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EAN : 9782924670033
Éditeur : Ta Mère (24/10/2016)
3.98/5   48 notes
Résumé :
La faculté de droit de l’Université de Montréal est le dépotoir de l’humanité. Tu le sais : t’en es le déchet cardinal. Tu viens de commencer ta première session, mais y a pas une minute à perdre : si tu veux un beau poste en finissant faudra un beau stage au Barreau et si tu veux un beau stage au Barreau faudra une belle moyenne au bacc et si tu veux une belle moyenne au bacc faudra casser des gueules parce qu’ici c’est free-for-all et on s’élève pas au-dessus de l... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (9) Voir plus Ajouter une critique
gromit33
  27 avril 2021
Pas toujours facile de trouver des romans québécois dans nos librairies ou bibliothèques, alors quand j'ai eu l'occasion de pouvoir écouter ce roman. Je m'y suis tentée et je ne suis pas trop une adepte des audio livres. Mais me voilà lancée et j'ai tout écoutée d'une traite avec ce roman trash.
Ces jours ci, nous fêtons déjà les 30 ans de American Psycho de Bret Easton Ellis, qui était un sacré roman.
Royal y fait penser d'ailleurs : ce texte nous raconte le difficile parcours universitaire du narrateur. Nous sommes à Montréal de nos jours et la bataille est rude, semée d'embûches pour les étudiants en droit. La narration du "tu" nous interpelle et cela convient très bien en audio livre. Nous suivons au plus prés les sentiments, ressentiments, impressions, dégoût du narrateur. Lu à plusieurs voix, nous sommes vraiment dans le texte, que ce soit sur les bancs des cours de droit (un peu hermétique ses analyses de jurisprudence), la description des étudiants (l'Italien, la provinciale sportive, la fille du syndicaliste), dans les soirées d'intégration (oh la bière coule à flots ainsi que certains produits illicites...), dans la chambre du "tu", ses relations avec son amoureuse, son cousin, associé dans un grand cabinet d'avocats.
Ce texte décrit surtout avec un réel cynisme la vie des étudiants, en droit, leur compétition entre eux, rivalités, leur recherche acharnée d'un bon stage pour ensuite rentrer dans un bon cabinet.
Il parle aussi très bien de ce climat de compétition acharné entre étudiants, du mal être de ces étudiants et des moyens qu'ils recherchent pour s'en sortir.. Un constat très cynique, humoristique de cet univers impitoyable des études mais aussi de la compétitions dans les cabinets d'avocat.
Un texte trash à la Bret Easton Ellis et j'ai bien aimé cette lecture audio, qui m'a facilité la lecture de certains termes très québécois, et j'ai enrichi mon vocabulaire un peu vert du français de nos cousins québécois.
Bref une sacrée expérience pour cette écoute d'un livre audio, et aussi aimé les consignes de mettre un casque avant la lecture de certaines scènes "coquines".
Ce texte est en libre accès sur le site de radio Canada, car il a eu le prix des collégiens 2018.
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Ingannmic
  15 novembre 2020
Dès les premières lignes, le ton et le décor sont plantés.
Assis dans l'amphithéâtre où il entame ses études de droit à l'Université de Montréal, le héros écoute le discours du recteur vantant la nature élitiste et l'excellence de l'assemblée, constituée de deux centaines de jeunes de moins de vingt-cinq ans… Peu dupe, il y oppose in petto un cynisme amusé, conscient qu'au même moment, d'autres recteurs tiennent dans d'autres amphithéâtres le même discours à une jeunesse tout aussi brillante…
Il faut dire que la concurrence est rude, et que c'est à une véritable compétition que se préparent ces futurs professionnels du droit, une compétition nécessitant l'endurance d'un marathonien et la résistance d'un sprinter. C'est même une "Battle Royale", aux règles drastiquement codifiées, des habitudes vestimentaires à l'attitude qu'il convient tacitement d'adopter pour impressionner ses "concurrents", ainsi qu'on le découvre en suivant l'itinéraire de notre étudiant. Il s'agit d'observer l'autre pour juger de sa dangerosité tout en dissimulant le fait qu'on le considère comme un rival, d'avoir l'air plus concentré que lui tout en affectant une nonchalance destinée à prouver qu'on n'est pas dépassé même lorsqu'on est à bout de nerfs. Bref, l'apparence d'étudier est finalement aussi importante que d'étudier, et demande presque autant d'énergie…
Et puis il y a le stage de six mois en milieu professionnel, facteur déterminant de la réussite, indispensable pour passer son barreau avec succès. Sauf qu'il y a bien plus de places au barreau que de stages, et que tous les stages ne se valent pas… il faut donc aussi se livrer à la course au stage, consistant à faire en sorte que l'on sera celui que repérera l'un des prestigieux cabinets que tout le monde convoite. Il convient de "semer des graines", en se créant des contacts, en faisant du bénévolat, bref se montrer, et sous son meilleur jour, même s'il est factice. Réorienter sa vie, ses centres d'intérêt, sa posture, en vue d'être l'élu, tout en ayant les meilleures notes possibles. Être rat de bibliothèque et écumer les cocktails, oeuvrer dans le social et continuer le sport (car l'apparence, c'est très important), sans jamais laisser soupçonner que l'on est débordé, quitte à se faire aider par quelque médicamentation plus ou moins légale.
Ce parcours est décrit au fil d'une narration portée par un "tu" qui s'adresse au personnage principal, en un martèlement subtil mais permanent qui en exprime la dimension frénétique, et crée la distance dans laquelle peut s'insérer le regard sarcastique que porte le héros sur lui-même aussi bien que sur les autres.
Issu d'un milieu aisé, il est pourtant de ceux qui, excellant dans tout, considèrent la réussite comme un acquis. Il assume l'absence de vocation présidant à ses ambitions, déterminées par l'argent, pour lequel il est prêt, comme tous ses pairs, à "toutes les putasseries". Endurant, il a aussi une certaine prestance. Il se donne à fond, alternant journées d'études, constitution d'un réseau relationnel et nuits débridées au cours desquelles il s'adonne à tous les excès, y compris sexuels.
Sauf que… à la fin de la première session, ses résultats ne sont pas à la hauteur de son objectif. le monde s'écroule. Il sombre dans une sorte de nihilisme existentiel, analysant sa dépression comme le reste, avec rigueur et acuité… Mais ce passage à vide, qui nous rendrait presque sympathique cet arrogant jeune homme, ne dure pas… le conditionnement culturel et social l'emportent, il rattrape la course…
"Royal" est un roman à la forme originale, sur un sujet pour lequel j'ai a priori peu d'appétence. Mais au-delà du microcosme universitaire que décrit Jean-Philippe Baril Guérard, il faut y voir la critique virulente d'une société où tout est question de pouvoir et d'intérêt, d'un monde d'accointances et de corporations tacites, où règne l'iniquité, ainsi que le souligne, sans pour autant s'en offusquer, le beau, blanc et riche personnage principal. Et puis j'ai été facilement emportée par la dynamique que crée cette narration à la deuxième personne, ainsi que par le ton cynique, le langage parfois cru, la violence qui sourd de certains passages, comme en contrepoint à l'image policée qu'il convient de renvoyer au sein de cet univers hypocrite aux moeurs finalement bien brutales...
Lien : https://bookin-ingannmic.blo..
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Dentdedragon
  04 janvier 2021
Chaque fois que je plongeais dans Royal, j'aurais pu lire pendant des heures. La prose de Baril Guérard, très crue, est dotée d'un rythme extraordinaire. Pourtant, certains chapitres très émouvants m'arrêtaient dans ma lecture, car ils suscitaient de profondes réflexions sur la vie, la mort, et tout ce qui s'y rattache. D'autres passages continuaient à me hanter des jours après les avoir lus. D'après moi, c'est le regard extérieur que le personnage porte sur lui-même (le livre est écrit au « tu ») qui rend possible au lecteur cette introspection. Ce point de vue particulier témoigne d'un jeune homme qui ne vit que pour les apparences, donc qui n'arrive pas à ressentir quoi que ce soit au « je ».
Ce qui m'a le plus captivé, dans ce roman, c'est l'évolution psychologique du personnage principal, qui est au cœur du récit. Il passe à travers différents états de détresse : son anxiété de performance cause une dépression nerveuse, qui se transforme en crise existentielle, puis en détachement émotionnel; ensuite, il se défoule par un contrôle sexuel absolu. À la fin, il y a un semblant de retour à la normale, mais teinté d'une apathie résiduelle.
En somme, je suis heureux d'avoir lu ce roman angoissant et poignant alors que je me prépare à entrer à l'université. Je conseillerais Royal à toute personne qui se trouve à une étape semblable de sa vie.
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taktic66
  02 janvier 2017
Wow... j'ai adoré. Un roman écrit au tu qui m'a directement plongé comme protagoniste de l'histoire... Une forme de roman qui rappelle American Psycho... une plume légèrement violente et cynique à la façon dont Ellis pouvait dépeindre la société américaine. Sauf qu'avec Royal, c'est la société universitaire qui permet à l'auteur de faire ressortir les travers de la société compétitive et individualiste qui est la notre.
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LaurieChammah
  06 mars 2020
Royal de Jean-Philippe Baril Guérard est un livre extraordinaire selon moi. Il s'agit du premier roman que j'ai lu ayant été écrit à la deuxième personne. Au départ, c'était un peu déstabilisant, mais je suis parvenue à m'y habituer d'emblée. Au cours de ma lecture, j'ai trouvé que l'histoire reflétait énormément mon expérience avec la performance scolaire et ce, incluant toute l'anxiété et les attentes beaucoup trop élevées qui y étaient associées. D'ailleurs, j'ai trouvé cela intéressant de me « mettre dans la peau » d'une personne complètement différente en ce qui concerne le sexe, les habitudes de vie, l'âge et bien plus. En lisant ce roman, j'ai vraiment pu me distraire des choses qui me tracassent ces temps-ci. Juste wow!
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Citations et extraits (8) Voir plus Ajouter une citation
taktic66taktic66   02 janvier 2017
Tu voudrais lui dire l'amour est pas une ressource renouvelable, Aurélie, j'ai foutu le feu à la plateforme de forage, j'ai brûlé tout ce que je pouvais extraire, et j'ai dansé autour du feu de joie sans même me rendre compte que ça m'écorchait la peau, pendant que d'autres investissaient dans ce qui se tarit pas. Tu voudrais lui dire je pense pas que ça arrivera de nouveau, ni avec toi ni avec une autre, je suis pas de ceux qui ont besoin de monter six fois l'Everest, une fois c'est assez, j'ai d'autres chats à fouetter. Tu voudrais lui dire oublie l'amour, Aurélie, il y a des choses qui coûtent moins et qui rapportent plus, dans la vie.
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LaurieChammahLaurieChammah   06 mars 2020
T’es en train de hurler. De frapper ton volant. Les larmes te brouillent le visage. Tu veux te redresser mais t’es pas capable. T’es accroché à ton volant comme à une bouée de sauvetage. Plus aucun tonus. Tu te sens comme si tes intestins allaient te sortir par la gueule. Ça te fait comme une brûlure, du nombril à la gorge. Ta gueule reste ouverte, crispée, et ça secoue de spasmes tous les muscles de ton visage. Quand t’arrêtes de hurler, tu penses que ça y est, que t’as plus d’énergie, et plus de pleurs à pleurer. Puis tu te mets à hyperventiler. Ton diaphragme vacille rapidement de haut en bas. Plus aucun contrôle. Puis ça recommence : la grimace, un début de sanglot, puis un hurlement.
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BastilternativeBastilternative   31 mars 2017
Je sais que c'est pas nécessairement un party, la vie d'avocat en grand cabinet. Qu'une grosse partie du travail, c'est de chercher, justement, le diable dans les détails. D'être un spécialiste de l'horlogerie du fine print, jusqu'à devenir fou, des fois. Pis je sais que ça peut donner l'impression d'être inutile, comme à peu près tout ce qu'on peut faire dans' vie. Mais des fois, mettre plein d'affaires qui ont l'air inutiles ensemble, ça finit par construire une machine qui fonctionne. Pis quand on est concentré sur l'infiniment petit, la vie prend un genre de sens.
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taktic66taktic66   26 mai 2021
Tous les humains sont décevants, il faut juste leur laisser le temps
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taktic66taktic66   02 janvier 2017
j'ai dû libérer ben des souvenirs inutiles pour faire de la place aux nouveaux, depuis le temps
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Videos de Jean-Philippe Baril Guérard (7) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Jean-Philippe Baril Guérard
À l'occasion du mois de la BD, le Salon du livre de Montréal et le Festival BD de Montréal proposaient une discussion avec Patrick Senécal et Catherine Lepage le 10 mai 2021, à 21 h, sur Instagram.
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Filmographie:
Le mal du siècle, Catherine Lepage, ONF Parenthèse, ONF
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D'île en île, en Europe avec des écrivains. .(facile)

Heureux qui, comme Ulysse, a fait un beau voyage, Ou comme cestuy-là qui conquit la toison, Et puis est retourné, plein d'usage et raison, Vivre entre ses parents le reste de son âge !. Dans quelle île Ulysse est - il revenu, île dont il fût le roi?

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