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ISBN : 2072588235
Éditeur : Gallimard (29/10/2015)

Note moyenne : 4.2/5 (sur 5 notes)
Résumé :
"Il y a dix ans, j'ai déménagé dans une autre ville. Jusque-là, rien de bien intéressant. Simplement, en déménageant dans une nouvelle ville, j'ai laissé dans l'ancienne tous les livres que j'avais lus et je me suis installé dans un logement où il n'y en avait pas un seul à moi. Et donc, à présent, il y a dans cet appartement dix ans de lecture, ces dix dernières années. Je range les livres les uns à côté des autres, non par ordre alphabétique ou par catégorie, mais... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (3) Ajouter une critique
fanfanouche24
02 février 2016
Une lecture jubilatoire que ces lignes de Alessandro Barrico...(...) "J'aime l'idée de parler des livres... (...) les livres sont toujours là, par milliers, et ils continuent à incarner une civilisation de plaisirs patients, qui contribue d'une façon plutôt silencieuse à tracer les contours de l'intelligence et de l'imagination collectives. Tout ce qu'on peut faire pour mettre en valeur une si douce liturgie, on doit le faire. Je vais donc apporter ma pierre à l'édifice" (p. 10)
Alessandro Barrico nous fait partager , avec talent, ses impressions , ses émotions pour cinquante ouvrages qui l'ont marqué... Un style , les mots les plus simples et communicatifs, pour décrire ce que tel ou tel livre a provoqué en réflexions, questionnements, émerveillements, évolutions dans la perception d'appréhender l'existence, nos rapports aux autres ainsi que les grands sujets de l'histoire de notre humanité... l'auteur italien nous fait partager romans, essais, ouvrages historiques, etc. ainsi que son amour fou pour la lecture et la littérature...

Alessandro Barrico, avant de nous commenter ses 50 coups de coeur, écrit en introduction de chaque chronique une ou deux phrases des plus synthétiques pour nous faire savoir les raisons de ses achats: le titre, le conseil d'amis, le sujet, des élans aussi plus déjantés et superficiels, etc.
Ma P.A.L s'allonge monstrueusement avec "ce livre sur les livres": en philosophie, en littérature encore et toujours...dont ce texte de Christa Wolf ( sur Kleist et karoline von Günderrode) que j'ai envie de lire grâce à Barrico...(parmi de nombreuses autres curiosités)
"La même chose vaut pour la géographie invisible de la sensibilité humaine. le propre des intellectuels, qu'ils soient poètes ou philosophes, c'est de grimper sur des sommets du vécu humain en apparence inutiles et de leur donner un nom. En l'occurrence, Heinrich von Kleist et karoline von Günderrode nommèrent les sommets d'une douleur qu'ils avaient escaladée auparavant et qu'ils baptisèrent lorsqu'ils en furent dignes. Et leur lucidité est spectaculaire. Depuis, des millions de personnes peuvent lever les yeux du fond de la vallée et percevoir ces sommets comme s'ils leur appartenaient, du simple fait d'en connaître le nom, que leur a aimablement offert le travail épuisant d'autres plus audacieux qu'eux) (p. 89)
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Fabric242
08 août 2016
Au détour d'une page de Le plus et le moins, Erri de Luca écrit « Je ne sais pas à quelle espèce elle appartenait. Je connais et je reconnais différents noms d'arbres et de plantes, mais pas celle-là. Pour vivre et mourir, les noms leurs sont inutiles, ils servent à notre sage manie d'établir des listes. ». Dans les Confessions d'un jeune romancier, Umberto Eco discute des listes dans le chapitre « Mes listes ». Pour finir cette courte liste, c'est le livre de listes d'un troisième écrivain transalpin que j'ai lu et aimé - à savoir, Une certaine vision du monde. Cinquante livres que j'ai lus et aimés (2002-2012) d'Alexandre Barricco.
En général, mon appétence pour les livres de listes du type - les 100 meilleurs polars, les 100 meilleurs romans italiens, les 100 meilleurs… - est faible et ces espèces de classement satisfont rarement me envies. Mais comme l'être humain n'est pas à un paradoxe près - comme l'explique Umberto Eco, toujours dans Confessions d'un jeune romancier, dans le chapitre "Quelques remarques sur les personnages de fiction", après tout il est apparemment paradoxal de pleurer sur les malheurs d'Anna Karénine alors que nous savons qu'elle n'existe pas dans le monde réel -, je suis reparti de la librairie avec le livre de chroniques publiées par Alessandro Baricco dans La Republicca entre 2011 et 2012.
Pourquoi avoir cédé ? Parce que c'est Alessandro Baricco, que j'avais adoré les Châteaux de la colère, Soie ou Océan mer - je n'ai pas continué la lecture de ses autres œuvres de fiction - et que j'ai rarement été déçu par ses essais (notamment le dernier sur Les barbares. Essai sur la mutation) quel qu'en soit le thème - certes ce livre n'est pas un essai, mais en tout cas il ne rentre pas dans la liste des œuvres de fiction. Parce que le titre, Une certaine vision du monde, m'a interpellé. Parce que le système de classement de Baricco duquel découle le choix des livres présentés ici est original. Parce qu'après un coup d’œil rapide aux titres, la lecture de celui me permettra à la Bayard de parler des livres que je n'ai pas lus*.
Au temps le dire clairement, je n'ai pas été saisi par le style (parfois trivial) de Baricco dans ce livre - cela doit tenir du format initial de ces textes, des chroniques dans un grand quotidien. Pour autant, Baricco écrit des choses digne d'intérêt sur les livres dont il fait la chronique et il y a des belles pages ou lignes
- sur Brautigan : "Des romans de cette trempe, on ne peut en écrire qu'après avoir atteint le fin fond de l'échec ou bien quand on est déjà mort : impossible d'avoir cette douce intensité, cette économie de langage convalescente lorsqu'on est vainqueur ou toujours en vie. Pour hurler ainsi, à mi-voix, on doit être fini. On a alors accès à une délicatesse qui, en contrepartie, est infinie. Brautigan a écrit Mémoires sauvés du vent en 1982, un bout de temps après être tombé aux oubliettes et deux ans avant de se tuer d'une balle de fusil calibre .44. Dans les années soixante, ç'avait été une vedette, du moins aux États-Unis et dans le monde auquel la Beat Generation avait donné le jour. Une dizaine d'années plus tard, tout était déjà terminé. Son chef-d’œuvre s'intitule La pêche à la truite en Amérique : je n'ai jamais réussi à dépasser la page vingt (il faut dire que je ne consomme pas de stupéfiants, jamais). En fait, c'est toute la culture de la Beat generation qui ne m'a jamais emballé. Sur la route, par exemple, je trouve ça d'un ennui mortel. Pourtant, un jour, on m'a glissé ce petit roman dans les mains (les pages avaient de splendides bords rouges, et l'édition, particulièrement soignée, m'a plu) et je me suis dit que j'en lirai quelques lignes par pure politesse. Mais ce n'est pas ce qui est arrivé : je me souviens qu'une fois parvenu à la dernière j'ai refermé le livre et je l'ai retourné pendant quelques minutes entre mes mais, sans bouger de là où j'étais, c'est-à-dire dans la liturgie privée et solitaire de la lecture, qui est l'équivalent d'une standing ovation au théâtre. C'est un livre posthume, aussi fragile que la peau des personnes âgées. Les phrases sont généralement très courtes, les retours à la ligne fréquents, cent pages au total : on sent la plume fatiguée, chaque passage bien écrit est comme une marche qu'on monte après une opération à la hanche. Et on dit que s'il se mettait à courir ou à parler légèrement plus fort, bien vite lui viendrait la fièvre"
- sur L'histoire des idées du football, un livre sur lequel Baricco confesse « Voilà un livre que j'adorerais avoir écrit, si j'en avais été capable. Il ne s'agit pas de raconter l'histoire du football, mais les mutations qui, au fil du temps, ont affecté la manière dont on conçoit la tactique de jeu »
- ou sur le Discours de la méthode : « Je ne dis pas que la traduction (du Discours de la Méthode) n'est pas belle, elle l'est, je dis juste que le son du français est du violoncelle, il est différent de celui de l'italien, qui est du violon. Quant à Proust, c'est de la viole de gambe ».
Pourquoi lire ce genre de livres, ces listes de livres commentés ? C'est principalement comme l'écrit Baricco « pour que d'autres les lisent ». Et de ce point de vue, le contrat est rempli. J'ai découvert des livres que la chronique de Baricco m'a donné envie de lire - Histoire des idées du football de Mario Sconcerti, l'intégrale des nouvelles western d'Elmore Leonard, Mémoires sauvés du vent de Richard Brautigan ou encore Une romance sur trois pieds : Glenn Gould et la recherche obsédante de la perfection de Katie Hefner -, des auteurs ou des livres qui m'attendent dans ma bibliothèque - 2666 de Roberto Bolano, Coetzee, Brautigan -, des livre que j'ai lu - le Dictionnaire du Diable d'Ambrose Bierce et Discours de la méthode de René Descartes.
Une autre raison est, pour Baricco, « d'exprimer une certaine vision du monde ». Je ne saurai dire laquelle exactement - « une certaine » en tout cas - et lui même ne la discute pas. de mon côté, je vais continuer d'exprimer ma propre vision du monde avec mes lectures, « mes » citations et mes critiques.
* Cf. Comment parler des livres que l'on n'a pas lus ? de Pierre Bayard.
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Pirouette0001
21 novembre 2015
Je ne suis pas une fanatique de Alessandro Barrico. Si j'ai bien aimé Seta et, plus encore, Novecento, Mr Gwyn m'a passablement ennuyée par exemple.
C'est donc mi-figue, mi-raisin que je me suis vu offrir ce livre où Barrico nous relate ses coups de coeur de lecteur durant dix ans. Si, parfois, Barrico peut sembler un peu pédant dans ses choix, il nous offre plus généralement, à travers ses commentaires, des petites perles en extrayant de ses lectures un dialogue plein de sens pour lui, ce qui conduit effectivement à nous présenter une vision du monde ou plutôt de son monde de lecteur.
Beaucoup de ses lectures sont italiennes, mais pas seulement. Outre les traductions, il fait montre d'érudition en lisant en anglais mais également en allemand. La plupart des livres qu'il nous propose sont publiés en langue française.
En fermant le livre, je n'avais qu'une envie, me précipiter dans une librairie pour acheter l'une ou l'autre oeuvre commentée. Et donc ce livre m'a bien davantage plu que "La Bibliothèque idéale" de Hermann Hesse.
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Les critiques presse (1)
LaPresse22 mars 2016
Ces 50 textes sont un voyage intellectuel et littéraire franchement passionnant, avec comme guide le plus allumé des lecteurs.
Lire la critique sur le site : LaPresse
Citations & extraits (27) Voir plus Ajouter une citation
Fabric242Fabric24219 décembre 2015
Des romans de cette trempe, on ne peut en écrire qu'après avoir atteint le fin fond de l’échec ou bien quand on est déjà mort : impossible d'avoir cette douce intensité, cette économie de langage convalescente lorsqu’on est vainqueur ou toujours en vie. Pour hurler ainsi, à mi-voix, on doit être fini. On a alors accès à une délicatesse qui, en contrepartie, est infinie.
Brautigan a écrit Mémoires sauvés du vent en 1982, un bout de temps après être tombé aux oubliettes et deux ans avant de se tuer d'une balle de fusil calibre .44. Dans les années soixante, ç’avait été une vedette, du moins aux États-Unis et dans le monde auquel la Beat Generation avait donné le jour. Une dizaine d'années plus tard, tout était déjà terminé. Son chef-d’œuvre s'intitule La pêche à la truite en Amérique : je n'ai jamais réussi à dépasser la page vingt (il faut dire que je ne consomme pas de stupéfiants, jamais). En fait, c'est toute la culture de la Beat generation qui ne m'a jamais emballé. Sur la route, par exemple, je trouve ça d'un ennui mortel. Pourtant, un jour, on m'a glissé ce petit roman dans les mains (les pages avaient de splendides bords rouges, et l'édition, particulièrement soignée, m'a plu) et je me suis dit que j'en lirai quelques lignes par pure politesse. Mais ce n'est pas ce qui est arrivé : je me souviens qu'une fois parvenu à la dernière j'ai refermé le livre et je l'ai retourné pendant quelques minutes entre mes mais, sans bouger de là où j’étais, c'est-à-dire dans la liturgie privée et solitaire de la lecture, qui est l'équivalent d'une standing ovation au théâtre.
C'est un livre posthume, aussi fragile que la peau des personnes âgées. Les phrases sont généralement très courtes, les retours à la ligne fréquents, cent pages au total : on sent la plume fatiguée, chaque passage bien écrit est comme une marche qu'on monte après une opération à la hanche. Et on dit que s'il se mettait à courir ou à parler légèrement plus fort, bien vite lui viendrait la fièvre.
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fanfanouche24fanfanouche2427 janvier 2016
Dès lors, on ne lit plus vraiment pour apprendre ni même pour se distraire intelligemment: au fond on le fait pour permettre à cette prose de laver certaines fatigues personnelles, des échecs ou des défaites, et d'apaiser la brûlure, éliminant de la plaie toute impureté. C'est ainsi qu'on lit pour le seul plaisir de la lecture pour se sauver. (p.52)
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fanfanouche24fanfanouche2426 janvier 2016
Car le cœur de- Mémoires sauvés du vent- [Brautigan] réside dans deux autres éléments qui sont franchement irrésistibles. Le premier, c'est que le gamin aime tout. J'entends par là que rien ne le dégoûte et qu'il sait voir le charme de la beauté dans d'innombrables choses.Rien ou presque n'a de sens, mais beaucoup de beauté traverse sa vie. Pas de sens, beaucoup de beauté. (p. 30)
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fanfanouche24fanfanouche2430 janvier 2016
Comme je le disais il y a cinquante livres, parler de ses plus belles lectures est une façon de parler de soi, de son regard sur le monde, et c'est pour cette raison que j'ai plaisir à conclure ce joyeux défilé par une autobiographie, sans doute la meilleure que j'aie lue ces dix dernières années. Charles Darwin l'écrivit en 1876, six ans avant sa mort et soixante-sept ans après sa naissance. (...)
Dans l'éclat de son propre crépuscule, il n'avait pas l'attention de s'abandonner à la valse des sentiments et des souvenirs: il se pencha simplement sur sa vie comme il l'aurait fait pour examiner un lichen, et il en livra le compte rendu. (p. 228)
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fanfanouche24fanfanouche2430 janvier 2016
Stefan Zweig----Magellan

Acheté parce que je n'arrivais pas à trouver un seul point commun entre un écrivain aussi mesuré que Zweig et un aventurier fou tel que Magellan.

(...) Je puis vous assurer que la vie du célèbre navigateur ne renfermait aucune signification particulière dans une telle époque: malgré sa beauté, rien en elle n'était susceptible d'évoquer l'horreur de ces années-là. C'était exactement ce que ç'avait l'air d'être: la pure joie du travail intellectuel. Et donc, en lisant son livre, je pensais au moment où cet homme l'avait cultivée, contre toute logique, alors qu'il aurait plutôt dû cultiver l'indignation et le refus de ce qui se produisait. Mais il préféra faire pousser cette petite plante exotique dont il prit grand soin, et il crut manifestement que quelqu'un en cueillerait plus tard les fruits, allez savoir quand. (p. 70)
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