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ISBN : 2226005943
Éditeur : Albin Michel (30/11/-1)

Note moyenne : 3.17/5 (sur 12 notes)
Résumé :
Vous êtes vivants… Savez-vous bien ce que cela veut dire ?
Savez-vous, par exemple, que chaque cellule de votre corps contient, inscrits sur des molécules qui ressemblent à des rubans télégraphiques, les ordres concernant toutes ses fonctions, et toute votre hérédité depuis la nuit des temps ? Et que si on mettait bout à bout les « rubans » contenus dans les cellules d’un seul corps humain leur longueur couvrirait mille fois la distance de la Terre au soleil ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
gill
  05 avril 2018
Comme d'aucuns auraient tiré la langue, comme une claque retentissante à ceux qui l'avaient pris pour un vieux "réac", René Barjavel nous a écrit, en 1979, l'an 7 avant Tchernobyl, une petite bafouille, véritable "lettre ouverte aux vivants qui veulent le rester".
Balayant d'un revers de plume, la religion dont l'affaire n'est pas ici de savoir si après notre mort elle nous prépare ou non un monde meilleur, Barjavel a décidé de se soucier de la vie terrestre.
Nous sommes vivants.
Vous l'êtes et je le suis.
Ce petit ouvrage nous est donc adressé.
Le livre de René Barjavel est plus un manifeste qu'un essai.
C'est un ouvrage militant, qui d'ailleurs, à mon sens, se situe aux origines d'un courant altermondialiste bien compris.
René Barjavel aurait-il été un dangereux agitateur ?
Il prône ici le refus de l'énergie nucléaire adoptée comme solution durable, la recherche d'énergies nouvelles, renouvelables et non-polluantes.
Il prêche pour une décroissance maîtrisée dans le temps.
Il dénonce le mensonge politique, les hypocrisies des lobbys du nucléaire, du pétrole, les excès de la société de consommation et l'enfouissement des déchets nucléaires.
Un court paragraphe est consacré à la piètre volonté du politique à rechercher d'éventuelles énergies nouvelles.
Ce chapitre résonne comme un lugubre point d'exclamation.
Le livre est écrit sans démagogie, sans jamais vouloir choquer mais avec lucidité.
Et, même s'il semble craindre le pire, René Barjavel évite ici de sombrer dans le catastrophisme forcené, malsain, mortifère et parfois hypocrite qui entache aujourd'hui la réflexion de beaucoup de ses successeurs.
Je ne donnerai aucun nom de ces cassandres qui ont fait profession du pire.
Mais suivez mon regard ...
L'avertissement ici est clair, direct et donné sans détour.
Mais il est donné pour que chacun puisse réagir et empêcher la tragédie.
René Barjavel, comme un paysan, a l'âme d'un pessimiste actif, à moins qu'il ne soit plutôt un optimiste inquiet.
Le livre n'a pris que quelques rides.
Cependant, quelques défauts inhérents à son époque lui collent à la page, quelques prédictions sont faites pour 2020 qui heureusement ne se sont pas réalisées.
La bombe P n'a pas explosé !
Quoi qu'il en soit, cette lettre ouverte aux vivants qui veulent le rester est un petit morceau de lutte qu'il faut garder l'hiver bien au chaud dans sa bibliothèque, qu'il faut lire et ressortir lorsque, avec les premiers rayons de soleil, revient le temps de protester ...

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lecassin
  04 décembre 2016
Nous sommes en 1978, et René Barjavel se pose la question de l'énergie… Electrique, plus précisément. Il nous avait proposé une dystopie en 1943, « Ravage » sur le thème de la disparition de l'électricité et des conséquences sur la civilisation humaine qu'elle induirait…
En prenant parti pour l'utilisation de l'énergie nucléaire, parce que nous ne pouvons pas faire autrement, René Barjavel annonce les termes d'un débat qui nous préoccupe encore, près de 40 ans plus tard : « Il faut dire la vérité aux Français. Il faut leur dire : oui, le nucléaire est dangereux, très dangereux. Et nous le savons. Mais nous ne pouvons éviter de l'employer, dans l'immédiat. En quantité. »
Incontournable énergie nucléaire, alors qu'à l'époque, on parle du controversé projet « superphénix » abandonné depuis, tout en engageant sans tarder les recherches et le développement des énergies nouvelles, renouvelables, dirait-on aujourd'hui : l'air, l'eau, le feu, la terre ; autrement dit, le vent, l'eau, le soleil, et la géothermie profonde.
« Lettre ouverte aux vivants qui veulent le rester », plus qu'un simple engagement anti-nucléaire comme on le présente trop souvent, est un engagement pour la vie : « Il y a aujourd'hui quelque chose de plus important que de choisir de vivre de telle ou telle façon : c'est impérativement de choisir de vivre. » ; doublé d'une charge brutale contre les « politiques à courte vue » qui nous gouvernent… Visionnaire, Barjavel ? Oui, encore une fois…
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Stellabloggeuse
  29 août 2014
Si vous me suivez un petit peu, vous connaissez mon amour pour René Barjavel et ses romans, par exemple La Nuit des Temps, L'enchanteur ou La charrette bleue. Aujourd'hui, j'ai décidé de le découvrir dans un genre différent avec un essai qu'il a écrit en 1978 contre le nucléaire, un thème qui me préoccupe.
C'est un titre très différent de mes lectures habituelles, et je ne sais pas bien par quel bout le prendre pour vous en parler. Ce sera un billet particulier, qui va mêler le compte-rendu de lecture et la prise de position un brin militante, il est difficile de ne pas prendre position en racontant ce livre.
Quoi qu'il en soit, j'ai décidé de partir de quelques citations marquantes (les passages en gras le sont aussi dans le livre) et de les commenter pour vous.
« A l'intérieur, quelque part, dans le cerveau peut-être, on n'en est pas si sûr, se trouve notre esprit, abrité, entretenu, porté par lui. Cet esprit, qui n'est pas capable de commander à une seule cellule de son corps, peut contempler l'univers par les fenêtres des sens, comprendre les mouvements des étoiles et imaginer l'infini. Voilà l'être humain. Vous êtes cela. Vivant. »
En effet, ce que je retiendrai avant tout de cet essai, c'est l'amour de la vie qui animait Barjavel et que l'on ressent bien souvent dans son oeuvre. Il considérait la vie comme un miracle précieux et ne comprenait pas que l'on puisse mettre cela en danger.
« Et ils font abstraction de la durée. Pour eux, demain est un autre aujourd'hui, impeccable comme lui. Alors que la succession des jours et des années apporte une succession de possibilités de défaillances des hommes et des machines. C'est pourquoi il faut trouver le moyen de stopper le nucléaire le plus vite possible, après avoir été obligé de faire appel à lui. Sinon, si le nucléaire dure, un jour ou l'autre, un accident grave se produira. C'est inéluctable. »
Barjavel montre ici beaucoup de clairvoyance, comme il l'a fait dans son roman « Ravage » écrit au début des années 1940, où il imaginait notre future dépendance à l'électricité et le chaos que pourrait provoquer sa disparition. Ici, en 1978, huit ans avant la catastrophe de Tchernobyl, il prophétise un accident grave, et il avait raison…
« Un chef de parti, de droite ou de gauche, ou un militant ambitieux, ne présente jamais les faits tels qu'ils sont mais tels qu'ils peuvent le servir, ou servir son parti, ou desservir ses adversaires. Si on lui pose sur un point concret une question précise, il ne se tait pas : il répond à côté. Il a l'air de répondre, d'avoir dit quelque chose et il n'a rien dit. Il ment dès qu'il ouvre la bouche. Il ne peut plus faire autrement. le mensonge est devenu sa respiration. Il est tellement imbibé de ses propres mensonges et de ceux dont ses partenaires l'accompagnent et ses adversaires l'assaillent qu'il finit par ne plus rien savoir de la vérité, ni même s'il existe une vérité quelque part. »
Dans ce passage qui m'a fait sourire, Barjavel montre sa méfiance envers les hommes politique. Son discours pourrait être prononcé aujourd'hui, il est plus que jamais d'actualité. En revanche, dans un autre passage, il montre trop de foi envers les écologistes de l'époque, qui n'étaient pas encore très politisés. Il pensait qu'il fallait voter en masse pour eux, pour obliger les hommes politiques à prendre en compte les considérations écologistes et changer les choses. On sait aujourd'hui que les écologistes sont des hommes politiques comme les autres, incapables d'agir pour le bien commun.
« Pour éviter ce séisme de la société, bien plus grave que le plus grave des tremblements de terre assorti de peste noire, pour éviter le retour brutal à une vie sauvage et barbare, et non, comme l'espèrent certains, à un primitivisme idyllique, il faut donc avoir recours au nucléaire monstrueux, mais en préparant dès maintenant son remplacement. le nucléaire remplacera le pétrole mais il doit lui-même être remplacé dans le plus bref délai. »
René Barjavel ne défendait pas une pensée extrémiste. Il considérait que le monde avait besoin du nucléaire, pour éviter une pénurie de pétrole qui aurait mis à mal les sociétés. Mais il pensait d'ores et déjà à l'après, au développement des énergies renouvelables. Dans cet essai il propose quelques pistes, admet les limites de l'éolien et de l'hydraulique, place ses espoirs dans une géothermie plus profonde. Cette partie est intéressante mais datée, les technologies ont beaucoup évolué.
« Car on sera bien obligés d'arrêter le nucléaire. Si on ne le fait pas en exécution d'un plan précis, on devra le faire dans la hâte et le désordre, sous la pression de la peur engendrée par l'invasion des déchets, ou en catastrophe, après le premier accident grave. L'accident se produira inévitablement. Peut-être dans trente ans. Peut-être demain. Dans l'espoir que ce ne soit pas demain, l'évidence et la prudence commandent de le rendre impossible après-demain. »
Là encore, Barjavel se montre trop optimiste en pensant qu'un accident grave conduira à l'arrêt du nucléaire. Il n'a pas vécu assez longtemps pour voir Tchernobyl et Fukushima, il n'aura pas vu à quel point on a vite balayé nos peurs au nom de l'économie mondiale. Enfin, il rappelle dans son essai qu'au-delà des accidents, il y a le problème des déchets. Au début de l'ère nucléaire, on a enfoui les déchets dans des coffrets en métal et en béton, et on les a jetés à la mer. Un jour, invariablement, dans cent, deux cent ans, ils s'effriteront, libéreront leur substance dans les eaux. Cette partie fait froid dans le dos.

Ainsi, c'est un essai un peu daté, notamment en ce qui concerne les technologies, mais qui reste très intéressant à lire. Il met la vie au premier plan, ce que nous ne sommes pas capable de faire. Il nous montre un Barjavel visionnaire qui promet des accidents graves et qui songe déjà au remplacement du nucléaire. Il rappelle le problème les déchets. le tout avec une plume agréable et des touches d'humour bienvenues, même si on ne retrouve pas le ton qui lui est propre dans ses romans. Ici, il s'adresse plus directement à son lecteur, comme s'il discutait avec lui.
Lien : http://romans-entre-deux-mon..
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Citations et extraits (13) Voir plus Ajouter une citation
gillgill   05 avril 2018
Il nous faut donc, dans la mesure où nous le pouvons, lancer des brûlots par-dessus les murs et crier, crier assez fort pour les arracher à leurs stratégies infantiles, et leur inspirer, enfin, l'inquiétude ...
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gillgill   31 mars 2018
Il est très extraordinaire de constater que l'esprit humain, capable, lorsqu'il fonctionne individuellement, de performances qui atteignent l'absolu, sombre, lorsqu'il devient esprit collectif, dans la plus noire stupidité et engendre avec une maestria furieuse les guerres, les dictatures, les idéologies, les révolutions, les carnages, toutes les formes de la souffrance, de la servitude et de la mort ...
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lecassinlecassin   04 décembre 2016
Les termites qui réparent la termitière savent-ils ce qu'ils font ?
Les quatre milliards d'hommes qui s'agitent sur la peau de la Terre savent-ils ce qu'ils font, quelle tâche ils ont à accomplir dans le grand dessein de la vie ? Et, faute d'en avoir conscience, ne sont-ils pas en train d'agir de travers et de mettre en danger non seulement l'existence de leur propre espèce mais celle de tous les vivants ?
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StellabloggeuseStellabloggeuse   29 août 2014
Un chef de parti, de droite ou de gauche, ou un militant ambitieux, ne présente jamais les faits tels qu’ils sont mais tels qu’ils peuvent le servir, ou servir son parti, ou desservir ses adversaires. Si on lui pose sur un point concret une question précise, il ne se tait pas : il répond à côté. Il a l’air de répondre, d’avoir dit quelque chose et il n’a rien dit. Il ment dès qu’il ouvre la bouche. Il ne peut plus faire autrement. Le mensonge est devenu sa respiration. Il est tellement imbibé de ses propres mensonges et de ceux dont ses partenaires l’accompagnent et ses adversaires l’assaillent qu’il finit par ne plus rien savoir de la vérité, ni même s’il existe une vérité quelque part.
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dancingbravedancingbrave   23 août 2012
Thèse ou exposé sur les risques déments liés à l’utilisation du plutonium ; requisitoire pour l’utilisation urgente des énergies renouvelables et propres notament l’énergie géothermique.
Propositions politiques et budgétaires pour la mise en place sans délai d’un autre système energétique.
Utopie ou impossibilité liée aux lobbies ?
La prédiction de Barjavel en 1978 quant à un accident laisse songeur surtout quand il aborde l’ampleur des conséquences et la disproportion de ce que l’on a bien voulu nous faire croire après l’accident de Tchernobyl.
Les 20 premières pages exposent des remarques très originales quant à la nature humaine et à la vie
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Présentation de la nuit des temps, de René Barjavel au JT de France 3.
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