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ISBN : 2843449391
Éditeur : Le Bélial' (13/09/2018)

Note moyenne : 3.68/5 (sur 11 notes)
Résumé :
Demain. Quelque part dans la jungle urbaine… Il ouvre les yeux. Se lève. Y a du boulot… « Avez-vous consommé ? » Il contemple l’hologramme aux lettres criardes qui clignotent dans la cuisine sans parvenir à formuler la moindre pensée. « Souhaites-tu du sexe oral ? » La question de sa femme l’arrache à sa contemplation. Il réfléchit quelques secondes avant de refuser la proposition : il a déjà beaucoup joui cette semaine et il n’a plus très envie. Sans oublier que le... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (9) Voir plus Ajouter une critique
Dionysos89
  30 octobre 2018
Trademark, c'est d'abord une nouvelle parue dans un numéro de la revue Bifrost. Mais avec bonheur[tm], Jean Baret lance une trilogie Trademark où il compte bien montrer une société où l'ultraconsommation est devenue la norme. Vie[TM] et Mort[TM] sont deux autres romans prévus pour être des volumes lisibles indépendamment.
Au Bonheur Capitaliste !
Toshiba est un chasseur d'idées, un enquêteur de ce qui ressemble à une police métropolitaine, chargé de traquer ceux qui contreviennent aux codes de lois du quotidien, notamment le Code de la consommation qui oblige à consommer chaque jour, à participer à la reproduction car c'est un devoir civique et interdit le surendettement tout en favorisant les surcrédits à la consommation. Pourquoi ce prénom, Toshiba ? Tout simplement, parce que chaque individu est sponsorisé et que chaque sponsor de vie s'impose dans l'ensemble des aspects personnels, au point qu'on peut lire ce genre de phrases un peu surréalistes : « Toshiba et Walmart entrent dans la voiture Pepsi » ou bien que Huawei rencontre KFC dans l'immeuble Guerlain. Si on devait franciser les marques, on aurait pu imaginer qu'Alinéa et Intermarché utilisent le tramway Orangina, que ça ne donnerait pas forcément le même effet… Et toute cette société est à l'avenant, d'autant que violence et sexualité extrêmes sont le lot quotidien et que ce sont de magnifiques occasions pour miser, acheter ou vendre tout ce qui peut se consommer. Une certaine rengaine est installée quasiment à chaque début de chapitre : « Avez-vous consommé ? », « Avez-vous consommé ? »... C'est là le coeur de cette société et le coeur du roman : à quoi peut bien mener un système de consommation poussé jusqu'au bout ?
Violente et puissante critique de notre société de consommation
Dans cette société, tout le monde recherche le Bonheur avec un grand B, d'où le titre choisi. Sexe, drogue, violence : tous ces ingrédients sont devenus quotidiens et marchandisés, ce qui fait que chaque journée est surtout rythmée par des médicaments pris à hautes doses, des sexualités libres mais toujours tarifées et des paris quotidiens sur les conflits mondiaux en cours. Chacun de ces aspects peut être vu comme un argument supplémentaire pour immerger le lecteur dans un monde abrutissant et répétitif, qui éloigne la notion de libre arbitre, de créativité et de « bonheur simple ». Cela pourra certainement sembler répétitif à un certain nombre de lecteurs, mais le chemin est nécessaire pour faire arriver le protagoniste et le lecteur à l'écoeurement. Il y a ainsi dans ce roman la construction d'une analyse profonde de cette société à travers des émissions de « débats » comme on peut en avoir des overdoses déjà de nos jours : le talk-show The Shot Heard Round the World multiplie les sujets de société, mais les intervenants sont la plupart du temps d'accord sur le bien-fondé et les bienfaits apportés par la société de consommation. Toutes ces directions prises une à une peuvent sembler dérisoires, mais font évidemment partie d'un système extrêmement bien ordonné, et donc rassurant pour une partie de la population. Toutefois, il ne faut jamais oublier que ce capitalisme, par nature libéral économiquement mais pas libéral politiquement, est une idéologie ; à laquelle on peut adhérer ou qu'on peut rejeter, mais en tout cas une idéologie avec toutes les conséquences sociétales que cela comporte, reposant notamment sur du contrôle et de la domination dans la vie privée, dans les médias, dans la répartition de la valeur économique et du pouvoir de décision. Bien sûr, tout n'est pas parfait dans ce roman, dans la formulation de ce qui semble être une critique anticapitaliste, mais c'est tout de même diablement efficace et réflexif. le lecteur ne s'étonnera pas de découvrir une postface extrêmement inspirante sur le lien entre ce roman et la pensée d'un philosophe français, Dany-Robert Dufour, qui formule de quoi sortir de ces impasses.
Cyberpunk et/ou urban SF ?
Il est possible de calquer sur cette anticipation sociale un certain nombre d'étiquettes de genres. Celle de cyberpunk risque de se rappeler assez vite à nos oreilles, celle d'« urban SF » me semble également intéressante. La philosophie cyberpunk est prégnante, car nous suivons un protagoniste qui glisse doucement mais sûrement vers les marges de sa société afin de comprendre leur existence et leur fonctionnement, au risque de questionner le bien-fondé de son propre fonctionnement. Car oui, chez Toshiba, le doute l'habite au fur et à mesure de son enquête, d'autant qu'il prend relativement conscience qu'il n'est qu'un très humble rouage d'un système concentrationnaire et sécuritaire très oppressant dominé par les firmes multinationales. Mais de plus, dans un cadre urbain, nous suivons cette enquête à propos de personnages en marge, mais ceux-ci sont structurés dans une ribambelle de catégories autorevendiquées et qui correspondent parfois à des créatures limites surnaturelles mais désormais bien réelles par l'ajout ou l'ablation d'organes cybernétiques. On croise alors des cyborgs, des transhumains, des surhumains, des furrys, des mutants, des métamorphes, des purs et tant d'autres statuts plus ou moins humains. Puisque chaque catégorie essaie de se singulariser non plus par une appartenance ethnique ou culturelle comme on peut le connaître de nos jours, mais plutôt selon le credo « transforme-toi, transcende-toi, mais fais quelque chose ». Toutefois, la rencontre de différentes créatures, qui se cachent plus ou moins, lorgne sur bien d'autres influences science-fictionesques certes, mais aussi fantasy et fantastiques. Guettez alors les références à un Animus, à un jeu de Gwynt, à la contrée de Nilfgaard, à la psychohistoire, même à des vampires ; c'est au départ des petits liens culturels, voire de saines influences sait-on jamais, mais c'est aussi une manière de faire un lien intéressant entre les transformations des corps très SF et la possibilité de côtoyer des créatures fantastiques qu'on place habituellement dans d'autres contextes. du coup, voir ce roman comme de l'« urban SF » est intéressant, car dans ce cadre urbain omniprésent, nous naviguons au fond dans un monde tout à fait réel (même si c'est de l'anticipation, les codes utilisés nous correspondent plutôt très bien, malheureusement) ; en son sein, surgissent des éléments déconcertants, bouleversant de manière progressive et non trop brutale notre vision des choses en contrepoint des autres habitants qui ressentent de la rationalité à vivre dans une telle société : le concept de nouvelle frontière numérique vient donc confronter nos protagonistes, et surtout le lecteur, à leur rôle dans cette gigantesque organisation dite libérale, dite rationnelle, dite sécurisante.
C'est donc un sacré coup de coeur que ce BonheurTM ! C'est très difficile de ne pas être erratique dans cette critique tant il y a d'aspects à développer sur ce roman, tant cela touche des pans entiers de notre propre société. En tout cas, dans son propos, il a la capacité à avoir autant d'impact sur le lecteur que d'autres célèbres dystopies comme 1984. Vivement d'autres écrits de Jean Baret !
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celindanae
  15 novembre 2018
Avez-vous consommé aujourd'hui ? Question simple à laquelle Jean Baret répond dans ce roman qui est le premier d'une trilogie. Mais une trilogie un peu particulière, puisqu'elle met en scène trois univers différents, avec des personnages différents. Les deux autres tomes devraient s'appeler Vie[TM] et Mort[TM] et seront lisibles indépendamment et dans l'ordre que l'on souhaite. le numéro 91 de Bifrost proposait une nouvelle intitulée Trademark en guise d'avant-goût et permettait de présenter l'univers du roman.
Bonheur [TM] présente une société futuriste où la seule règle est de consommer encore et toujours, toujours plus. La liberté dans ce monde est totale, chacun peut faire ce qui lui plait, vraiment tout, c'est même son droit le plus total, du moment qu'il consomme encore et toujours. Tous les matins, la phrase « avez-vous consommé aujourd'hui » s'affiche dans les logements et il faut penser à vérifier quotidiennement si on a assez consommé. On peut même consommer de l'argent que l'on n'a pas et emprunter à outrance, mais pas avoir d'économies. Il faut faire tourner l'économie et consommer. À tel point, que les gens n'ont plus de véritables noms mais portent le nom de leur sponsor avec le logo correspondant marqué sur leurs vêtements.
Les deux personnages principaux s'appellent ainsi Toshiba et Walmart et exercent la profession de chasseurs d'idées. Leur travail consiste à éplucher des dossiers pour vérifier que tout un chacun consomme bien comme il faut, et à traquer les fraudeurs qui ne font pas leur devoir de consommateur. Au cours d'une de leurs enquêtes, ils vont trouver un étrange complot destiné à mettre en danger la société de consommation. L'intrigue est assez simple mais ce n'est pas ce qui est marquant dans ce roman. L'important est la description d'un monde qui ressemble au notre par certains points, et qui fait penser à ce que nos sociétés pourraient devenir en peu de temps. Et franchement, ça fait peur, vraiment froid dans le dos. le Bélial définit le roman comme : « roman coup de poing visionnaire et syncopé aussi hilarant qu'effrayant, il nous offre le miroir à peine déformé de nos sociétés modernes en bout de course : rien moins qu'une révolution. ». Et cette phrase définit parfaitement le roman si ce n'est que j'ai plus été marqué par le côté effrayant.
La société dépeinte par Jean Baret est marquante par plusieurs aspects. La violence y règne en maître, et personne ne semble plus avoir aucun sentiment, agissant pratiquement comme des robots. Chacun peut agir comme bon lui semble et vouloir appartenir à telle catégorie, transhumain, netrunner, surhumain ou encore U-men et se transformer physiquement pour cela. Tout est possible et favorise même la consommation. La consommation à outrance est la seule règle.
Pour illustrer son propos, l'auteur utilise très souvent des listes de gens ou de choses, la répétition des slogans, des journées qui sont toujours les mêmes, encore et encore, un peu comme si on était dans Un jour sans fin, mais sans aucune possibilité d'en sortir. Cette répétition du quotidien provoque un véritable engourdissement des masses qui ne se rendent compte de rien et pensent vivre dans une société parfaite où ils bénéficient d'une liberté totale et possèdent tout ce qu'ils désirent à défaut de ce dont ils ont besoin. La culture y est totalement proscrite, comme tout ce qui est considéré comme une perte de temps, les promenades ou tout ce qui n'est pas voué à faire marcher l'économie. La critique de notre société de consommation est bien présente et pousse à la réflexion sur notre manière de vivre et d'acheter. La société dépeinte peut être parfois drôle tant elle est excessive mais elle est surtout écoeurante car plus rien n'a de sens, plus personne ne ressent rien, plus personne ne pense par lui-même, plus personne n'a de libre arbitre.
Le roman est suivi d'une postface signée Dany-Robert Dufour, philosophe qui a travaillé sur les sociétés occidentales et le fait de toujours vouloir posséder de plus en plus de biens. le philosophe est d'ailleurs cité dans le roman qui est une parfaite illustration de ses propos. L'auteur, dans cette trilogie, a la volonté de s'interroger sur le sens de la vie. Ce premier tome illustre la recherche du bonheur par la consommation et la liberté.
Bonheur [TM] est donc un roman brillamment construit dans le but de faire réfléchir sur nos modes de vie et de mettre en avant les travers de la surconsommation. Ce récit ne peut laisser personne indifférent tant la plongée dans notre monde à travers l'anticipation est glaçante. Car c'est notre monde que l'on voit sous ce filtre. Et surtout, avez-vous consommé aujourd'hui ?
Lien : https://aupaysdescavetrolls...
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Kmye
  23 novembre 2018
Je remercie Babelio et les éditions du Bélial pour l'envoi de ce roman dans le cadre d'une masse critique. C'était la première fois que je réussissais à recevoir un titre lors d'une masse critique, donc j'étais très excitée et je vous avoue que l'excitation est retombée dès les premières pages. Non pas que je n'ai pas aimé ; en fait, je ne saurais pas vous dire. Cette lecture m'a perturbée dans le sens où je ne sais pas trop ce que j'en ai pensé, et c'est pour cette raison que j'ai tant tardé à écrire cette critique. Ceci dit, je n'ai pas seulement repoussé l'échéance comme un étudiant attendrait la date limite pour rendre un examen. Non, j'ai parlé de cette expérience de lecture autour de moi, auprès de proches pour essayer de détricoter mes impressions.
Autant vous dire que ça ne m'a pas aidée, mais je vais quand même tenter de résumer tout ça. En à propos, le "mot de l'éditeur" explique que cette trilogie "un peu particulière, [...] une trilogie thématique et d'ambition" porte sur la "question fondamentale de la recherche du sens de la vie" : ok, ok, j'ai voulu me lancer le défi de lire de nouveau une vraie dystopie et je vais devoir assumer. Les considérations philosophiques, je n'aime pas vraiment ça. Sauf que BonheurTM est une oeuvre remplie de tellement de pistes de réflexion et d'idées qu'elle en est presque étouffante.
L'idée d'utiliser des personnages caricaturaux permet de faire ressortir la violence et l'aspect totalitaire de la société, la lourdeur et le caractère impitoyable du règne de la sur-consommation. J'ai apprécié ce que l'auteur essaie de faire avec ce roman, sa démarche ainsi que son dévouement total aux idées qu'il souhaite faire passer. Toutefois, la structure de l'intrigue m'a agacée, ce qui était souhaité je suppose (du moins provoquer une réaction forte en réponse aux répétitions), et perdre le protagoniste (qui certes n'en était pas vraiment un) aux deux-tiers a fini de m'achever. Je l'avais dit, je suis toujours perdue face à ce titre qui ne manque pas d'ambition et qui est une réussite, mais qui m'a laissée assez perplexe. Je ne peux pas dire que ce fut un bon moment de lecture, mais ça ne m'empêche pas de reconnaître la qualité de BonheurTM.
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yogo
  01 octobre 2018
Dans un futur proche, Toshiba et Walmart sont chargés de surveiller les fraudes à la consommation. Tous les habitants sont surveillés et se doivent de consommer. Si des écarts sont repérés, une enquête est ouverte et des représailles peuvent avoir lieu. En effet, une seule loi existe, il est obligatoire de consommer et tout le monde est obligé de s'y soustraire. Lors d'une banale enquête à la consommation, Walmart et Toshiba rencontrent un Netrunner (homme qui passe sa vie dans le monde virtuel) qui leur laisse une drôle d'impression. Ils décident de faire des recherches sur ce Netrunner et son monde virtuel. Ce qu'ils vont découvrir pourrait remettre en cause le leitmotiv de leur existence : Consommer c'est le Bonheur !
Livre coup de poing qui, pour dénoncer tous les maux de nos sociétés modernes, nous montre un futur où ces maux sont la norme. Tout est publicité. Des hologrammes sont présents du soir au matin vantant les mérites de milliers de produits que l'on se doit d'acheter pour atteindre le Bonheur. Tout est sponsorisé, chaque habitant a son sponsor de vie. Fini les noms propres, seul le nom du sponsor permet de définir une personne. le sponsor reste, alors que l'individu est lui interchangeable à l'infini. Il n'y a pas de place à l'oisiveté, seule la consommation a le droit de cité, aucun temps libre. Des émissions où débattent des spécialistes sont diffusées partout, que ce soit dans les rues, dans la voiture ou dans les cages d'ascenseur. Et là encore, les spécialistes ont tous une pensée formatée, tous différents mais tous pareils.
La liberté de l'individu est totale, il peut vivre avec un ou plusieurs hommes et/ou femmes, avec un robot, un cyborg, un transhumain, un posthumain... L'individu est libre de se transformer physiquement, de s'injecter toutes les drogues qu'il veut, de vivre dans un monde virtuel, la seule chose immuable est son obligation de consommer, car consommer c'est être heureux.
Sur le fond, le roman est saisissant, agaçant, dérangeant, il imprime en nous une habitude, une logique : la consommation comme seule possibilité de vie. le libre arbitre n'est plus, le choix inexistant. Et c'est juste un livre passionnant, intelligent qui égaie vos neurones. Sur la forme, les répétitions, la redondance des faits, la routine m'ont un peu dérouté voire agacé mais elles participent à la cohérence de l'ensemble.
En résumé, l'auteur pousse à l'extrême son raisonnement : la surconsommation comme mode de vie ultime et on le prend dans la gueule, nous petits consommateurs individualistes ! Bonheur TM est donc un livre qui fait réfléchir et nous permet de découvrir la pensée du philosophe Dany-Robert Dufour dont la postface apporte au livre un indéniable plus.
Achetez Bonheur TM, sa consommation est indispensable !
Lien : https://les-lectures-du-maki..
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JulietteSiLa
  11 décembre 2018
Dans un monde dystopique où la consommation est l'alpha et l'oméga de l'expérience humaine, Toshiba navigue comme un poisson dans l'eau. Mais petit à petit, sa confiance dans la société s'effrite.
Quant à nous, l'écriture de Jean Baret, hypnotique par ses répétitions maîtrisées, nous plonge dans un monde si proche du nôtre, juste assez différent pour qu'on en saisisse immédiatement l'insoutenable violence et la nature cauchemardesque.
Des myriades de petites références raccrochent cet univers de fiction à notre réalité, à tel point qu'on s'effraie : n'irait-on pas déjà, de notre plein gré, vers une société semblable ?
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Citations et extraits (6) Voir plus Ajouter une citation
Dionysos89Dionysos89   07 novembre 2018
— Tu ne trouves pas que c’est quand même un paradoxe ?
[…]
— Hein ? Qu’est-ce qui est un paradoxe ?
— Ben, le fait que travailler est nécessaire pour qu’on ait un pouvoir d’achat suffisant, mais que travailler ne nous laisse pas assez de temps pour consommer !
— Ah… Ouais en effet… Tout est une question d’équilibre. Consommer, c’est aussi donner du travail aux autres. Te faire plaisir en t’achetant tout ce que tu veux, c’est la garantie d’un taux de chômage faible.
— Oui, mais reconnais qu’avec le boulot qu’on a, c’est pas toujours facile.
— Personne n’a dit que ça le serait.

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Dionysos89Dionysos89   19 octobre 2018
L'un des écrans affiche en quatre par trois le message "Avez-vous consommé aujourd'hui ? Consommer est un devoir civique. Ne pas consommer est passible d'une amende. - Art. L.643-2 ter du Code de la consommation".
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KmyeKmye   18 novembre 2018
Les panneaux surplombant les façades des magasins ouverts jour et nuit clignotent agressivement pour attirer le chaland. Il y a des panneaux rédigés dans sa langue, mais aussi en mandarin, en arabe, en russe, en latin, en grec, en uzbec, en runes nordiques, en farsi, en hébreu, en sumérien, en puxian, et il se dit que la tour de Babel s'est effondrée et qu'ils vivent dans ses ruines.
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YuyineYuyine   17 novembre 2018
Nous approchons irrépressiblement du moment où le dernier arbre sera abattu, la dernière ville étouffant sous l'air-pocalypse, la dernière rivière empoisonnée, le dernier océan irradié, le dernier golfe pollué et le dernier poisson mort. Vous, vous tous, vous qui suivez aveuglément un principe d'avidité, vous découvrirez que vous ne vous nourrissez pas d'argent, ni d'or, ni de crédits. Mais il sera trop tard.
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baladinbaladin   19 novembre 2018
Il constate avec satisfaction que son pari sur le conflit entre la République d'Ouzbékistan et le Turkménistan s'est avéré gagnant. L'offensive a même eu lieu plus vite que prévu, et, comme il l'avait parié, la République d'Ouzbékistan a remporté la bataille avec un ratio de 1/1,4 morts.
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