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Jean-Pierre Aoustin (Traducteur)
EAN : 9782070417643
441 pages
Éditeur : Gallimard (17/01/2002)

Note moyenne : 3.49/5 (sur 75 notes)
Résumé :

Qu'est-ce que l'Angleterre a de plus typique ?

La famille royale, Big Ben et le palais de Westminster, le Manchester United Football Club ? On pourrait ainsi allonger la liste de ses centres d'intérêt et c'est sur ce principe qu'un milliardaire original, Jack Pitman, décide de créer sur l'île de Wight un parc d'attractions offrant une sorte de réplique concentrée de tous les fleurons de la civilisation anglaise.

England, Engla... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (5) Ajouter une critique
motspourmots
  05 juin 2020
Dans le cadre du mois anglais, j'ai eu très envie de relire ce roman au titre on ne peut plus à-propos et il s'avère que ce fut une excellente idée. England, England a été publié en Angleterre en 1998 et la traduction française en 2000 ; j'avais toujours en mémoire le fil rouge de l'intrigue sur lequel je vais revenir et l'humour qui sous-tend l'ensemble mais j'ai redécouvert des facettes qui m'avaient sans doute échappé à l'époque, ou auxquelles j'étais tout simplement moins sensible. J'avais gardé à l'esprit la légèreté alors que ce roman est tout en profondeur. Sous l'humour apparent se cache une réflexion un peu nostalgique sur la mémoire, ce qui forge une histoire, un souvenir... et qui annonce déjà la tonalité de ses derniers écrits, vingt ans plus tard. Je ne regrette pas cette nouvelle lecture.
"Le passé n'est jamais seulement le passé, c'est aussi ce qui a rendu le présent capable de vivre avec lui-même".
Toute sa vie, Martha Cochrane confrontera le présent à ses souvenirs et se demandera si elle est en phase avec l'avenir qu'elle s'était imaginé, si c'est bien elle qui a façonné son parcours ou si elle s'est contentée de suivre le vent. En attendant, à 39 ans, la voilà recrutée par Jack Pitman, un milliardaire excentrique, dans l'équipe chargée de mettre en oeuvre son dernier projet quelque peu mégalomane. L'île de Wight doit être transformée en une sorte de parc d'attraction rassemblant ce qu'il y a de plus typique en Angleterre ; et permettre ainsi aux touristes un divertissement haut de gamme sans les tracas des distances ou des transports. Assister à la relève de la garde devant Buckingham Palace en fin de matinée et visiter Stohnehenge dans la foulée, en passant par la forêt de Sherwood et les falaises de Douvres. Pour ce faire, une étude est commandée afin de déterminer les cinquante caractéristiques essentielles que les visiteurs devront retrouver sur le site. de la famille royale au jardinage, en passant par le système de classes, le cricket, Winston Churchill ou la tasse de thé, la liste est l'un des grands moments de ce roman qui servira de base à l'équipe pour mettre au point les différentes attractions pendant que Jack Pittman se charge des tractations administratives, financières et politiques qui devraient aboutir à l'indépendance de l'île de Wight et à son adhésion à l'Union Européenne. England, England est créée !
Nous y voilà, donc. Sous couvert de l'humour et de la farce, la réflexion sur la place de l'Angleterre dans le monde n'est pas loin. Julian Barnes trouve ici un moyen d'interroger ce qui fait la culture d'un pays, vaste mélange entre un héritage historique, des croyances populaires, habitudes gastronomiques, personnages et mythes forgés au fil des siècles ; ajoutons-y quelques egos, un poil de suffisance et de fierté, quelques gouttes de patriotisme. le regard de l'auteur sur ses compatriotes est tendre mais sans indulgence et ce qu'il met en lumière de l'esprit et du comportement anglais est vraiment très savoureux. Au passage, il ne manque pas d'égratigner la pratique du tourisme (et c'était il y a vingt ans, que dire aujourd'hui ?), ces hordes qui se satisfont très bien de répliques et ne se soucient pas de découvrir les originaux, monuments ou oeuvres d'art. le concept de cette reconstitution qui mêle les époques historiques, les images d'Epinal (Ah, le rouge-gorge dans la neige...) et les contes populaires montre bien l'évolution de cette industrie vers la facilité et les loisirs de masse. Et il pousse sa démonstration jusqu'au bout en se penchant sur le cas de la vieille Angleterre, dépouillée de toutes ses caractéristiques et donc de son intérêt touristique, délaissée au profit d'England, England en nous livrant une version inattendue de la décroissance que l'on ne lit pas tout à fait de la même façon en 2020 qu'en 2000.
Comme d'habitude avec Julian Barnes, le propos est d'une richesse infinie que ce soit dans l'exploration de la sphère intime (l'enfance et ses traces que l'on porte en nous toute notre vie) ou dans celle de la sphère politique et de ses modes de gouvernance. Et en plus, on s'amuse ! Même si on sent chez l'auteur un profond questionnement sur ce qui anime les hommes, une sorte de crainte qui plane sur la dernière partie et la teinte d'une élégante mélancolie.
"Qui dit que les êtres humains mûrissent de toute façon ? Peut-être qu'ils ne font que vieillir".
Lien : http://www.motspourmots.fr/2..
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Nono19
  12 août 2013
Si on pouvait visiter Stonehenge, faire des photos des gardes de Buckingham Palace et manger des plum puddings, tout ça en ne marchant que quelques mètres. Irions-nous encore voir les originaux?
C'est la questions que nous pose l'auteur,Julian Barnes.
Sir Jack Pitman, milliardaire de son état, met sur pied une idée assez folle. Il décide avec l'aide d'une équipe composée notamment d'un chef de projet, d'un historien et d'un secrétaire, de créer un parc à thème. Mais pas n'importe lequel. Tout ce qui représente l'Angleterre y sera présent. Big Ben, Buckingham, des acteurs jouant Robin des bois et ses compagnons, ... Les visiteurs cibles sont aisés, cherchent à s'amuser et pas très intéressés par la culture.
Evidemment, ce concept est une vraie réussite précipitant la chute de la vraie Angleterre qui n'a plus grand chose à offrir...
Ce roman est un bon exemple de l'humour britannique: noir, cynique et hilarant :p.
Le pire étant que ce scénario n'est pas complètement absurde: Las Vegas a déjà reproduit pas mal de monuments existants sans oublier des concepts comme Mini Europe.
L'être humain est devenu paresseux et friand d'un certain luxe. S'il en avait le choix, irait-il voir tous ces endroits chargés d'histoire ou bien irait-il dans un parc regroupant toutes les plus belles copies avec des employés prêt à tout pour son confort et son divertissement ?
Les deux premières parties m'ont fort plu que ce soit la rencontre avec Martha, la conception du projet,...
La dernière m'a paru plus absurde. le régression du système économique, le changement de nom Anglia (car le parc avait pris le nom d'England England), ... Je n'y ai pas cru.
Un bon roman rempli d'humour bien british qui nous met en garde contre les travers de notre société. Jusqu'où irons-nous?
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Michigan32
  26 juillet 2018
Je trouve que l'idée de départ, la constitution d'un parc à thèmes regroupant sur l'Ile de Wight tout ce qui fait la saveur de l'Angleterre (ses monuments, ses personnages célèbres, sa cuisine etc.), en premier lieu, la famille royale, est géniale.
Les personnages sont savoureux chacun dans leur genre, le livre est plein de références et c'est une satire terrible de l'Angleterre et des Anglais. Mais je crois que je me suis parfois un peu ennuyée, j'ai eu un peu de mal à parvenir jusqu'au bout. Ma connaissance des manies des Anglais est probablement trop limitée pour comprendre toutes les subtilités de ce roman. Donc un peu de déception...
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lesmiscellaneesdepapier
  08 juillet 2015
Résumé : England, England est un roman complètement loufoque et profondément riche sur la culture anglaise. On suit Martha Cochrane dont l'enfance est marquée par le départ de son père. Celui-ci quitte le domicile familial avec dans sa poche, un morceau de puzzle ; métaphore de l'incomplétude de l'enfance face au manquement parental. Arrivée à l'âge adulte, elle s'embarque alors dans une aventure improbable aux côtés du mégalomaniaque, Sir Jack. Ils vont condenser tout ce qui fait l'identité de l'Angleterre sous forme d'un parc d'attractions sur l'Ile de Wight, England, England.
Le mot de la fin : Ce roman vitriolé est un témoignage de l'auteur envers sa patrie, ce qui la caractérise, mais surtout son peuple. Chaque ligne est emplie d'humour et rythme avec succès et plein de rebondissements chaque page que l'on dévore. Une vraie satire sociale qui tourne le commerce touristique en farce dystopique. Un régal.
Lien : http://www.lesmiscellaneesde..
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Hapax
  03 février 2013
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Citations et extraits (10) Voir plus Ajouter une citation
PenelopePenelope   07 septembre 2014
Sir Jack aimait faire l'éloge des plaisirs simples - et le faisait annuellement en tant que président honoraire de l'Association des Randonneurs -, mais il savait aussi qu'aucun plaisir n'était plus vraiment simple. La jeune laitière et son galant ne dansaient plus autour du mât enrubanné en attendant impatiemment de manger une tranche de pâté de mouton froid. L'industrialisation et l'économie de marché les avaient depuis longtemps fait disparaître. Manger n'était pas simple, et une reconstruction historique de l'ordinaire de la laitière se révélait extrêmement difficile. Boire aussi était plus compliqué à présent. Le sexe ? Seuls les nigauds ont jamais cru que le sexe était un plaisir simple. L’exercice ? La danse autour du mât était devenue une séance d’entraînement. L'art ? L'art était devenu l'industrie du spectacle.
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Philippe-rodolphePhilippe-rodolphe   09 août 2012
Le problème, c'est le temps, commença Jerry. A mon sens. Ça l'a toujours été.
Les gens ne l'admettent pas, même dans leur vie quotidienne.
" On est jeune tant qu'on se sent jeune " disent-ils. ERREUR. On a l'âge et exactement l'âge qu'on a. C'est vrai des individus, des relations humaines, des sociétés, des nations. Comprenez-moi bien. Je suis un patriote et j'admire autant que quiconque ce grand pays qui est le nôtre, je l'aime profondément. Mais le problème peut être posé en termes simples : un refus d'affronter le miroir. Je vous accorde que nous ne sommes pas les seuls à cet égard, mais parmi ceux qui, dans la famille des nations, se barbouillent de maquillage en sifflant TANT QU'ON SE SENT JEUNE, nous décrochons vraiment la timbale.
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lesmiscellaneesdepapierlesmiscellaneesdepapier   08 juillet 2015
Il y a des gens dans ce pays- des déprimés historiques classiques à mon avis – qui pensent que c’est notre rôle, notre fonction géopolitique particulière, de servir de symbole de déclin, d’épouvantail moral et économique. Par exemple, nous avons appris à jouer au cricket au monde entier et maintenant c’est notre devoir, une expression de notre sentiment persistant de culpabilité coloniale, de croiser les bras et de laisser tout le monde nous battre à ce jeu. Foutaise, comme qui dirait… Je m’élève contre cette façon de penser. Je ne cède à personne dans mon amour pour ce pays.
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Nono19Nono19   11 août 2013
Eh bien, les femmes se sont toujours adaptées aux besoins des hommes. Ceux-ci étant, bien sûr, doubles. Vous nous mettez sur un piédestal pour regarder sous nos jupes. Quand vous vouliez des modèles de pureté et de valeur spirituelle, quelque chose à idéaliser pendant que vous labouriez la terre ou tuiez des ennemis, nous nous sommes adaptées à ce désir. Si vous voulez maintenant que nous soyons cyniques et désabusées, je suppose que nous pouvons nous y adapter aussi.
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Nono19Nono19   11 août 2013
Les souvenirs d'enfance sont pareils aux rêves qui s'attardent dans notre esprit après notre réveil. On rêve toute la nuit, ou une bonne partie de la nuit, et pourtant tout ce qu'on a au réveil, c'est un souvenir d'avoir été abandonné ou trahi, pris dans un piège, laissé seul sur une plaine gelée; et parfois pas même cela, mais un simple écho faiblissant de l'émotion suscitée par de tels événements.
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