dans un kibboutz à construire en plein milieu de la forêt de la République dominicaine suite à un accord entre une association d 'aide aux juifs la DORSA et le gouvernement du général Trujillo. Bref, des déracinés au milieu des mygales, des fièvres et les tempêtes tropicales et des haïtiens tenus en esclavage. Certes, c'était mieux que les camps de concentration mais bon. Ces familles juives trouvèrent par conséquent refuge dans la petite ville de Sosúa située dans la partie nord du pays, une région presque inhabitée. Un terrain y avait été aménagé en bananeraie puis abandonné par la United Fruit Company.
L'accueil du peuple dominicain fut assez chaleureux. Il est vrai que les colons n'étaient plus les bienvenus nulle part, mais il n'y avait pas d'antisémitisme dans cette île des Caraïbes. Les réfugiés qui parlaient l'allemand ou l'hébreu ont fait des efforts pour apprendre à parler l'espagnol et ainsi communiquer avec la population. Des liens se créèrent peu à peu entre les deux communautés . Cette oeuvre retrace toute cette histoire particulière assez méconnue.
Ils construisirent une sorte de ferme collective où ils travaillèrent comme ouvriers dans une sorte d'autarcie imposé au départ par la DORSA. Malheureusement, les terres n'étaient pas fertiles et se révélèrent impropres à l'agriculture. Ils se concentrèrent alors sur l'élevage des vaches afin de produire du beurre et du fromage. Les fermes regroupées en coopérative virent leurs affaires prospérer. Ils organisent une véritable vie culturelle et religieuse. Une synagogue est même construite. Aujourd'hui, cette ville est une destination touristique fort prisée.
Les Juifs de Sosúa ont échappé aux tragédies de la Shoah, et se sont reconstruit une nouvelle existence. Leur histoire est celle d'une rencontre aboutie entre deux peuples de cultures différentes. A noter que ce récit va s'étaler sur une période de 26 ans (1935-1961).
J'avoue avoir appris des choses très intéressantes sur l'histoire de la République dominicaine durant cette période.Cela change des récits habituels sur le même sujet. On voit que l'auteure a accompli un travail de recherche assez minutieux. Chose rare, les faits historiques n'alourdissent pas ce récit qui se lit très bien jusqu'au final que j'ai un peu moins aimé. C'est une BD dans le genre romance historique vraiment riche qu'il convient de découvrir.
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agathebooks
  05 mars 2021
En 1935 dans le quartier chic d'Hietzing à Vienne, un jeune couple de confession juive célèbre son mariage dans les jardins de la superbe demeure familiale. Quelques années plus tard, Frederick, le premier fils d'Almah & Wilhelm voit le jour alors que la capitale assiste à la montée de l'antisémitisme. Almah est rapidement interdite d'exercer son métier de dentiste et la rédaction du journal de Will est rachetée par le parti nazi, ce dernier se retrouve ainsi mit à la porte comme un malpropre. ⠀

Les restrictions et persécutions antisémites vont forcer la famille Kahn à s'exiler dans un camp de réfugiés à la frontière Suisse, puis se voir offrir un visa pour reconstruire leur vie en République Dominicaine. Un voyage qu'ils accepteront pour un nouveau départ au coeur de la forêt tropicale.⠀

Catherine Bardon se base sur des faits réels d'une grande richesse et nous permet de découvrir une histoire familiale touchante et qui force au respect. ⠀
L'auteure a su mettre en lumière un contexte historique particulièrement tourmenté et méconnu du grand public. Personnellement, je n'avais pas connaissance de ce dictateur dominicain qui avait offert l'asile à une communauté juive dans les années 40. ⠀

Je me suis attachée de suite à ces personnages qui ont connu les pires atrocités à cette époque. On est ému par leur courage et leur amour, on s'indigne de leur sort et on découvre avec eux les magnifiques paysages et les plages multicolores de la ville de Sosúa. ⠀

Les planches de cette bande dessinée sont superbement réalisées par Winoc & Sébastien Bouët et je pourrais la relire des milliers de fois pour le plaisir des yeux.

Le premier tome de cette saga m'attend dans ma PAL et après cette belle lecture, je suis certaine de le commencer prochainement pour redécouvrir en détail cette histoire.
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SebastienFritsch
  04 juin 2021
Quel beau voyage !
Bien sûr, comme dans le roman dont il est l'adaptation, tout n'est pas rose dans cet album : il suffit de garder en tête que ce "voyage" fut en réalité un exil, celui des juifs d'Europe, exclus, spoliés, humiliés, violentés, avant d'être expulsés. Et que ceux qui restèrent étaient voués à la mort.
La première partie, qui montre la toile nazie s'étendre sur l'Europe et encercler peu à peu les personnages principaux, Almah et Wil, est très bien réalisée. Évidemment, ayant lu le roman, je n'avais pas de surprise, mais j'ai trouvé très pertinent le choix des scènes et des phrases issues du roman. Car il faut bien choisir, mais la narration, le rythme et le suspense n'en ont pas souffert et restent maîtrisés.
Mais alors, quel intérêt de faire une adaptation en BD? Ici, cela tient essentiellement aux décors (même si les personnages, en acquérant un visage et une stature, nous donne l'impression de retrouver des amis perdus de vue). Et ces décors sont parfaitement réussis. Qu'il s'agisse du Vienne des années 1930 ou des étapes sur la route de l'exil, nous voici transportés dans le quotidien d'Almah et Wil. Même si le style évocateur de Catherine Bardon permettait déjà de s'en faire une idée précise (et bouleversante), les images offrent une immersion encore plus profonde.
Heureusement, cela fonctionne aussi pour les magnifiques paysages de République dominicaine. Dans la partie de l'album situé sous les tropiques, nous suivons l'installation, puis le développement de cette communauté de déracinés. Là encore, comme dans toute vie, des jours sombres émaillent les années, surtout à cette époque où le monde s'entretuait. Mais la beauté de ce pays reste inchangé, indifférente peut-être aux malheurs de ces humains.
Il est donc clair que, comme les romans de Catherine Bardon, cette BD doit être lue, autant pour la qualité de sa réalisation que pour l'hommage qu'elle offre à ces déracinés.
Mais je ne peux nier qu'elle a un autre effet, commun avec les romans : susciter une furieuse envie de traverser l'Atlantique.
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dgidgil
  31 octobre 2021
Issu du roman du même nom, la version roman graphique m'a permis une première approche de cette saga familiale. s'appuyant sur des faits réels. Nous suivons un jeune couple, Almah et Willem, juifs non pratiquants qui fuient l'Autriche au moment de l''Anschluss.
De nombreux pays fermant leurs portes aux migrants juifs, ils n'ont d'autre choix que de s'exiler vers la République Dominicaine, pays totalement inconnu mais qui leur promet le paradis!
Avec un groupe de migrants juifs, ils construisent un kibboutz, developpent avec plus ou moins de succès l'agriculture. Avant même la création d'Israël, ils expérimentent ce mode de vie en communauté et les questions qu'il suscite, comme une première expérimentation des idéologies de l'époque.
Les personnages sont touchants, le récit dynamique et bien construit. Les graphismes sont lumineux et attrayants.
Cela me donne très envie de prolonger la découverte de ce récit par la lecture du roman, qui montrera tres vraisemblablement d'autant plus de détails, d'analyse des personnages et de cette aventure que j'ignorais totalement jusqu'alors.
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Cathbouquinade
  05 mai 2019
Qui a dit que, pour être un bon livre, il devait se terminer par une fin heureuse ? « Les déracinés », se termine tristement mais, il y a une suite alors peut-être... Ce livre est une page de l'histoire encore (tout du moins pour moi) peu connue. Après les premiers chapitres qui se déroulent à Vienne, les protagonistes vont se décider à fuir leur patrie devant la montée du régime nazi. Leur rêve : l'Amérique. Ils vont y croire pendant plusieurs mois. Les quotas d'acceptation des exilés étant largement dépassés, l'opération s'avèrera impossible. Ce sera donc, vers une terre complétement inconnue par Wilhelm et Almah que leur route se poursuivra : la République Dominicaine. Sous forme de saga familiales « Les déracinés » montre, la vie en communauté, la création d'un kibboutz, que contrairement aux apparences, aucune famille n'est parfaite … Aucune famille n'est dépourvu de petits secrets … Voilà un livre qui nous rappellent que la vie même sous les tropiques, n'est pas une douce romance. J'ai aimé ce côté réel. A de nombreuses reprises, je me suis laissé emporter par cette aventure. Ce côté « histoire vraie » découle également de la présence de nombreux faits historiques. Plus de 700 pages montrent, sous la plume de Catherine Bardon (dont c'est le premier roman), l'alliance parfaite entre fiction et réalité. L'auteur a su ancrer son histoire dans la grande Histoire sans que cela soit rébarbatif. La fin du livre approche… J'avoue avoir essayé de repousser ce moment et puis, j'ai appris qu'il y avait une suite intitulée « L'américaine ». L'aventure ne se termine pas…
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Citations et extraits (2) Ajouter une citation
CathbouquinadeCathbouquinade   04 février 2021
D’après le roman éponyme : les Déracinés qui a connu et remporté un énorme sucés, Catherine Bardon et le dessinateur Winoc ont décidés de réaliser un roman graphique de cette aventure. Une belle réussite à découvrir
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Erik_Erik_   12 juin 2021
Mieux vaut sacrifier quelques juifs que de fâcher Hitler !
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Videos de Catherine Bardon (43) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Catherine Bardon
La Fille de l'ogre de Catherine Bardon aux éditions Les Escales https://www.lagriffenoire.com/la-fille-de-l-ogre.html • • • Chinez & découvrez nos livres coups de coeur dans notre librairie en ligne lagriffenoire.com • Notre chaîne Youtube : Griffenoiretv • Notre Newsletter https://www.lagriffenoire.com/?fond=newsletter • Vos libraires passionnés, Gérard Collard & Jean-Edgar Casel • • • #lagriffenoire #bookish #bookgeek #bookhoarder #igbooks #bookstagram #instabook #booklover #novel #lire #livres #conseillecture #editionslesescales
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