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EAN : 9782070142378
128 pages
Gallimard (26/02/2015)
3.6/5   348 notes
Résumé :
Deux personnages se rencontrent à trois reprises. Un homme commence à parler avec une femme dans le hall de son hôtel et, quand celle-ci a un malaise, il l'héberge dans sa chambre. Leur conversation se poursuit, l'homme s'ouvre à elle mais mal lui en prend. Un portier d'hôtel aide une jeune cliente à s'enfuir afin d'échapper à son compagnon, un individu violent et dangereux.

Plus âgé qu'elle, il lui révèle qu'il a passé treize ans en prison à la suite... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (94) Voir plus Ajouter une critique
3,6

sur 348 notes
Le dernier opus d'Alessandro Baricco est un étrange petit bijou, logé dans un écrin aux tonalités de gris, couleur de l'aube. Un texte très court en trois parties, comme trois nouvelles qui se passent pendant ce moment indéfini, que les somnambules ou les lève- tôt connaissent bien. Ce n'est pas déjà le jour, plus tout à fait la nuit. Nous y découvrons un homme et une femme dans des situations et des temporalités différentes. Les destins vont se mêler à leur insu.
Cette construction originale permet à l'auteur de conter l'impossible, de nous offrir des variations sur le thème de la destinée et des rencontres qui font prendre à la vie une direction nouvelle.

Mystère, étrangeté, sensualité et création littéraire sont au coeur de ce nouveau livre.
Un livre très, trop, vite lu, mais quel bonheur !
L'écriture Alessandro Baricco est à chaque fois pour moi un éblouissement.
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j'ai trouvé ce petit roman (2012) bien meilleur que Soie. Il est ludique et émouvant.
En ouverture (voir citation) , on sait déjà et c'est un peu dommage, qu'on aura droit à un petit tour de force littéraire qui abolira le Temps. Trois fois dès l'aube et en trois chapitres, un homme et une femme se rencontrent à trois âges différents de leur vie. Ils ont en commun d'être blessés par la vie. Les trois rencontres se présentent comme trois huis-clos autonomes. Les deux premiers ont lieu dans un hôtel, le premier est luxueux, le second minable. le troisième se situe dans une voiture. Dans la première histoire l'homme et la femme ont la quarantaine. Dans la seconde, l'homme est plus vieux et la femme toute jeune. Dans le troisième la femme est grosse et va prendre sa retraite. Bien sûr de l'une à l'autre histoire des motifs se répètent. Dans la préface, Alessandro Barrico a fait référence ouvertement à Mr Gwyn, un autre de ses romans que je n'ai pas lu. On doit trouver certainement dans celui-ci de petits rappels. On sent en tout cas que l'auteur s'est bien amusé à écrire ce livre où le Temps est aboli et il nous rend complice de sa prouesse littéraire, un peu trop peut-être.
Cependant ce qui rend totalement crédible et belle cette histoire, c'est surtout la vérité des deux personnages. Leurs destins respectifs brisés sur un coup de tête insensé pour lui et une passion totalement folle pour elle. Ils pensent avoir raté leur vie et sont englués dans les remords et la solitude. Pourtant, ils n'ont pas perdu tout espoir. Ils se rencontrent, dialoguent et se comprennent. Ils évoquent la possibilité d'un changement de vie, d'une rédemption, d'une nouvelle aube.
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Longtemps, les livres d'Alessandro Barrico ont été mes compagnons de chevets. Des notes de piano sortent de sa plume, elles volent, s'éparpillent et se cognent contre les parois de mon coeur. Il y a du doux-amer dans les oeuvres de cet auteur, c'est une sensation qui fait piquer les yeux et qui laisse un goût de sel en bouche.

Habilement enchevêtrée, Trois fois dès l'aube raconte l'histoire de deux êtres qui vont se rencontrer, se chercher, à trois reprises. Leurs retrouvailles sont à chaque fois la promesse d'un nouveau départ. La possibilité de dénouer les fils sadiques d'un destin tout tracé pour pouvoir recommencer. Pourtant, ici, il n'est pas question d'amour, c'est le récit des sentiers et des trajectoires que l'on n'emprunte jamais par manque d'audace et de courage. Par peur des lendemains et de ce qui adviendra avec.

En le relisant pour la énième fois, j'ai compris pourquoi j'aimais tant cet écrivain, malgré la mélancolie persistante de ces deux êtres, il y a la musique de l'espoir et la vie qui galope à grands pas derrière.
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Il est drôle et émouvant ce petit livre. A l'heure où le soleil se couche je le termine et j'ai pourtant l'impression de me réveiller. Je garde encore les yeux fermés. Quelques minutes. Histoire de ressentir une fois encore cette sensation floue, le moment où le dormeur est proche de l'éveil. Alors que mon rêve paraît encore vivace dans ma tête, des bribes me reviennent. Je ne sais plus si ce sont des rêves, des souvenirs ou un doux mélange des deux. J'ai eu trois flashs. Et comme toujours, les images surgissent avec leur tempo, leur chronologie qui leur appartient. Désordonnée de prime abord. C'est le rêveur qui doit les remettre dans l'ordre. Quand les brumes se dissipent, quand le ciel se détache du sol, quand des rayons percent, le rêveur lâche les cordes qui maintenaient ses trois ballons pour qu'il s'envolent, chacun selon son envie, chacun selon sa direction. C'est un peu ce qui s'est passé avec Trois fois dès l'aube. C'est toujours à ce moment que les fils se dénouent...
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L'aube entre ombre et lumière retient dans son instant éphémère un temps parallèle.
C'est à ce moment particulier de la lueur du jour que se croisent pour la première fois, dans l'anonymat d'un hôtel lugubre, un homme et une femme. La femme aux yeux gris de louve veut séduire Malcolm Webster, un homme sur la défensive et aux aguêts. Il doit partir, elle l'en empêche. Il est d'abord en colère, puis se détend et étrangement finit par se confier.Tous les deux avouent un passé encombré de culpabilité, d'abandon et de défaite. Ils auraient pu suivre ensemble un chemin plus doux si le destin en avait décidé autrement.
Pourtant, ces deux personnages se retrouvent à rebours deux fois encore mais à des âges opposés et sans se reconnaître. Des rencontres fugitives où ils peuvent s'offrir mutuellement dans un échange librement consenti de la douceur et de la compassion à ce qui est déjà écrit.
J'ai beaucoup aimé ce court roman très théâtral par ses dialogues et sa mise en scène comme j'avais adoré Novecento. J'ai été séduite par son univers teinté d'alchimie où les aiguilles du temps peuvent s'inverser mais reviennent inévitablement au même endroit.

C'est un très beau coup de coeur !
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critiques presse (5)
LeJournaldeQuebec
20 avril 2015
Trois récits très touchants qui ont indiscutablement triplé notre plaisir de lecture.
Lire la critique sur le site : LeJournaldeQuebec
LaLibreBelgique
14 avril 2015
Il existe des courtes sonates plus subtiles que de grandes symphonies. Alessandro Baricco le démontre avec "Trois fois dès l’aube".
Lire la critique sur le site : LaLibreBelgique
Telerama
25 mars 2015
Ça pourrait être du théâtre. Trois actes légers et graves à la fois, apparemment réalistes, en fait totalement fous, mais semblant respecter une certaine unité de temps : les premières lueurs de l'aube.
Lire la critique sur le site : Telerama
Culturebox
11 mars 2015
Ce court roman est un délicieux concentré de Baricco.
Lire la critique sur le site : Culturebox
LesEchos
04 mars 2015
Au-delà de la virtuosité de ce « présent-passé-futur » recomposé, on est saisi par l’humanité à vif des personnages, par la lumineuse poésie des descriptions, par le récit de ces deux vies qui se jouent en trois coups, entre chien et loup...
Lire la critique sur le site : LesEchos
Citations et extraits (36) Voir plus Ajouter une citation
Ces pages racontent une histoire vraisemblable qui, toutefois, ne pourrait jamais se produire dans la réalité. Elles décrivent en effet deux personnages qui se rencontrent à trois reprises, mais chaque rencontre est à la fois l'unique, la première et la dernière. Ils peuvent le faire parce qu'ils vivent dans un Temps anormal qu'il serait vain de chercher dans l'expérience quotidienne. Un temps qui existe parfois dans les récits, et c'est là un de leurs privilèges.
( ouverture)
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L'homme réfléchit un peu. Puis il dit qu'il faut faire attention quand on est jeune parce que la lumière dans laquelle on vit, jeune, est la lumière qui nous suivra toujours, et ce pour une raison qu'il n'avait jamais comprise. Mais il savait que c'était comme ça. Il dit que beaucoup de gens sont mélancoliques, dans leur jeunesse, et qu'en fin de compte ils le restent toujours. Ou alors, qu'ils ont grandi dans la pénombre, et que la pénombre les poursuit toute leur vie. Ainsi il fallait se méfier de la méchanceté qui semble être un luxe qu'on peut se permettre, quand on est jeune, car la vérité est tout autre ; la méchanceté est une lumière froide dans laquelle les choses perdent leurs couleurs, et ce définitivement. Il ajouta que lui, par exemple, avait grandi dans la violence et la tragédie, et que par une série de circonstances il devait admettre qu'il n'avait plus jamais réussi à sortir de cette lumière, même si d'une manière générale il pouvait affirmer avoir bien agi tout au long de sa vie, avec la seule intention de remettre les choses en ordre, et en parvenant à le faire au fond, mais indiscutablement dans une lumière qui n'avait été que tragique et violente, avec de rares moments de beauté, qu'il n'oublierait jamais du reste.
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Ces pages racontent une histoire vraisemblable qui, toutefois, ne pourrait jamais se produire dans la réalité. Elles décrivent en effet deux personnages qui se rencontrent à trois reprises, mais chaque rencontre est à la fois l'unique, la première et la dernière. Ils peuvent le faire parce qu'ils vivent dans un Temps anormal qu'il serait vain de chercher dans l'expérience quotidienne. Un temps qui existe parfois dans les récits, et c'est là un de leurs privilèges.
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C’était un hôtel, d'un charme un peu suranné qui avait su probablement, par le passé, tenir certaines promesses de luxe et de raffinement. Par exemple, il avait une belle porte a tambour en bois, un détail toujours propice aux fantasmes.
C'est par la qu'une femme entra, a cette heure étrange de la nuit, apparemment perdue dans ses pensées, a peine descendue d'un taxi. Elle portait juste une robe du soir jaune, plutôt décolletée, sans l'ombre d'un châle sur les épaules : cela lui donnait l'air intriguant de ceux a qui il est arrivé quelque chose. Il y avait une élégance dans ces mouvements, mais on aurait dit aussi une comédienne regagnant les coulisses, libérée de la contrainte du jeu et renouant avec une partie d'elle même, plus sincère. Ainsi elle avait une manière précise de poser ses pas, un peu fatiguée, et de tenir son minuscule sac a main, prête a le lâcher. Elle n’était plus très jeune, mais ça lui allait bien, c'est le cas parfois des femmes qui n'ont jamais douté de leur beauté.
Commenter  J’apprécie          50
Ce qu'elle avait compris, avec une certitude absolue, était que vivre sans lui serait, à jamais, sa tâche fondamentale, et que dès lors les choses se couvriraient systématiquement d'une ombre, pour elle, une ombre supplémentaire, même dans le noir. Elle se demanda si cela pouvait convenir pour expliquer ce que signifie être fou de quelqu'un, mais en levant le regard vers l'homme debout face à la fenêtre, sa petite valise à la main, elle le vit si élémentaire et déterminé qu'il lui sembla totalement insensé de se lancer dans cette explication.
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Videos de Alessandro Baricco (77) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Alessandro Baricco
Les voies de la narration. Apprendre l'art de raconter des histoires dans le monde contemporain
Avec David Foenkinos, romancier, dramaturge et scénariste, Fanny Sidney, réalisatrice, scénariste, comédienne et Pauline Baer, écrivaine et animatrice d'ateliers d'écriture
Au cours des deux dernières décennies, les histoires, les récits, les narratifs sont sortis du champ strictement littéraire et culturel pour investir d'autres espaces – politique, économique, informationnel. Portée par l'essor des industries créatives et par la multiplication des canaux et des formats, la « fabrique » à histoires s'est développée en réponse à des besoins variés : assouvir une quête de sens, se réapproprier une histoire familiale, fédérer autour d'un projet collectif, incarner une ambition entrepreneuriale, donner du souffle à un projet politique, redonner de la cohérence aux événements du monde, ou tout simplement répondre à notre envie d'être transporté et tenu en haleine… du récit intime qui bouscule au récit politique qui veut marquer son temps, de l'histoire qui captive au narratif d'entreprise qui conjugue stratégie et raison d'être, chacun cherche l'histoire qui fait vibrer, donne du sens, motive, divertit ou répond aux questions du siècle.
Si le besoin de récit est partout, il faut (ré)apprendre à raconter des histoires de manière adaptée aux usages contemporains, sans perdre de vue la vocation humaniste de toute narration et les ponts qu'elle peut jeter entre générations et entre communautés. Une nouvelle génération d'auteurs, ainsi que la demande des industries culturelles interrogent l'idée – très française, et à l'opposé de la mission de la Scuola Holden de Turin fondée à Turin par Alessandro Baricco en 1994 – que l'art du récit ne s'apprend pas, à moins de le faire comme un outil pour accéder à un métier et à un média. Et s'il fallait une « école Holden à la française » pour décloisonner les industries culturelles et les générations ?
Table ronde proposée par Claudia Ferrazzi, fondatrice de VIARTE.
À lire – David Foenkinos, Charlotte, Gallimard, 2014. Pauline Baer, La collection disparue, Folio Gallimard, 2020. Alessandro Baricco, The game, Folio Gallimard, 2019. Alessandro Baricco, Les barbares. Essai sur la mutation, Gallimard, 2014. Yves Lavandier, La dramaturgie : les mécanismes du récit, Les impressions nouvelles, 1994. Maureen Murdock, The heroine's journey, Shambhala Publications Inc, 1990.
+ Lire la suite
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