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Critiques sur Ravage (276)
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finitysend
  07 janvier 2014
Contrairement aux idées reçues la SF possède une longue histoire en France et voici par exemple un roman écrit et paru sous l'occupation
Ravage campe une panne énergétique brutale dont le lecteur découvrira la causalité lui-même . de cette panne résultera l'effondrement brutal de la civilisation .

Le caractère violent , mouvementé , spectaculaire et brutal de ce contexte est fabuleusement exploité par l'auteur et en toute sincérité on s'y croit sans problèmes.
La variété des situations envisagées est époustouflante cela va de la cage d'escalier d'un immeuble très élevé , en passant par les voitures bloquées au bord de l'autoroute ....
La SF est souvent moins prospective que bien ancrée dans son époque et Barjavel ne fait pas exception .

Le monde de Ravage se replie sur lui-même par obligation et nécessité .

L'auteur cherche à démontrer que le progrès ne doit pas se faire au détriment de certaines valeurs .
Cela ne fait pas de l'auteur un personnage récalcitrant au progrès ou bien rétrograde .
Si vous n'êtes pas d'accord avec Barjavel , allez demander leurs avis aux habitants de Fukushima ou de Tchernobyl ....

Par contre il faudra considérer que ce roman est sorti sous l'occupation , et l'auteur a été contraint de se faire le chantre de la société paysanne ainsi que de valeurs pas vraiment féministes , en rapport étroit entre les femmes et les fourneaux ou avec leur statut de mère ..

Ravage est un excellent moment de lecture.
Un excellent moment d'apocalypse .
C'est un texte bien écrit qui continue de parler à Des lecteurs contemporains et il est superbement construit , alors que la caractérisation est bonne .

Ravage est un excellent moment de lecture.
Un excellent moment d'apocalypse .
Un texte bien écrit qui continue de parler à ses lecteurs contemporains.

Du point de vue effondrement brutal de civilisation ce roman est excellent et saisissant par son aspect très contemporain . On est dans les années 90 , d'une manière hallucinante de crédibilité ..

L'auteur effectivement extrapole de façons crédibles sur les « fondamentaux » de notre civilisation .
Cependant si la société qu'il développe est globalement démocratique , on ne peut pas faire abstraction du contexte historique et politique fascisant qui dominait à l'époque la sortie du roman .
Je tiens à souligner que les femmes sont , du fait de la date de parution du roman , les grandes perdantes de cet univers et cela me dérange .
Personnellement , j'aurais aimé découvrir dans ce texte des pages qui en aurait fait le chantre ( même discret ) de l'égalité des sexes .
Préfigurant ainsi le rehaussement des droits des femmes justement intervenu quelques années plus tard à la libération .

Cela dit , Barjavel n'est pas un écrivain Vichyste et Ravage est un roman du tonnerre !
La narration de l'apocalypse et la route à travers monts et vallées vers la sécurité de la campagne Est un grand moment de SF post-apocalyptique ..

Un aspect du texte qui me dérange et qui est rapport avec l'époque , c'est le gout pour les grands hommes providentiels !
Ils ne manquaient d'ailleurs pas à l'époque et il y en avait pour toutes les providences imaginables . hum !

Un détail quand même ! Je voudrais véritablement insister sur le fait que :
Le monde futuriste imaginé par l'auteur est fascinant !
Ces rubans d'automobiles , les phares à pertes de vue , ces immenses immeubles c'est follement contemporain , cet univers urbain coupé des campagnes aussi , en 1942 :

C'était visionnaire et c'est impressionnant !
C'est tout simplement intégralement notre univers jusque le début des années 90 !
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fredho
  12 avril 2013
Nous sommes en l'an 2052, le monde a évolué dans une société robotisée, l'homme est devenu dépendant d'une technologie hyper sophistiquée, chaque individu est assisté par une machine qui répond à leur besoin et le soulage de tout effort physique. Tout est à portée de main... la technologie est dorénavant le culte de l'Homme !
Un soir, une panne d'électricité inexpliquée plonge toute la civilisation terrienne dans le noir.
Plus rien ne fonctionne, l'homme se retrouve privé de toute source d'énergie en conséquence plus de lumière, plus de moyens de déplacement et plus d'eau...
C'est la panique, la peur domine et l'homme se livre à une barbarie extrême, survivre devient une priorité absolue, les clans se forment, s'affrontent, s'entretuent, à cela vient s'ajouter le choléra.
La nature reprend ses droits et l'homme sa vraie nature...
A Paris, un énorme incendie détruit la capitale et emporte avec elle une partie des habitants, la ville ne ressemble plus qu'à un paysage apocalyptique.
François, un étudiant en chimie agricole accompagné de son amie d'enfance Blanche qu'il aime en secret, prend l'initiative de former un groupe de femmes et d'hommes dans l'optique de fonder une nouvelle civilisation basée sur le retour à la terre (sans technologie). Avec le groupe, il décide de rejoindre la Provence, son village natal où ses parents et de braves paysans vivent encore à l'ancienne.
Mais le voyage sera long et douloureux dans l'enfer d'un monde en ruine, François et ses compagnons devront affronter la chaleur torride, la faim, la soif et la sauvagerie des hommes.
Au cours de l'expédition François se montrera dominant, pragmatique et sans pitié...

Cette nouvelle civilisation que désire François ressemblera-t-elle à l'image édénique que se fait l'Homme ?

Un roman qui vous projette dans une ambiance apocalyptique, Barjavel a su planter le décor, on s'y croirait. le thème d'une vie sans technologie paraît inimaginable, dans cette aventure fictive, l'auteur nous transporte dans une atmosphère moyenâgeuse où l'être humain est confronté au dur labeur.
Une réflexion sur la technologie, pourrait-on faire un retour en arrière et revenir à une vie rudimentaire, sachant que l'Homme a inventé et construit des machines pour soulager nos peines dans la tâche.
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cascasimir
  28 avril 2019
"La science est une chose merveilleuse... Tant qu'il ne faut pas en vivre" Albert Einstein

C'est une Dystopie.
Un thème classique en Sci Fi. En 2052, le monde moderne bascule, suite à une panne énergétique ( pourquoi, comment, qui en sont les responsables, la recrudescence des taches solaires?) et retourne vers la barbarie.

C'est la "théorie d'Olduvai" de Richard Duncan, qui parle du déclin des sociétés industrielles, au bout de ...100 ans, à cause de l'effondrement des énergies non renouvelables( le charbon, le pétrole et ici, l'électricité) .
Souvenez vous du Black out de New York les 13 et 14 juillet 1977! Panne d'électricité...

Le pic de consommation énergétique a été atteint en 1979, et la récession a touché les sociétés modernes en 2012.
(Panne le 30 et 31 juillet 2012, qui a touché 670 millions d'habitants en Inde...)


Dans Ravage, François Deschamps sauve son amie Blanche, lors d'un Black out total, à Paris. Ensemble, ils fuient la capitale, avec des compagnons, alors que Notre Dame de Paris est en flammes. Sa flèche est la première à s'effondrer.
Le petit groupe va s'efforcer d'oublier les portables à réalité augmentée, les voitures, les cultures hydroponiques, l'Art à la portée de chacun, la biotechnologie... Le Progrès.


François devient le Patriarche!
Il bâtit dans son village natal, une petite communauté, et devient un peu... autocratique.
Une allusion au Maréchal Pétain, qui prône le retour à la terre. "Travail, famille, patrie."
Il y a quelques références au régime de Vichy, dans le livre...

Mais, il y a aussi une satire sur les gouvernements d'avant la guerre, avec un conseil des ministres dépassé par la panne électrique, et ce ministre de la jeunesse et des sports qui ne peut venir, à vélo, à Matignon.

C'est un livre écrit en 1943, sous le régime de Pétain, et les femmes seront cantonnées aux rôles subalternes, de reproductrices et de pondeuses. La polygamie règne, car elles sont plus nombreuses que les hommes..

"...et les villes des nations tombèrent, et Dieu se souvint de Babylone la grande, pour lui donner la coupe de vin de son ardente colère". Apocalypse de Saint Jean, en exergue du chapitre deux.
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Rouletabille
  28 septembre 2013
Ravage, le fameux ravage,roman de science fiction. Je dirais roman d'anticipation, cet adjectif me semble mieux convenir que le terme générique de science fiction. Certes pendant les premières pages, Barjavel décrit le Paris de 2052 avec une certaine clairvoyance, notamment la dépendance absolue de l'Homme aux machines, le culte de la société de l'apparence, la société des loisirs et des spectacles, le renoncement à tout effort inutile ( songez donc marcher à pied 5 min est un drame pour un personnage !) mais aussi des idées bien senties comme cette histoire de lait arrivant dans les robinets comme l'eau ! Et pourquoi pas après tout. L'anticipation la plus juste reste l'évolution agricole, l'agriculture remplacée par les chimistes pour nourrir la population... on y est !
Mais ensuite il s'agit d'un roman épique avec toutes les problématiques de la survie, des sacrifices dépassant largement le cadre de la science fiction.
Le milieu du récit est le plus intéressant correspondant à la chute de Paris, j'ai adoré les réunions du gouvernement, j'en conviens tout ce qui touche de près ou de loin l'univers des coulisses du pouvoir me fascine c'est comme ça, la foule en délire en plein doute.
J'ai eut un peu de mal avec les premières pages, il faut se familiariser avec cet environnement, surtout j'ai du mal à conceptualiser, à imaginer les immeubles de la citée à la sauce Barjavel : on aurait donc une sorte d'un seul bloc immense faisant office à la fois d'habitation, de jardin, de salle de spectacle, de cabinet médical... Bref j'arrive pas à voir à quoi ça peut ressembler, brouillard total dans esprit, aucune image, aucun décor ne me vient.
La force de ce récit reste l'opposition puissante entre ce monde bourré de technologie, ce monde futuriste et les moeurs qui elles ont plutôt fait un retour vertigineux vers les pratiques du moyen âge ! le ton entre les amoureux est digne de la grande bourgeoisie XVIII, " nous allons si tu veux prendre les nouvelles", plus aristos tu meurs, aucune femme au gouvernement, le héros ne promet rien d'autre à sa belle le statut de femme de foyer avec l'apothéose finale puisque dans la société post ravage, le héros charismatique impose la polygamie, réduit la femme à un rôle de reproductrice.
La relation François / Jérôme est intéressante en ce sens qu'elle se retrouve inversée avec l'apocalypse. Jérôme riche, très riche, rien ni personne ne lui résiste aime Banche, l'amie d'enfance de François. Mais Jérôme est perdu face à la perte de l'électricité et devient une sorte de subordonnée de François, son domestique docile. François dirige tout et ce n'est qu'un début... Voir Jérôme qui avait le seul mérité d'être un héritier dans cette situation m'a bien amusé.
Autre point fort du livre, la parfaite maitrise par Barjavel des temps du passé, le passé simple et l'imparfait sont brillamment utilisés rendant la lecture agréable parfois envoutante.
En revanche, quelques partis du récit m'ont moins convaincu comme la description du Paris artistique ou encore lors de leur fuite de Paris, le passage sur la maison des fous un peu long. Quelques descriptions sont également à rallonge.

Pour finir, je souligne une phrase magnifique, peut être l'une des plus belles que j'ai lu : " nous allons avoir besoin désormais de valeurs plus solides" (pour évoquer l'argent), il serait temps en effet...

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Krout
  24 janvier 2018
Il est bien difficile de s'imaginer 75 ans après sa parution l'effort d'anticipation de Barjavel pour projeter un Paris 2052 si avant-gardiste pour l'époque et bien plausible à l'heure actuelle ; y manque peut-être la percée dans l'intelligence artificielle. Côté dérives : quelle anticipation ! de l'hyper dépendance aux machines en passant par la désertification des campagnes pour une folle concentration urbaine, de l'éloignement total de la nature à la perte du sens de l'effort, l'homme s'est créé par la science et les techniques un environnement fragilisé tenu par le fil qui amène l'électricité, tout y est en passant par la fabrique des rêves et des stars. Merveille de créativité avec son plastec, ses trains à très hautes vitesses, ses méga-tours climatisées, ses, ses ... esquissés en moins de 75 pages (mais quelles pages !) Les temps nouveaux. Fin de la 1ère partie.

Tout encore à son éblouissement le lecteur est brutalement plongé dans la sidération : La chute des villes, dans une compression espace-temps 165 pages mais seulement quelques jours à peine, bardaf c'est l'embardée ! Le ciel et les avions vous tombent sur la tête, en un claquement de doigt tout collapse : la population est dans le déni, les élus dans l'affabulation (oui, oui plus qu'en temps ordinaire). A remarquer que les mieux adaptés aux temps nouveaux, les "maîtres du monde" qui rayonnaient il y a peu sont les premiers à s'écrouler. A contrario les plus marginaux sont les premiers à prendre conscience de la gravité du séisme et de l'ampleur de la situation. J'ai rarement lu une telle apocalypse, il faut dire que de trois à huit ans René Barjavel né dans la Drome a vu passer au loin la première guerre mondiale. Sûrement son enfance a été toute bercée des récits de la vie dans les tranchées ... La faim, la barbarie. Tous crapules et chacun pour soi. Le verni a fondu sous la chaleur, les esprits plus enflammés que la ville embrasée par la bêtise d'un gendarme. La survie au plus violent !

Au déni succède la fuite dans le chemin des cendres, 3ème partie pour déboucher sur ... sur quoi ? Sur la partie de trop : Le patriarche. Quel dommage que ces 20 dernières pages où se révèlent toutes les limites de l'utopie ! Ou peut-être tant mieux car elles clarifient le modèle proposé par Barjavel, hélas tellement proche de celui de Daesch ou de tout autre totalitarisme. Voilà pourquoi ma cote est finalement de 3 étoiles. Tenté par 5 étoiles pour ses qualités d'observations et la lucidité de son analyse, j'aurais pu basculer sur 1 étoile pour l'abjection de son modèle obscurantiste. Ce livre est un peu l'histoire d'un chirurgien posant un excellent diagnostique très en amont sur un mal qu'aucun n'aurait vu venir pour ensuite se gourer complètement dans le remède prescrit. (Cela dit ce n'est pas, me semble-t-il, le seul roman d'anticipation où l'analyse des dérives du système sont des plus pertinentes mas face auxquelles derrière la solution proposée par l'auteur se cache un totalitarisme sournois.)

Littérairement parlant, c'est à mon avis une oeuvre marquante. Bien loin d'être spécialiste du genre je pressens une influence importante sur d'autres oeuvres de science fiction ainsi le concept de la mer : ce rouleau de viande artificiellement généré est repris tel quel dans le transperceneige, BD culte dans ce domaine. Et ce passage où alimenté d'énergie les cerveaux de quelques humains révèlent une phénoménale puissance, jusque là inexploitée, au-delà de l'imaginable (sauf pour Barjavel) ; est-ce que cela ne vous évoque pas Lucy de Luc Besson ? Non, je ne regrette pas de l'avoir lu, tout au contraire.
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ibon
  14 mars 2013
Paris en 2052 vu par Barjavel en 1942.
J'ai savouré l'exercice d'imagination incroyable dont fait preuve l'auteur: les détails sur les transports, l'organisation de la ville, du domicile avec même un espace réservé aux morts, la psychiatrie en 2052...
C'est donc un roman d'anticipation très dense et que j'ai trouvé crédible.

Pourtant tout ce progrès n'est pas présenté comme un progrès pour l'homme. Bien au contraire. Barjavel croit davantage aux fondamentaux comme la valeur de l'effort manuel et le retour à la terre, sans mécanisation...

Alors Barjavel imagine un désastre à ce monde de 2052: plus d'électricité. Il s'ensuit un enchaînement d'événements dévastateurs, d'où le titre, superbement décrits.

François Deschamps est le héros. Au départ, il me plaît bien, dans la tour infernale où il sauve sa promise ou sur la route quand il mène énergiquement un convoi mais la suite m'a intrigué et surpris. Je ne veux pas dévoiler ces quelques détails (qui tuent) mais ce héros vire carrément tyrannique et cruel, avec l'aval de l'auteur, ce qui m'a déplu.

A part cela, c'est une lecture apocalyptique que l'on n'oublie pas.
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Ogrimoire
  11 juin 2019
Ce livre est une dystopie – un récit de fiction qui décrit une utopie qui tourne au cauchemar -, écrite dans les années 40 par Barjavel. La question posée alors par l'auteur est celle du devenir d'une société reposant entièrement sur la disponibilité d'une source d'énergie… ce qui n'est pas sans nous rappeler des questions infiniment actuelles, en ces temps de troubles environnementaux et climatiques intenses…

Naturellement, l'idée que les hommes de 1940 se faisaient de l'an 2000 est assez éloignée de la réalité. Technologiquement, mais également socialement et politiquement, l'évolution – le progrès ? – n'a pas été exactement celle qu'ils imaginaient. Pourtant, les questions soulevées ici par Barjavel, elles, sont clairement d'une brûlante actualité.

J'ai particulièrement apprécié ce livre qui nous plonge dans un futur à suspense. Je n'oublierai pas non plus de rappeler que Barjavel nous renvoie à notre condition d'hommes et de femmes qui bien qu'étant capable d'édifier de grandes choses, ne sont rien face aux « caprices » et de la nature. Une nature qui, du jour au lendemain, peut reprendre tout ce qu'elle a donné : l'existence ou non des humains importe peu. Ainsi, à la fin du livre, les hommes sont confrontés à une existence qui est pratiquement celle des nos plus lointains ancêtres, privés de tous les moyens de production qui nous paraissent évidents aujourd'hui.

Je vous recommande donc vivement ce roman de science-fiction à la française, précurseur du genre, et qui oblige à réfléchir, sous un autre angle, les questions climatiques…
Lien : https://ogrimoire.com/2019/0..
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lecassin
  04 mai 2012
« Ravage ».
Cet ouvrage est, avec « La Nuit des temps », le plus connu et le plus emblématique de l'auteur. On est en 2052, à Paris. Sur le thème « L'homme, s'il oublie qu'il est un homme... », Barjavel construit sa première fin du monde.

La société qu'il décrit dans le Paris du XXIème siècle est mécanisée à outrance. L'individu, assisté dans chacun de ses gestes quotidiens par la technologie, vit totalement coupé de mère nature. C'est alors que l'électricité disparaît...
S'ensuit une régression terrible qui ramène l'homme au Néolithique, tant matériellement que socialement : c'est la loi de la jungle dans un monde en proie à aux flammes, à la famine et aux inévitables réflexes de survie.
François, d'origine rurale décide de migrer vers le sud et le village de son enfance, accompagné de Blanche qu'il aime en secret, et de quelques compagnons pour y fonder un monde meilleur basé sur les principes fondamentaux du retour à la terre…

D'aucuns ont vu dans cette dystopie, une adhésion de René Barjavel aux orientations pétainistes, telles que le retour à la terre, la célébration du travail et de l'effort, le patriarcat ... Mais pour moi, Barjavel n'est pas un idéologue. On aurait tord de chercher dans ce qui est considéré par beaucoup d'autres comme un de ses chefs-d'oeuvre, l'intension de sa part d'une théorisation d'idées nauséabondes ; même en arguant de quelques fréquentations douteuses qui peuvent lui être reprochées dans ces années troublées ; notamment sa participation (brève) à « Je suis partout ».

J'ai lu cet ouvrage à quinze ans et en garde le même souvenir qu'à la lecture du « Meilleur des mondes » de Huxley lu à la même époque : la prise de conscience de la possibilité d'une littérature dont je ne soupçonnais même pas l'existence…

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Pcpa
  03 février 2019
Roman anticipationiste à la Orwell, les inventions de René Barjavel ont de nos jours étaient dépassées (les plaques reliés à des écouteurs et pouvant lire les romans... tel des IPad! Ou encore le FaceTime entre blanche et François!!!)
On y retrouve le surréalisme à la Boris Vian ainsi que beaucoup d'humour (des villes construites par « Le Cornemusier « ).
L'écriture est vraiment magnifique. Un superbe lire à avoir lu.
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Eric76
  19 avril 2015
Ce livre écrit en 1942 à une vision prophétique et décrit par bien des aspects notre société ou ce qu'on peut s'imaginer de son avenir proche. Il évoque un monde aseptisé où des machines assistent l'homme dans tous ses gestes pour épargner leur peine. La nature est totalement domestiquée et l'alimentation est devenue essentiellement synthétique. Les hommes vivent dans un monde de paraître, de spectacles et de plaisirs. Il y a des mégalopoles et des déserts d'hommes. La planète terre est devenue un gigantesque réseau mondial d'information. Quelques savoureuses exagérations comme la baignoire pliante et le boulanger volant qui dépose les croissants sur les fenêtres m'ont beaucoup faits rire. Même si Barjavel ne parle ni des robots, ni de la conquête spatiale, ses visions m'ont véritablement bluffé car il aborde un grand nombre de thèmes qui font partie de notre actualité brulante.
En revanche, celles concernant l'évolution des moeurs sont très loin d'être aussi éclairées. La femme de 2050 n'a pas d'autre avenir que de rester au foyer ou de devenir frivole. Point barre !

Les deux principaux héros de ce livre, Blanche Rouget et François Deschamps, font partie de ces irréductibles Gaulois qui continuent à vivre comme dans l'ancien temps où l'on se nourrit encore des fruits de la terre, qui "montent" à Paris parce qu'il faut bien vivre, et portent sur la modernité un regard circonspect.
Bien leur en a pris, car ce sont ces individus qui n'ont pas totalement rompus tout contact avec Dame Nature qui survivront à l'effondrement de la civilisation machiniste par la disparition soudaine et imprévisible de l'électricité. Quand on y songe, cette puissante civilisation qui jette dans la rue en une seule nuit des millions d'hommes et de femmes incapables de survivre sans leurs précieuses machines n'est guère plus qu'un tigre de papier !

Dès lors, François, Blanche (surnommée Blanchette par François. Surnom absolument agaçant car il me fait irrésistiblement penser à une chèvre…), entourés d'un petit groupe de survivants, n'ont qu'une idée en tête : rejoindre le petit village de Provence de leur enfance. Ils traverseront un pays en proie au chaos, à la désolation et aux flammes. Impitoyable, la nature se venge cruellement des hommes.

La dernière partie du livre me laisse beaucoup plus réservée. François et sa bande de survivants sont enfin revenus au petit village de Provence. Dès lors François devient une sorte de grand sage, de gourou, à la fois craint et respecté, dont l'autorité s'étend dans tout le sud de la France. Il prône le retour à la terre et aux valeurs paysannes. Les machines sont rejetées, les livres responsables du malheur des hommes autodafés. Seule une élite pourra bénéficier de l'apprentissage de la lecture. La polygamie est installée, et les femmes confinées au rôle de reproductrices…
Certes, le livre a été écrit en 1942, dans des circonstances bien particulières, où la censure se montrait intraitable. Pour pouvoir être publié, il fallait montrer son soutien au régime vichyste, et le retour aux bonne vieilles valeurs ancestrales et l'apparition d'un homme providentiel fleure bon le pétainisme. Et puis, Barjavel a beau être un auteur de science-fiction, il n'en reste pas moins un homme de son temps.
Ce qui me gêne un peu aux entournures, c'est l'aveuglement et l'ardeur sauvage avec laquelle François met en application tous ces principes…
En résumé, un très bon livre, remarquablement bien écrit, prenant du début jusqu'à la fin, et sujet à controverses. Qui dit mieux ?

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