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Françoise Brun (Traducteur)
ISBN : 2070304914
Éditeur : Gallimard (28/10/2004)

Note moyenne : 3.51/5 (sur 240 notes)
Résumé :
"Le pays allait de l'avant, bien loin de la guerre, à une vitesse incroyable, en oubliant tout. Mais il y avait tout un monde qui n'en était jamais sorti, de la guerre, et qui dans ce pays heureux n'arrivait pas à redémarrer."

Ce monde va se livrer bataille à la vieille ferme de Mato Rujo, où vivent Manuel Roca et ses deux enfants. Habités par la vengeance, trois hommes viennent débusquer celui qui fut leur ennemi, trois hommes décidés à faire couler... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (38) Voir plus Ajouter une critique
gouelan
  04 août 2015
Un roman qui présente l’homme dans sa dualité ; à la fois merveilleux et répugnant.
Le père de la petite fille était un bourreau, mais il était aussi un père merveilleux.
Tito, le soldat se bat pour un monde plus juste, il croit en son idéal. Il ne peut pas être sensible à la souffrance. Pourtant il se laisse émouvoir par les yeux de l’enfant, par sa pureté, sa perfection.
« Il était fatigué et le silence était trop grand »
Fatigué de ce combat, de ces mensonges. La vérité est sous ses yeux, dans le regard et la posture de cette petite fille, qui l’obséderont toute sa vie.
La chance est aveugle pour Nina, pourtant Tito n'est pas aveugle, mais il a été ébloui par cette vision.
La petite fille recroquevillée est encore à l’abri de l’enfer, comme un petit corps à l’abri dans son coquillage. Elle oppose la perfection, l’exactitude, à la férocité des hommes.
Que va devenir la vie de ces deux êtres, mis face à face, l’espace d’un instant crucial de leur vie, dans cette ferme de l’enfer ?
Sans sang se lit dans un souffle. Un souffle qui nous bouscule. Un souffle qui raconte l’enfer que l’homme se crée lui-même sur cette terre. Vengeance avec sang ou vengeance sans sang, cela n’a pas de fin, c’est insensé.
Le sang appelle la vengeance, la haine, c’est un cycle sans fin. Chaque camp a son histoire, laquelle est la vraie ?
La vieille femme et Tito vont se raconter leur histoire…ou se la faire raconter…
C’est une histoire qui pourrait se dérouler dans n’importe quel endroit du monde, à n’importe quelle époque. Livre bref aux courtes phrases. Percutant dans la première partie, comme les tirs d’une mitraillette. Plus lent dans la deuxième partie, lisant l’âme des personnages, l’évolution de leurs émotions au fil de leur conversation. Émotions oscillant entre amour et pardon, lassitude et gratitude, peur et sérénité.
Dans ce roman, nous ne sommes pas dans la douceur, comme dans « Soie ». Ici c’est un miroir de la face sombre de l’homme, dans toute son ambiguïté
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joedi
  05 août 2016
Manuel Roca voit arriver quatre hommes dans une vieille Mercedes, il sait pourquoi ils viennent, alors vite il cache sa fille sous une trappe, dit à son fils de se cacher et, armé d'un fusil il les attend. Manuel et son fils sont morts, Nina, la petite fille, est restée cachée, le plus jeune des hommes, Tito, l'a découverte et a gardé le silence ; Nina est en vie.
La vie se déroule pour chacun, Nina n'a pas oublié, elle retrouve Tito, tous deux sont vieux ...
Une histoire de vengeance, d'amour, de sentiments, magnifiée par l'écriture d'Alessandro Baricco.
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Ziliz
  21 février 2013
La fin d'une guerre n'est pas synonyme de paix : elle ne signe pas la fin des hostilités entre les parties adverses. Au contraire, l'heure est plutôt aux règlements de comptes. Les anciens dominants peuvent subir en représailles une justice expéditive de la part des "vainqueurs".
Ce magnifique roman évoque les lendemains d'une guerre au sein d'une population. Son propos est universel : les comportements ne varient guère selon les lieux, les époques, les motifs qui ont déclenché un conflit. Les exemples ne manquent pas, qu'on se souvienne de l'épuration - parfois "sauvage" - en France à la Libération... Alessandro Baricco pose ici une question intéressante : au nom de quoi les hommes continuent-ils à s'entretuer ? Par vengeance ? Pour justifier la cause qu'ils prétendent avoir défendue lors du conflit ? L'auteur n'excuse pas les différents agissements, mais il les expose alternativement et incite ainsi le lecteur à s'identifier aux protagonistes, plus qu'à les condamner.
Ce texte bref et sobre a l'élégance et l'intensité des courts romans de Steinbeck. Il est en outre admirablement bien construit : deux parties, l'une sur l'immédiat après-guerre, l'autre sur une rencontre, quelques décennies plus tard, où l'on voit que les comptes ne sont toujours pas soldés.
Dense, subtil, bouleversant, universel.
Merci J-L !
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Neneve
  26 janvier 2017
Ce court roman de Baricco est divisé en deux chapitres… le premier décrit une nuit d'horreur. Quatre hommes débarquent dans un ferme isolée et décime père et fils. Seule survivante, une petite fille à jupe rouge, qui a tout entendu. Elle passera deux jours, appuyée sur les vestiges d'un mur de la maison, incendiée par les hommes avant de quitter leur scène de crime. Dans un deuxième temps, Baricco nous amène des années plus tard pour une confrontation entre le dernier survivant responsable du massacre et la petite fille devenu une vieille femme. Un tête à tête confrontant, émotif, plein de nuances et de subtilités.
Deuxième bouquin pour moi de cet auteur italien et bien que le propos soit fort différent que Soie, il a tout de même capté mon attention. Je me suis laissé porter par les mots, parfois durs à lire, pour finalement terminer le roman d'un trait. Un très beau roman sur la vie qui passe, sur la réalité qui nous rattrape, sur l'image qu'on se fait et sur la façon d'interpréter nos actions, notre schème de pensées. Un roman aussi sur la rédemption, sur la résilience et le pardon. En peu de pages, Baricco nous fait vibrer, nous fait se questionner et réfléchir. A lire !
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daniel_dz
  11 mars 2019
Un petit livre qui confirme le talent d'Alessandro Baricco, cette fois sur le thème de la vengeance. Trois hommes viennent tuer un médecin parce qu'il a été tortionnaire au service du pouvoir pendant une guerre. Ils tuent également son jeune fils. Sa fille se cache; un des hommes la découvre mais il décide de lui laisser la vie sauve. Plus tard, devenue une femme d'âge mûr, elle le retrouve. Va-t-elle venger son père et son frère ou pardonner à celui qui l'a sauvée ?
Alessandro Barrico fait incontestablement partie des auteurs que je recommande très chaleureusement. Jusqu'à présent (et je n'imagine pas que cela puisse s'arrêter) il m'a procuré un réel plaisir de lecture, tant par son style fluide que par son imagination, sa poésie et les thèmes qu'il aborde. J'avais envie de lire « Novecento: pianiste » que plusieurs amis m'ont conseillé sur Babelio, mais les hasards de disponibilité dans ma bibliothèque m'ont plutôt fait patienter avec « Sans sang » et je ne l'ai pas regretté !
Comme je l'ai évoqué plus haut, le livre se structure en deux parties qui racontent deux époques de la vie de Nina: celle où, petite fille, elle assiste impuissante aux meurtres de son père et de son frère et celle où, bien plus âgée, elle retrouve un des meurtriers, Tito, qui l'avait épargnée elle.
La première partie est dynamique, prenante par sa froide cruauté. La deuxième partie est plus lente. Lente comme deux personnes fatiguées par la vie. Tito est vieux et las. On le sent tiraillé par des pensées contradictoires à propos des combats qu'il a menés: on sent encore brûler en lui le feu des révolutionnaires qui n'hésitent pas à tuer si c'est pour faire advenir un monde meilleur, mais d'autre part, au fond de lui, on le sent regretter d'avoir tué. le souvenir de Nina le hante, on croirait qu'il a passé des années à l'attendre, à attendre qu'elle vienne exercer sa vengeance. Elle arrive comme à bout de souffle. Elle prend le temps de le regarder, d'apprendre à le connaître, et puis… Lisez !
Ce livre mérite d'être lu pour la finesse des portraits des deux personnages principaux, mais aussi pour d'autres belles pages. Ainsi par exemple, dans la première partie, j'ai noté ces très beaux paragraphes où l'on voit que, même s'il a pu être un médecin tortionnaire, cet homme n'en a pas moins été un père aimant pour ses enfants, qui le défendront en temps que tel. Un des tueurs explique au frère de Nina ce que son père a fait et puis il lui demande s'il avait compris. « L'enfant rassembla tout ce qu'il savait et qu'il avait compris de la vie. Il répondit: - C'est mon père. » Magnifique force de quatre petits mots ! Et dans la seconde partie, j'ai noté de très belles pages sur l'absurdité de la guerre; voyez la longue citation que j'en ai postée le 2 mars 2019.
Découvrez Alessandro Barrico, si ce n'est déjà fait ! Et si vous avez aimé l'ambiance de ce livre-ci, essayez donc « Le peintre de batailles » d'Arturo Pérez-Reverte.
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Citations et extraits (27) Voir plus Ajouter une citation
araucariaaraucaria   20 mars 2014
Le feu était vert, et la femme traversa la rue. Elle marchait en regardant le sol, parce qu'il venait de cesser de pleuvoir et dans les creux de l'asphalte des flaques étaient restées, en souvenir de cette pluie soudaine de début de printemps. Elle marchait d'un pas élégant, mesuré par la jupe serrée d'un tailleur noir. Elle voyait les flaques d'eau et les évitait.
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gouelangouelan   03 août 2015
Une rafale balaya toute la maison, dans un sens puis dans l'autre comme un pendule, comme si elle n'allait jamais s'arrêter, dans un sens puis dans l'autre comme la lumière d'un phare, sur le bitume noir de la mer, patiente.
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LolitaNieEnBlocLolitaNieEnBloc   14 mai 2008
Alors elle pensa que, même si la vie est incompréhensible, nous la traversons probablement avec le seul désir de revenir à l'enfer qui nous a engendré, et d'y habiter auprès de qui, un jour, de cet enfer, nous a sauvé. Elle essaya de se demander d'où venait cette absurde fidélité à l'horreur, mais elle s'aperçut qu'elle n'avait pas de réponse. Elle comprenait seulement que rien n'est plus fort que cet instinct de revenir là où on nous a brisé, et de répéter cet instant pendant des années. En pensant seulement que ce qui nous a sauvé une fois pourra nous sauver à jamais.
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daniel_dzdaniel_dz   02 mars 2019
- Qu’est-ce que ça veut dire un monde meilleur ?
- Un monde juste, où les faibles ne doivent pas souffrir à cause de la méchanceté des autres, où n’importe qui peut avoir droit au bonheur.
- Et vous, vous y croyiez ?
- Bien sûr que j’y croyais, tous nous y croyions, c’était faisable et nous savions comment.
- Vous le saviez ?
- Ça vous paraît tellement bizarre ?
- Oui.
- Pourtant nous le savions. Et nous avons lutté pour ça, pour pouvoir faire ce qui était juste.
- En tirant sur des enfants ?
- Oui, si c’était nécessaire.
- Mais qu’est-ce que vous racontez ?
- Vous ne pouvez pas comprendre.
- Je peux comprendre, expliquez-moi et je comprendrai.
- C’est comme la terre.
- ...
- ...
- ...
- On ne peut pas semer sans labourer. D’abord il faut ouvrir la terre.
- ...
- Il faut passer à travers la souffrance, vous comprenez ?
- Non.
[...]
- La guerre, vous l’avez gagnée. Ce monde vous paraît meilleur ?
- Je ne me le suis jamais demandé.
- Ce n’est pas vrai. Vous vous l’êtes demandé mille fois, mais vous avez peur de répondre.
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joedijoedi   05 août 2016
— Il y avait des tas de choses que nous devions détruire pour pouvoir construire ce que nous voulions, c'était la seule manière, nous devions être capable de souffrir et de faire souffrir, celui qui supporterait le mieux la douleur gagnerait, ...
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Videos de Alessandro Baricco (86) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Alessandro Baricco
Revue de lecture de Novecento : pianiste, d'Alessandro Barrico.
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