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Critique de Alfaric


Alfaric
  04 mai 2019
Merci Babelio, Merci Masse Critique, Merci Actu SF !
Il faut se superméfier des ouvrages sur les genres de l’imaginaire, car trop souvent s’y retrouve le monde de l’entre-soi des inquisiteurs culturels, des commissaires littéraires et autres prescripteurs d’opinion qui alternent renvois d’ascenseurs, enfonçages de portes ouvertes, préjugés des familles, et mépris de classe en bonnes et dues formes puisqu’on met en avant la moindre œuvre appartenant à la culture optimates pour mieux oublier des pans entier de la culture populare... Tel n’est pas le cas ici (ou presque) : Etienne Barillier et Arthur Morgan connaissent leur sujet qu’ils aiment passionnément (et en préface/postface ils ont eu l’honnêteté d’actualiser leur travail). Ils commencent par la définition du genre à travers les 3 compères californiens qui ont donné naissance au genre (James Blaylock, K.W. Jeter et Tim Powers, tous les doublés en beauté par Michael Moorcock). Et ce n’est finalement n’est pas si compliqué que cela : le steampunk c’est le rétrofuturisme (« le passé qui aurait pu être si le futur était arrivé plus tôt ») appliqué à l’Âge Industriel (qui ne se limite à l’Angleterre Victorienne, le fameux « Londres 18XX », que pour les tâcherons sans imagination), qui permet le dépaysement tout en restant accessible mentalement aux lecteurs d’aujourd’hui (ce qui permet également d’aborder des thématiques très actuelles comme la lutte des classes, l’exploitation de l’homme par l’homme, et la pollution et l’écologie, l’exploitation de la nature par l’homme). Revisiter ainsi le passé nous amène sur les terres de l’uchronie, et les genres de l’imaginaire s’exprimant par les voix de la Science-Fiction, du Fantastique et de la Fantasy on pourrait différencier les uchronies scientifiques, les uchronies fantastico-horrifique (qui viennent d’être renommées récemment Dreadful Punk) et les uchronies magiques (qui ont été nommées Gaslight / Gaslamp quand elle se limite à l’Angleterre Victorienne, et qui sont nommés Arcane Punk quand elles ne se limitent pas aux Images d’Epinal anglo-saxonnes).
Ils abordent le genre par le biais littéraire et dans l’ordre chronologique (proto-steampunk, la naissance du steampunk, le steampunk contemporain, et la mise en avant du steampunk francophone et ses communautés vaporistes), avant d’aborder les autres médias (BD, comics, manga, cinéma, télé, jeux et tutti quanti) : c’est très bien même si personnellement j’ai un peu lu en diagonale les parties Do It Yourself, cosplay et musique… La succession des fiches de lecture pourrait paraître répétitive voire fastidieuse, mais c’est le moyen d’avoir très rapidement une vue d’ensemble sur le genre (sans parler de très nombreuses idées de lecture / visionnage). Il est possible que les nombreux entretiens qui parsèment le livre soient là pour que l’ouvrage ne soit pas uniquement un catalogue, mais j’ai trouvé que cela hachait sa lecture : peut-être aurait-il fallu regrouper les témoignages à la fin de guide de 375 pages (ou pas, c’est selon tout à chacun)… Du bon boulot, mais je vais quand rouspéter sur un truc : d’un côté on a une partie manga est assez faiblarde alors la culture populaire japonaise nourrie quasiment le genre Arcanepunk à elle toute seule, et d’un autre côté on a une partie comics plus fournie en étant alimentée par les « What If ? » de DC et Marvel. Méconnaissance du sujet ou occidentalo-centrisme inconscient ? La question est posée !
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