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ISBN : 2804017435
Éditeur : Espace Nord (27/06/2003)

Note moyenne : 4/5 (sur 2 notes)
Résumé :
Et si le mystère se devait d'être regardé au travers de miroirs obscurs...
Voici réunis treize contes fantastiques où il arrive aux époques, personnages et décors de se croiser... si bien qu'au détour d'un square, d'une galerie, d'un bouquiniste, surgissent de nulle part Georges Simenon, Jean Muno ou encore Arthur Rimbaud ! Voilà comment nous nous retrouvons place du Jeu de Balle nez à nez avec le premier texte de Jean Ray, place Rouppe à nous élancer dans le... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (1) Ajouter une critique
GribouilleChat
  29 septembre 2010
Dans ce bref recueil, 13 textes – comme le titre l'indique contes rassemblés ; quelques-uns méritent tout spécialement de retenir l'attention du lecteur :
La Lumière bleue qui ouvre le recueil et Maison hantée qui le clôture semblent se répondre dans leur thématique : le personnage principal, en effet, est attiré dans un lieu en apparence abandonné (le grenier du collège Saint-Michel dans le premier cas, une maison dans le second) par des ombres ou un reflet pour y découvrir que les apparences sont souvent trompeuses.
Le livre rouge où le narrateur, agent immobilier, se laisse séduire par un livre à la couverture rouge qu'il découvre à la vitrine d'un bouquiniste, l'achète à la jeune vendeuse dont il constate, à peine rentré chez lui, qu'elle ressemble trait pour trait à Madame de Brinvilliers dont le portrait orne le livre.
L'Enfer d'une saison raconte deux histoires en parallèle : l'errance de Rimbaud dans Bruxelles, sa découverte du cabaret Chez Henriette, rue des Boiteux où il se commence à écrire Une Saison en Enfer et sa rencontre avec l'imprimeur Poot qui va imprimer l'oeuvre et, d'autre part, l'exploration que fait le narrateur, bibliophile averti, de la boutique abandonnée d'un bouquiniste de la place des Martyrs où il avait déjà trouvé des Harry Dickson.
On retrouve dans ce recueil les passions de Baronian : Bruxelles, les livres rares, les écrivains belges – en particulier les « fantastiqueurs », les boutiques de bouquinistes, notamment à la Galerie Bortier ou sur la place des Martyrs… où encore au marché aux puces de la Place du Jeu de Balle.
La plupart des nouvelles évoquent d'autres auteurs de littérature fantastique (Muno, Ghelderode, Ray…) que l'auteur a connu ou édité quand il dirigeait la fameuse et devenue mythique collection de littérature fantastique aux éditions Marabout ; c'est aussi assez récurrent dans l'oeuvre de Baronian qui pratique une intertextualité qui relève de l'hommage à ses auteurs favoris. Ainsi en est-il lorsque, une nouvelle fois (rappelons-nous Lord John), l'auteur transforme Jean Ray en personnage de fiction, s'approchant au plus près de la manière d'écrire du maître du fantastique et du cadre gantois qu'il excellait à peindre.
S'agit-il toutefois de « fantastique » au sens que donne à ce terme un Todorov, par exemple, sans doute pas. Aucune épouvante ne frappe les héros des textes de Baronian, non, seulement, une inquiétude, un sentiment d'étrangeté qui relève davantage du « réalisme fantastique » au coeur de l'oeuvre de nombreux écrivains belges. Les exemples en sont nombreux, qu'il s'agisse d'une coïncidence inexplicable comme le fait de se retrouver, dans un bar, face à soi-même, double, reflet dans le miroir ? on ne le saura jamais… ; d'un léger changement d'habitude dans une routine de vie bien huilée qui amène le personnage et sa femme à ne plus se reconnaître ; et on est proche alors de « l'absurde » tel que le décrit Camus ou du malaise qu'engendre la scène de reconnaissance dans La Cantatrice chauve d'Ionesco ; qu'il s'agisse encore de la confusion entre le domaine du réel – ou supposé tel – et de la fiction.
Ce recueil, court, est réellement une porte d'entrée exceptionnelle pour découvrir non seulement l'oeuvre de Baronian (dont il ne faut pas exclure les textes écrits sous le pseudonyme d'Alexandre Lous, en ce compris ses chroniques dans le Magazine littéraire) mais aussi les auteurs belges que sont Jean Ray, Michel de Ghelderode ou Jean Muno auxquels ces récits rendent hommage. C'est enfin l'occasion de découvrir de plus près l'importance du monde éditorial belge au XIX siècle qui publia Baudelaire, Lautréamont ou Rimbaud alors qu'ils n'étaient encore que des « poètes maudits » pour reprendre l'expression de Verlaine.
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