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Pat Barker (Autre)
EAN : 9782368125014
352 pages
Éditeur : Charleston (25/08/2020)

Note moyenne : 3.71/5 (sur 75 notes)
Résumé :
La guerre de Troie, mythe fondateur de toute la littérature européenne, commence par la banale histoire d'une reine enlevée à son époux par un autre homme. Mais, prisonnière du camp grec, une autre reine observe le destin du monde se jouer sous ses yeux : Briséis, la captive d'Achille, par qui la guerre basculera.
Presque 3 000 ans plus tard, il est temps d'entendre sa voix - et à travers elle, peut-être, celle de toutes les femmes laissées muettes par l'His... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (38) Voir plus Ajouter une critique
La_Bibliotheque_de_Juju
  27 octobre 2020

Le silence.

Celui qui s'en vient après le massacre. Celui qui blesse après la défaite.
Le silence.

Celui de celles qui n'ont pas droit au chapitre dans les récits de guerre. Celui de ces femmes tombées dans l'oubli. Dont la voix n'a pu se faire entendre.
C'est ce silence-là, tonitruant et viscéral, qui raisonne dans cette réécriture de l'Iliade, et qui donne une voix puissante, parfois crue, toujours passionnée, à ces femmes jetées dans le long fleuve intranquille de l'Histoire…
La Guerre de Troie a bien eu lieu mais tout n'avait pas peut-être pas encore été dit. Car si les événements racontés paraissent déjà bien connus, c'est l'angle choisi qui offre une nouvelle perspective. Celui des perdantes. Des prisonnières. A travers Briséis, reine brisée, capturée, et jetée dans le lit d'Achille contre son gré, s'élève une nouvelle version d'un mythe …
Le quotidien est alors raconté par cette reine déchue, devenue esclave, qui va se battre, à sa manière, aux côtés de toutes ces femmes passées dans le camp des vainqueurs.

Le silence des Vaincues est un roman résolument féministe, empli de ce mot à la mode, qu'il ne faudrait pas vider de sens, qu'est la sororité. Souvent violant, le récit n'a rien d'une guerre en dentelles et frappe par son réalisme. La langue est belle, sans dissimuler la réalité d'une époque où le sang est versé et l'innocence sacrifiée.
Un roman original, entre réécriture et réinvention, entre modernité et classicisme. Un roman étonnant à plusieurs niveaux qui mérite vraiment qu'on s'y attarde.
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afriqueah
  25 février 2021
Achille est un colérique, et un vaillant combattif. Il choisit la fille du roi de Lyrnessos, Briséis, parce qu'il a tué 60 hommes en un jour, comme trophée.
le pillage des villages voisins de Troie, plats en or, meubles rares, tapis somptueux étant terminé, les vaincus tués, les grecs commencent la répartition des récompenses, les jeunes filles. En fait, des choses. Chacun sa chacune.
C'est, uniquement dans le livre de Pat Barker, elle, Briseis, qui sort du silence pour raconter son passage vers l'esclavage, car dans la vraie vie, elle doit se taire. Achille l'essaie au lit, ne la voit pas, ne la regarde pas, il l'exhibe, il ne soucie pas de ce qu'elle pense, et curieusement, elle même ne le sait même plus.
Dépossédée d'elle même, de fille de roi elle est esclave.
Pourtant, lorsqu'Agamemnon (obligé de rendre Chryséis à son père pour éviter que la peste continue, la peste envoyée par Apollon, pro troyen) s'empare d'elle, Achille l'enfant colérique que sa mère Thétis a abandonné boude, refuse de combattre, s'enfonce dans sa fameuse colère que Platon justifie en « saine colère » : ne pas accepter l'inacceptable. Il ne veut pas perdre une seconde femme.
Pat Barker nous embarque donc dans cette histoire d'Homère, à sa suite elle décrit la faiblesse et la couardise d'Agamemnon, sa manière de livrer ses concubines aux soldats, sa volonté de pauvre type de garder d'abord Chryséis puis Briséis pour lui, le désastre à venir du coté grec qu'il provoque puisqu'Achille refuse de combattre et que lui ne sait pas combattre.
A cette époque là en Grèce, puisque Pat Barker , quelle bonne idée, donne la parole à Briseis, le traitement des femmes est abordé, la guerre vue du côté des vaincues. Pas forcément mieux, d'ailleurs, d'être fille de roi que d'être esclave, les femmes doivent, toujours et partout, se taire, rester dans l'ombre, se voiler, ne pas regarder les hommes en face, rester cloitrées, ne pas exister sauf au lit.
A cette époque là, en Grèce, avaient lieu les sacrifices humains. Achille dans son désespoir d'avoir perdu Patrocle, égorge douze jeunes troyens, puis tous ses chevaux et même ses chiens sur le terre- plein avant l'inhumation.
Sur la tombe d'Achille, la fille de 15 ans de Priam, Polyxène, sera égorgée.
Georges Bataille parle de la « part maudite », le fait que les esclaves de guerre étaient si nombreux que les tuer importait peu.
Platon a bien essayé de condamner moralement dans « la République » ces coutumes, les Grecs ont essayé de prétendre que les sacrifices humains étaient le fait des Egyptiens, des Perses, et des Barbares du Nord, en fait, ils le faisaient.
Pat Barker le mentionne d'ailleurs sans trop insister, alors que dans de nombreuses pages elle nous détaille le lavage du corps d'Hector, tué par représailles de la main d' Achille.
C'est un livre avec beaucoup de longueurs, beaucoup trop de longueurs, et à la fois plein de très bonnes pages, avec une super idée de départ, donner la parole aux dominées, mais finalement on ne sait presque rien de ce que pense Briseis sauf qu'elle doit se taire et qu'elle observe Achille ( qui préfère mourir jeune et couvert de gloire plutôt que vieux et oublié de tous. ) fou d'amour pour sa mère Thétis, la néréide qui plaide la cause de son fils auprès de Zeus ( tableau d'Ingres ) et fou d'amour pour Patrocle, un humaniste avant l'heure.
Finalement, on connaît mieux les hommes de l'Iliade que les pauvres esclaves. Les dominants.
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Ichirin-No-Hana
  15 novembre 2020
Briséis, esclave d'Achille est le trophée de guerre offert à l'occasion de la prise de la ville de Lyrnessos. Étant l'ancienne reine de cette ville et apparentée à la famille régente de la ville de Troie, Briséis voit son destin totalement chamboulé et devient l'esclave d'un personnage sanguinaire aux multiples facettes.
Pat Barker offre une voix à ces femmes esclaves dans le silence des vaincues. Tues dans les oeuvres de références et souvent mises en arrière-plan dans les différentes adaptations modernes, Pat Barker nous offre ici un roman passionnant et scandalisant sur les conditions de ses femmes qui fait écho aux destins des femmes des camps vaincus de n'importe quelle guerre.
Le silence des vaincues est un roman percutant. On suit le quotidien de ses femmes oubliées devenues esclaves. Alors que beaucoup préfèrent la mort, d'autres doivent devenir les domestiques et les esclaves sexuelles des hommes qui ont assassinées de sangs froids leurs maris et leurs frères. le silence des vaincues, en se penchant sur le destin de Briséis, permet également de proposer un regard plus proche du récit d'Achille et de Patrocle. On y découvre également une description précise et passionnante du quotidien de l'immense camp de guerre qui assiège la ville de Troie.
Passionnée par l'Histoire de la Guerre de Troie, j'y ai découvert un nouveau point de vue passionnant. le silence des vaincues est un récit travaillé et passionnant à découvrir qui propose une réflexion sur le destin de ses femmes oublies des camps vaincus qui en perdent totalement leur condition d'humaine.
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HundredDreams
  01 novembre 2020
Un autre regard sur la guerre de Troie, pas celui de tous ces héros grecs, fiers et braves au combat, mais celui des femmes troyennes devenues esclaves des grecs, elles aussi dignes et courageuses dans leur combat et leur chagrin.
Oubliez la guerre de Troie racontée par Homère, ce récit poétique et légendaire, mettant en scène des héros grecs et troyens, chaque camp étant soutenu par diverses divinités comme Apollon ou Athéna.
Imaginez plutôt des femmes libres et dignes autrefois, épouses, mères, filles, vaincues, avilies, battues, violées, captives de guerriers grecs qui ont tué les leurs sous leurs yeux. Passant de mains en mains, portant les enfants de leurs bourreaux.
Invisibles, impuissantes, silencieuses, les femmes ont la parole dans ce beau roman. Je me suis laissée emporter par la belle écriture de Pat Barker, et j'ai passé un excellent moment de lecture.
*
Devenue trophée de guerre de celui qui a massacré sa famille, le grand Achille en personne, Briséis, reine de Lyrnessos, cité alliée de Troie, raconte sa terreur face à la sauvagerie des hommes et son combat pour survivre.
« Je fais ce que d'innombrables femmes ont été forcées de faire avant moi. J'écarte les cuisses pour l'homme qui a tué mon mari et mes frères. »
*
Son regard éclaire la guerre de Troie sous un nouveau jour où les héros de la mythologie ne sont que des hommes inhumains, brutaux et froids, avides de gloire, de conquête et de sang. le siège et le pillage de sa cité, puis de Troie condamnent les femmes et les jeunes filles troyennes à une vie de souffrance et de labeur, esclaves silencieuses d'hommes puissants et barbares, violeurs et assassins d'enfants.
*
L'écriture fluide et précise de l'auteure retranscrit bien les pensées de la jeune reine, et plonge le lecteur dans le quotidien des guerriers et de ces femmes captives, observatrices muettes de la férocité des combats, des luttes de pouvoir entre les chefs de clan, des soirs d'orgie, de beuverie et de viols.
Bien malgré elle, Briséis sera au centre des discordes entre Achille et Agamemnon, deviendra un enjeu de pouvoir entre les deux hommes et fera basculer le destin d'Achille et la guerre de Troie.
*
« le silence sied aux femmes. »
Même « conditionnée pour obéir », Briséis, spectatrice de son propre destin, porte un regard plein de sagesse, de force et de clairvoyance sur le monde qui l'entoure.
Loin des récits glorieux et mystérieux de la mythologie grecque, ce récit, magnifiquement écrit et raconté, violent, parfois cru, résolument très féministe, a une portée très moderne, très actuelle, au vue de la couverture.
*
Roman de la rentrée littéraire 2020, « le silence des vaincues » fait entendre la voix des femmes, dominées, offertes, asservies, violées, utilisées. Récit engagé nous rappelant que les guerres d'aujourd'hui, les victoires et les défaites, se bâtissent sur des charniers et sur la souffrance des pays vaincus, sacrifiant les plus faibles, les plus fragiles.
Un très beau roman sur le courage des femmes.
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Oliv
  10 mars 2021
Il y a encore une semaine, je ne connaissais ni le nom de Pat Barker, ni le titre de son dernier roman paru en 2020, ni les éditions Charleston qui ont publié celui-ci en France. Après vérification, il s'agit d'un éditeur publiant uniquement des femmes et qui semble ne s'adresser qu'à des lectrices ; mais bien qu'ayant le tort d'être du mauvais genre, je n'ai pas eu peur de me lancer dans la lecture de ce roman présenté comme une version féminine et féministe de l'Iliade... Reprendre des événements historiques ou des mythes bien connus en changeant de perspective, c'est le genre d'exercice qui me plaît tout particulièrement.
Avant tout, il faut évacuer tout le bullshit marketing à base de "voix de toutes les femmes laissées muettes par L Histoire qui s'élèvent après 3000 ans de silence". D'une part, la seule voix que nous entendrons vraiment sera celle de Briséis, l'esclave dont Homère nous dit qu'elle fut donnée à Achille puis à Agamemnon, provoquant la fameuse colère du premier. D'autre part, quand on s'intéresse de près au sujet, on sait qu'écrire sur les vaincues de la guerre de Troie n'est pas une idée neuve, celles-ci ayant notamment inspiré à Euripide sa tragédie "Les Troyennes" vingt-quatre siècles avant #MeToo ; et plus près de nous, on a un bel exemple de réinterprétation féminine (et misandre) de l'épopée homérique avec "La trahison des dieux" de Marion Zimmer Bradley. J'avoue d'ailleurs qu'en entamant "Le silence des vaincues" je craignais un peu le texte lourdement militant, avec des femmes fortes et courageuses opposées aux mâles bêtes et méchants... En réalité, on découvre dans ces pages un Achille en grand enfant plein de failles, un Patrocle en homme attentionné qui suscite la sympathie, et l'on trouve même des seconds rôles masculins présentés de manière très positive comme le médecin Machaon ou le vieux roi Priam...
Le roman part sur d'excellentes bases. La première partie sur les trois qu'il comporte est très convaincante, voire brillante. On a précisément ce qu'on est venu chercher : un autre regard sur la guerre de Troie, le mythe vu par le petit bout de la lorgnette. Ainsi on ne saura pas grand-chose des combats qui se déroulent hors-champ, et c'est tant mieux. Il n'y a rien d'épique ou de romantique dans le récit de l'infortunée Briséis, ce n'est que la triste réalité de la guerre vécue de l'arrière : l'ennui, la saleté, la maladie, le désespoir...
Et puis soudain, lorsque nous entrons dans la deuxième partie, patatras ! le bel édifice s'effondre. On cesse de tout voir à travers le regard de Briséis et les chapitres à la première personne alternent désormais avec des chapitres à la troisième personne, beaucoup plus classiques puisqu'on se focalise alors sur les habituels héros de la guerre de Troie. Pat Barker trahit ce qui semblait être son intention initiale, comme si, une fois confrontée aux faits narrés dans l'Iliade (Homère ne racontant pas toute la guerre de Troie, mais seulement les événements compris entre la dispute d'Achille et d'Agamemnon et les funérailles d'Hector) elle n'osait plus garder le cap qu'elle s'était fixé. On se retrouve donc plus ou moins avec l'histoire que nous connaissons depuis toujours, celle d'Achille pour l'essentiel... ce qu'admet la narratrice à la fin du roman, comme un aveu d'échec de la part de l'auteure. Cependant, une fois digérée la grosse déception de la deuxième partie et mes attentes revues à la baisse, j'ai pu davantage apprécier ma lecture, d'autant que les derniers chapitres se recentrent enfin sur le personnage de Briséis.
Autre chose qui, sans être rédhibitoire, m'a plutôt déplu : sans doute dans une volonté de "faire actuel" puisque c'est un des arguments commerciaux du roman (utiliser le passé pour mieux évoquer le présent), l'auteure a émaillé ses dialogues de vocabulaire familier (mais un guerrier grec qui s'adresse à un autre en l'appelant "mon pote", ça a tendance à briser l'immersion) et ne manque pas d'utiliser des concepts modernes tels que nos unités de mesures : centimètres, kilos, secondes... qui n'ont aucun sens dans un contexte antique. Dommage, car hormis ces quelques accrocs la reconstitution est crédible, on sent que Pat Barker connaît bien et respecte l'oeuvre d'Homère... Elle la respecte peut-être trop, d'ailleurs.
Au bout du compte, "Le silence des vaincues" aura été pour moi la parfaite illustration d'une lecture mitigée : beaucoup d'excellentes choses, et beaucoup de points décevants. Loin d'être un mauvais roman, il reste une honorable réécriture de l'Iliade, une parmi des dizaines d'autres... malheureusement pas aussi novatrice qu'elle aurait dû l'être, qui n'ose pas aller au bout de ses idées, et qui laisse un goût amer de belles promesses non tenues.
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critiques presse (1)
LaCroix   09 décembre 2020
La romancière anglaise Pat Barker raconte au féminin la guerre de Troie. Un point de vue original pour une belle réussite romanesque.
Lire la critique sur le site : LaCroix
Citations et extraits (33) Voir plus Ajouter une citation
OlivOliv   09 mars 2021
Par la suite, partout où je suis allée, j'ai toujours recherché les femmes de Troie qui avaient été dispersées à travers le monde grec. Cette vieille squelettique, aux mains couvertes de taches brunes, qui s'en va en traînant les pieds ouvrir la porte chez son maître, est-il possible que ce soit la reine Hécube qui, jeune et belle, mariée depuis peu, avait ouvert le bal dans le palais du roi Priam ? Cette fille vêtue d'une robe déchirée et minable, qui s'empresse d'aller remplir sa cruche au puits, est-il possible que ce soit l'une des filles de Priam ? Cette concubine vieillissante, dont le maquillage s'écaille par-dessus ses rides, est-il possible que ce soit réellement Andromaque, que l'on voyait jadis si fière sur les remparts de Troie, son nouveau-né dans les bras, quand elle était l'épouse d'Hector ?
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afriqueahafriqueah   25 février 2021
- Aurais tu vraiment épousé l’homme qui a tué tes frères ?
- Eh bien, premièrement, on ne m’aurait pas laissé le choix. Mais, oui, probablement. Oui, j’étais esclave, et une esclave ferait tout, absolument tout, pour ne plus être une chose et redevenir une personne.
-Je ne comprends pas comment tu pourrais faire ça.
- Bien sûr que vous ne comprenez pas. Vous n’avez jamais été esclave.
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LishbksLishbks   09 juin 2020
Là-bas, au-delà des rouleaux de la houle, dans l'endroit calme où la mer oublie la terre, se trouvait l'âme de mes frères défunts. Ils avaient été privés de rites funéraires, et l'entrée des Enfers leur serait interdite, ils seraient condamnés à hanter les vivants, non pendant quelques jours, mais pour l'éternité. Derrière mes paupières fermées, j'ai revu plusieurs fois mourir le plus jeune. Je les pleurais tous, mais lui plus que les autres. Après la mort de notre mère, il était venu toutes les nuits se glisser dans mon lit, en quête du réconfort dont, en plein jour, il avait honte d'avoir besoin. Là, sur cette plage balayée par le vent, je l'ai entendu m'appeler - aussi perdu que moi, sans foyer et inaccessible.
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Jean-DanielJean-Daniel   22 octobre 2020
Il aurait été plus facile, par bien des côtés, de penser que nous étions tous pris au pièce, prisonniers de cette étroite bande de terre entre les dunes et la mer. Plus facile, mais faux. Eux étaient des hommes, et des hommes libres. J’étais une femme, et une esclave. Et c’est un abîme qu’il ne faut pas laisser masquer par tous les beaux discours sur l’emprisonnement partagé.
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OlivOliv   08 mars 2021
J'avais horreur de leur servir à boire, mais Achille ne se souciait évidemment pas de ce que j'aimais ou pas, et curieusement, j'ai bientôt cessé de m'en soucier moi-même. C'est ce que ne comprennent jamais les gens libres. Un esclave n'est pas un être humain traité comme une chose. Un esclave est une chose, autant à ses yeux qu'aux yeux d'autrui.
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Video de Pat Barker (1) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Pat Barker
Avec une précision historique remarquable et un style dans la plus pure tradition homérique, Pat Barker fait naître sous nos yeux une Iliade féminine magistrale.
« Elle était reine. Briséis de Lyrnessos, vénérée et respectée. Mais, hors des murs du palais, la guerre de Troie fait rage et bientôt la cité de Lyrnessos tombe sous les assauts grecs. En quelques heures, Briséis voit son mari et ses frères massacrés ; de reine, elle devient esclave. Un trophée parmi d'autres pour l'homme qui l'a conquise : le divin Achille dont les générations futures chanteront les exploits.
Captive du camp grec, Briséis doit choisir : se laisser mourir ou survivre. Survivre comme un défi à la barbarie des dieux et des hommes, survivre pour raconter, enfin, son histoire. L'histoire de la femme par laquelle la guerre de Troie a basculé.
Et avec elle, après 3000 ans de silence, ce sont les voix de toutes les femmes laissées muettes par l'Histoire qui s'élèvent. Esclaves, prostituées, guérisseuses, effacées au profit des faits d'armes des guerriers. »
En librairie le 25 août ! Plus d'informations https://bit.ly/lesilencedesvaincues
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