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ISBN : 9791028110710
Éditeur : Bragelonne (16/08/2017)

Note moyenne : 3.97/5 (sur 37 notes)
Résumé :
Vous qui allez franchir la porte qui mène à Quiddity, l'Océan onirique, oubliez tout ce que la réalité vous a appris !
Vous allez entrer dans une autre dimension, au plus profond de l'imaginaire où règnent les forces du Désir, de l'Amour et de la Connaissance.
Et comme tous ceux qui ont franchi cette porte, vous en serez transformés.
Comme Phoebe Cobb, partie à la recherche de son amant, et qui découvre ces contrées étranges et sensuelles. >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (3) Ajouter une critique
grm-uzik
30 octobre 2016
Quiddity est un océan onirique dans lequel nous plongeons trois fois dans notre vie au cours de nos rêves : à la naissance, lors de la nuit où l'on rencontre le grand amour et à la mort.
Quiddity est situé dans le Metacosme alors que notre monde est dans le Cosme. Nous sommes des Sapas Humana et peu d'entre nous connaissent l'existence de Quiddity. Et cette poignée de personne convoite l'Art, que l'on peut définir ainsi : "Le souvenir, la prophétie et le fantasme - le passé, l'avenir et le moment de rêve entre eux - ne forment qu'un seul pays, ne vivant qu'une seule et immortelle journée. Savoir ceci, c'est la Sagesse. L'utiliser, c'est l'Art."
C'est dans ce monde parallèle au nôtre que le génie Clive Barker nous plonge, avec toujours son imagination hors du commun et son style littéraire très évolué qui nous fait croire que tout ce qu'il décrit existe et à toujours exister.
Tout commence lors de la conquête de l'Ouest, aux États-Unis. Des pionniers sont dans la tourmente de l'hiver en pleine montagne et leur convois perd espoir, se réduisant de jour en jour. Seul Maeve et son père conserve un espoir solide. En effet, Harmon O'Connel et sa fille Maeve viennent dans l'ouest pour y construire une ville, une cité d'exception, une nouvelle Alexandrie ou Byzance. Et cette ville s'appellera Everville.
Mais Harmon est tué par des pionniers méfiants et Maeve s'enfuit, découvrant des être de Quiddity dans les montagnes. Elle fait alors une petite bêtise, pas grand chose pour nous, mais un véritable sacrilège pour les créatures de Quiddity et ces derniers s'entretuent. Maeve s'enfuit avec Coker Ammiano, un être ailé du Metacosme qui sacrifie ses ailes pour elle.
Des années plus tard, de nos jours, on retrouve Everville en plein été, alors que le festival annuel va débuter, dans la joie et la bonne humeur. Mais ce festival va tourner court puisque Everville va être le centre d'une réunion entre Tesla Bombeck, la rebelle qui vit depuis cinq ans avec un deuxième esprit dans son crâne qui s'appelle Raoul, Harry D'Amour, un ex-enquêteur qui s'est spécialisé dans la chasse mystique, Owen Buddenbaum, qui veut obtenir l'Art en échange des massacres et autres tueries qu'il organise pour distraire les Jai-Wais, Kissoon, de retour des morts (mais était-il bien mort sous les yeux de Tesla cinq ans plus tôt ?) et décidé à devenir le maître du monde en laissant entrer dans le Cosme les Iads Uroboros, une sorte de nation informe du Metacosme qui détruit tout sur son passage, afin de faire naître le chaos sur Terre. Et n'oublions pas Joe et Phoebe, les deux amants qui se cherchent entre le Cosme et le Metacosme et dont les destins ont une grande importance...
Voilà en quelque sorte, un état des lieux de ce roman fantastique du génial Clive Barker, écrit en 1994. Une fois de plus plongé dans un double monde, on suit ici l'histoire de sept ou huit personnes à la fois, les histoires se coupant, se séparant, se rejoignant tout au long du livre, nous mettant d'ailleurs au passage l'eau à la bouche puisque le passage de l'un à l'autre des personnages principaux s'effectue évidemment à des moments judicieusement choisis par l'auteur pour nous empêcher de poser l'ouvrage.
En effet, c'est bel et bien une suite de "Secret Show", publié quelque année plus tôt, en 1989, où l'on assistait au début des aventures de Harry D'Amour, de Tesla Bombeck et des autres compères. Mais il n'est pas du tout nécessaire d'avoir lu "Secret Show" pour pouvoir lire "Everville".
On assiste à une bataille entre le bien et le mal, même si parfois on ne sait plus vraiment définir la frontière entre ces deux concepts qui s'enjambent continuellement. On classerait bien Tesla et Harry comme des gentils protagonistes alors que Kissoon et Owen seraient des antagonistes. Mais l'auteur sait nous faire percevoir l'état d'esprit de tous ces personnages de tel sorte que finalement, on arrive à comprendre le rôle de chacun, bon ou mauvais.
La description est comme à l'accoutumée, un des points forts de Clive Barker puisqu'on arrive sans peine à voir Everville mais aussi Quiddity, avec son port imaginaire Liverpool et ses îles paradisiaques à l'esprit oriental mêlé de magie Mem-é b'Kether Sabbat. Toutes les descriptions sont riches et complètes. On s'habitue vite à vivre dans ces deux mondes parallèles, le Cosme et le Metacosme, suivant les aventures de nos personnages dont les buts et les idées sont complètement différents, mais les amènent tous à se croiser, se rencontrer, s'affronter ou s'aider. On se prend à rêver de connaître nous aussi Quiddity et son monde onirique, on se surprend à imaginer qu'on peut disposer de l'Art. Et pourtant, on ne sait jamais réellement ce qu'est l'Art, tout au long du roman, on approche de lui, on en lit des descriptions plus ou moins simples mais finalement, on n'arrive pas vraiment à comprendre ce que c'est. Et c'est là que Clive Barker est très fort : il nous donne envie sans pour autant être précis. On reste dans le flou et c'est justement ça qui nous pousse à chercher, à continuer de lire pour enfin savoir ce qu'est l'Art. C'était déjà un peu la même chose dans "Le Royaume des Devins" avec le Menstruum, ce fluide magique qui avait sa propre conscience mais qui obéissait à celui ou celle qui arrivait à le contenir en lui.
Pour conclure, avec ce sublime chef-d'oeuvre (au même titre que "Le Royaume des Devins" et "Imajica"), on est petit à petit, plongé dans le fantastique et l'imaginaire, bien ancré à notre époque, tout en se demandant comment on peut avoir des idées pareilles pour ensuite les mettre en écriture à travers la plume classique de Clive Barker et ses atmosphères toujours mi-enchanteresse et mi-flippante... pour notre plus grand plaisir ! "Everville" est un grand classique du fantastique hautement recommandé.
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Pyjam
23 avril 2017
Malgré ma grande admiration pour Clive Barker, je suis loin de partager l'enthousiasme quasi général pour Secret Show, l'un de ses romans les plus populaires. Je le trouve assez mal construit, peuplé de personnages peu intéressants (aux noms ridicules), et surtout… trop conventionnel à mon goût ! Ce qui est probablement le pire reproche qu'on puisse faire à un roman de Clive Barker. Comparé aux trésors d'imagination que recèlent des oeuvres majeures comme le Royaume de Devins et Imajica, j'avais trouvé qu'on n'en avait pas pour son argent.
Du coup, j'ai hésité très longtemps avant de m'attaquer à Everville, malgré sa bonne réputation.
J'avais tort !
Si je devais faire un reproche à Everville ça pourrait être de souffrir des problèmes inverses de ceux de Secret Show. Cette fois, au lieu de rester sur ma faim, j'ai frôlé l'indigestion !
Tout comme dans Secret Show, il y a un peu trop de personnages, notamment certains du premier livre qui reviennent et sont toujours aussi peu intéressants et utiles. Mais heureusement, ils interviennent assez peu.
Le bon côté en revanche c'est l'imagination qui s'épanouie sans limite dans Everville, notamment lors de la visite de Quiddity où se déroule une grande part du roman. Là, on croirait un livre écrit à trois mains par Lovecraft, Jérome Bosch, et Lewis Carroll que Clive Barker aurait rédigé par channeling ! Bref, une pure folie, un livre qu'on croirait écrit sous LSD.
Everville ressemble un peu à un recueil de nouvelles liées par une même histoire globale. Plusieurs personnages bénéficient d'un long développement au cours de plusieurs chapitres successifs. J'ai particulièrement apprécié Harry D'Amour dont la lutte contre les forces occultes m'a rappelé quelques parties du célèbre jeux de rôle Call of Cthulhu. Tandis que Phoebe visitant Quiddity c'est un peu Alice au pays des merveilles/horreurs de Jérôme Bosch.
C'est parfois un peu too much. Et certains personnages de retour de Secret Show sont de trop, mais il semble pourtant nécessaire de conclure leur histoire. Donc il y a tout de même une justification à leur présence, et heureusement ils ne s'incrustent pas longuement. C'est ma seule petite réserve sur ce roman qui m'a par ailleurs passionné.
Mais Everville n'est pas qu'un roman fantastique. C'est roman qui parle beaucoup d'amour et de tolérance (et d'intolérance, bien sûr). Et surtout d'amour peu conventionnel, ce qui ne surprend pas venant de Clive Barker. L'amour d'une ménagère de 40 ans en surpoids pour un bel étalon noir (et réciproquement), l'amour d'une femme pour une créature d'un autre plan d'existence, l'amour d'un homme pour un homme, etc. Mais ceux qui suivent l'oeuvre de Clive Barker savent que c'est finalement un romantique.
En somme, même si vous émettez comme moi des réserves vis-à-vis de Secret Show, je vous recommande Everville car vous y retrouverez sans doute le Clive Barker que vous aimez.
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Henri-l-oiseleur
06 décembre 2015
Il y a quelque chose de fascinant dans les récits de Clive Barker, qui font surgir le normal de l'extraordinaire et l'extraordinaire du quotidien. Je ne m'amuserai pas à résumer Everville, c'est déjà fait dans les fiches, mais je me contenterai de signaler ce qui donne à ses récits leur puissance évocatoire si particulière : c'est l'idée que l'amour est plus qu'il ne semble être, qu'il ouvre la porte sur d'autres mondes et détient la clé d'autres réalités où l'homme peut aller à ses risques et périls. En cela, le conteur s'adresse à l'enfant en nous, à l'enfant que tout lecteur porte en lui, inconsolable qu'il n'y ait qu'une réalité, qu'un quotidien, qu'une vie et qu'une mort. Faire rêver, c'est cela.
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Citations & extraits (1) Ajouter une citation
PyjamPyjam14 avril 2017
C’est bientôt la fin, se dit-il. La fin des histoires que j’ai créées et de celles que j’ai manigancées, la fin des histoires que j’ai traversées à la façon d’un figurant et de celles que j’ai subies comme un prisonnier. La fin de tous mes clichés préférés : quiproquos tragiques et rencontres comiques; retrouvailles larmoyantes et malédictions sinistres. La fin d’“il était une fois”, de “nous allons voir ce que nous allons voir” et de “je n’en crois pas mes yeux”. La fin des derniers actes; des scènes d’enterrement et des tirades avant rideau. La fin des fins. Imaginez un peu.
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Vidéo de Clive Barker
Clive Barker's Master Class - Part I
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